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allah akbar bouteflika, les algerien les algerienhttp:/ /mlk.centerblo g.net...
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vive bouteflika tahya eldjazair...
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Par Anonyme, le 19.11.2009
que notre pays ai gagnier son billet pour lafrique du sud c'est magnifique;que çà soit feter comme il faut c'e...
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23.11.2009
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LA MORT SILENCIEUSE
Qui se soucie de la faim?
«Dieu a dit: il faut partager; les riches auront la nourriture, les pauvres auront l’appétit.»
Coluche
Un, deux, trois, quatre, cinq: un enfant vient de mourir de la faim. C’est par ce compte macabre que Jacques Diouf, directeur général de la FAO, nous appelle au secours sur un ton suppliant. Près de 200 millions d’enfants vivant dans des pays en développement souffrent de problèmes de croissance et de santé en raison d’une mauvaise alimentation dans leur petite enfance, a fait savoir mercredi l’Unicef. En Asie, le pourcentage d’enfants souffrant d’un retard de croissance est cependant tombé de 44% en 1990, à 30% l’an dernier et en Afrique, il est passé de 38 à 34% pour la même période, indique un rapport de l’Unicef. Alors que la malnutrition touche 1 milliard de personnes dans le monde, personne n’attend grand-chose d’autre de ce sommet que de fortes paroles et des constats tragiques. Aucun représentant du G8 n’est présent à cette réunion, à l’exception de Silvio Berlusconi, qui échappe ainsi à la réouverture d’un procès prévue le même jour à Milan.
Snobé par les dirigeants du G8, le sommet de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, voudrait bien relever le challenge de l’éradication de la faim dans le monde, oui. Mais, vraiment quand? Dans un délai inconnu? Les chiffres à eux seuls sont bien éloquents quant à la tragédie silencieuse qui se déroule sur notre planète Terre. «Aujourd’hui, plus de 17.000 enfants vont mourir de faim. Un toutes les cinq secondes. Six millions par an. Ceci n’est pas acceptable. Nous devons agir.» Dès l’ouverture du sommet de la FAO, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a voulu frapper les esprits en égrenant un chapelet de chiffres dramatiques. Selon lui, il faudra accroître la production alimentaire de 70% pour nourrir plus de 9 milliards d’humains en 2050. «Il nous faut effectuer des changements significatifs pour pouvoir nous nourrir et en particulier protéger les plus pauvres et les plus vulnérables», a ajouté Ban Ki-moon. C’est dans ce but que les chefs d’Etat et de gouvernement (sauf ceux du G8) étaient réunis, hier, à Rome. Dans une déclaration finale, ils se sont engagés à «éradiquer la faim dans le monde», mais la date butoir pour y parvenir, 2025, a été supprimée du projet initial. Seul objectif daté: «Réduire de moitié le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition d’ici à 2015.»
Les pays membres de la FAO avaient déjà réitéré cet objectif du Millénaire en juin 2008. Depuis, le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 millions à 1,02 milliard. Aucun chiffre ne figure non plus sur les investissements nécessaires pour accroître la production agricole, notamment pas les 44 milliards de dollars annuels pour l’agriculture, jugés nécessaires par le directeur général de la FAO, Jacques Diouf. La déclaration finale prévoit seulement «d’inverser la tendance à la diminution des financements nationaux et internationaux consacrés à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et au développement rural des pays en développement». Devant le siège de la FAO, des militants d’ONG altermondialistes avaient dressé une tente pour protester contre les multinationales qui «utilisent la nourriture comme moyen de spéculation». De son côté, Oxfam France a relevé que «sans financement, il n’y a aucun espoir de nourrir un milliard de personnes souffrant de la faim».(1)
La faim touche tous les continents à des degrés divers, même dans lesdits développés la fracture est importante. Aux Etats-Unis, près de 15% des foyers américains, soit 17 millions d’entre eux et trois millions de plus que l’année précédente, ont eu du mal à remplir leurs assiettes à un moment donné en 2008, faute d’argent, indique un rapport gouvernemental publié lundi 17 novembre 2009. C’est un record depuis 1995, quand le ministère de l’Agriculture a commencé à mesurer «l’insécurité alimentaire», c’est-à-dire l’incapacité des foyers à assurer toute l’année à tous leurs membres une alimentation suffisante pour mener une vie saine.
Pendant ce temps, le lobby des armes est plus florissant que jamais. Le budget militaire du Pentagone est égal à deux fois le budget de toutes les autres nations. Même les pays arabes ne sont pas en reste, ils s’arment jusqu’aux dents pour un hypothétique adversaire extérieur à la Oumma, mais bien réel quand il s’agit de se menacer mutuellement. Nous l’avons vu hier à la télé égyptienne avec les rodomontades du zaïm qui menace ceux qui attentent à la dignité des Egyptiens - visant l’Algérie- et qui menace plus directement l’Iran se voulant et s’intronisant le défenseur du Monde arabe. Aujourd’hui, il reçoit Shimon Peres pour parler avec lui, on l’aura compris, de paix. Il y a bien longtemps que le zaïm a mis un genou à terre concernant Israël. Il est vrai que cela lui permet de drainer une aumône de 3 milliards de dollars des Américains qui lui permet de calmer temporairement les émeutes de la faim autrement que par sa police.
Rouler ou conduire, il faut choisir
Pour rappel. Au printemps 2008, des «émeutes de la faim» secouaient 35 pays à travers le monde... Une crise qui n’avait rien de conjoncturelle et dont la menace reste en embuscade dans un monde en proie aux crises financières, économiques et climatiques. Avril 2008, l’Egypte, le Maroc, l’Indonésie, les Philippines, Haïti, le Burkina Faso, la Mauritanie connaissent des manifestations populaires d’une rare violence. En un an, le prix des denrées alimentaires a en effet connu des hausses vertigineuses, 42% pour les céréales, 80% pour les produits laitiers, selon la FAO. Une flambée des prix de 40% en moyenne pour le blé, le maïs et le riz, ce dernier ayant atteint 1000$ la T, un record! Dans le même temps, le soja, le colza et l’huile de palme, tous produits de base essentiels dans le Tiers-Monde, subissaient les mêmes envolées...En résumé, une situation catastrophique pour les plus pauvres, ceux-ci consacrant quelque 70% de leurs revenus par foyer à l’alimentation contre 15% dans les pays industrialisés...Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, n’hésitait pas alors à évoquer un possible «tsunami» alimentaire.(2)
En Amazonie par exemple, où se pose avec acuité non seulement la question de la préservation d’une biodiversité déjà très menacée, mais plus encore celle des effets de la déforestation et de l’extension du désert agricole sur le changement climatique global...Surtout quand l’on tient compte de la place qu’occupent les grandes forêts tropicales dans le régime des pluies et de leur rôle essentiel comme puits de carbone. Les grandes forêts sont en effet les poumons verts de la planète, produisant l’oxygène que nous respirons et absorbant le CO2 que nos activités et nos transports produisent aujourd’hui en excès. Cependant, les agrocarburants qui détournent d’immenses surfaces agricoles de leur vocation alimentaire - resterait d’ailleurs à savoir si la transformation de céréales en carburant est quelque chose de vraiment rationnel, voire de moral - ne sont que l’un des aspects d’une crise aux visages multiples.
Les agrocarburants représentent une production de 40 millions de tonnes annuels dont 4 millions de biodiesel et 36 d’éthanol, à comparer aux 2 milliards de tonnes de pétrole consommés chaque année par les transports routiers. On voit que l’impact en tant que carburant est négligeable (2%). Par contre, la catastrophe humanitaire se compte en millions de vies humaines(2)
On apprend au passage que ce sommet a vu la première dame d’Iran, l’épouse du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, Azam al-Sadat Farahi, qui s’exprime rarement en public, se rendre hier au forum des épouses des chefs d’Etat, avant l’ouverture, lundi pour trois jours, du sommet mondial sur la sécurité alimentaire. Elle s’est exprimée parmi les épouses des quelque 60 chefs d’Etat qui doivent participer au sommet, a déclaré un porte-parole de la FAO, Christopher Matthews. L’agence de presse italienne Ansa précise qu’elle a décrit l’Iran comme un exemple de la lutte contre la faim, expliquant que le système iranien, suivant les enseignements religieux, garantissait la sécurité alimentaire pour l’ensemble des familles iraniennes. Azam al-Sadat Farahi a également dénoncé, à l’occasion de ce forum présidé par Suzanne Moubarak, l’épouse du président égyptien Hosni Moubarak le sort des enfants souffrant de faim dans la Bande de Ghaza.
Pour Jacques Diouf, directeur général de la FAO, «le combat contre la faim peut être remporté». Aucun nouvel engagement chiffré ne figure dans le projet de déclaration finale d’une quarantaine d’articles, notamment pas les 44 milliards de dollars annuels pour l’agriculture, jugés nécessaires par la FAO. Les auteurs de la déclaration se contentent de saluer la promesse des membres du G8 à l’Aquila en juillet dernier de mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans contre la faim, et de demander que «ces engagements soient honorés». Pour sensibiliser l’opinion, Jacques Diouf a lancé une pétition en ligne et appelé à une grève de la faim de 24 heures. Lui-même affirme avoir jeûné «par solidarité», de même que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon Même le pape Benoît XVI a dénoncé cet apartheid alimentaire La Communauté internationale affronte, au cours de ces dernières années, une grave crise économique et financière. Les statistiques témoignent de la croissance dramatique du nombre de ceux qui souffrent de la faim, à laquelle concourent l’augmentation des prix des produits alimentaires, la diminution des ressources économiques des populations plus pauvres, l’accès limité au marché et à la nourriture. (...) Dans l’Encyclique Caritas in Veritate, j’ai observé que «la faim ne dépend pas tant d’une carence de ressources matérielles, que d’une carence de ressources sociales, la plus importante d’entre elles étant de nature institutionnelle. Il manque en effet une organisation des institutions économiques qui soit aussi en mesure de bien garantir un accès régulier et adapté (...) à la nourriture et à l’eau, que de faire face aux nécessités liées aux besoins primaires et aux urgences des véritables crises alimentaires (...)». Et j’ai ajouté: «Le problème de l’insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l’origine et en promouvant le développement agricole des pays les plus pauvres à travers des investissements en infrastructures rurales, en système d’irrigation, de transport, d’organisation des marchés, en formation et en diffusion des techniques agricoles appropriées»(3).
«Toutefois, poursuit-il, même si la solidarité animée par l’amour dépasse la justice, parce qu’aimer c’est donner, offrir du "mien" à l’autre, elle n’existe jamais sans la justice, qui pousse à donner à l’autre ce qui est "sien" et qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas, en effet, "donner" à l’autre du "mien" sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Si on vise l’élimination de la faim, l’action internationale est appelée non seulement à favoriser une croissance économique équilibrée et durable ainsi que la stabilité politique, mais aussi à rechercher de nouveaux paramètres - nécessairement éthiques et ensuite juridiques et paritaires entre les pays qui se trouvent à un degré différent de développement».(3)
«La faim n’est pas une calamité naturelle», souligne M.Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Elle est essentiellement le fruit de choix politiques inadaptés. Ce constat apparaît, à la fois, terrible et salutaire. Terrible par son ampleur: un milliard de personnes seraient sous-alimentées en 2009 selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO); deux milliards d’individus seraient atteints de malnutrition; neuf millions en mourraient chaque année. Salutaire parce qu’on pourrait éviter la crise alimentaire en effectuant d’autres choix de société. Les solutions de rechange, techniquement réalistes et efficaces, constitutives d’un autre modèle de développement, ne manquent pas. Cependant, leur identification suppose celle des causes du marasme.(4)
Et demain?
La terre peut-elle nourrir les 6,7 milliards actuels et les 9 milliards en 2050? Il existe actuellement un petit groupe de personnes qui disposent d’un tel pouvoir qu’elles agissent sans tenir compte de l’existence des autres habitants de notre planète. (...) Depuis près de quarante ans, c’est-à-dire depuis les années soixante du siècle dernier, le monde globalisé a perdu sa capacité naturelle de réparer les dommages écologiques dérivés de la croissante activité humaine. Pour être plus clairs, disons qu’il lui est devenu impossible de se nettoyer et de se régénérer lui-même en raison du volume énorme de déchets liquides, gazeux et solides déversés par l’homme dans les mers, dans les rivières, dans l’atmosphère et sur les sols. Quelles en sont les conséquences? Le réchauffement atmosphérique, la perte de sources d’eau potable, la disparition d’espèces, la destruction de la couche d’ozone, l’élévation du niveau des mers et des océans et l’augmentation de sa température. Les désastres naturels voient augmenter leur fréquence. L’humanité a-t-elle conscience de ce qui se passe?
Malheureusement, tout le monde ne s’en alarme pas autant. Un nouveau rendez-vous est prévu pour le mois de décembre, à Copenhague, avec le même objectif de tenter de freiner la destruction de l’environnement, mais la Maison-Blanche ne donne pas le moindre signe qui puisse laisser penser que le plus gros contaminateur se dispose à assumer sérieusement sa responsabilité afin de préserver le futur de l’humanité. La terre se meurt.(5) Doit-on en conclure que le problème de la faim est une question de volonté politique et de justice mondiale? Quand les roitelets du Golfe dépensent des milliards de dollars dans des palais ou dans des dépenses de prestige, quand le marché de la publicité aux Etats-Unis est de 300 milliards de dollars, quand le marché des marchands de canon que sont devenus les Etats est de 1200 milliards de dollars alors qu’avec 25 fois moins on peut éradiquer la faim, il y a assurément quelque chose de pourri dans le royaume Terre!
(*) Ecole nationale polytechnique
(*) Ecole d´ingénieurs Toulouse
1.Le monde dans les engrenages de la faim Mardi http://french.irib 17 novembre 2009
2.Le spectre de la crise alimentaire barmya@orange.fr Dimanche 15 novembre 2009
3.Discours de Benoît XVI au sommet mondial sur la sécurité alimentaire 16.11.2009
4.Stéphane Parmentier:Et soudain resurgit la faim Le monde Diplomatique novembre 2009
5.La terre se meurt: Agence Cubaine de Nouvelles 10.11.2009
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
Le match et l’Algérie
Que l’espoir suscité en Algérie permette une nouvelle gouvernance
L’équipe nationale algérienne fait la fierté de l’Algérie grâce à un grand message d’espoir qu’il s’agira de canaliser car le message profond dans le subconscient des Algériennes et Algériens adressé aux dirigeants algériens est le suivant : nous voulons un changement de gouvernance pour un devenir meilleur. C’est ce message profond qu’exprime cette liesse populaire du jamais vu depuis l’indépendance politique de l’Est à l’Ouest en passant du Centre au Sud. Des immeubles, des maisons, des voitures, bus et camions décorés de drapeaux. Qu’elles sont belles ces petites filles et qu’ils sont beaux ces petits garçons, innocents et sans calculs monétaires, habillés du drapeau Algérie. Et au soir du 14 décembre 2009, comment ne pas contempler avec tristesse, ces enfants, ces adultes, et même des vieillards , larmes au yeux de toutes les régions du pays, tout en espérant pour le 18 novembre.
Ainsi, l’Algérie se trouve réconcilier avec elle-même, grâce à cette jeunesse dynamique bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures. Cette jeunesse qui renoue avec celle de 1962 (le même age bien que l’Algérie soit indépendante depuis plus de 47 ans) qui avait fêté l’indépendance nationale ou celle de la guerre de libération nationale, en brandissant avec fierté également le drapeau Algérie. L’équipe nationale réconcilie également l’Algérie avec sa communauté émigrée puisque plus de 90% est constituée d’émigrés qui une fois le match terminé retourneront à l’étranger. Cela démontre clairement à la fois l’échec de la politique sportive nationale et montrant qu’un Algérien sportif, intellectuel, ou opérateurs économiques , évoluant dans un autre environnement , loin des tracasseries bureaucratiques s’épanouit et qu’il faut d’abord avoir une autre vision de la gouvernance qui a montré ses limites à travers une incohérence et manque de visibilité dans la politique socio-économique fait d’un système bureaucratique sclérosé figé ne s’étant pas adapté aux mutations tant internes que mondiales
Cette mobilisation citoyenne est donc sans pareille et que ni les discours chauvinistes auxquels plus personne ne croit , ni les injonctions des autorités notamment du Ministre de l’éducation nationale ou celui du Ministre de la solidarité n’avaient permises , démontrant malheureusement un divorce croissant Etat- citoyens que les autorités devraient méditer avec une extrême attention au lieu de se contenter d’une distribution passive de la rente des hydrocarbures, pour une paix sociale éphémère,car ne relevant pas d’une bonne politique socio- économique hors rente, ni d’une bonne gouvernance. Partage de surcroît inégalitaire comme en témoigne les enrichissements sans efforts et la course aux fonctions de rentes et non pas dans l’intelligence la recherche, contrairement aux discours que contredisent les pratiques sociales : pour preuve le salaire net d’un simple député( beaucoup plus pour les présidents de commissions) est plus de quatre fois le salaire d’un professeur d’université enfin de carrière et huit fois celui d’un professeur de lycée/cem, alors que les deux piliers du développement du XXIème siècle sont la bonne gouvernance (centrale, des collectivités locales et celle de l’entreprise intiment liée) et la valorisation du savoir, par la considération, et il est utopique de vouloir faire revenir les émigrés lorsque qu’on dévalorise ceux qui sont restés sur place. Pour preuve voici pour l’Algérie, les universités ayant obtenu les meilleurs classements sur 6000 des universités en compétition au niveau mondial 2009 par l’Université de Shanghai Jiao Tong, de 6000 à 10.000, c’est l’élimination et au-delà de 10.000 hors compétition :a) Universités classées :l’université de Sidi Bel Abbes la 4 116e place- Université de Tlemcen, la 4 143e place -Université de Batna 5 548e place - b) hors classement - l’université de Constantine, 6766e place à travers le monde ; -l’université des sciences et de la technologie Houari- Boumediene à la 7008e place ;-l’université Abdelhamid- Ben Badis de Mostaganem 7205e ; -l’université d’Alger à la 7849e ; l’Ecole nationale de l’informatique 8960e et l’université Mohamed-Boudiaf d’Oran à la 9004e.Toutes les autres universités algériennes n’ont pas été prises en considération mais que l’on s’entende bien, l’Université , et de loin, n’est pas la seule responsable mais est dépendante des niveaux de base des cycles de formation antérieurs héritant d’un faible niveau dans la majorité des cas, montrant l’échec de la réforme de l’école qui a axé sa stratégie sur la quantité au lieu de la qualité .
Cela a un impact sur le développement socioéconomique dominé par la rente des hydrocarbures , et selon l’adage l’espoir fait vivre, la majorité des Algériens s’attache, faute de mieux avec la détérioration de leur niveau de vie sur le plan socio-économique, à des signes d’espoir. Et ce serait une erreur politique de croire que cette mobilisation est une adhésion aux politiques car ils sont pour paraphraser le football hors jeu. Aussi, remercions l’équipe nationale pour ce renouveau d’espoir qu’elle a suscité au profit exclusif de l’Algérie et quelque soit le résultat le 18 novembre 2009, espoir de mobilisation au profit d’un développement durable, seule condition de résoudre les tensions sociales de plus en plus vivaces , car après ce match les Algériennes et Algériens et particulièrement cette jeunesse se trouveront confrontés toujours à la crise multidimensionnelle et au statut quo qui caractérisent le pays depuis des années. Avec toujours des harragas témoignant d’une situation de désespoir que certains responsables malveillants tentent de banaliser avec des discours en déphasage par rapport aux réalités, alors qu’ils constituent un malaise social profond. Or , au vu de cette immense énergie de la population, femmes et hommes, l’Algérie a toutes les potentialités pour devenir un pays pivot et relever les défis du développement face à la mondialisation , en ce monde en perpétuel mouvement , impitoyable où toute Nation qui n‘avance pas recule.
Le sport étant de mon point de vue, autant que la culture un moyen de rapprochement des peuples, je souhaite que le match Algérie Egypte se déroule dans la sérénité, loin de tout chauvinisme et que le meilleure l’emporte, loin de toute instrumentalisation politique.
Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert International Professeur des Universités
Lutte contre la corruption
Le gros chantier du 3e quinquennat ?
La corruption est en passe de devenir un sport national, mais un «sport d'élite», pour reprendre l'expression de Me Miloud Brahimi. En effet, ne peut être corrompu qui veut. Il faut avoir une «autorité» dans un secteur donné pour pouvoir exiger une contrepartie financière pour accomplir une mission qui, normalement, s'inscrit dans les attributions de cette autorité.
Les domaines sont variés. L’étendue de ce fléau touche aussi bien les marchés publics que les prêts bancaires, en passant par les opérations d’import-export et les registres du commerce.
Comment expliquer que des activités commerciales, notamment dans le domaine de l’importation, ont pu être exercées à travers des milliers de registres du commerce (voire plus) délivrés au nom de vieilles personnes et, parfois, à des morts, sans l’intervention du facteur corruption ? L’administration du commerce ne semble avoir découvert cette situation que très récemment. Le premier responsable du secteur avait fait état de la suppression de milliers de ces registres du commerce, sans toutefois évoquer un mécanisme de sanctions lorsqu’il s’avère que les services qui les délivrent ont opéré par connivence.
«Grande est notre détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes et ses manifestations. Nous avons élaboré des mécanismes législatifs et réglementaires qui seront bientôt renforcés par l’installation d’une commission nationale ad hoc. La justice et les lois de la République seront appliquées à toute personne rendue coupable de faits de corruption», avait déclaré le président de la république à l’ouverture de l’année judiciaire 2009-2010. Bouteflika sait que le mal est tellement profond que l’Algérie occupe, depuis plusieurs années, les mauvaises places du classement mondial délivré par Transparency International (TI). L’Index de la Perception de la Corruption (IPC) élaboré par cette organisation, en recourant à une sorte de sondage auprès d’opérateurs économiques étrangers opérant ou ayant opéré en Algérie, mais également en analysant le fonctionnement de l’attribution de marchés publics et de l’administration en général. L’IPC varie de 1 à 10. Plus on se rapproche de la note 1, plus c’est un signe de corruption avérée. Malheureusement, depuis 2003, date de l’entrée de l’Algérie dans ce classement, les choses ne font qu’empirer. De la 88e place occupée en 2003, nous sommes au 92e rang en 2008. L’Indice de perception de la corruption de l’Algérie en 2003 était de (2,6). Nous étions à égalité avec des pays comme le Nicaragua et Madagascar, mais loin derrière l’Egypte (3,3) et le Maroc (3,3), et plus loin encore de la Tunisie (4,9).
En 2004, nous chutons à la 97e place, avec un IPC de (2,7) à égalité avec le Nicaragua et le Liban. Loin derrière le Maroc, l’Egypte, le Mali et la Turquie, qui avaient tous obtenu la note de (3,2). Au moment où la Tunisie avait pu améliorer son Indice à (5,0), tout comme la Malaisie. Dans le classement de 2005, l’Algérie se maintient à la même place (97e) tout en améliorant son IPC (2,8) à égalité avec l’Argentine, mais toujours derrière le Gabon, le Mali, la Tanzanie (2,9), et la Tunisie (4,9), l’Egypte (3,4), et le Maroc (3,2).
En 2006, notre classement s’améliore sensiblement pour se hisser à la 84e place, avec un IPC de 3,1. Nous ne sommes pas très loin du Maroc qui était à la 79e place (IPC 3,2) et l’Egypte (70e rang – 3,3 d’IPC). Cette année-là, même la Tunisie avait régressé au 51e rang avec un Indice de 4,6. Au lieu de continuer à s’améliorer, l’Algérie sombre encore une fois dans le bas du classement, soit à la 99e place (IPC 3,0), derrière la Tunisie (61e – 4,2), le Maroc (72e – 3,5 et devant l’Egypte (105e – 2,9). Le dernier classement de Transparency International montre qu’en 2008, l’Algérie a récupéré quelques places en se hissant à la 92e (IPC 3,2), contre le 80e rang pour le Maroc (3,5), 115e pour l’Egypte (2,8) et 62e pour la Tunisie (4,4).
Depuis la publication de ces rapports, il n’y a jamais eu de réaction officielle algérienne. Encore moins celle des élus du peuple. Ce qui pose le problème du rôle du Parlement dans la lutte contre ce grave fléau, qui non seulement entrave le développement et défigure l’image de l’Algérie, mais est porteur de dangers pour sa stabilité. A ce jour, aucune commission parlementaire n’a mené une quelconque enquête sur les révélations de la presse sur certains dossiers de corruption. Des révélations qui, même si elles n’émanent pas d’investigations minutieuses car elles ne proviennent que de fuites organisées, peuvent quand même indiquer l’ampleur du problème qui touche des secteurs pourvus de budgets en milliards de dollars.
Le déroulement du jugement de certaines affaires a, en tout cas, montré qu’un des principaux éléments favorisant la corruption, c’est la bureaucratie. Le procès en cours d’une affaire impliquant des hauts fonctionnaires du secteur des Travaux publics et une entreprise chinoise qui réalise un tronçon de l’autoroute Est-Ouest le démontre bien. Cette entreprise a dû, pour respecter les délais de réalisation, payer une «rançon» (c’est vraiment le cas) pour libérer des documents et des autorisations administratives pour lancer son chantier. Ce cas de figure montre qu’au-delà des sommes perdues dans la corruption, la bureaucratie est un danger de mort pour les projets de développement qu’a lancés l’Algérie.
D’où le rôle des députés qui, chacun dans sa région, peuvent au moins alerter, à défaut de pouvoir enquêter, lorsqu’ils constatent un mauvais déroulement dans un projet. Quant à la Justice, tout le monde sait que son rôle n’est pas de s’autosaisir des affaires de corruption dont il est fait état par médias interposés. Peut-être que dans le cadre de la «Commission nationale ad hoc» annoncée récemment par le président de la république, les choses vont pouvoir bouger plus sérieusement. Cela étant dit, nous ne devrons pas attendre trop longtemps pour lancer une véritable chasse à la corruption et aux corrompus. Devrions-nous attendre que des institutions internationales nous imposent des standards en matière de lutte contre la corruption et ses liens avec le financement du terrorisme. Tout le monde ne peut pas ignorer que la hausse exagérée de la bulle de l’immobilier est un indicateur du degré d’argent sale en circulation. Des villas vendues à 8 et 10 milliards de centimes et déclarées à 3 ou 5 milliards seulement. Qui peut accepter de perdre la moitié du prix d’achat réel d’une acquisition immobilière si l’argent de la transaction ne provenait pas d’une source illégale ou, pour le moins, douteuse ?
Par Abdelkader Djalil
Réforme de la justice en Algérie
L’application des textes remise en cause
Dans le cadre de la réforme de la justice engagée en Algérie depuis 1999, 159 textes ont été adoptés ou amendés selon les statistiques officielles.
Cependant, les défaillance constatées ne manquent pas, notamment la lenteur dans le traitement des affaires, le manque de confiance des Algériens dans leur justice et surtout le phénomène de la corruption qui reste la bête noire, dont le remède ne peut se faire sans l’éloignement de tout élément qui pourrait pousser un responsable dans des institutions de l’Etat ou un magistrat à céder à la tentation de la corruption. D’autant que le constat qui s’impose est que malgré toutes cette batterie de textes, la corruption est toujours là, ce qui a remis en cause l’application des textes.
«Grande est notre détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes et ses manifestations», c’est ce qu’a déclaré le Président Bouteflika devant les magistrats à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2009-2010, avant d’annoncer sa décision d’installer prochainement «une commission nationale ad hoc pour renforcer» les mécanismes législatifs et réglementaires déjà existants.
La promesse faite par le chef de l’Etat portant sur le fait que «la justice et les lois de la République seront appliquées à toute personne rendue coupable de faits de corruption» intervient au moment où des scandales financiers ont été constatés au niveau des institutions de l’Etat, dont la dernière est celle du secrétaire général du ministère des Travaux publics. Cependant, avec tous ces textes législatifs, on se demande si le problème réel est dans l’insuffisance des règlements ou bien s’il y a un vrai trou dans l’application des lois. En tout cas, le président de la République a décidé de créer une commission nationale ad hoc pour lutter contre le phénomène de la corruption qui a pris de l’ampleur dans notre pays. Cela veut dire que les mécanismes déjà existants n’ont pas pu mettre un terme à la corruption. A rappeler que l’Algérie s’est dotée d’une loi de lutte contre la corruption en 2006.
Par ailleurs, le Président n’a pas encore donné de précisons sur la composante de cette commission ni sur les prérogatives qui lui seront attribuées, car c’est selon ces prérogatives que les résultats seront jugés.
Dans ce cadre, il est souligné que «la justice est tenue de se prononcer et de statuer avec célérité entre les justiciables, autrement ces derniers perdraient confiance, douteraient du rôle qui lui est assigné et finiraient par croire que son seul objectif est de porter atteinte à leurs intérêts.» Le chef de l’Etat n’a pas manqué de déplorer la non application de la loi. Puisque déjà, comme exemple, les dispositions relatives à la création de l’instance nationale de prévention et de lutte contre la corruption n’ont toujours pas été mises à exécution, tout en appelant le gouvernement à hâter l’installation de ladite instance. A souligner que la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption stipule en son article 17 l’institution d’un organe chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption. A ce titre, ledit organe a pour mission de «détecter et prévenir les actes de corruption», de «recueillir périodiquement les déclarations de patrimoine des agents publics, d’examiner et d’exploiter les informations qu’elles contiennent et de veiller à leur conservation, de recourir au ministère public en vue de rassembler les preuves et de faire procéder à des enquêtes sur des faits de corruption.»
D’autre part, le Président Bouteflika a rappelé dans son discours «des garanties d’un jugement équitable que la réforme de la justice offre en Algérie, avec toutes les normes reconnues dans les conventions et traités internationaux.» Tout en insistant sur le fait que c’est parce que la justice est l’objectif escompté de la réforme qu’il fera en sorte que cette orientation demeure «une option irréversible et une priorité nationale». A ce titre, il a soutenu : «La réalisation de cet objectif ne sera aucunement altérée aussi longtemps que nous n’aurons pas mené la réforme à un stade où toute violation des droits et des libertés et tout mépris de la loi seront irrémédiablement vaincus, à quelque niveau que ce soit et dans tous les domaines de la vie privée ou publique.» Dans ce contexte, il a ajouté que «la lutte contre la corruption, la dilapidation des deniers publics, le blanchiment d’argent illicite et le détournement de biens doit se poursuivre sans relâche dans le cadre de la loi, seul juge et moyen légal auquel recourt tout un chacun pour réprimer et condamner tout acte illicite».
La corruption a enregistré 807 infractions en 2008
Selon des statistiques données par le directeur des affaires pénales et de grâces, Mokhtar. Lakhdari, la corruption et la criminalité liées aux activités économiques et commerciales touchaient à la transparence de la vie économique et à l’intégrité des agents publics. «Ce type de criminalité se manifeste à travers les infractions relatives à la loi sur la concurrence (98 481 infractions en 2008), à la loi sur la protection du consommateur (50 641 infractions pour la même année), la loi sur la charge (1 269), les émissions de chèques sans provision (11 117) et la corruption qui a enregistré 807 infractions.».
Pour ce responsable, ces infractions se justifient par la transition économique. Elles ont même tendance à prendre de l’ampleur. «Non seulement par le nombre, sans cesse croissant des contrevenants mais surtout par le fait qu’il bénéficie de connivence d’agents de l’Etat pour prendre racine dans des secteurs publics stratégiques [bancaires, marchés publics]».
Dans une précédente déclaration à la presse, le bâtonnier d’Alger, Me Sellini Abdelmadjid avait déclaré que «plus de 80% des citoyens algériens sont mécontents de la justice en Algérie.»
Dans ce cadre, il s’est insurgé contre les juges d’instruction qui ne font que reprendre les procès-verbaux de la police ou de la gendarmerie en Algérie. A ce titre, il dira : «Le juge d’instruction fonctionne par injonction de la tutelle. C’est l’ingérence de la hiérarchisation sur la mécanique judiciaire». Le bâtonnier d’Alger qui a reconnu que «le président de la République a une volonté réelle et une conviction profonde de réussir ce chantier», avait précisé que la réforme ne doit pas se limiter à la construction de nouveaux tribunaux ou aux travaux de réfection qui s’opèrent au niveau des cours.
Il faut dire qu’avec tous les scanadales qui ont touché les banques publiques et privées, à l’instar de la banque khalifa, sans oublier les affaires de détournements constatées même au niveau des exécutifs de wilayas où «des élus du peuple» sont impliqués, la corruption est devenue une épidémie qui contamine tout le monde sans exception.
Par Nacera Chenafi
Je me permets de m’adresser à vous à la veille de l’anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne. Une date choisie par des hommes pour déclencher la lutte armée. Certains d’entre eux connus et glorifiés et d’autres tombés inexplicablement dans l’oubli.
En cette date symbolique, je me suis retrouvé à dresser un bilan de tout ce qu’on a réalisé depuis le recouvrement de notre indépendance. Si la réponse coule de source, je me permets une seconde fois de vous interpeller pour, comme dit-on, vider le sac ou bien tout ce qui me pèse sur le cœur.
Monsieur le Président, je n’ai pas voté pour vous ni pour aucun autre candidat à la dernière présidentielle ; cela ne veut nullement dire que j’ai fui mon devoir de citoyen. Ai-je d’abord cette qualité dans un pays qui se débat dans mille et un problèmes ? J’ai refusé d’aller aux urnes parce que tout simplement ma conscience me l’a interdit. Pourtant j’avais, et j’ai toujours foi en mon pays. En ses hommes et en leur compétence. Seulement, cette dernière n’est malheureusement plus un critère pour aspirer à des postes stratégiques où la «moubayaâ» s’est érigée en mode pour les très convoités strapontins.
Monsieur le Président, en cette date symbolique, qui nous renvoie cinquante cinq ans en arrière, Mostefa Benboulaïd, Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad, Krim Belkacem, Rabah Bitat et enfin Mohamed Boudiaf se retournent dans leur tombe. De peine et de chagrin bien sûr. Monsieur le Président, sans enlever de votre mérite d’avoir au moins tenté de faire bouger les choses, comme d’avoir désendetté le pays et d’avoir également lancé des mégaprojets de la grandeur de l’autoroute est-ouest, il est, en revanche, regrettable qu’on n’accorde aucune importance à l’humain, la première richesse du pays. Pour preuve, Monsieur le Président, cette tendance de notre jeunesse à se donner la mort en se suicidant ou en prenant le large pour partir clandestinement en quête de cieux plus cléments. Il n’est nullement ici question de remettre en cause votre politique ni d’y porter un quelconque jugement, mais lorsque la réalité et le quotidien sont amers et lorsque l’avenir est des plus incertains, il est de notre devoir de vous interpeller dans l’espoir d’actions d’envergure de votre part pour réinstaller un tant soit peu la confiance parmi les citoyens.
Monsieur le Président, depuis quelques jours, plusieurs ministères ont été secoués par des scandales qui en cachent certainement d’autres. Des secteurs névralgiques éclaboussés par des affaires scabreuses et qui coûtent au Trésor public plusieurs dizaines voire des centaines de millions de dollars.
N’est-ce pas là l’image d’un pays ternie par la corruption, la mauvaise gestion et la dilapidation des deniers publics. Si des enquêtes ont été déclenchées suite à vos instructions, cela ne pourrait que vous honorer, mais ça reste tout de même insuffisant puisque ce mal ronge notre société et la corruption la gangrène. C’est la raison, à mon avis, qui fait fuir les investisseurs étrangers, en plus, bien sûr, des tracasseries administratives. Il est vrai que la gestion d’un pays comme l’Algérie n’est pas aussi aisée qu’on ne le pense et c’est vrai aussi que le redressement de la situation est très difficile. Mais la bonne volonté existe ; on peut remettre le pays sur ses pieds et placer l’Algérie dans la liste des pays émergents. Ne dit-on pas que vouloir, c’est pouvoir. Hélas, mille fois hélas ! Cette volonté nous manque terriblement, d’autant plus que gouvernants et gouvernés se regardent comme des chiens de faïence. Excusez l’expression, mais le commun des Algériens dresse le même constat. Celui de l’échec. N’ayons pas honte de le dire, sinon notre pays n’avancera pas et stagnera à jamais dans le sous-développement, ennemi de toutes les nations.
Monsieur le président, le taux de croissance du Rwanda, ce pays qui, hier, était en proie à une guerre civile des plus meurtrières de l’histoire contemporaine, est de loin meilleur que le nôtre. Les exemples foisonnent, laissant les Algériens perplexes, eux qui ont l’espoir que leur pays se fraiera une place parmi les grands de ce monde.
Les Algériens ont trop souffert et souffrent toujours en silence, même si leurs visages sont expressifs. Ils souffrent pour leur pays et n’hésitent aucunement à exprimer leur joie lorsque l’Algérie remporte des victoires, qu’elles soient politiques, économiques ou sportives. Les derniers résultats de notre équipe nationale en sont la preuve. Combien de victoires a-t-on remporté depuis le recouvrement de l’indépendance ? Là aussi, Monsieur le Président, la réponse coule de source.
Tous les secteurs sans exception fonctionnent au ralenti pour ne pas dire ne fonctionnent pas du tout alors qu’on nous fait croire le contraire. L’administration cale, le chômage atteint des proportions alarmantes, le logement fait défaut malgré votre ambitieux projet de 1 million de logements, notre système éducatif bat de l’aile, le métro d’Alger est encore renvoyé aux calendes grecques, sans parler de l’autoroute est-ouest qui connaîtra certainement un retard, et je ne sais quoi encore.
Oui, c’est la triste réalité. Le peuple est résigné à son sort. Il a baissé les bras et ne fait que constater les dégâts alors que les autres nations avancent à pas de géant. Rien, mais absolument rien ne se dessine à l’horizon. Ce même horizon scruté par les jeunes, mais de l’autre côté de la Méditerranée. Combien sont-ils à périr au large rien que pour atteindre l’autre rive où l’espoir est permis. L’est-il en Algérie ? Si c’est le cas, pourquoi alors tentent-ils le diable ?
Monsieur le président, j’ai presque tout dit, même si je ne suis pas en mesure d’énumérer tous les maux qui rongent notre pays.
Que font les adeptes de la moubayaâ pour que notre pays progresse ? Je leur laisse le soin de répondre.
Quant aux autres, ils aiment leur pays en silence et dans la douleur. De grâce, donnez-leur un brin d’espoir !
Zoubir Khelaïfia
Chronique 50
T’as déjà vu un intello avec un 4X4 ?
Miséricorde ! Plus on avance dans le temps, moins on trouve de réponses convaincantes à quelques interrogations bassement existentialistes. Mais non moins pertinentes. Bien que ce ne soit, au fond, qu’une simple question de bon sens. Je veux parler, en termes plus ou moins concis, de cette société qui marche sur la tête. Et non avec…Premier paradoxe et non des moindres à mon humble avis : les porteurs de savoir (et il y en a) sont les moins bien servis et phénomène encore plus pernicieux les moins écoutés. D’ailleurs quand tu parles trop bien, alors que tu ne fais qu’énoncer des évidences sinon des choses pleines de bon sens, il s’en trouvera toujours quelqu’un parmi tes pairs qui plus est, pour te rabattre le caquet et te reprocher sur un ton tantôt badin, tantôt sentencieux de parler comme un livre…Comme si parler comme un livre et notamment un ouvrage bien torché, relevait de quelque hérésie. Autre fait pas aussi rarissime que cela au niveau del’élite ou, en tout cas, supposée telle : il y a des intellos qui se détestent à mort sur la simple base de divergences doctrinaires et/ ou d’appréciation des faits. Pourtant et entre gens du savoir, il y a toujours moyen de moyenner, pour appeler les choses par leur nom. Mais peut-être avons-nous hérité toute cette animosité primaire de tous les éléments constitutifs de notre personnalité, c'est-à-dire les différents apports intra et extra muros. Je ne sais pas si je me fais comprendre mais je sais que dès qu’on essaie d’élever le niveau de la pensée, on prend le risque soit de passer à côté de l’essentiel, soit d’égratigner au passage ceux qui veulent apporter et/ou porter la contradiction. Cette même contradiction si proche de l’esprit critique réputé faire avancer les idées. Mais qui n’est pas encore intériorisé et érigé en véritable modus vivendi. En revanche, lesbeggarine ne s’embarrassent pas de ce genre « d’artifices ». Et pour cause ! Ils sont unis et soudés dans la défense de leur communauté d’intérêts, comme les doigts d’une seule main. Ils ont même, par endroits, réussi à convaincre certains détenteurs de savoir, à venir grossir leurs rangs. Ceux-là que grand bien leur fasse, si tant est qu’ils puissent se sentir bien dans leur nouvel habit. A défaut d’un justaucorps…Toujours est-il que la « configuration » actuelle des principaux mécanismes (avoués ou pernicieux) de fonctionnement, pour ne pas dire de respiration de la société, leur vont comme un gant. Une seule preuve ? Avez-vous déjà entendu un beggar se plaindre de quoi que ce soit ? A contrario l’intello, lui, qui grille ses neurones à longueur de vie souffre le martyr et bouffe de la vache enragée alors qu’il est mille fois (au moins) plus utile à son macro et micro environnement. Et tandis que le beggar profite à mort du système dont il imprègne toute l’architecture et la respiration, l’intellectuel, souvent contre vents et marées, continue à faire de la résistance malgré le prix payé et à payer, en attendant, à terme l’inéluctable décantation. Car l’intelligence finira bien, n’en déplaise aux tenants forcenés mais dérisoires du beggarisme, par triompher : c’est une simple question de bon sens…
Amar Zentar
Chronique du temps qui passe
Que demande le peuple ?
En vérité et j’assume l’entière responsabilité de mes propos, l’Algérien n’est pas difficile. Il suffit de peu pour qu’il soit heureux. Mais c’est ce peu qui fait défaut. Ou, si vous préférez, qui manque le plus. Alors que ce pays de par ses richesses inouïes est capable de nourrir, au sens plein du terme, le double, voir le triple de la population actuelle. Et pas seulement grâce aux extraordinaires ressources du sous-sol. Car notre terre aussi est réputée depuis des lustres pour être l’une des plus fertiles au monde. Vous me direz alors où se situe le mal ? Et comment se fait-il qu’avec un potentiel aussi formidable, une bonne partie des Algériens, je parle évidemment des Algériens honnêtes c'est-à-dire tous ceux (et ils restent encore nombreux malgré tout), qui vivent, exclusivement, de la sueur de leur front ? Et que les voleurs au grand jour toisent avec mépris-sûrs sans doute de leur impunité- les considérant comme des ploucs et d’éternels dindons de la farce. C’est le monde à l’envers, quoi. Le malheur est que mis à part la parenthèse Boumediene qui a affiché de réelles dispositions pour contrer sinon annihiler le phénomène de la corruption, avant qu’il ne soit victime d’une maladie « mystérieuse » qui aura raison de lui et de tous les secrets d’alcôve, aucun parmi ses nombreux successeurs n’osera prendre ses responsabilités face à cette gangrène. Malgré quelques velléités et tentatives sporadiques vite étouffées dans l’œuf. Quand bien même, il est arrivé au système de livrer en pâture à l’opinion publique pas aussi dupe qu’on le croit par ailleurs, quelques lampistes. Et autres bougres sacrifiés pour les besoins de la cause… Sur un autre versant et non des moindres par ses répercussions directes et indirectes sur la stabilité familiale et par association d’idées, sociétale, ce vol au grand jour pénalise de manière on ne peut plus grave tous ceux qui ont choisi de rester propres, quitte à galérer, souffrir de maladies psychosomatiques et fairesouffrir, d’évidence, tout leur entourage immédiat. Quel cruel dilemme ! Et que répondre, quelle parade crédible pourront trouver tous ces honorables pères de famille à leurs enfants qui les accusent de mollesse, de manque de clairvoyance, de lucidité et j’en passe des vertes et des pas mûres…Car si aujourd’hui la cellule familiale est en plein désarroi et vit des fractures dramatiques, ce n’est certainement pas pour des prunes…Quant à tous ces sermons du vendredi qui tentent de justifier l’injustifiable, en exhortant le musulman à se suffire de peu, prendre son mal en patience, pour ouvrir droit, en bout de piste à la meilleure des récompenses que constitue le paradis, franchement on ne peut vraiment pas dire qu’ils honorent leurs auteurs. D’autant qu’ils ne font que lire des moutures déjà prêtes à l’emploi…Enfin et tant que les richesses de ce pays ne seront pas partagées équitablement entre tous ses enfants, quand bien même cela peut paraître utopique et/ ou idéaliste, il faut craindre le pire. Et ceci est d’autant plus frustrant et rageant, que ce pays des ancêtres dispose, au risque de nous répéter, de tous les atouts nécessaires à même de lui ouvrir de radieuses perspectives. Mais les décideurs l’entendent-ils de cette oreille ? Quoiqu’il en soit et je n’ai pas la prétention de réinventer l’eau chaude : un décideur averti en vaut deux…
Amar Zentar
La bureaucratie et la corruption en Algérie
La problématique de l’Etat de droit ?
Troisième partie
1.- Economie rentière, dette publique et évolution de la gestion de la dépense publique
La dette publique interne selon les déclarations officielles reprises par l’agence APS, elle est passée de 1 780 milliards de DA à fin 2006 à 1 050 milliards de DA à fin décembre 2007,à 733 millions fin octobre 2008 quant à elle est, dans le domaine des finances publiques l'ensemble des engagements financiers pris sous formes d'emprunts par l’Etat, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement (les entreprises publiques, les organismes de sécurité sociale etc. La dette augmente donc à chaque fois qu'un déficit public est financé par emprunt. La dette interne est composée, de la dette courante (bon de Trésor) et des dettes dites d’assainissement,( plus de 40 milliards de dollars entre 1991/2007 et plus de 5 milliards de dollars entre 2008/2009 dont plus de 70% des entreprises publiques étant revenues à la case de départ selon le rapport 2008 du Ministère de ‘l’investissement , étant déstructurées financièrement et les 30% restant ne s’insérant pas dans le cadre des valeurs internationales supposant donc une mise à niveau . Ces déficits ont été financés par prélèvement sur le Fonds de régulation des recettes, dont les ressources sont générées par les plus-values sur les produits de la fiscalité pétrolière lorsque le baril de pétrole dépasse par le passé 19 dollars et actuellement 37 dollars et qui a connu une augmentation, passant à 3 215 milliards de DA à fin décembre 2007 contre 2 931 milliards de DA à fin 2006., à 4280 milliards de dinars (42 milliards d’euros) soit 40% du PIB fin septembre 2009
Cette situation financière a été permise depuis 2000 grâce au cours élevé des hydrocarbures (en rappelant que l’Algérie a environ 1% des réserves mondiales de pétrole et 3% en gaz devant donc aller vers l’épuisement ) et non pas grâce à la gouvernance interne et donc une politique socio-économique hors rente (1): pour preuve les exportations hors hydrocarbures entre 1996/2009 représentent moins de 3% du total dont plus de 70% de déchets ferreux et semi –ferreux. Ainsi, il faut éviter l’illusion monétaire, l’Algérie étant une économie rentière dépendante à la fois du cours du pétrole et du dollar et ce de 1963 à 2009. Pour rappel sur les 5/6% de taux de croissance hors hydrocarbures entre 2004/2009, et certainement encore pour de longues années, invoqué souvent par les officiels, 80% des segments dont le bâtiment, travaux publics, hydraulique sont irriguées indirectement par la rente des hydrocarbures restant aux entreprises créatrices de richesses pouvant vivre sur leur autofinancement moins de 20% à la participation du produit intérieur brut. Mais, les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Car, l’on ne s’est pas attaqué aux causes originelles de la dette publique et le risque est de revenir à la case de départ comme le frein à la création des entreprises créatrices de richesses, les services collectifs et l’administration vivant du transfert et ne créant pas d r richesses. les contraintes d’environnement qui ne sont pas levées (bureaucratie, système financier sclérosé, le foncier, système socio-éducatif non adapté). Si l’on excepte la mauvaise gestion de certaines entreprises publiques qui accaparent une partie importante du financement public, il ne faut jamais oublier l’administration et les services collectifs dont les infrastructures qui également accaparent une autre fraction actuellement plus importante. Pour cela, rappelons que le programme de soutien à la relance économique selon les différents conseils de gouvernement est passé successivement de 55 milliards de dollars fin 2004, à 100 milliards de dollars fin 2005 ( le justificatif était des enveloppes additionnelles pour les hauts plateaux et le Sud) puis fin 2006 à 140 milliards de dollars et sera certainement clôturé fin 2009 à plus de 200 milliards de dollars., montant auquel il faudra ajouter les nouveaux programmes inscrits entre 2009/2013 de plus de 100 milliards de dollars. Le rapport de la banque mondiale concernant justement ce programme publié en septembre 2007 et remis aux autorités algériennes toujours d’une brûlante actualité note par des exemples concrets concernant les infrastructures la mauvaise performance des dépenses d’investissement en Algérie étroitement liée aux carences en matière de gestion des dépenses publiques.
2.- Urgence de la rationalisation de la dépense publique
S’est-on interrogé une seule fois par des calculs précis le prix de revient des services du chef du Gouvernement, des différents Ministères et des wilayates et APC, de nos ambassades (car que font nos ambassades pour favoriser la mise en œuvre d’affaires profitables aux pays ?), du coût des différents séminaires, et réceptions et commissions par rapport aux services rendus à la population algérienne ? Ces dépenses constituent un transfert de valeur que paye la population qui est en droit, en Démocratie, de demander l’opportunité et la qualité du service rendu, mais que voile le transfert de rente en Algérie qui est la propriété de tout le peuple algérien. Or ces segments sont importants en tant qu'éléments devant favoriser la création de surplus, la fonction étatique devant s'inspirer des normes économiques spécifiques (dont on ne peut leur appliquer les principes de productivité des entreprises contrairement à la déclaration de certains politiques) et non se limiter aux actes administratifs bureaucratisés sclérosants. La difficulté de quantification n'exclut en aucune manière l'analyse qualitative. Aussi, il est impérieux de proposer aux responsables de ces activités des instruments d'analyse pour améliorer leurs choix.
Cela est lié à deux conditions essentielles : d’une part, fixer clairement les objectifs permettant d'atteindre l'optimum et d’autre part définir clairement les moyens pour atteindre ces objectifs. Si cela est aisé dans la sphère marchande concurrentielle que l'on peut imager par une fonction de production, dans les services- collectifs existent des difficultés. Au niveau des objectifs : ils sont souvent multiples et imprécis. Ainsi, par exemple, au niveau de l'éducation, une politique d'éducation ne définit pas seulement son contenu pédagogique mais- également ses retombées économiques, sociales, culturelles voire politiques à moyen et long terme. Ainsi, les objectifs sont diversifiés. En ce qui concerne les moyens : il n'est pas aisé de calculer avec précision les effets exercés de la combinaison des différents facteurs de production mis en oeuvre. Par exemple, au niveau de la santé, la bonne santé d'un ménage ne dépend pas seulement des soins médicaux mais aussi des conditions de logement, d'hygiène, d'éducation. Cependant, il convient de relativiser l'appréciation pour certains segments des services collectifs car au niveau du privé concurrentiel, les agents-consommateurs et producteurs, au moyen de différents tâtonnements, déterminent soit les objectifs, soit les moyens, certes imparfaitement tenant compte de l'algorithme social. Nous pouvons toutefois faire progresser l'analyse en mieux spécifiant la notion de services collectifs afin d'encourager la mixité qui favorisera la concurrence et généraliser le mode de gestion privée. Si bien entendu les mécanismes préalables d'instauration de l'économie de marché sont mis en place, existant une économie mondialisée avec l'essor de l'économie personnalisée à travers des réseaux complexes, les services collectifs devant contribuer indirectement à accroître la valeur ajoutée des Algériens à la valeur ajoutée mondiale. Ainsi, en reprenant certains travaux d'économie publique, nous distinguerons, en termes opératoires, le bien public du service public et les services collectifs divisibles et ceux indivisibles. Le bien collectif est le support du service collectif .Quant aux services publics il désignent des services dépendant exclusivement des administrations publiques et rejoignent la catégorie des services tutélaires, la puissance publique agissant en tant que tutelle vis-à-vis des consommateurs. C'est la vision dictatoriale du choix : exemple l'éducation obligatoire: Si l'on s'entend sur cette classification, l'on a ainsi les services collectifs indivisibles : exemple, la défense nationale, l’administration générale, la justice et la sécurité. Par contre, les services collectifs divisibles comme l'éducation, la santé, la radio- télévision, la recherche appliquée se prêtent facilement à la mixité et au calcul d'optimum. Dans ce cadre les travaux d’analyse, des coûts / avantages sociaux, les techniques américaines du Planning programming budgetary system (PPBS) ou françaises, technique de la rationalisation des choix budgétaires reposant sur la décomposition des dépenses publiques par objectifs aux moindres coûts, sont d'un apport appréciable pour les audits sur les services collectifs afin de tester de leur efficience. Il s'agit au sein de sous-sections compartimentées de définir une fonction -objectif permettant d’atteindre l’optimum sous réserves de contraintes tant internes qu’externes. La mise en oeuvre de ces instruments de mesure traduit la volonté de faire le pont entre la micro et la macro- économie d'une part, d'autre part de lier les mécanismes macro-économiques et macro- sociaux permis- grâce à l'analyse systémique, le modèle étant ouvert et non fermé du fait de l'environnement mondial turbulent et variable. La gestion des services collectifs, l'amélioration de leur efficience dépend en grande partie de la mise en place des mécanismes globaux de régulation selon une vision cohérente, datée dans le temps, tant dans le domaine politique, institutionnel, économique que social.
La bureaucratie et la corruption en Algérie
La problématique de l’Etat de droit ?
DEUXIEME PARTIE
LA SPHERE INFORMELLE PRODUIT DE LA BUREAUCRATIE ET ENGENDRANT LA CORRUPTION
II- Les deux éléments fondamentaux caractérisant le fonctionnement de l’Etat de droit et l’économie de marché concurrentielle
Premier élément la confiance est à la base des échanges : des interviews précises réalisées par De SOTO un des plus grand spécialistes dans ce domaine montrent qu’à une question en Suède : « Est-ce que vous faites confiance aux autres Suédois ? La réponse est que 65% des Suédois disent « oui, je fais confiance à un autre Suédois ». Aux Etats Unis presque 54% des Américains disent oui, je fais confiance aux autres Nord-américains. Quand on arrive au Brésil, c’est seulement 8% qui font confiance aux autres Brésiliens. Quand on arrive au Pérou, c’est 6% et les Argentins, entre 1 et 2%. Qu’en est-il en Algérie où le cash prédomine dans toutes les transactions internes ? Dans les pays développés, la carte de crédit donne un droit de transaction alors que dans la plupart des pays en voie de développement est exigé souvent le liquide avec une intermédiation informelle qui traduit la faiblesse de toute politique monétaire interne de l’Etat . Et là, on revient à la confiance.
Le deuxième élément est la relation dialectique entre économie de marché, Etat de Droit est l’existence des titres de propriété. La question qu’il y a lieu de se poser est la suivante : s’il y a des actifs immatériels et physiques en Algérie, combien de ceux-là ont un titre reconnu par l’Etat ? C’est toute la problématique de la construction de l’économie de marché et d’une manière générale, la construction de l’Etat qui est posée. Là aussi les enquêtes de Hernando De Soto peuvent être des indicateurs importants pour réorienter la politique économique et sociale algérienne. En Egypte, objet d’enquêtes précises de l’auteur pour le Gouvernement de ce pays, de la période de Nasser à 2004, les entrepreneurs ont créé quatre millions sept cent mille bâtiments sur des terrains agricoles illégalement. Donc, ces 4 700 000 bâtiments sans titres sont du capital mort bien qu’ils représentent une valeur estimée par l’auteur à 50 milliards de dollars de 2004 sans pouvoir les hypothéquer ni les utiliser comme garantie, sans que les banquiers ne sachent à qui ils peuvent prêter. Selon les estimations de l’auteur, 92% de la construction en Egypte est hors la loi, et 88% de la production industrielle se trouve dans la sphère informelle avec un capital mort estimé à environ 245 milliards de dollars US. C’est 55 fois plus grand que tout l’investissement privé de tout l’Egypte depuis le temps de Napoléon, y inclus le canal de Suez et le barrage de Aswan, 30 fois plus grand que la Bourse de valeur du Caire. Cela a des incidences sur la gestion de l’Etat qui ne sait plus planifier les besoins en eau potable, en électricité- gaz, téléphone, conduite d’évacuation et autres prestations de services. Autre élément significatif des enquêtes de l’auteur combien de temps ça prend si vous voulez acheter les droits, c’est-à-dire la délivrance des titres de propriété. Si vous devez respecter le cheminement de tous les circuits (à cela s’ajoutant la faiblesse de la culture économique et politique du simple citoyen ainsi que l’amoncellement de tous les dossiers en litiges au niveau des institutions du pays qui souvent ne sont pas informatisées) l’ensemble des démarches (longs circuits) pour avoir un titre légal prend 17 années en Egypte, 21 années au Pérou et pour les Philippines 25 ans. Il y a lieu, également, de mesurer le temps pris en moyenne pour éviter la destruction et donc marchander avec la bureaucratie (corruption). Ainsi, un Egyptien passe entre 3 et 6 années de sa vie dans ce marchandage. Il serait intéressant que nos sociologues fassent une enquête pour le cas Algérie.
En conclusion, il faut éviter toute vision illusionniste. Car reformer le droit de propriété n’est pas une question de registre foncier. Il faut intégrer toutes les procédures, y compris celles du droit coutumier, car existant des codifications au sein de cette sphère informelle. Dans la plupart des pays, ce sont des notables qui établissent des actes non reconnus, certes, par l’Etat mais qui ont valeur de transaction au sein de cette sphère informelle. On peut émettre l’hypothèse que c’est l’Etat qui est en retard par rapport à la société qui enfante des règles qui lui permettent de fonctionner. En fait, l’importance de cette sphère informelle pose tout un problème politique. Car, où est la crédibilité d’un Etat qui ne contrôle que 30 à 40% des activités économiques ? Cela n’explique t-il pas la difficulté de construire un Etat de droit. Cela ne signifie pas à travers les expériences historiques qu’il ne peut y avoir d’économie de marché sans Démocratie. En effet nous avons assisté à une économie de marché très forte en Amérique Latine notamment celle du Chili, venue à travers Pinochet et actuellement en Chine. Il en est de même en Asie à Singapour ou en Corée du Sud. Mais dans la plupart des cas, cela été l’échec en raison notamment de la corruption généralisée du fait de la faiblesse de contrepoids démocratiques. Aussi la majorité des pays (avec des variantes options libérales ou social- démocrates et régimes présidentiels ou parlementaires ) a opté pour des régimes démocratiques,avec une participation plus active de la femme , comme l’Occident, l’Asie récemment la plupart des pays de l’ex camp soviétique et depuis une décennie la plupart des pays Amérique latine, les pays arabes et surtout d’Afrique étant les plus en retard, ( la Chine , étant une exception allant vers une libéralisation progressive maîtrisée).
Ainsi je reste persuadé à travers les expériences historiques que la vision autoritaire n’est pas soutenable sans la démocratie. Car avec le temps, et du fait des mutations mondiales, la dynamique socio-économique engendrera de nouvelles forces sociales avec de nouvelles exigences donc plus de liberté et de participation à la gestion de la Cité.
Docteur Abderrahmane MEBTOUL Ex Directeur Central des Etudes Economiques et Premier Conseiller à la Cour des Comptes ( 1980/1983)
par Abdou B.
«Le tout est d'approfondir même un murmure». Céline
Dans de grandes démocraties occidentales, des émeutes éclatent régulièrement au fil des années dans de grandes villes. Les émeutes en question sont minutieusement répertoriées et connaissent une communication massive en direction des populations. Le nombre de voitures incendiées, parfois par centaines, les commerces saccagés, les policiers blessés, les arrestations et les remises en liberté sont déclinés dans les journaux, les radios et les chaînes de télévision, privées et publiques. Les syndicats, les ministres concernés, les associations, les témoins de passage, les services hospitaliers, la police ou la gendarmerie, tous s'expriment et donnent des lectures, des points de vue, selon les corps ou l'appartenance politique pour les élus. La transparence et la communication sont dans ces cas des pauses, des respirations qui profitent au pays et à la démocratie.
En Algérie, heureusement, la violence urbaine, les manifestations, les grèves, la colère des jeunes n'ont aucunement atteint le niveau observé en Europe et montré par tous les médias, sans oublier l'internet, les films d'amateurs et les images récoltées et transmises par le téléphone mobile. Toutes les sociétés, jusqu'à la fin des temps, connaîtront des jacqueries, des confrontations plus ou moins violentes, des polémiques au Parlement, des scandales financiers, du banditisme, des trafics de drogue, d'armes, de la contrefaçon et des bourdes politiques grand format.
Tout simplement parce qu'ils sont «humains, trop humains». Et l'Algérie, qu'on le veuille ou non, fait partie de l'espèce humaine, en plus du terrorisme islamiste qui n'en finit pas de commettre carnage sur carnage, barbarie sur barbarie. En Algérie, où le pluralisme et la démocratie qui avancent, qui balbutient, qui reculent, qui sont manipulés, qui s'expriment au Parlement, dans la presse et dans la rue, on s'évertue épisodiquement à faire comme dans les régimes arabes et africains dont le monde se moque souvent à voix haute. On essaie de cacher ce que les citoyens savent et vivent et ce que les télévisions satellitaires qui règnent sans partage en Algérie récitent à longueur d'année. Avec plus ou moins d'éthique, plus ou moins d'objectivité.
Mais le monde est ainsi fait, chaque média a sa ligne éditoriale, comme les journaux nationaux et les partis d'opposition. Or, l'Algérie peut être emblématique et exemplaire dans le monde arabo-africain en matière de liberté d'expression audiovisuelle, ne serait-ce que pour ne pas passer son temps à geindre devant le travail de grandes télévisions qui n'ont aucune vocation ou mission pour défendre l'Algérie, ses intérêts, son pouvoir et les habitants de ce pays. C'est aux compétences et élites algériennes à le faire. Elles existent dans la jeunesse et savent faire si les ouvertures et les réformes incontournables sont faites. Et le temps ne joue pas pour les pays en développement.
Aujourd'hui, le terrorisme qui trouve des armes, de l'argent blanchi, un nombre incalculable de commerces informels (de la nourriture, du tabac, des pétards et autres produits interdits mais vendus sur le territoire), ne peut plus être contenu par les seules forces armées. Sa logistique est composée d'un conglomérat d'acteurs aussi nombreux que diversifiés et efficaces. Dans les mosquées, à l'école, dans l'espace public, il est soutenu de mille et une manières par le verbe, le discours, l'intimidation, le porte-à-porte pour verrouiller l'expression, rabaisser la femme au seul ventre porteur de progéniture, masculine de préférence. L'idéologie intégriste qui dope la barbarie ne trouve que peu de répondants dans les médias lourds, dans la sphère officielle qui joue l'équilibriste à armes inégales. Le terrorisme algérien exige des réponses idéologiques, politiques, éducatives et médiatiques claires, fortes, sans répit pour être mis hors d'état de nuire.
Au plan social, personne ne peut nier les efforts énormes consentis dans les domaines du logement, de la santé, de l'éducation, des infrastructures lourdes et durables. Leur impact est cependant fortement diminué par la corruption, les détournements, les gaspillages et la mise à l'écart des premiers concernés, la pauvreté qui s'étale comme le cancer des bidonvilles dont la cartographie est à faire, sans fuite en avant, sans fausse pudeur politicienne, parce qu'ils existent au su et au vu de tous les Algériens.
Faire parler à la TV, dans des émissions audacieuses, les parties concernées par une grève, une manifestation, une émeute, l'enlèvement des ordures, les coupures d'électricité crédibiliserait le média, les pouvoirs publics, les cadres gestionnaires, tout en faisant retomber les colères. La prise de parole, disent les psychiatres, est d'une grande importance pour une thérapie. Ecoutons nos experts en la matière. Et quel intérêt pour le pays d'avoir des associations, des jeunes, des ONG, des partis privés de parole dans les médias ? Réduire au silence n'est pas une option d'avenir et ne désarmera pas les colères.