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Dernière mise à jour : 22.12.2024
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Cimetière juifs

Photo de cimetière juifs de M'sila

DU 24-10-2021

Histoire des Juifs en Algérie

Y a-t-il encore des Juifs en Algérie ?

Publié le 05/10/2016 à 13:50 par hogra Tags : background france
Y a-t-il encore des Juifs en Algérie ?

Moins nombreux que leurs voisins marocains, les Juifs algériens ont surtout une trajectoire très différente, intiment liée à l’histoire franco-algérienne.

En 1870, le décret Crémieux – du nom de son auteur, Adolphe Crémieux – déclare citoyens français les « israélites indigènes » d’Algérie. Lorsque la guerre d’indépendance éclate, en 1954, on compte environ 130 000 Juifs dans les départements français d’Algérie.

Comme le résume Albert Camus dans L’Express, la communauté est alors « coincée entre l’antisémitisme français et la méfiance arabe ».

Ne choisissant aucun camp, elle subira ensuite de nombreuses attaques, qu’elles soient l’œuvre des extrémistes français de l’Organisation armée secrète (OAS) ou des indépendantistes arabo-musulmans du Front de libération national (FLN). Dans les mois qui suivent l’indépendance, environ 120 000 Juifs d’Algérie, Français depuis quatre générations, embarquent pour la métropole aux côtés des pieds-noirs.

Les quelques milliers restant partiront progressivement, au gré des vagues d’immigration vers Israël dans les années 1960 et 1970. La « décennie noire », dans les années 1990, fera fuir la plupart des derniers membres de la communauté encore installés en Algérie.

Aujourd’hui, personne n’est capable de fournir un chiffre précis sur le nombre de Juifs résidant toujours dans le pays. Aucun ? Une vingtaine ? Une cinquantaine ? « Il ne sont plus qu’une poignée. Ils vivent très discrètement et sont surtout installés à Alger », indique l’historien Benjamin Stora.

Ce flou entourant les israélites algériens entretient toutes sortes de fantasmes. « Il y a une sorte d’idée de "juifs clandestins", parfois relayée par la presse algérienne, s’amuse Joëlle Allouche, juive de Constantine dont la famille a émigré en France.

J’ai par exemple lu des articles, dans des journaux sérieux, qui affirmaient que des communautés juives vivaient cachées dans les montagnes des Aurès ! ».

Les juifs d’Algérie pleurent la disparition du rabbin N

Publié le 24/02/2016 à 11:25 par hogra Tags : roman chez france maroc
Les juifs d’Algérie pleurent la disparition du rabbin N

Le rabbin Nissim Amsellem est décédé mardi à Jérusalem à l’âge de 97 ans. Il a été enterré en début d’après-midi dans la capitale de l’Etat juif.

Le rabbin Nissim Amsellem, originaire d’Algérie, était le beau-frère de Baba-Salé, mais il était surtout connu dans la région de Lyon pour y avoir été rabbin pendant de nombreuses années, après avoir étudié au Maroc avec Baba Salé.

Ces dernières années, il priait principalement dans la synagogue « Or Yaakov Vé Yisrael » qu’il avait fondé à Har Nof (quartier de Jérusalem).

Lors de son passage en France, il a consciencieusement occupé le poste d’aumônier juif dans les prisons Lyonnaises « dans le but de ramener les détenus dans le giron de la Torah. »

Il a été relâché il y a quelques jours de l’hôpital dans lequel il était soigné depuis plusieurs mois, il est donc décédé sereinement, chez lui, auprès de ses proches.

Par Amiel Cohen – JSSNews

http://jssnews.com/2016/02/23/les-juifs-dalgerie-pleurent-la-disparition-du-rabbin-nissim-amsellem-le-beau-frere-de-baba-sale/

Près de 800 juifs algériens partis en Israël en 2014

Publié le 15/12/2015 à 11:21 par hogra Tags : maroc image background
Près de 800 juifs algériens partis en Israël en 2014

 le nombre total de juifs ayant quitté l’Algérie pour s’installer en Israël depuis 1948 à 2014 avoisine les 29.156,

Quelque 782 juifs algériens sont partis s’installer en Israël en 2014, a révélé l’organisme israélien des statistiques « The Central Bureau Statistic (CBS) » dans son dernier rapport publié en novembre 2015.

Les juifs d’Algérie sont  moins nombreux à regagner Israël comparativement à leurs compatriotes vivant en Tunisie qui étaient au nombre de 782 et légèrement supérieur à ceux ayant quitté le Maroc (729) à la même période de référence.

Par ces nouvelles statistiques, le nombre total de juifs ayant quitté l’Algérie pour s’installer en Israël depuis 1948 à 2014 avoisine les 29.156, selon CBS qui ne fournit pas plus de détails sur ces départs notamment les raisons ayant poussé ces Algériens à quitter leur terre natale pour l’état hébreux. Ni aucune précision n’a été donnée si ces départs d’Algériens depuis l’Algérie 

Destruction du cimetière juif de la ville d’Azzefoun

Publié le 29/10/2015 à 10:39 par hogra Tags : image centerblog background france amis
Destruction du cimetière juif de la ville d’Azzefoun

Le cimetière juif de la ville côtière d’Azeffoun, 65 km au nord de Tizi Wezzu, n’existe plus. Il a été complètement saccagé et détruit. Plus de 300 tombes sont profanées et détruites sans que personnes ne bouge le petit doigt.

 

Les islamistes sont pointés de doigts, mais les autorités locales aussi. Les habitants de la région d’Azeffoun sont outrés devant cette situation. « Les juifs d’Azeffoun sont nous frères. Ils étaient solidaires et humbles avec nous avant de quitter la région. Respecter leurs tombes et la moindres des choses. Ce sont des fr´res qu’on a contraint à quitter leur pays en 1962 », regrette un vieux de la ville de Port Guidon qui se rappelle des noms de ses amis d’enfances, juifs.

 

« J’ai rencontré à Paris plusieurs juifs de notre région durant les années 1980. Ils parlent à ce jour en kabyle et il aime leur région et leur pays », nous raconta notre interlocuteur qui est un musulman kabyle pratiquant. Des sources parlent même de la construction des immeubles à la place de cimetière juif d’Azeffoun. Un drame que les habitants de la région dénoncent haut et fort. « Les juifs de notre région étaient riches, ils aidaient les pauvres et ils n’ont jamais collaboré avec l’armée française durant la guerre de libération nationale, contrairement à ce qu’on laisse croire.

 

Ce sont les collaborateurs de la France qui gèrent aujourd’hui. Enfin, les juifs d’Azeffoun sont plus humains et aiment plus leur pays mieux que ces islamistes qui ont saccagé leurs tombes et détruit complètement leur cimetière », enchaîne notre interlocuteur.

Nadia iflis

 

http://www.tamurt.info/tizi-wezzu-destruction-du-cimetiere-juif-de-la-ville-dazzefoun/

LA COMMUNAUTÉ JUIVE PRATIQUE SA RELIGION EN CATIMINI

Publié le 30/09/2015 à 17:57 par hogra Tags : vie chez enfants histoire nuit afrique
LA COMMUNAUTÉ JUIVE PRATIQUE SA RELIGION EN CATIMINI

 

Beaucoup d’Algériens ignorent peut être l’existence d’une forte communauté juive en Algérie. Contrairement à ce qu’on pense, les juifs sont nombreux à travers tout le pays. Ils pratiquent jusqu’à nos jour leur religion et parfois collectivement. Ils vivent dans l’ombre. Ils ne font confiance à personne. Il est presque impossible d’établir un lien avec eux si vous n’êtes pas l’un des leurs.

 

Il a fallu des mois pour nouer une petite relation avec eux. Après plusieurs tractations, quelques-uns ont accepté de se livrer à Tamurt, mais sous plusieurs réserves et conditions. Il a fallu presque l’aval de plusieurs vieilles personnes. 

 

Les juifs d’Algérie vivent dans une peur permanente. S’ils étaient découverts, ils seraient « dévorés » par les islamistes qui sèment la terreur dans ce beau pays. Ils ne veulent guère parler des détails de leurs pratiques. Première constatation : contrairement aux idées établies, la plupart d’entre eux ne sont pas des Kabyles ni des berbérophones, ils sont par contre, dans la majorité des arabophones. 

 

« On est très nombreux dans les régions de M’Sila et Boussaada ainsi qu’à Boumerdes, mais c’est en Kabylie que notre communauté se manifeste un peu librement pour des raisons évidentes », nous dira une juive étudiante d’Alger. La région constantinoise et de Guelma est aussi peuplée par une forte communauté juive, dit-on. Même s’il est très compliqué de retracer leur arrivée en Afrique du nord, où ils ont vécu en toute sécurité depuis la nuit des temps, la plupart d’entre eux disent qu’ils étaient expulsés d’Espagne, après la perte par les musulmans de l’Andalousie.

 

L’immigration juive qui avait suivie la conquête arabe semble se poursuivre, ainsi qu’une certaine fusion avec des judéo-berbères. On trouve des communautés juives dans de nombreuses villes. 

 

Les communautés juives sont soumises au statut de dhimmis. Comme sur toutes les terres musulmanes depuis le Pacte du Calife Omar, au VIIIe siècle, qui tout en leur laissant la liberté du culte leur attribue un statut juridique très inférieur à celui des musulmans. Ils avaient donc trouvé la protection chez les Berbères d’Afrique. Mystère. Comment ont-ils pu tenir des siècles durant dans la clandestinité ? Jusqu’à nos jours les petits enfants des juifs connaissent leur histoire et traditions à la lettre. Leur culte aussi. Certains ont même appris l’hébreu. 

 

« Abraham, mon père, Isaïe et tous les grands prophètes ont vraiment fait libérer Israël du péché et de la servitude ! Il peut également protéger Israël physiquement de nos ennemis et ceux qui détestent les enfants de Hachem », nous dira Hayet, une jeune étudiant de 20 ans à Boudouaou.

 

Une localité pourtant répétée pour être un bastion des islamistes et les terroristes. C’est un véritable paradoxe social. Pour se protéger, les juifs d’Algérie se comportent comme tous les Algériens. Aucun indice ne le distingue des autres communautés, surtout musulmane. « Certaines juives portent même le voile. Ce n’est pas un problème pour nous. On respecte les musulmans », nous dira notre interlocutrice. Mais le problème qui se pose c’est le mariage. « On ne peut pas divulguer notre appartenance religieuse. Or, qu’il est interdit pour la religion musulmane de se marier avec une juive », fera remarquer Hayet. Cette étudiante nous a révélé que les Juifs d’Algérie ne se marient qu’entre–eux, pas pour des raisons de ségrégation mais plutôt pour préserver leur communauté. 

 

« S’il arrive que des jeunes musulmans demandent la main de juives, c’est qu’ils ignorent qu’elles sont juives. Pour éviter ce genre de problème, on se marie plus jeunes avec des garçons juifs, mais on évite les mariages consanguins », précise Hayet. Cette dernière refuse par contre de répondre à bon nombre de nos questions. Elle s’est excusée. Elle ne veut pas par exemple nous révéler s’ils entretiennent des relations avec des juifs d’Israël.

Par contre, elle nous a fait une révélation des plus surprenantes. « On sait bien que les services secrets algériens sont au courant de nos activités cultuelles. D’ailleurs la plus grande synagogue se trouve en plein Alger centre. Je pense que l’Algérie entretient des relations officieuses avec Israël qui exige notre protection », révéla-t-elle. 

 

Elle nous raconta même une anecdote. « A Tiguentourine, à la base de vie du site gazier attaqué par les terroristes le mois passé, une synagogue est mise au service des juifs étrangers et Algériens. C’est un endroit cultuel surveillé par les services de sécurité algériens. Mêmes les étrangers assassiné sont dans la plupart de confession juive », nous confie Hayet. Impossible de confirmer cette information. D’autres confidences ont été faites par un autre juif Mozabite, commerçant à Alger. Il nous dira que la plupart des juifs algériens sont fortement instruits. 

 

Le seul secret qu’il nous balança, c’est que les juifs Algériens sont favorisés dans le traitement des dossiers d’émigration vers le canada et les États-Unis. Mais notre interlocuteur précise que les juifs d’Algérie préfèrent ne pas quitter leur pays, y compris les jeunes. Pour les tendances politiques, nos interlocuteurs indiquent qu’ils sont diverses, mais la plupart d’entre-deux sont apolitiques. « On est contre toute forme d’extrémisme. Sinon les juifs d’Algérie sont des libéraux, des centristes et de gauches… ». Les deux juifs qui ont accepté de s’exprimer pour nous sous le couvert de l’anonymat nous ont promis d’autres révélations à l’avenir. 

 

http://www.siwel.info/Algerie-La-communaute-juive-pratique-sa-religion-en-catimini_a4702.html

L'histoire des juifs algériens

L'histoire des juifs algériens

ILS ONT CHOISI DE RESTER DANS LEUR PAYS D'ORIGINE L'histoire des juifs algériens

 

«(...) C'est parce que le FLN considère les Israélites algériens comme les fils de notre patrie qu'il espère que les dirigeants de la communauté juive auront la sagesse de contribuer à l'édification d'une Algérie libre et véritablement fraternelle. (...)» Lettre du FLN aux Israélites en 1956

Un sujet récurrent qui mérite de notre point de vue une attention particulière -au moment où l'Algérie s'interroge sur son avenir- est celui de savoir comment l'Algérie a traversé l'histoire. Si l'on est d'accord sur les alluvions allogènes dues à la colonisation française, il reste que nous ne savons pas quel a été le destin de ces habitants de l'Algérie depuis les temps reculés, je veux parler des juifs algériens.

Quelle est leur histoire? Comment et quand sont-ils arrivés en Berbérie?

Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre pour arriver à la période actuelle, notamment celle de la Révolution où beaucoup d'entre eux ont choisi de défendre leur patrie, notamment à l'appel du FLN. Qui se souvient en effet de Laban, de Timsit qui ont défendu la Révolution, les armes à la main?

La venue des juifs au Maghreb

Sans remonter jusqu'à la Génèse, après leur persécution, les tribus juives ont essaimé à partir de l'Egypte sur tout le littoral méditerranéen à partir du VIIe siècle avant Jésus-Christ. Cette population juive, venue vraisemblablement par la mer habitait le littoral libyen, il y avait une autre à l'intérieur du pays, berbère d'origine qui elle aussi a été graduellement gagnée à la religion juive. Elle habitait le djebel Gharian, le djebel Yffren et le djebel Nefouça. Pour Slousch, les marchands juifs se sont mêlés aux Tyriens puis aux Phéniciens pour conquérir les rivages méditerranéens de l'Afrique.(1)
Les juifs nous dit Stora, sont présents en Algérie depuis des millénaires pour les premiers, au moment où les Phéniciens, lancés dans le commerce maritime, fondent Annaba, Tipasa, Cherchell, Alger, Kartenna, des juifs les accompagnent. D'autres juifs viennent de Palestine fuyant l'empereur Titus après la destruction du temple de Jérusalem en 70 avant Jésus-Christ. Ils se mêlent aux Berbères autochtones et forment des tribus. Augustin d'Hippone et Jérôme de Stridon attestent tous deux de l'importance de la communauté juive aux IVe et Ve siècles. On doit donc admettre qu'il y a eu des immigrations d'Israélites en Berbérie dans les temps historiques et bien des siècles après l'époque où se forma la race berbère. Selon le mot d'Olivier cité par Rinn: «Les juifs ne furent que les hôtes des Berbères, ils ne furent pas leurs aïeux.»(2)

Les Israélites ont apporté au Maghreb leur contingent et tout en conservant leur religion, ils se sont fondus au milieu de la race du pays. A part l'acquittement de redevances (le Kharadj: impôt foncier,et la Djéziah: impôt de capitation), il semble que les maîtres arabes usaient à l'égard des juifs d'une large tolérance. Il y eut, comme l'écrit A. Dhina, parmi ces juifs, des hommes pieux et des savants, c'est le cas du Rabbin Raphaël Ephraïm Ankoa à Tlemcen et dont nous parlerons plus loin, des rabbins Isaac Ben Sheset Barfat et Simon Ben Semah Duran à Alger.

Les implantations les plus importantes des communautés juives se situent à Tlemcen, Constantine, Alger, Laghouat.(3)
La crainte des persécutions de la part des Espagnols reste si grande dans la communauté juive que les échecs de ceux-ci dans leurs tentatives de prendre Alger en 1541 puis en 1775 sont commémorés par les juifs lors des Pourims d'Alger.

Durant la Régence, ils purent vivre en bonne intelligence avec les musulmans. Il en sera de même pendant toute la période coloniale. Ainsi, Mostefa Lacheraf rapporte la bonne harmonie qui régnait entre les deux communautés, dans les années 1920 à 1940 de ce siècle dans son petit village de Sidi Aïssa.

Il écrit notamment: «... Et puis l'école officielle du village de Sidi Aïssa était une école dite indigène où il n'y avait pas un seul élève européen, mais une grande majorité d'élèves musulmans en même temps qu'une douzaine de petits Israélites parlant l'arabe comme leur langue maternelle et fortement arabisés dans leurs genres de vie.» Eux et leurs familles appartenaient à la communauté juive du Sud algérien et portaient cinq ou six noms parmi ceux de l'ancienne diaspora andalouse judaïque réfugiée au Maghreb entre le XIVe et le XVIIe siècle et débordant, depuis 1830, les lieux habituellement citadins pour s'intégrer à des centres villageois dans la mouvance des grands foyers rabbiniques traditionnels tels que Ghardaïa, Laghouat, Bou-Saâda. Peut-être que le mode religieux n'était pas à l'époque, pour le «m'as-tu-vu» et le côté spectaculaire de la simple pratique, de l'observance rituelle exagérée comme aujourd'hui, car, dans ce centre villageois pourtant bien situé et peuplé d'habitants à la spiritualité mystique ou monothéïste affirmée, il n'existait ni mosquée officielle, ni Eglise, ni Synagogue édifiée en tant que telle».(4)

«Femmes juives et femmes musulmanes se rendaient visite pendant les fêtes religieuses de l'une ou l'autre des communautés où elles habitaient côte à côte, dans des logements séparés autonomes... Je me rappelle encore ce que chantaient quelques femmes israélites venus offrir à ma mère du pain «azym» de la Pâque juive et entonnant sur le pas de la porte, en partant, un air célèbre d'origine andalouse. (..)le chant nostalgique de l' «Au revoir». Les relations entre les deux communautés allaient sans doute changer à l'avènement du sionisme agressif, militaire et colonial lors de la spoliation de la Palestine par le nouvel Etat d'Israël.»(4)

La considération des musulmans pour les juifs

On se souvient que les autorités coloniales en Algérie avaient choisi la collaboration, les indigènes refusèrent de livrer les juifs et de collaborer. C'est le cas notamment à Laghouat où la population s'oppose à la demande des autorités de livrer les juifs. Les enfants juifs, à qui les écoles républicaines étaient interdites, vont fréquenter les écoles «arabes» où la population les accepte et dissimule leur identité aux autorités de Vichy.

Les indigènes musulmans adopteront donc une position radicalement différente de celles des autorités de Vichy permettant la protection de nombreux juifs d'Algérie. L'immigration algérienne et les milieux nationalistes algériens seront globalement sur la même position. Ainsi, Messali Hadj s'opposera à toute forme de collaboration et aux persécutions des juifs; il fera d'ailleurs exclure du PPA, en mai 1939, les zélateurs d'une alliance avec les Allemands et sera emprisonné par le régime de Vichy en 1941.

Il y a deux ans, un film a été réalisé sur la bravoure des Algériens émigrés à Paris qui ont sauvé des centaines de juifs. Dans le film Les hommes libres, le cinéaste Ismaël Ferroukhi raconte comment Les émigrés algériens -sous prolétariat français- pendant la colonisation, avaient décidé d'aider les juifs à s'enfuir et les ont cachés. Un mot m'avait frappé à propos: «ammarach nnagh», «Ce sont comme nos enfants» traduisant par là le sacrifice à faire pour sauver des enfants. juifs...qui sont comme nos enfants.

Si Kaddour Ben Ghabrit, le fondateur de la Mosquée de Paris, aura dirigé ce lieu religieux durant la période de l'Occupation. Derri Berkani rapporte que durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la Mosquée de Paris sert de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les Algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri.

Les FTP ont, par la suite, porté assistance à des familles juives, des familles qu'ils connaissaient, ou à la demande d'amis, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le tract, en tamazight, a été lu à voix haute pour les hommes pour la plupart analphabètes «ammarrach nnagh»
«Comme nos enfants» «Le tract était rédigé ainsi du 16 juillet 1942 à Paris. «Hier à l'aube, les juifs de Paris ont été arrêtés.

Les vieux, les femmes et les enfants. En exil comme nous, travailleurs comme nous. Ils sont nos frères. Leurs enfants sont comme nos propres enfants.- ammarach nnagh. Celui qui rencontre un de ses enfants doit lui donner un abri et la protection des enfants aussi longtemps que le malheur - ou le chagrin - durera. Oh, l'homme de mon pays, votre coeur est généreux.» (5)

Les juifs et la Révolution

Durant la Révolution, les Algériens de confession juive ont été sollicités pour apporter leur aide à la Révolution. Nous lisons la lettre suivante: «Le Front de libération nationale (FLN), qui dirige depuis deux ans la révolution anticolonialiste pour la Libération nationale de l'Algérie, estime que le moment est venu où chaque Algérien d'origine israélite, à la lumière de sa propre expérience, doit sans aucune équivoque prendre partie dans cette grande bataille historique. Vous n'ignorez pas, chers compatriotes, que le FLN, inspiré par une foi patriotique élevée et lucide, a déjà réussi à ruiner la diabolique politique de division qui s'est traduite dernièrement par le boycottage de nos frères commerçants mozabites, et qui devait s'étendre à l'ensemble des commerçants israélites. (...)

Depuis la Révolution du 1er Novembre 1954, la communauté israélite d'Algérie, inquiète de son sort et de son avenir, a été sujette à des fluctuations politiques diverses.(....)»
La communauté israélite se doit de méditer sur la condition terrible que lui ont réservée Pétain et la grosse colonisation: privation de la nationalité française, lois et décrets d'exception, spoliations, humiliations, emprisonnements, fours crématoires, etc. Sans vouloir remonter bien loin dans l'histoire, il nous semble malgré tout utile de rappeler l'époque où, en France, les juifs, moins considérés que les animaux, n'avaient même pas le droit d'enterrer leurs morts, ces derniers étant enfouis clandestinement la nuit n'importe où, en raison de l'interdiction absolue pour les juifs de posséder le moindre cimetière.

Exactement à la même époque, l'Algérie était le refuge et la terre de liberté pour tous les Israélites qui fuyaient les inhumaines persécutions de l'Inquisition. Exactement à la même époque, la communauté israélite avait la fierté d'offrir à sa patrie algérienne non seulement des poètes, des commerçants, des artistes, des juristes, mais aussi des consuls et des ministres.(..).

Le FLN est convaincu que les responsables comprendront qu'il est de leur devoir et de l'intérêt bien compris de toute la communauté israélite de ne plus demeurer «au-dessus de la mêlée», de condamner sans rémission le régime colonial français agonisant, et de proclamer leur option pour la nationalité algérienne.»(6)

Beaucoup d'Israélites ont fait le minimum en «cotisant». Il y eut des Algériens juifs admirables qui ont bravé les interdits, traversé les barrières invisibles des communautés, l'exemple le plus frappant est celui du D. Daniel Timsit qui a participé activement à la guerre d'indépendance de l'Algérie du «mauvais côté». Daniel Timsit est né à Alger en 1928 dans une famille modeste de commerçants juifs.

Descendant d'une longue lignée judéo-berbère, il a grandi dans ce pays où cohabitent juifs, Arabes et pieds-noirs, que le système colonial s'efforce de dresser les uns contre les autres. Il s'occupera du laboratoire de fabrication d'explosifs, puis entrera dans la clandestinité en mai 1956. Arrêté, il sera détenu jusqu'à sa libération en 1962, date à laquelle il rentre à Alger. Il s'explique longuement sur son identité algérienne, lui qu'on continue en France, à présenter comme un Européen. «Je n'ai jamais été un Européen», se défend-il. Il s'est toujours considéré comme Algérien, lui, dont la langue maternelle est l'arabe «derdja». La langue et la culture françaises, qu'il ne renie pas, viennent au second plan. L'algérianité ne se définit pas en fonction d'une appartenance ethnique ou religieuse, mais parce qu'il appelle «une communauté d'aspirations et de destin».(7)

Les juifs algériens actuels

Après le départ massif de 1962, beaucoup de juifs ont préféré rester en Algérie. Zouheir Aït Mouhoub en parle: «L'Algérie, pour laquelle ils ont participé à la libération, est leur patrie. Avec les Algériens, ils partagent tout à l'exception de... la religion. Eux, ce sont les juifs d'Algérie. Aujourd'hui, ils continuent encore de se cacher pour mieux vivre. Il nous décrit ensuite le portrait d'un jeune Algérien juif qui a choisi de sortir de son silence.: «Je n'ai que 24 ans. Mais j'ai déjà passé l'essentiel de ma vie à me cacher. A cacher mon secret, celui de ma famille, de mes semblables. Je suis Algérien.

Avec mes concitoyens, je partage le ciel, la mer, la terre, les joies et les tristesses. Mais pas la religion. (...)Je m'appelle Naïm. Je suis né un certain été 1988 à Alger. Il faisait beau. Rien n'indiquait que l'automne allait prendre un dramatique tournant dans la vie tourmentée de mon pays. Malgré cela, ma famille a toujours refusé de quitter l'Algérie et est restée liée à son histoire depuis des siècles. En 1962, alors que de nombreux juifs partaient dans la précipitation, emportés par les bruits qui couraient selon lesquels les juifs seraient tous «massacrés», mon grand-père décida de rester. «Ici, c'est notre terre.

Elle a vu naître tes parents et tes aïeuls et nous n'avons nulle part où aller», répétait-il à chaque discussion. (...) Mon grand-père, à l'époque commerçant à Znikat Laârayass dans La Basse Casbah, aidait ses frères moudjahidine. Son frère s'était même engagé dans l'Armée de Libération nationale. C'est un chahid. Aujourd'hui encore, les vieux et les vieilles de La Casbah se souviennent de l'engagement de ma famille dans la Révolution.»(8)

La France nous a causé du tort, car elle nous a assimilés puis francisés par ce sordide décret Crémieux. «La France interdisait à nos frères juifs d'être enterrés sur son sol. Avec ce décret, elle voulait nous séparer de nos frères musulmans et nous mettre dans l'embarras», expliquait doctement mon grand-père. Il était fier d'être Algérien et n'acceptait aucune autre appellation, refusant les étiquettes «juifs d'Algérie», «juifs d'origine algérienne» ou encore «communauté israélite ou juive d'Algérie». El Hadj El Anka égayait ses jours et ses soirées. Le chaâbi était sa musique favorite et Edmond Yafil, un de ses grands amis. (...) Je prie matin et soir pour que l'Algérie reconnaisse enfin ses enfants, sa pluralité. Pour qu'elle respecte, comme elle l'a toujours fait, ses minorités, sans distinction. L'Algérie appartient à tous les Algériens.»(8)
Nous le voyons, l'Algérie sera forte quand elle arrivera à se réconcilier avec elle-même. L'assumation de son identité multiple est, à n'en point douter, la voie à suivre

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/171183-l-histoire-des-juifs-algeriens.html

Les juifs d’Algérie ont été coupés ..de leurs racines

Publié le 27/09/2009 à 16:37 par hogra Tags : centerblog vie moi monde femme pouvoir amoureux chez enfants création texte carte livre bande
Les juifs d’Algérie ont été coupés ..de leurs racines

Jacques AttaliLi. Economiste et écrivain français

"Les juifs d’Algérie ont été coupés totalement de leurs racines"

Sacré. Le gourou de la finance publie un Dictionnaire amoureux du judaïsme (chez Plon) et revisite son passé algérien. Dans son ouvrage, l’essayiste, économiste, patron d’entreprise, ex-conseiller du président François Mitterrand se promène dans l’histoire du peuple juif et d’une religion universelle. Avec délice et talent, l’écrivain français dresse la carte d’identité d’une foi qui puise ses racines dans les origines du monde. Interview.



Qui est Attali l’Algérien ?

Mon père, qui est né en Algérie. Sa famille était ancrée depuis des siècles dans ce pays porteur d’un judaïsme très fort. Un judaïsme algérien extrêmement cultivé et intense. Un judaïsme qui a des origines profondément berbères. Une grande partie d’entre eux ont été convertis avec la Kahina, cette grande femme de pouvoir berbère et juive, qui a tenu tête aux musulmans d’Orient lors de leur arrivée au Maghreb.

Vous vous sentez pleinement Algérien donc ?

Je suis Algérien. Je suis né en novembre 1943 à Alger et j’ai quitté mon pays en 1956. La langue maternelle de la famille de mon père et de ma mère était l’arabe. Nous ne sommes pas des pieds-noirs. Reste que j’ai vécu l’histoire de ma présence en Algérie comme un apartheid. Nous n’avions aucun contact avec les Arabes. Et les seuls mots d’arabe que je connaissais, c’était des insultes ! Le mot « yaouled », en arabe, veut dire « un enfant ». Pour moi, il signifiait le porteur de commission au marché. Et « yaouled » pour moi signifiait la soumission. J’ai gardé ce mot gravé dans ma mémoire. Je garde d’Alger, que j’ai quittée à l’âge de 13 ans, des souvenirs désordonnés : la parfumerie de mes parents, rue Michelet, la synagogue de Saint-Eugène.

Et pourtant, vous ne pouvez pas y retourner…

Je fais partie de ces rares personnes dans le monde qui n’ont pas droit d’aller se recueillir sur la tombe de leurs grands-parents. Les juifs d’Algérie ont été coupés totalement de leurs racines à partir de l’indépendance en 1962. Je ressens ça avec de la tristesse, parfois de l’amertume et parfois de la rage. Mon père a été très tôt convaincu que l’Algérie serait indépendante. Mais il était aussi sûr, tristement, que les juifs n’y auraient pas leur place. Il a donc décidé dès novembre 1954 de partir pour Paris. Tristement. Quand je vais dans une synagogue de Paris, je cherche toujours un lieu où je me sens comme à Alger.

Revenons sur votre ouvrage, pourquoi un livre sur le judaïsme ?

Le judaïsme reste caricaturé et mal connu. Ceci dit, quand on m’a proposé d’écrire le Dictionnaire amoureux du judaïsme, je me suis dit : « Je ne peux pas le faire. Je ne suis pas un spécialiste du judaïsme. Je ne suis pas théologien. » Puis, j’ai commencé à voir des gens et à accumuler les idées. Et je me suis rendu compte que je savais déjà beaucoup de choses et qu’elles me venaient de mon propre parcours de vie.

D’oùcette touche autobiographique…

Le judaïsme, c’est d’abord une pratique et une relation personnelle aux choses. Je raconte Noé en commençant par la manière dont ma mère m’a fait rentrer dans le personnage. C’est la meilleure façon de comprendre ce qui est la fonction de la famille dans cette religion avant tout familiale.

Une religion de transmission donc ?

Oui, le judaïsme est fondé sur l’idée de transmettre. On ne naît pas juif par son père ou par sa mère. Mais toute personne qui a des enfants juifs est juive. Et tout être humain est ce qu’il transmet et non pas ce qu’il reçoit.

Vous en profitez pour casser des idées reçues, notamment celle qui veut que le judaïsme soit exclusif et renfermé.

Je démontre que des personnages principaux de la Bible d’origine sont des convertis. Ruth en est un exemple. C’est l’ancêtre de David. Le fondateur du peuple juif, un des pères de l’Etat d’Israël, est un converti. Le Talmud, la Kabbale et le Zohar disent l’importance de la conversion. Ce n’est que récemment que le judaïsme s’est refermé.

Vous brossez différents portraits de figures qui ont marqué le peuple juif...

J’ai fait la liste de tous les personnages dont je devais absolument parler : Abel, Abraham, Bethsabée, Ezéchiel, Spinoza... Ils représentent pour moi la clé du judaïsme. Je voudrais que mon Dictionnaire amoureux soit un guide pour tout individu qui ne connaît rien à cette religion, ou peu de choses. Dans ce livre, chacun aurait choisi différemment les entrées. Un Russe aurait parlé de Chagall, Trotski, un Américain de Kazan, Woody Allen et Hollywood, un Ashkénaze évoquerait le yiddish, Odessa, Prague.

Dans votre livre, on apprend que Superman et Astérix sont des personnages typiquement juifs. Ne sont-ils pas universels ?

L’influence des récits bibliques est perceptible. Superman, dont l’auteur est juif (Jerry Spiegel), devient un héros qui veut sauver son peuple. Pour moi, Superman est comme Moïse. De l’autre côté, il y a Astérix (Goscinny est également juif), un petit faible qui doit là aussi sauver son peuple contre les envahisseurs. Superman et Astérix vont bien au-delà du judaïsme. Ils sont l’incarnation des rêves de tous les enfants du monde. Dans ce contexte, la Bible, tout entière, s’adresse d’ailleurs aux enfants avec ce regard émerveillé jeté sur le monde telle une bande dessinée.

Dans votre livre, vous n’avez pas choisi le mot Shoah. Pourquoi ?

Je déteste ça. La Shoah est un malheur. Mais elle ne définit pas le judaïsme qui existe indépendamment. Je n’aime pas non plus ceux qui en font commerce.

Aucun mot non plus sur Israël...

Ce n’est pas le même sujet... Les gens confondent Israël et juifs. Or, ces derniers ne sont pas tous des Israéliens et le judaïsme ne veut pas dire Etat d’Israël.

... ni sur la guerre entre les Arabes et les Israéliens…

Ce n’est pas le propos non plus. Mais je ne peux que répéter que la solution passe par deux Etats, israélien et palestinien. Je fais partie des rares personnes qui ont eu le privilège de déjeuner un jour avec Shimon Peres, alors Premier ministre d’Israël, et j’ai dîné à Ghaza avec Arafat. Il y a eu un moment, très bref, où ça existait. Mais il y a une alliance tragique entre les extrêmes arabes et israéliens, alors que la solution raisonnable est la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël. Beaucoup de dirigeants arabes seront les grands perdants de l’existence d’un tel pays. D’ailleurs, ils auraient pu faire de Ghaza et de la Cisjordanie les équivalents de Dubaï.

Revenons à la religion. Comment expliquer les tensions entre le christianisme, l’Islam et le judaïsme ?

L’Islam comme le christianisme refuse d’admettre qu’il est un enfant d’Israël. Beaucoup de musulmans rejettent l’idée qu’Abraham est juif. Comme beaucoup de chrétiens refusent d’admettre que Jésus est juif. Le christianisme l’a dit avec une brutalité extrême : il est le vrai Israël.

Bref, c’est une querelle père-fils ?

Exactement. Et cela n’empêche pas les juifs de ne pas accepter leurs enfants.

Quel est l’avenir de la religion juive ?

Les menaces pèsent sur le judaïsme de la diaspora avec son incapacité de renouer avec la tradition. Il y a aussi le judaïsme d’Israël menacé par sa banalisation nationale et aggravé par la tension avec ses voisins dans la région. Tout se passe comme si la diaspora juive était menacée de se dissoudre dans l’universalisme et Israël de se fondre dans le nationalisme. Prenez tous les peuples qui ont existé 3000 ans avant notre ère, peu d’entre eux existent aujourd’hui. Tous ont été condamnés à l’exil et ont disparu. Le peuple juif a subsisté.

Par quel miracle ?

Sa culture et sa religion ont survécu dans l’exil grâce à un texte extraordinaire et unique dans l’histoire : la Torah. Mieux, il est à la base de la croyance de trois milliards d’êtres humains. Au temps des Romains, les juifs représentaient le vingtième de la population mondiale. Ce taux est aujourd’hui tombé à deux millièmes. Le judaïsme qui aurait dû disparaître depuis 25 siècles sera-t-il toujours là en 2050 ? Ne sera-t-il pas un sujet d’ethnographie comme le sont aujourd’hui les Dogons ou les Tupinambas ? La question reste ouverte...

BIO EXPRESS

1943. Naissance à Alger.

1956. Sa famille part pour Paris.

1970. Il sort 3e de promotion de l’Ecole nationale d’administration.

1981. Il devient le « conseiller spécial » de François Mitterrand pour lequel il est aussi « sherpa », représentant personnel d’un chef d’Etat pour les sommets du G7.

1986. Il publie Verbatim, un livre très controversé sur son passage à l’Elysée. Deux autres tomes suivront en 1995.

1990. Il participe à la création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement dont il devient président.

1994. Il crée Attali&Associés, un cabinet de conseil international en conseil stratégique, ingénierie financière et fusions-acquisitions.

1998. Il fonde PlaNet-Finance, une association de conseil, de finance et de formation des institutions de micro-finance.

2001. Il est mis en examen dans l’affaire Angolagate pour recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence. Le jugement sera rendu en octobre 2009.

2007. Jacques Attali est chargé par Nicolas Sarkozy de présider une commission chargée d’étudier « les freins à la croissance »



Par Sid Ahmed Hammouche

 

Les trois exils, Juifs d’Algérie

Publié le 02/11/2008 à 12:00 par hogra Tags : vie moi chez enfants france société fond travail histoire divers soi livre livres richesse

Benjamin Stora au Quotidien d’Oran : «Il y a des tentations coloniales qui subsistent dans la société française, mais ce n’est pas une société coloniale.» par Propos Recueillis Par Akram Belkaïd L’historien français, grand spécialiste de la guerre

d’indépendance algérienne et de l’immigration maghrébine en France, vient de publier « Les guerres sans fin : un historien, la France et l’Algérie » aux éditions Stock. Un livre qui retrace « son entrée en histoire » et qui éclaire aussi ses choix en matière de recherche historique. Entretien en ce lendemain de 1er Novembre.

Le Quotidien d’Oran:

Votre dernier ouvrage privilégie une approche mémorielle très personnelle et, en cela, il s’inscrit dans la droite ligne des deux livres qui l’ont précédé. Comment justifiez-vous cette évolution dans votre production ?

Benjamin Stora: D’une certaine manière, j’ai essayé avec ces livres de me rapprocher de ce que l’on appelle l’ego-histoire. J’ai toujours aimé faire des expérimentations d’écriture dans le domaine de l’histoire, tout en étant attiré par les aspects qui n’étaient pas conformes aux thèmes dominants et qui se situaient même à contre-courant. Il y a trente ans, je m’étais, par exemple, penché sur l’histoire du nationalisme algérien dans sa version messaliste, alors que personne ne s’y intéressait.

J’ai aussi abordé la question des pionniers du nationalisme, y compris ceux qui avaient été éliminés dans le cours de la révolution algérienne. J’ai aussi travaillé sur la mémoire au début des années 1990, à une époque où elle était considérée comme non historique, ce qui m’a valu nombre de critiques, y compris en Algérie. En terme de support de production, je ne me suis pas contenté de l’écrit classique, puisque je me suis intéressé aux images et que j’ai fabriqué des films et des documentaires. Avec mes derniers livres, je me suis dit pourquoi ne pas me rapprocher de l’ego-histoire, quitte ensuite à revenir à un travail plus classique, à des récits plus traditionnels. Pour moi, dans l’écriture de l’histoire, aucun support n’est tabou.

Q.O.: Vous reproche-t-on toujours de considérer que la mémoire fait partie de l’histoire ?

B.S.: Quand j’ai présenté mon documentaire « Les Années algériennes » en 1991, j’ai été très attaqué. On m’a reproché les mises en scène, notamment la séquence du retour de ma mère à Constantine. Des historiens français y ont vu une implication personnelle et subjective qui nuisait à la qualité d’un travail scientifique. Des historiens algériens ne m’ont pas ménagé non plus.

C’était il y a vingt ans. Et depuis, les choses ont beaucoup changé et nombre de mes détracteurs de l’époque se sont aperçus qu’il fallait restituer les mémoires et les considérer comme des instruments, des outils possibles de l’écriture de l’histoire. Dans le même temps, les mémoires ont connu un réveil brutal, elles sont entrées en compétition et cherchent à s’affirmer dans l’espace public comme en témoigne, entre autre, la polémique autour du rôle de la colonisation.

On ne peut donc plus ignorer le phénomène mémoriel et se contenter d’imposer une séparation étanche entre l’histoire savante, académique, scientifique et la mémoire subjective et partiale. Il faut rentrer dans ce mouvement mémoriel pour en démonter le mécanisme, trouver des sens historiques, débusquer les fantasmes et les constructions imaginaires. Les historiens ne peuvent pas se laver les mains du phénomène mémoriel, sinon ils prendraient le risque d’être en dehors du mouvement réel des sociétés qui exigent plus d’histoire à travers leurs mémoires blessées. «En France, la mémoire algérienne n’est pas un psychisme abstrait».

Q.O.: Dans votre livre, vous évoquez la nécessité de l’oubli pour les sociétés, ces dernières ne pouvant vivre dans l’exaltation. Dans le cas algérien, on a tout de même vécu dans l’exaltation durant une longue période. Est-ce l’une des raisons qui ont conduit aux tourments des années 1990 ?

B.S.: Il y a deux sortes d’oubli : il y a celui qui est nécessaire pour vivre et il y a celui organisé par l’Etat, que je qualifierai d’oubli pervers. Dans le cas de l’Algérie, on a beaucoup exhumé et glorifié le passé qui a servi aussi à se légitimer. En France, à l’inverse, on a eu un oubli d’Etat.

Dans le cas algérien, l’oubli pour vivre n’a pas existé. A l’indépendance, il n’y a pas eu d’amnistie ni de réconciliation entre les groupes porteurs de différentes mémoires indépendantistes. Cette absence permanente de réconciliation et de passerelles, ce déni de la qualité de l’autre et de son combat, sont autant de facteurs qui, oui, ont pu déboucher sur des conflits ouverts. Lorsqu’il n’y a jamais d’apaisement, il y a un risque de revanche susceptible de déborder dans l’espace public. Q.O.: Mais l’oubli n’est pas toujours facilement accepté... B.S.: C’est effectivement une question très difficile. D’un côté, il y a des secteurs entiers de la société qui exigent réparation, vengeance, justice et condamnation, et, de l’autre, il y a la nécessité de maintenir une cohésion sociale et du lien national. Comment trouver le juste équilibre ? C’est aux hommes politiques d’y arriver. Dans le fond, l’Algérie a commencé à se poser ce problème au sortir de la tragédie des années 1990.

La réconciliation nationale a été certes critiquée, condamnée, dénoncée mais elle a eu le mérite de poser les questions liées au pardon. Près de cinquante ans après l’indépendance, l’Algérie pourrait essayer aussi de jeter un autre regard sur sa révolution et commencer à jeter des passerelles vers ceux dont on a nié le combat.

Q.O.: Comment expliquez-vous la persistance d’une problématique algérienne dans la société française ?

B.S.: En France, la mémoire algérienne n’est pas une sorte de psychisme abstrait ou une idée désincarnée, voire d’un conflit de personnes confiné dans un périmètre très restreint. Il s’agit d’une question très large qui touche à l’identité française puisque l’Algérie c’était la France ! Le nationalisme algérien a provoqué une crise très profonde du nationalisme français en lui reprochant de ne pas respecter ses propres valeurs, celles des Lumières et de la Révolution française. C’est une crise dont les effets subsistent à ce jour. Ensuite, il y a, bien sûr, le fait que des millions de personnes en France se sont trouvées confrontées directement à la Guerre d’Algérie.

Il y a d’abord les soldats, dont on estime le nombre à 1,5 million. Dans leur grande majorité, ils sont nés entre 1932 et 1942, ce qui signifie qu’ils sont pour nombre d’entre eux à la retraite et qu’ils ont donc beaucoup de temps pour interroger leur propre histoire et celle de cette guerre. Il y aussi le million de pieds-noirs et leurs enfants, sans oublier les harkis et leurs familles qui ont pu se réfugier en France.

Q.O.: Est-ce que cela explique les polémiques récurrentes sur cette histoire ?

B.S.: Cette question de la mémoire algérienne est très physique. C’est un traumatisme réel. Ce sont des choses qui se sont transmises dans la société française et souvent la transmission s’est faite d’une mauvaise manière en raison de la stratégie d’oubli décidée par l’Etat français. La connaissance de cette histoire a été fantasmée, falsifiée, parce que l’Etat français n’a pas rempli sa fonction.

La décolonisation s’est effectuée au niveau de l’Etat par l’indépendance de l’Algérie, mais pas par la pratique des esprits. Rien n’a permis à ces derniers de prendre la mesure de la décolonisation politique. Il n’y a pas eu de passerelles, qu’il s’agisse du cinéma, des manuels scolaires ou des médias. C’est ce qui explique pourquoi la question algérienne est toujours là, près d’un demi-siècle après l’indépendance. «Les fils de harkis sont dans une recherche en algérianité.»

Q.O.: On dit toujours que les nouvelles générations modifieront la donne mais il semble que ces dernières endossent la position des pères...

B.S.: Ce n’est pas tout à fait exact.

Prenez le cas intéressant des harkis. Jusqu’à présent, le mouvement harki était très confisqué politiquement par le mouvement pied-noir. Or, aujourd’hui, de manière incontestable, on assiste à une sorte de dissociation. Les enfants de harkis veulent rester fidèles à la mémoire de leurs pères mais refusent toute stratégie d’adhésion aux partisans de l’Algérie française.

C’est une autre dynamique qui est en train de s’installer.

On trouve le même phénomène chez les enfants de pieds-noirs. Il y a la volonté de ne pas renier les pères mais aussi la prise de conscience des causes qui ont conduit les pieds-noirs à quitter l’Algérie comme le fonctionnement inégalitaire de la société coloniale. Je ne nie pas qu’il existe encore des modes de transmission négative de la question algérienne, avec son lot de ruminations et d’envies de revanche, mais j’insiste sur l’évolution positive des mentalités avec la volonté d’opérer une critique sur soi et des récits familiaux.

Les deux aspects cohabitent et ce n’est pas une bataille qui est finie.

Q.O.: Justement, il y a dix-sept ans, dans un entretien que vous m’aviez accordé, vous releviez la persistance d’un inconscient français rêvant encore de revanche sur les Algériens (1). Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

B. S.: C’est délicat à dire mais ce sentiment s’atténue du fait de la disparition physique d’un certain nombre d’acteurs de cette période. Il y a vingt ans, cette envie de revanche était beaucoup plus forte qu’aujourd’hui.

Ce qui est compliqué aujourd’hui en France, c’est que les partisans d’un système colonial considéré comme positif ont quitté les rivages de l’extrême droite traditionnelle pour aller vers une droite très classique. Le gaullisme avait tout de même entretenu une frontière entre droite et extrême droite.

Le général De Gaulle était une figure de la décolonisation et il était difficile aux partisans de l’extrême droite d’aller vers lui. Aujourd’hui, la frontière tend à s’effacer. Dans les nouvelles générations politiques sur l’échiquier de droite, la défense du système colonial est encore présente. A mon avis, c’est là où réside le problème.

Q.O.: Revenons aux harkis. Leurs enfants prennent de plus en plus la parole en France...

B.S.: Je n’y vois pas qu’une simple revendication formulée à destination de la France. Cette prise de parole, qui est effectivement de plus en plus fréquente, est à mon sens une recherche en algérianité. Ces enfants ont été éduqués dans un milieu culturel musulman mais ils ont le sentiment d’être exclus de la sphère algérienne, y compris quand cette dernière se situe à l’extérieur de l’Algérie, en exil ou dans l’immigration.

Ces enfants de harkis ont la volonté de se réapproprier leur algérianité. On trouve le même phénomène chez les enfants de juifs d’Algérie, comme j’ai pu m’en apercevoir à la sortie de mon livre sur les trois exils (2).

J’ai alors été invité par plusieurs associations de juifs d’Algérie, où des jeunes voulaient savoir quelle était l’histoire de leurs grands-parents, ces indigènes qui ne sont devenus français qu’après le décret Crémieux. Cette quête, ces interrogations font partie du même processus de recherche en algérianité. «La France d’aujourd’hui n’est pas une société coloniale, même s’il y persiste des tentations en ce sens.»

Q.O.: Dans votre livre, vous dites encore que vous êtes entré dans la société française en la bousculant. N’est-ce pas ce que font tous ces jeunes issus de l’immigration dont les revendications sont souvent jugées véhémentes ?

B.S.: Il y a effectivement des points communs. L’affirmation de soi est une question centrale. Elle exige que l’on soit reconnu comme tel et cela ne passe pas forcément par des stratégies de dilution de la personnalité comme le voudrait l’assimilation. On entre dans une société de manière conflictuelle et non dans l’harmonie consensuelle. Il faut batailler pour s’imposer et c’est un combat difficile et compliqué. En ce sens, l’intégration harmonieuse est un pur fantasme. Mais la différence entre aujourd’hui et les années 1960,

c’est que nous voulions bousculer la société française par l’intermédiaire d’idéaux universalistes qui étaient ceux des Révolutions - française, algérienne, cubaine ou palestinienne. Il y avait en nous une volonté de socialisme et d’égalité et c’est par ce biais-là que nous bousculions la société française. Aujourd’hui, je ne sens plus cela. On bouscule la société française au nom de la religion, c’est la grande différence avec les années 1960 et 1970. Du coup, il est beaucoup plus facile de discréditer ces revendications.

Q.O.: La bataille est moins facile à mener...

B.S.: C’est bien cela. La France est une société laïque, ou du moins qui se pense comme telle. Là où elle ne pouvait guère opposer d’arguments aux exigences d’universalisme, elle peut se braquer quand les revendications ont une connotation, réelle ou supposée, religieuse. De plus, et contrairement à aujourd’hui, le souffle des révolutions était très présent dans les années 1960. C’est pour cela que je suis entré dans l’étude de l’histoire algérienne. Il ne s’agissait pas de rechercher mes origines mais de comprendre les mécanismes de la révolution algérienne.

Q.O.: Pourtant, les problèmes que rencontre l’islam en France sont souvent présentés comme étant la continuation de l’ordre colonial !

B.S.: Je conviens aisément sur le fait qu’il n’y a pas eu de décolonisation des esprits en France, mais pour autant, je suis catégorique : la France d’aujourd’hui n’est pas une société coloniale. Elle ne fonctionne pas selon une codification juridique inégalitaire. Il faut tout de même savoir ce qu’était la société algérienne au temps de la colonisation !

Les Algériens n’avaient aucun droit, ils n’étaient pas considérés comme membres de l’humanité et ils n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944, plus d’un siècle après l’arrivée des Français. Aujourd’hui, on ne vit pas dans une société coloniale en France. C’est une société où il y a des traits coloniaux qui subsistent, des représentations qu’il faut combattre mais il ne faut pas se laisser aller à prétendre que l’histoire est toujours la même et qu’elle se répète en permanence. On ne peut pas mener le combat politique pour une meilleure intégration en tenant ce genre de raisonnement.

Q.O.: Mais les problèmes d’intégration sont bel et bien réels !

B.S.: Je le redis : il y a des tentations coloniales qui subsistent dans la société française. Elles s’exercent dans la vie quotidienne, à travers la discrimination au travail ou dans le logement par exemple. Mais encore une fois, il n’y a pas de codification juridique. On n’est pas dans une société d’apartheid ou de ségrégation territoriale décidée par le haut. Il faut sortir de cette paresse intellectuelle et, à mon sens, tout le travail de recherche est d’examiner les convergences et les différences entre la période coloniale et aujourd’hui. «Camus est un thème que l’Algérie indépendante a intérêt à se réapproprier.»

Q.O.: L’un des thèmes qui divise souvent Algériens et Français est celui des archives. Où en est-on dans ce dossier ?

B.S.: Il faut d’abord rappeler que les Algériens ont mené une guerre clandestine. D’un côté, il y avait l’Etat français et, de l’autre, les révolutionnaires algériens. Cela signifie concrètement une disproportion en matière d’archives. Comparer les deux est stupide et je le dis parce que j’entends souvent en France la phrase suivante : « Qu’ils [les Algériens] ouvrent leurs archives, on ouvrira les nôtres !».

Mais quelles archives ? Celle d’un mouvement clandestin qui fonctionnait aux trois quarts par consignes orales ?

Q.O.: L’Algérie a tout même conservé des archives de cette période !

B.S.: Bien sûr. De nombreux documents existent. Il y a les archives des wilayas, du GPRA, de l’armée des frontières... Tout cela existe et peut encore nous éclairer, même si ces documents ne vont pas forcément nous révéler des choses extraordinaires. Il y a aussi les archives privées. Je précise au passage que je n’ai pas attendu l’ouverture des archives algériennes pour rédiger mon dictionnaire des militants algériens : j’y serais encore. J’ai pu le faire en passant par les entretiens individuels. Tout cela pour dire que l’écriture de l’histoire ne dépend pas des seules archives de l’Etat.

Q.O.: Il n’y a donc rien de « brûlant » à attendre de l’ouverture de ces archives ?

B.S.: Il est possible qu’il y ait des choses gênantes. Les complots dans les maquis, les règlements de comptes, les purges, les interrogatoires musclés des maquisards soupçonnés de collusion avec la France, la torture, les exécutions sommaires, tous ces événements sont des choses connues, mais il n’y a pas de documents qui abondent en ce sens. Il faut noter aussi qu’une grande partie des archives algériennes ont été révélées.

Q.O.: Y a-t-il côté français des zones noires en matière d’archives ?

B.S.: L’un des grands points difficiles concerne des archives à propos des exactions commises par l’armée. Il s’agit d’archives très difficiles d’accès, même si des chercheurs ont réussi à entrouvrir la porte. Mais attention, il ne faut pas s’attendre à trouver des ordres écrits. Ceux qui espèrent que l’on trouvera un jour un document autorisant la « corvée de bois » risquent d’être déçus. L’Etat a couvert ce genre de pratiques mais il n’écrivait rien. L’oralité a fonctionné aussi pour l’Etat. Un autre dossier épineux en matière d’archives est celui des expériences atomiques dans le Sud algérien.

Q.O.: De nombreux Algériens sont pourtant persuadés que les archives individuelles recèlent des secrets explosifs...

B.S.: En France, il n’y a pas d’exception algérienne pour ce qui concerne l’inaccessibilité des dossiers individuels. Tous les dossiers sont fermés et il faut attendre 120 ans pour y accéder. Cela relève du respect de la vie privée. On ne ferme pas parce que cela concerne la Guerre d’Algérie. C’est important à comprendre avant d’exiger l’ouverture immédiate des archives individuelles et leur divulgation. Il y a un minimum d’éthique et de responsabilité dans la divulgation des documents qui peuvent porter atteinte à la vie privée, à l’identité des familles et à la mémoire des survivants. Le traitement de l’archive est une responsabilité de l’historien.

On ne peut pas prendre un document, le photocopier et le rendre public sans prendre de précautions. Il faut d’abord le mettre en contexte, le travailler, le confronter à d’autres sources. C’est un fantasme de croire que l’on va tout savoir si toutes les archives sont ouvertes.

Q.O.: Vous terminez votre livre par une annexe consacrée à Albert Camus. Pourquoi ce choix ?

B.S.: J’estime que Camus est représentatif d’un débat qui dure encore. Il est l’emblème de la pluralité des sens de l’histoire, des bifurcations possibles d’une Algérie plurielle. Pour moi, Camus a fini par devenir proche de la communauté européenne d’Algérie. Ma thèse est qu’il a basculé politiquement vers les partisans de l’Algérie française à la fin de la Bataille d’Alger, en 1957, c’est-à-dire au moment où il reçoit son prix Nobel. Je rappelle qu’en 1956 il était pour une trêve civile, mais il a changé d’avis à la fin de la Bataille d’Alger.

Il voyait bien que ce n’était plus possible. Cela n’enlève rien aux qualités d’écrivain de Camus que de dire cela.

Q.O.: Les Algériens qui critiquent aujourd’hui encore Camus n’ont donc pas tort ?

B.S.: Ce n’est pas ainsi que je poserai le problème. Dans le cours de la révolution algérienne, fallait-il écarter la manière de penser de Camus ? Le débat est ouvert. C’est pour cela que j’ai tenu à terminer le livre par cette partie qui lui est consacrée. Il fait partie des questions à régler par l’Algérie d’aujourd’hui. Il est un thème que l’Algérie indépendante a intérêt à se réapproprier, tout comme elle a intérêt à se réapproprier toute sa richesse intérieure à travers les courants divers du nationalisme algérien. Mais on ne peut ouvrir ce débat que si l’on reconnaît la nécessité de l’indépendance.

Cette dernière est là, elle n’est plus à discuter. Ce dont on doit parler, c’est du passage à cette indépendance, des conditions de cette révolution. Le but est d’aboutir à un enrichissement historique mais cela ne peut se faire avec ceux qui se complaisent dans une mise en cause univoque du nationalisme algérien. 1)

Le Quotidien d’Algérie, 17 décembre 1991. 2) Les trois exils, Juifs d’Algérie, Stock.

Algérie : les juifs avant l’islam

Publié le 11/10/2008 à 12:00 par hogra Tags : femmes afrique maroc

Algérie : les juifs avant l’islam Au IIe siècle, les phéniciens et les hébreux qui constituaient le même groupe, avaient des coutumes identiques et pratiquaient la même religion. Les juifs fondèrent des comptoirs le long de la côte actuelle d’Algérie. Des villes seront ainsi créées : Hipporegius (Annaba), cumugu (Gouraya en Petite Kabylie, qui deviendra Bgayet), Iol (Cherchell à l’ouest d’Alger), Tipasa (qui garde toujours son nom et qui se trouve également à l’ouest d’Alger), Igilgili (Jijel en Petite Kabylie) et enfin Icosium (Alger).

Après le saccage subi par Jérusalem en 930 av. J.-C. par les rois pharaons d’Égypte (Hedj Kheperre II, Setenpere IX et Sesac Ier qui a régné de -950 à -929), les juifs furent emprisonnés dans la vallée du Nil. Libérés, ils s’installeront en Afrique du Nord avec les Berbères qui adopteront leur religion.

À la suite de l’invasion du pays de Canaan par Ptolémé Ier Soter, plus de cent mille juifs émigreront en Berbérie. Les relations entre les juifs et les Berbères seront très étroites. En l’an 18, Claphyra, veuve d’un fils du roi juif Hérode le grand épousera Juba II, roi berbère de la Maurétanie (Algérie occidentale et Maroc actuels).

En l’an 40, Rome annexa cette contrée qui sera divisée en deux, la Maurétanie césarienne (Algérois et Petite Kabylie) et Tingitane (Ouest Algérie et Maroc). Au IIe siècle, les juifs berbères de la Cyrenaïque (région du nord-ouest de la Libye) et les juifs d’Egypte se soulevèrent contre l’occupant romain. Devant les massacres commis, les juifs d’Égypte émigrèrent vers l’Afrique du Nord et rejoignirent les Berbères. Forts de cet appui, les Berbères parviendront à empêcher les légions romaines d’occuper le nord-ouest de la Libye (la Cyrenaïque).

Des inscriptions prouvant que l’Afrique du Nord a été peuplée par une importante communauté juive (Berbères et orientaux) ont été mises à jour. C’est ainsi que l’on a découvert des vestiges à Khalfoun ainsi qu’à Aumale, des villes situées au sud de la Petite Kabylie. À Sétif, une synagogue existait au IIIe siècle. Des écrits dédiés à avila aster judea m avilus januarius pater ont été ainsi mis à jour. Toutefois, les régimes politiques d’Alger, dominés par les islamistes et les baathistes pro-irakiens ont étouffé cette découverte afin bien évidement de nier toute évidence se rapportant à la présence du peuple élu sur cette terre algérienne que l’on voulait faire passer pour un pays arabe.

Au IVe siècle, une synagogue sera d’ailleurs construite à Tipasa. Une chaîne continue de communautés juives s’étendra de l’Afrique du Nord jusqu’aux confins de... l’Euphrate (Irak). Si les hommes travaillaient les champs, les femmes tissaient la laine et confectionnaient des vêtements. Les Juifs étaient d’excellents ouvriers. Tout en pratiquant leur culte, ils s’adonnaient à tous les travaux. En 429, les vandales envahissent à leur tour la Berbérie.

Ils trouveront dans les juifs des alliés très solides. C’est ainsi que la liberté religieuse leur sera octroyée. Malheureusement, l’arrivée des Byzantins annihilera toute émancipation de la civilisation hébraïque. L’empereur Justicien Ier (482-565) musellera les juifs berbères. Il leur imposera l’utilisation de leur religion en latin. Plus grave, les synagogues seront transformées en églises.

Face à ce nouveau péril, les Hébreux émigreront vers l’Ouest et au Sud, régions qui échappaient à l’occupation byzantine. Fuyant la répression exercée par les rois Wisigoths d’Espagne au VIIe siècle, les juifs de l’Andalousie émigreront eux aussi en Afrique du Nord et peupleront l’Oranie (Ouest algérien).

RACHID YAHOU agora vox

Les cimetières juifs d’Algérie…

Publié le 11/10/2008 à 12:00 par hogra Tags : merci enfants france travail nature voyage

Cimetière juif de BÔNE (Annaba) Lors de mon voyage à Bône, en mars dernier, j’ai eu la joie d’une part de constater que le cimetière juif était totalement restauré , de la tristesse d’autre part car la nature avait repris le dessus, et les mauvaises herbes ont envahies les sépultures. Notre cimetière doit être absolument et impérativement entretenu d’une façon régulière. Il est URGENT de mettre en place un plan durable, d’entretien de ces lieux de mémoire. ……………………………………………………

Cimetières juifs de GUELMA et de SOUK AHRASJ’ai été invité aux cérémonies d’inaugurations de stèles et monuments, à la suite de regroupements de cimetières chrétiens de Roknia et de Oued Fragha dans le cimetière communal de GUELMA, et de regroupements des cimetières de Sédrata et de Zaarouria dans le cimetière communal de SOUK AHRAS. Dans l’ordre du jour établi, nous devions visiter les cimetières juifs de la région.

1/ Sédrata, après le transfert des tombes chrétiennes, trois tombes juives sont restées sur place, car personne ne savait ce qu’il fallait faire ; j’avais été prévenu de la situation par le président de l’association des enfants de Thagaste Gilles QUARANTA,

le 30 avril 2008 à qui je rends hommage pour l’intérêt qu’il porte à nos cimetières. Parmi ces trois tombes se trouve monsieur ICHOUA HADJADJ, qui était le président du consistoire israélite de la ville. J’en ai informé Monsieur le C.G de France, Gérald MARTIN qui ma affirmé qu’il ignorait la présence de cimetières juifs à SEDRATA, à GUELMA et à SOUK AHRAS.

2/ SOUK AHRAS : après l’inauguration de la stèle de commémoration des transferts des cimetières de SEDRATA et de ZAAROURIA, nous n’avons pas pu visiter le cimetière juif, car il y aurait en construction, un pont enjambant une ligne de chemin de fer, qui jouxterait le cimetière juif. Mr Gérald MARTIN, en a pris acte et s’est engagé à demander des comptes aux autorités algériennes compétentes.

3/ GUELMA, le même processus qu’à SOUK AHRAS, mais là, les autorités locales nous ont conduits au cimetière juif. Les quelques tombes visibles, en lisière des herbes folles, enchevêtrées dans des ronces et racines de toutes sortes, étaient profanées. Nous ne pouvions aller plus loin, car en plus de la barrière naturelle (ronces, racines etc.….) des mètres cubes d’ordures diverses, sacs poubelles, vieux appareils électro - ménagers, etc. jonchaient les lieux.

Là aussi Mr Gérald MARTIN s’est engagé à demander des comptes aux autorités Algériennes compétentes. Conclusion La situation des cimetières d’Algérie dans son ensemble, est plus que préoccupante.

Il est urgent, de créer au sein du consistoire central une commission ou une sous commission pour les cimetières d’Algérie. L’agrément par le consistoire central donnerait plus de valeur aux associations existantes et à venir, dans leurs différentes actions, pour la réhabilitation des lieux de mémoire de nos ancêtres.

Merci de le faire savoir dans votre entourage …. Natifs de l’Est Algérien, Rejoignez nous, ce travail de Mémoire nous concerne tous !!! Bien cordialement Bernard HADDAD. Mémoire Active Bônoise Association pour la sauvegarde et la préservation Des cimetières JUIFS de l’est Algérien Hôtel de ville Parc du souvenir Emile Fouchard 77500 Chelles. Tel : 0608775252 Courriel :

www.memoire-active-bonoise@orange.fr Site : www.annabone.com Cimetière Juif de Blida.ASCA JUIN.2008.