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Que demande le peuple ?

Publié le 07/11/2009 à 08:31 par hogra

Chronique du temps qui passe
Que demande le peuple ?

En vérité et j’assume l’entière responsabilité de mes propos, l’Algérien n’est pas difficile. Il suffit de peu pour qu’il soit heureux. Mais c’est ce peu qui fait défaut. Ou, si vous préférez, qui manque le plus. Alors que ce pays de par ses richesses inouïes est capable de nourrir, au sens plein du terme, le double, voir le triple de la population actuelle. Et pas seulement grâce aux extraordinaires ressources du sous-sol. Car notre terre aussi est réputée depuis des lustres pour être l’une des plus fertiles au monde. Vous me direz alors où se situe le mal ? Et comment se fait-il qu’avec un potentiel aussi formidable, une bonne partie des Algériens, je parle évidemment des Algériens honnêtes c'est-à-dire tous ceux (et ils restent encore nombreux malgré tout), qui vivent, exclusivement, de la sueur de leur front ? Et que les voleurs au grand jour toisent avec mépris-sûrs sans doute de leur impunité- les considérant comme des ploucs et d’éternels dindons de la farce. C’est le monde à l’envers, quoi. Le malheur est que mis à part la parenthèse Boumediene qui a affiché de réelles dispositions pour contrer sinon annihiler le phénomène de la corruption, avant qu’il ne soit victime d’une maladie « mystérieuse » qui aura raison de lui et de tous les secrets d’alcôve, aucun parmi ses nombreux successeurs n’osera prendre ses responsabilités face à cette gangrène. Malgré quelques velléités et tentatives sporadiques vite étouffées dans l’œuf. Quand bien même, il est arrivé au système de livrer en pâture à l’opinion publique pas aussi dupe qu’on le croit par ailleurs, quelques lampistes. Et autres bougres sacrifiés pour les besoins de la cause… Sur un autre versant et non des moindres par ses répercussions directes et indirectes sur la stabilité familiale et par association d’idées, sociétale, ce vol au grand jour pénalise de manière on ne peut plus grave tous ceux qui ont choisi de rester propres, quitte à galérer, souffrir de maladies psychosomatiques et fairesouffrir, d’évidence, tout leur entourage immédiat. Quel cruel dilemme ! Et que répondre, quelle parade crédible pourront trouver tous ces honorables pères de famille à leurs enfants qui les accusent de mollesse, de manque de clairvoyance, de lucidité et j’en passe des vertes et des pas mûres…Car si aujourd’hui la cellule familiale est en plein désarroi et vit des fractures dramatiques, ce n’est certainement pas pour des prunes…Quant à tous ces sermons du vendredi qui tentent de justifier l’injustifiable, en exhortant le musulman à se suffire de peu, prendre son mal en patience, pour ouvrir droit, en bout de piste à la meilleure des récompenses que constitue le paradis, franchement on ne peut vraiment pas dire qu’ils honorent leurs auteurs. D’autant qu’ils ne font que lire des moutures déjà prêtes à l’emploi…Enfin et tant que les richesses de ce pays ne seront pas partagées équitablement entre tous ses enfants, quand bien même cela peut paraître utopique et/ ou idéaliste, il faut craindre le pire. Et ceci est d’autant plus frustrant et rageant, que ce pays des ancêtres dispose, au risque de nous répéter, de tous les atouts nécessaires à même de lui ouvrir de radieuses perspectives. Mais les décideurs l’entendent-ils de cette oreille ? Quoiqu’il en soit et je n’ai pas la prétention de réinventer l’eau chaude : un décideur averti en vaut deux…

Amar Zentar

 



corruption en Algérie La problématique de l’Etat de droit ?

Publié le 01/11/2009 à 09:05 par hogra

La bureaucratie et  la corruption en Algérie
La problématique de l’Etat de droit ?
Troisième partie

1.- Economie rentière, dette publique   et évolution   de la gestion de la dépense publique

La dette publique  interne selon les déclarations officielles reprises par l’agence  APS, elle  est passée de 1 780 milliards de DA à fin 2006 à 1 050 milliards de DA à fin décembre 2007,à 733 millions  fin octobre  2008   quant à elle   est, dans le domaine des finances publiques   l'ensemble des engagements financiers pris sous formes d'emprunts par l’Etat,  les collectivités publiques  et les organismes qui en dépendent directement (les entreprises publiques,  les organismes de sécurité sociale  etc. La dette  augmente donc à chaque fois qu'un déficit public est financé par emprunt. La   dette interne est  composée, de la dette courante (bon de Trésor)  et des dettes dites d’assainissement,( plus de 40 milliards de dollars entre 1991/2007 et plus de 5 milliards de dollars entre 2008/2009  dont plus de 70% des entreprises publiques étant revenues à la  case de départ selon le rapport 2008 du Ministère de ‘l’investissement  , étant  déstructurées financièrement  et les 30% restant ne s’insérant pas dans le  cadre des valeurs internationales supposant donc une mise à niveau . Ces déficits ont été   financés par prélèvement sur le Fonds de régulation des recettes, dont les ressources sont générées par les plus-values sur les produits de la fiscalité pétrolière lorsque le baril de pétrole dépasse par le passé  19 dollars et actuellement 37 dollars  et qui  a connu une augmentation, passant à 3 215 milliards de DA à fin décembre 2007 contre 2 931 milliards de DA à fin 2006., à 4280 milliards de dinars (42 milliards d’euros)  soit 40% du PIB fin septembre 2009

Cette situation financière  a été permise  depuis 2000 grâce au cours élevé des hydrocarbures (en rappelant que l’Algérie a  environ 1% des réserves mondiales de pétrole et 3% en gaz  devant donc aller vers l’épuisement )  et non pas  grâce à la  gouvernance interne   et donc  une politique socio-économique  hors rente (1):  pour preuve les exportations hors hydrocarbures  entre 1996/2009 représentent  moins   de 3% du total   dont plus de 70% de déchets ferreux et semi –ferreux. Ainsi, il faut éviter  l’illusion monétaire,  l’Algérie étant  une économie rentière dépendante à la fois du cours du pétrole et du dollar et ce de 1963 à 2009.  Pour rappel  sur les 5/6% de taux de croissance hors hydrocarbures entre 2004/2009, et certainement encore pour de longues années,   invoqué souvent par  les officiels, 80% des segments    dont le bâtiment, travaux publics, hydraulique sont irriguées indirectement par  la rente des hydrocarbures restant aux entreprises créatrices de richesses pouvant vivre sur leur autofinancement  moins de 20% à la participation du produit intérieur brut. Mais, les  mêmes causes provoquent les mêmes effets. Car,  l’on ne s’est pas attaqué aux causes  originelles   de la dette publique et le risque est de revenir à la case de départ comme le frein à la création des entreprises créatrices de richesses, les services  collectifs et l’administration vivant du transfert et ne créant pas d r richesses. les  contraintes d’environnement qui ne sont pas levées (bureaucratie, système financier sclérosé, le foncier,   système socio-éducatif non adapté).  Si l’on  excepte   la mauvaise gestion de certaines  entreprises publiques qui accaparent une partie importante du financement public, il ne faut jamais oublier  l’administration et les services collectifs  dont les infrastructures  qui également accaparent une autre fraction actuellement plus importante.  Pour cela, rappelons  que le  programme de soutien à la relance économique selon les différents conseils de gouvernement est passé successivement de 55 milliards de dollars fin 2004, à 100 milliards de dollars  fin 2005 ( le justificatif était  des enveloppes additionnelles  pour les  hauts plateaux et le Sud) puis fin 2006 à 140 milliards de dollars  et sera certainement clôturé  fin 2009 à plus de 200 milliards de dollars., montant auquel il faudra ajouter  les nouveaux programmes inscrits  entre 2009/2013  de plus de 100 milliards de dollars. Le  rapport de la banque mondiale concernant justement ce programme publié en septembre 2007 et remis aux autorités algériennes toujours d’une brûlante actualité note  par des exemples concrets concernant  les infrastructures   la  mauvaise performance des dépenses d’investissement en Algérie  étroitement liée aux carences en matière de gestion des dépenses publiques.

2.- Urgence de la  rationalisation  de la dépense publique

S’est-on interrogé une seule fois par des calculs précis le prix de revient des services  du chef du Gouvernement, des différents Ministères et des wilayates et APC, de nos ambassades (car que font nos ambassades pour favoriser la mise en œuvre d’affaires profitables aux pays ?), du coût des différents séminaires, et réceptions et commissions  par rapport aux services rendus à la population algérienne ?  Ces dépenses  constituent  un transfert de valeur que paye la population qui est  en droit,  en Démocratie,   de demander l’opportunité et la qualité du service rendu,  mais  que voile le transfert de rente en Algérie qui est la propriété de tout  le peuple algérien. Or ces segments sont importants en tant qu'éléments devant favoriser la création de surplus, la fonction étatique devant s'inspirer des normes économiques spécifiques (dont on ne peut leur appliquer les principes  de productivité des entreprises contrairement à la déclaration de certains politiques)  et non se limiter aux actes administratifs bureaucratisés sclérosants. La difficulté de quantification n'exclut en aucune manière l'analyse qualitative. Aussi, il est impérieux de proposer aux responsables de ces activités des instruments d'analyse pour améliorer leurs choix.

Cela est lié à deux conditions essentielles : d’une part, fixer clairement les objectifs permettant d'atteindre l'optimum et d’autre part  définir clairement les moyens pour atteindre ces objectifs. Si cela est aisé dans la sphère marchande concurrentielle que l'on peut imager  par une fonction de production, dans les services- collectifs existent des difficultés. Au niveau des objectifs : ils sont souvent multiples et imprécis. Ainsi, par exemple, au niveau de l'éducation, une politique d'éducation ne définit pas seulement son contenu pédagogique mais- également ses retombées économiques, sociales, culturelles voire politiques à moyen et long terme. Ainsi, les objectifs sont diversifiés. En ce qui concerne les moyens : il n'est pas aisé de calculer avec précision les effets exercés de la combinaison des différents facteurs de production mis en oeuvre. Par exemple, au niveau de la santé, la bonne santé d'un ménage ne dépend pas seulement des soins médicaux mais aussi des conditions de logement, d'hygiène, d'éducation. Cependant, il convient de relativiser l'appréciation pour certains segments des services collectifs car au niveau du privé concurrentiel, les agents-consommateurs et producteurs, au moyen de différents tâtonnements, déterminent soit les objectifs, soit les moyens, certes imparfaitement tenant compte de l'algorithme social. Nous pouvons toutefois faire progresser l'analyse en mieux spécifiant la notion de services collectifs afin d'encourager la mixité qui favorisera la concurrence et généraliser le mode de gestion privée. Si bien entendu les mécanismes préalables d'instauration de l'économie de marché sont mis en place, existant une économie mondialisée avec l'essor de l'économie personnalisée à travers des réseaux complexes, les services collectifs devant contribuer indirectement à accroître  la valeur ajoutée des Algériens à la valeur ajoutée mondiale. Ainsi, en reprenant certains travaux d'économie publique, nous distinguerons, en termes opératoires, le bien public du service public et les services collectifs divisibles et ceux indivisibles.  Le bien collectif est le support du service collectif .Quant aux services publics il désignent des services dépendant exclusivement des administrations publiques et rejoignent la catégorie des services tutélaires, la puissance publique agissant en tant que tutelle vis-à-vis des  consommateurs. C'est la vision dictatoriale du choix : exemple l'éducation obligatoire: Si l'on s'entend sur cette classification,  l'on a ainsi les services collectifs  indivisibles : exemple, la défense nationale, l’administration générale, la justice et la  sécurité. Par contre, les services collectifs divisibles comme l'éducation, la santé, la radio- télévision, la recherche  appliquée se prêtent facilement à la mixité et au calcul d'optimum. Dans ce cadre les travaux d’analyse, des coûts / avantages sociaux, les techniques américaines du Planning programming budgetary system (PPBS) ou françaises, technique de la rationalisation des choix budgétaires reposant sur la décomposition des dépenses publiques par objectifs aux moindres coûts, sont d'un apport appréciable pour les audits sur les services collectifs afin de tester de leur efficience. Il s'agit au sein de sous-sections compartimentées de définir une fonction -objectif permettant d’atteindre l’optimum sous réserves de contraintes tant internes qu’externes. La mise en oeuvre de ces instruments de mesure traduit la volonté de faire le pont entre la micro et la macro- économie d'une part, d'autre part de lier les mécanismes macro-économiques et macro- sociaux permis- grâce à l'analyse systémique, le  modèle étant ouvert et non fermé du fait de l'environnement mondial turbulent et variable.  La gestion des services collectifs, l'amélioration de leur efficience dépend en grande partie de la mise en place des mécanismes globaux de régulation selon une vision cohérente, datée dans le temps,  tant dans le domaine politique, institutionnel, économique que social.

 

corruption en Algérie La problématique de l’Etat de droit ?

Publié le 31/10/2009 à 08:47 par hogra

La bureaucratie et  la corruption en Algérie
La problématique de l’Etat de droit ?
DEUXIEME PARTIE

LA SPHERE INFORMELLE PRODUIT DE LA BUREAUCRATIE ET ENGENDRANT LA CORRUPTION

 
II- Les deux éléments fondamentaux  caractérisant le fonctionnement de l’Etat de droit  et l’économie de marché concurrentielle
 
Premier élément  la confiance est à la  base des échanges : des interviews précises réalisées par De SOTO  un des plus grand spécialistes  dans ce domaine  montrent qu’à une question en Suède : « Est-ce que vous faites confiance aux autres Suédois ? La réponse est que 65% des Suédois disent  « oui, je fais confiance à un autre Suédois ». Aux Etats Unis presque 54% des Américains disent oui, je fais  confiance aux autres Nord-américains. Quand on arrive au Brésil, c’est seulement 8% qui font  confiance aux autres Brésiliens.  Quand on arrive au Pérou, c’est  6% et les Argentins, entre  1 et 2%.  Qu’en est-il en Algérie où le cash prédomine dans toutes les transactions internes ?  Dans les pays développés, la carte de crédit donne un droit de transaction alors que dans  la plupart des pays en voie de développement est exigé souvent le liquide avec une intermédiation informelle qui traduit la faiblesse  de toute  politique monétaire interne de l’Etat . Et là, on revient à la confiance.
 
Le deuxième élément est la relation dialectique entre économie de marché, Etat de Droit   est l’existence des titres de propriété. La question qu’il y a lieu de se poser est la suivante : s’il y a des actifs immatériels  et physiques en Algérie, combien de ceux-là ont un titre reconnu par l’Etat ? C’est toute la problématique de la construction de l’économie de marché et  d’une manière générale, la construction de l’Etat qui est posée. Là aussi les enquêtes de Hernando De Soto  peuvent être  des indicateurs importants pour réorienter la politique économique et sociale algérienne. En Egypte, objet  d’enquêtes précises de l’auteur pour le Gouvernement de ce pays,  de la période de  Nasser à 2004,  les entrepreneurs ont créé quatre millions sept cent mille bâtiments sur des terrains agricoles illégalement. Donc, ces 4 700 000 bâtiments sans titres sont  du capital mort bien qu’ils représentent une valeur estimée par l’auteur à  50 milliards de dollars de 2004  sans pouvoir les hypothéquer ni les utiliser comme garantie,  sans que les banquiers ne sachent à qui ils peuvent prêter.  Selon les estimations de l’auteur, 92% de la construction en Egypte est  hors la loi, et  88% de la production industrielle  se trouve dans la sphère informelle avec un capital mort estimé à environ  245 milliards de dollars US. C’est 55 fois plus grand que tout l’investissement privé de tout l’Egypte depuis le temps de Napoléon, y inclus le canal de Suez et le barrage de Aswan, 30 fois plus grand que la Bourse de valeur du Caire. Cela a des incidences sur la gestion de l’Etat qui ne sait plus planifier les besoins en eau potable, en électricité- gaz, téléphone, conduite d’évacuation et autres prestations de services. Autre élément significatif  des enquêtes de l’auteur   combien de temps ça prend si vous voulez acheter les droits, c’est-à-dire la délivrance des titres de propriété. Si vous devez respecter le cheminement de tous les  circuits (à cela s’ajoutant la faiblesse de la culture économique et politique du simple citoyen  ainsi que l’amoncellement de tous les dossiers en litiges au niveau des institutions du pays qui souvent ne sont pas informatisées) l’ensemble des démarches (longs circuits) pour avoir un titre légal   prend 17 années en Egypte, 21 années  au Pérou et  pour les Philippines 25 ans. Il  y a lieu, également, de mesurer le temps pris en moyenne pour éviter la destruction et donc marchander avec la bureaucratie (corruption). Ainsi, un Egyptien passe entre 3 et 6 années de sa vie dans ce marchandage. Il serait intéressant que nos sociologues fassent une enquête pour le cas Algérie.  
 

 En conclusion, il  faut éviter toute vision illusionniste. Car  reformer le droit de propriété n’est pas  une question de registre foncier.  Il faut intégrer toutes les  procédures, y compris celles du droit coutumier, car existant  des codifications au sein de cette sphère informelle. Dans la plupart des pays, ce sont des notables qui établissent des actes non reconnus, certes, par l’Etat mais qui ont valeur de transaction  au sein de cette sphère informelle. On peut émettre l’hypothèse que c’est l’Etat qui est en retard par rapport à la société qui enfante des règles qui lui permettent de fonctionner.  En fait,  l’importance de cette sphère informelle pose tout un problème politique. Car, où est la crédibilité d’un Etat qui  ne contrôle  que 30 à 40% des activités économiques ? Cela n’explique t-il pas la difficulté  de construire un Etat de droit. Cela ne signifie pas à travers les expériences historiques qu’il ne peut y avoir d’économie de marché  sans Démocratie. En effet nous avons assisté à une économie de marché très forte en Amérique Latine notamment  celle du Chili, venue à travers Pinochet et actuellement en Chine. Il en est de même en Asie à  Singapour ou en Corée du Sud. Mais dans la plupart des cas, cela été l’échec en raison notamment de la corruption généralisée du fait de la faiblesse  de contrepoids démocratiques. Aussi la  majorité des pays  (avec des variantes  options libérales  ou social- démocrates et régimes présidentiels ou parlementaires  ) a  opté pour des régimes démocratiques,avec une  participation plus active de la femme ,  comme  l’Occident,  l’Asie récemment  la plupart des pays de l’ex camp soviétique et depuis une décennie  la plupart des pays  Amérique latine, les pays arabes et surtout d’Afrique étant les plus en retard, ( la Chine , étant une exception allant vers une libéralisation progressive maîtrisée).
 
 Ainsi  je reste persuadé à travers les expériences historiques  que la vision autoritaire  n’est pas  soutenable  sans la démocratie. Car avec  le temps, et du fait des mutations mondiales, la dynamique socio-économique engendrera  de nouvelles  forces sociales  avec de nouvelles exigences donc plus de liberté et de participation à la gestion de la Cité.
 
 
Docteur Abderrahmane MEBTOUL Ex Directeur Central  des Etudes Economiques et Premier Conseiller à la Cour des Comptes ( 1980/1983)

 

Désarmons la colère !..d'approfondir même un murmure

Publié le 30/10/2009 à 09:30 par hogra
Désarmons la colère !

par Abdou B.

«Le tout est d'approfondir même un murmure». Céline

Dans de grandes démocraties occidentales, des émeutes éclatent régulièrement au fil des années dans de grandes villes. Les émeutes en question sont minutieusement répertoriées et connaissent une communication massive en direction des populations. Le nombre de voitures incendiées, parfois par centaines, les commerces saccagés, les policiers blessés, les arrestations et les remises en liberté sont déclinés dans les journaux, les radios et les chaînes de télévision, privées et publiques. Les syndicats, les ministres concernés, les associations, les témoins de passage, les services hospitaliers, la police ou la gendarmerie, tous s'expriment et donnent des lectures, des points de vue, selon les corps ou l'appartenance politique pour les élus. La transparence et la communication sont dans ces cas des pauses, des respirations qui profitent au pays et à la démocratie.

 En Algérie, heureusement, la violence urbaine, les manifestations, les grèves, la colère des jeunes n'ont aucunement atteint le niveau observé en Europe et montré par tous les médias, sans oublier l'internet, les films d'amateurs et les images récoltées et transmises par le téléphone mobile. Toutes les sociétés, jusqu'à la fin des temps, connaîtront des jacqueries, des confrontations plus ou moins violentes, des polémiques au Parlement, des scandales financiers, du banditisme, des trafics de drogue, d'armes, de la contrefaçon et des bourdes politiques grand format.

 Tout simplement parce qu'ils sont «humains, trop humains». Et l'Algérie, qu'on le veuille ou non, fait partie de l'espèce humaine, en plus du terrorisme islamiste qui n'en finit pas de commettre carnage sur carnage, barbarie sur barbarie. En Algérie, où le pluralisme et la démocratie qui avancent, qui balbutient, qui reculent, qui sont manipulés, qui s'expriment au Parlement, dans la presse et dans la rue, on s'évertue épisodiquement à faire comme dans les régimes arabes et africains dont le monde se moque souvent à voix haute. On essaie de cacher ce que les citoyens savent et vivent et ce que les télévisions satellitaires qui règnent sans partage en Algérie récitent à longueur d'année. Avec plus ou moins d'éthique, plus ou moins d'objectivité.

 Mais le monde est ainsi fait, chaque média a sa ligne éditoriale, comme les journaux nationaux et les partis d'opposition. Or, l'Algérie peut être emblématique et exemplaire dans le monde arabo-africain en matière de liberté d'expression audiovisuelle, ne serait-ce que pour ne pas passer son temps à geindre devant le travail de grandes télévisions qui n'ont aucune vocation ou mission pour défendre l'Algérie, ses intérêts, son pouvoir et les habitants de ce pays. C'est aux compétences et élites algériennes à le faire. Elles existent dans la jeunesse et savent faire si les ouvertures et les réformes incontournables sont faites. Et le temps ne joue pas pour les pays en développement.

 Aujourd'hui, le terrorisme qui trouve des armes, de l'argent blanchi, un nombre incalculable de commerces informels (de la nourriture, du tabac, des pétards et autres produits interdits mais vendus sur le territoire), ne peut plus être contenu par les seules forces armées. Sa logistique est composée d'un conglomérat d'acteurs aussi nombreux que diversifiés et efficaces. Dans les mosquées, à l'école, dans l'espace public, il est soutenu de mille et une manières par le verbe, le discours, l'intimidation, le porte-à-porte pour verrouiller l'expression, rabaisser la femme au seul ventre porteur de progéniture, masculine de préférence. L'idéologie intégriste qui dope la barbarie ne trouve que peu de répondants dans les médias lourds, dans la sphère officielle qui joue l'équilibriste à armes inégales. Le terrorisme algérien exige des réponses idéologiques, politiques, éducatives et médiatiques claires, fortes, sans répit pour être mis hors d'état de nuire.

 Au plan social, personne ne peut nier les efforts énormes consentis dans les domaines du logement, de la santé, de l'éducation, des infrastructures lourdes et durables. Leur impact est cependant fortement diminué par la corruption, les détournements, les gaspillages et la mise à l'écart des premiers concernés, la pauvreté qui s'étale comme le cancer des bidonvilles dont la cartographie est à faire, sans fuite en avant, sans fausse pudeur politicienne, parce qu'ils existent au su et au vu de tous les Algériens.

 Faire parler à la TV, dans des émissions audacieuses, les parties concernées par une grève, une manifestation, une émeute, l'enlèvement des ordures, les coupures d'électricité crédibiliserait le média, les pouvoirs publics, les cadres gestionnaires, tout en faisant retomber les colères. La prise de parole, disent les psychiatres, est d'une grande importance pour une thérapie. Ecoutons nos experts en la matière. Et quel intérêt pour le pays d'avoir des associations, des jeunes, des ONG, des partis privés de parole dans les médias ? Réduire au silence n'est pas une option d'avenir et ne désarmera pas les colères.

Novembre et ses héritiers .. quoi ont-ils hérité au juste ?

Publié le 30/10/2009 à 09:18 par hogra
Novembre et ses héritiers

par Abed Charef

Le 1er Novembre a de nombreux héritiers. Mais de quoi ont-ils hérité au juste ?

Et qu'en ont-ils fait ? Ce sont de petites évidences, sur lesquelles le temps a jeté un discret voile de l'oubli. Des évidences qu'on évoque à voix basse lors des anniversaires et commémorations, pour passer rapidement à autre chose, alors qu'elles ont animé les grands moments de la vie du pays et constitué les piliers de son histoire. Le temps, cet ennemi de la vérité, qui transforme le gris en blanc et les opportunistes en héros, a occulté ces évidences ; ils les a poussées vers la marge, ou transformées en éléments folkloriques que brandissent de vieux militants au physique incertain.

 Le temps a fait son œuvre, donc. Mais pas seulement lui. Car les hommes aussi ont contribué à cet oubli. Ils y ont même beaucoup contribué. Et pour les hommes, les motivations sont très concrètes. Elles englobent pouvoir, argent, rente, honneurs et influence. Beaucoup avaient intérêt soit à manipuler ces évidences, pour en tirer profit, soit à les occulter, pour éviter d'exposer leurs défaillances. Car celui qui impose sa lecture du passé réussit le plus souvent à imposer son pouvoir.

 Quand ce jeu concerne des personnes, il est toujours possible de trouver la parade. Il suffit d'un témoin, d'un document, pour rétablir la vérité. Quand ce sont des groupes politiques et sociaux qui se mobilisent pour manipuler l'histoire s'accaparer de pans de entiers, il devient plus difficile de s'y retrouver. Mais quand c'est une majorité qui adopte une lecture partiale de l'histoire, comme si les Algériens avaient décidé de ne plus regarder leur passé en face, il devient périlleux de s'accrocher à ces bribes de vérité, à ces évidences que la masse a décidé d'ignorer.

 C'est ce qui arrive précisément avec un thème majeur de la guerre de libération. Il s'agit de la filiation idéologique du 1er novembre, avec ses immenses implications sur notre présent et sur l'avenir du pays. Pendant un long moment, pendant la guerre de libération et après l'après-indépendance, un slogan a dominé la vie politique du pays : « un seul héros, le peuple ». C'était une démarche habile pour effacer Messali Hadj puis faire oublier Ahmed Ben Bella, entre autres, mais aussi pour donner au pouvoir une assise populiste, avec un discours aussi facile primaire que facile. Il suffisait de flatter le peuple pour être dans la ligne, et devenir légitime.

 La guerre de libération était cependant trop proche, et personne n'était dupe. Les exclus ?– Ferhat Abbas, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït-Ahmed, Krim Belkacem, puis Ahmed Ben Bella, et tant d'autres- disparaissaient du discours officiel, mais leur poids politique ou moral restait très fort. Pour une raison simple : ils étaient attaqués par des groupes qui détenaient le pouvoir, mais qui utilisaient un discours qu'ils avaient empruntés à ces mêmes opposants !

 Le changement est venu plus tard, lorsque des groupes idéologiques, politiques ou sociaux se sont mis à l'œuvre pour tenter de donner un autre sens à la guerre de libération. Entre ceux qui affirmaient que le 1er novembre avait pour objectif de rétablir une douteuse authenticité, ceux qui le prédestinaient pour jouer le rôle moteur d'une révolution sociale à venir, et d'autres qui y voyaient le premier pas vers le rétablissement d'un mythique califat, la guerre était ouverte. Elle n'a jamais cessé depuis, avec notamment une offensive ininterrompue de ceux qui voulaient faire de Abdelhamid Ben Badis le personnage clé du mouvement national durant la première moitié du XXème siècle.

 Ferhat Abbas, quant à lui, n'avait guère de partisans en mesure de l'imposer comme symbole du mouvement national. Le courant populiste est, de son côté, disqualifié par l'itinéraire ambigu de Messali, et par le bilan mitigé de sa gestion de l'après-indépendance. La chute du mur de Berlin a exclu les courants de gauche. Il ne reste dès lors que les islamistes pour tenter encore de se placer comme parrains idéologique du 1er novembre, ce qui est évidemment une supercherie.

 Mais ce qui est encore plus grave pour le pays tout entier, c'est que le courant populiste, qui a constitué la colonne vertébrale du mouvement national, renie ses propres fondements. Il n'arrive pas à admettre que sa lutte était, certes, fondée sur des aspirations à la liberté et à l'indépendance, mais que ses références étaient plus proches des idées des Lumières que de celles des zaouias ou de toute forme d'organisation traditionnelle de la société algérienne.

 Le succès du 1er novembre n'est pas le résultat des seuls sacrifices et de l'héroïsme abstrait du peuple. Il est aussi, et en premier lieu, le produit de l'accès des dirigeants du mouvement national à la modernité : utilisation des formes modernes d'organisation, prise en charge de la société selon des méthodes modernes, mise en place du noyau d'un état moderne, adoption d'un discours moderne sur des thèmes comme la libération de la femme, l'accès de tous à l'école et au savoir, égalité entre tous les citoyens, etc. L'accès à cette modernité, malgré le caractère largement archaïque de la société, a été le prix à payer par l'élite algérienne pour parvenir à l'indépendance, alors que les formes traditionnelles de lutte et de résistance, même celles menées par des hommes de l'envergure de l'Emir Abdelkader, n'avaient pas abouti. En ce sens, le 1er novembre trouve ses sources dans les Lumières, non dans des références religieuses, claniques ou tribales.

 Aujourd'hui, des courants idéologiques tentent d'occulter cette réalité historique pour imposer leur vision de la société. Ils veulent rattacher le 1er novembre à des racines qui ne sont pas siennes. C'est une supercherie, mais cela fait partie du jeu. Ce qui est plus troublant, par contre, c'est que ceux qui se prétendent héritiers du 1er novembre accompagnent ce mouvement, et laissent le pays revenir aux archaïsmes qui avaient rendu possible la colonisation de l'Algérie.

 

La bureaucratie et .. La problématique de l’Etat de droit ?

Publié le 30/10/2009 à 09:12 par hogra

La bureaucratie et  la corruption en Algérie
La problématique de l’Etat de droit ?
1ère partie

 

Le Président de la République  dans son discours  de l’année judiciaire le 28 octobre 2009 se donne pour objectif de combattre  la  corruption, la bureaucratie dévalorisant  le couple intelligence/ travail sur le quel doit reposer tout développement fiable et donc d’asseoir un Etat de droit. Ce rêve si cher à tous les Algériens  sera t-il réalisé ? Car,    il ne s’agit pas de créer des commissions sans lendemain puisque l’Algérie avait déjà un observatoire de lutte contre la corruption sous la présidence de Liamine ZEROUAL qui n’a jamais fonctionné  et se pose la question quel est le rôle de la Cour des Comptes institution  dépendant  de la Présidence de la République , de l’Inspection Générale  des Finances , étant paradoxal qu’elle dépende d’un Ministre pouvant être juge et partie et  des commissions  parlementaires . Aussi s’agit-il  de s’attaquer à l’essence de ce mal qui ronge le corps social qui est la bureaucratie paralysante  qui envahit tout le corps social, en fait impliquant la refonte de l’Etat. C’est que la lutte contre la mauvaise gestion et  cette corruption qui se généralise  tendant   à être socialisée,  implique   avant tout une moralisation de la pratique  des structures de l’Etat eux mêmes au plus haut niveau, niveau de dépenses en contradiction avec les pratiques sociales malgré des discours moralisateurs,  avec cette montée de la paupérisation qui crée une névrose collective. La manière dont sont gérés les services collectifs et l’administration  alors que l’on s’appesantit souvent sur la gestion uniquement des entreprises publiques ayant à leur disposition une fraction importante du budget de l’Etat,  la gestion  de ces segments contredit les règles élémentaires de ce que les économistes font rentrer dans le cadre de l'économie publique. C’est l’objet de ce dossier d’une brûlante actualité et de surcroît très  sensible en quatre parties pour les lecteurs d'El Khabar  en soulignant avec force  que   la corruption socialisée   devient un danger pour la sécurité nationale menaçant les fondements de l’Etat même  et comment des Ministres ou des proches collaborateurs de Ministres  impliqués dans les scandales financiers peuvent-ils avoir l’autorité morale auprès de la population algérienne ».


PREMIERE  PARTIE
 
I- Problématique : Etat de non droit,  mauvaise gouvernance et bureaucratie/corruption
 
 
 
 Car le  bureau comme  l’a montré le grand sociologue Max Weber est nécessaire dans toute économie mais il doit être au service de la société. Il est nécessaire au fonctionnement de toute économie  mais non fonctionner  comme en Algérie comme pouvoir bureaucratique qui fonctionne en vase clos et qui est le pouvoir numéro 1, car les pratiques sociales contredisent  souvent les discours si louables soient-ils. Aussi, la  lutte contre le terrorisme bureaucratique  en Algérie  renvoie à la problématique de la sphère informelle, en fait à la construction d’un Etat de droit qui implique une bonne gouvernance  et pose la problématique d’une manière générale à la difficile construction de l’économie de marché concurrentielle et de la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle, l’Algérie étant dans cette interminable transition depuis 1986. Car la  sphère informelle, produit de la bureaucratie,  contrôle  plus de 40% de la masse monétaire en circulation  somme colossale,  avec une intermédiation financière informelle  réduisant la politique financière de l’Etat  sans compter toutes les implications socio- politiques et socio- économiques . Elle ne s’applique pas  seulement aux catégories socio-économiques. La rumeur souvent dévastatrice, dont la voie orale est dominante en Algérie, alors que le monde avec la révolution d’Internet devient une maison de verre,  n’étant  que la traduction de la faiblesse  de la gouvernance.  Or son intégration  est  urgente loin des mesures autoritaires (répressives)  qui produisent l’effet inverse,  et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et  l’émergence de la véritable entreprise lieu permanent des richesses et donc favoriser  les flux d’investissements nécessaires pour une croissance hors hydrocarbures condition de l’atténuation de la pauvreté et du chômage, la vocation de Sonatrach n’étant pas de créer des emplois. Aussi si l’Algérie du XXIème siècle, veut s’insérer harmonieusement dans le concert  des Nations, la politique  économique et sociale au sein de l’espace euro méditerranéen et arabo-africain ( par le dialogue fécond des cultures)  devra avoir pour fondement la bonne gouvernance liée à la réhabilitation de l’entreprise, au savoir par la maîtrise de la connaissance , la ressource humaine  étant l’élément déterminant. Et il n’y aura  pas de développement en Algérie sans la réhabilitation du savoir et des couches moyennes  productives  base d’ailleurs de tout pouvoir fiable. Le nivellement par le bas  (populisme) est source de démotivation et l’antinomie même du développement durable. La marginalisation des compétences et l’exode des cerveaux dont le montant  en impacts est  plus important que les  144 milliards de dollars de réserves de change chaque cadre formé coûtant plus de 200.000 dollars par unité   deviennent inquiétants.  Les derniers évènements et mesures biaisées montrent clairement  que certains segments des  pouvoirs publics (central et local), du fait de l’ancienne culture bureaucratique et administrative, n’ont pas une appréhension claire de l’essence de la sphère informelle. Or le développement durable en  Algérie ainsi que les négociations de l’Algérie avec  l’Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppent  sur la faiblesse des réformes micro-économiques et institutionnelles  et  sur la nécessité de l’intégration de la sphère informelle qui renvoient  à la construction d’un Etat de Droit, base de l’économie de marché  et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance hors hydrocarbures condition de l’atténuation de la pauvreté et du chômage, la vocation de Sonatrach n’étant pas de créer des emplois. Car où en est la  réforme de l’école dont la dévalorisation du  niveau devient alarmant ?  Après les scandales financiers  à répétition qui touchent tous les secteurs que dévoile quotidiennement la presse nationale et les importants découverts d’une minorité de monopoleurs rentiers auprès d’autres banques publiques  (plus de  50% du montant des crédits  alloués en 2008 au secteur privé  et 70% aux entreprises publiques  sont  des créances  non performantes), nous assistons  à des recapitalisation à répétition  des banques publiques qui  se chiffrent à plusieurs milliards de dollars US ais que l’épongement de la dette publique sans s’attaquer grâce à la rente des hydrocarbures  épuisable à terme ( dans moins de 20/25 ans maximum) sans s‘attaquer aux causes qui  sont l’inefficacité de la dépense publique, la mauvaise gestion et la corruption , risquant de revenir à  la case de départ.  Ainsi la réforme bancaire, lieu de distribution de  la rente,  doit toucher fondamentalement  la nature du système et donc  la propriété et pas seulement la rapidité de l’intermédiation financière (aspect purement technique), rapidité qui paradoxalement  pourrait faciliter  des  détournements plus rapidement si l’on ne s‘attaque pas  à la racine du mal qui ronge le corps social. Ainsi se  pose la question  suivante : combien de banques ont-elles une comptabilité décentralisée selon  les  normes internationales, seules condition d’audits internes sérieux ? Il convient de se poser la question de savoir  si  l’on peut continuer dans cette voie hasardeuse, situation qui  menace le fondement de l’Etat lui-même et  la sécurité nationale.
 
 Dans ce cadre,  la sphère informelle produit historique de l’extension de la bureaucratie rentière  qui tire sa puissance de l’existence même de cette sphère  tissant des réseaux diffus  de corruption n’est  que la traduction de la faiblesse de la démocratisation du système économique et politique, donnant d’ailleurs du pouvoir  à ceux qui contrôlent l’information Transparency International dans ses rapports 2006/2009  classe l’Algérie parmi les pays qui connaît un   taux de corruption  élevé . Ainsi  les surfacturations et l’utilisation  de la distorsion  du  taux de change permettent  la fuite de capitaux  (la méthode résiduelle de la Banque Mondiale l’évalue à plusieurs dizaines  milliards de dollars entre 1972 -2OO9, avec d’importants mouvements pour certaines périodes  fonction de la situation politique et socio-économique et des produits hors des frontières  fonction de la distorsion des prix intérieurs et internationaux . L’intégration de la sphère informelle  selon une vision cohérente,  dont la délivrance  facile des titres  de propriété doit aller de pair  avec par une participation  plus citoyenne  de la société civile et devrait favoriser la légitimité de tout Etat du fait qu’elle permettra à la fois de diminuer le poids de la corruption à travers les réseaux diffus et le paiement des impôts directs qui constituent le signe évident d’une plus grande  citoyenneté.


Docteur Abderrahmane MEBTOUL, Professeur d’Université  Expert International
Ex Directeur  des Etudes Economiques et Premier Conseiller à la Cour des Comptes

Docteur Abderrahmane MEBTOUL, Professeur d’Université Expert International Ex Directeur des Etudes Economiques et Premier Conseiller à la Cour des Comptes

 


 

Les ministres du Président…qu’a-t-il changé dix ans après ?

Publié le 17/10/2009 à 11:23 par hogra
Les ministres du Président…qu’a-t-il changé dix ans après ?

Les ministres du Président…qu’a-t-il changé dix ans après ?

 

Ils ont dépassé l’âge de la retraite et ils sont toujours ministres. Leurs biens se sont multipliés, autant que les rides sur leurs visages. Les signes de la vieillesse sont visibles mais ils continuent toujours à être ministres.

  • Certains sont devenus ministres avant même la venue du Président, d’autres ont été choisis par lui pour prendre part aux destinées de la nation. Mais le point commun entre celui-ci et celui là est le changement intervenu dans la vie de chacun d’entre eux. Un changement radical sur le plan social et même physique qui donne à nos ministres le statut de personnalité officielle avec tous les avantages qui s’en suivent. Dix ans après,  qu’a donc vraiment changé ?

  • De fellah à ministre
  • Ghoulamallah, ministre des affaires religieuses depuis 13 ans...n’a jamais effectué le pèlerinage ni la Omra.
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  • Bouabdallah Ghoulamallah, centenaire dans vingt cinq années, deviendra le doyen des ministres dans le monde à préserver son portefeuille. La pratique du métier d’agriculteur dans une wilaya de l’ouest (Tiaret) ne l’a pas empêché de se porter candidat aux législatives et remporter une place au parlement pour ensuite être appelé à occuper le poste de ministre des affaires religieuses alors qu’il était âgé de soixante-trois ans.
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  • A son entrée au ministère, il n’avait pas encore de cheveux blancs et physiquement se portait mieux qu’aujourd’hui où il préfère que tout le monde l’appelle « Djeddi » (grand père). A soixante-quinze ans, dont treize comme ministre, il espère garder son poste en gardant la ligne. Ghoulamallah fait de l’exercice physique ; une heure de marche chaque matin ou chaque soir, selon les conditions.
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  • Rien n’a changé dans la vie de notre ministre des affaires religieuses, excepté le changement de domicile (de Tiaret à Alger). De la profession (d’agriculteur à ministre) et bien entendu du salaire d’un agriculteur à celui d’un ministre. Il n’a même pas changé de femme puisque il est resté fidele à son épouse. Même sa voiture il ne l’a pas changé. Il possède toujours sa Nissan 4x4 qu’il a acheté en 1994 et vis dans la même maison à Cheraga.
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  • Etrange le cas de Si Bouabdallah, ministre à vie. Ces biens n’ont pas changés du tout. Ce qui a changé, par contre, dans sa vie privée c’est qu’il est devenu réellement grand père.
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  • La question qui nous vient à l’esprit c’est de savoir où va l’argent du ministre puisque ses biens sont restés les mêmes, la famille la même et le poste le même depuis treize années. En plus, malgré le poste qu’il occupe, le ministre n’a jamais effectué de pèlerinage ou de Omra, bien qu’il se soit rendu une dizaine de fois aux Terres Saintes de l’Islam.
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  • Mesahel a gagné 30 Kilos de plus en 10 ans
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  • Abdelkader Mesahel, ministre délégué chargé des affaires africaines et maghrébines a beaucoup changé depuis qu’il est devenu ministre. Ce dernier, dans une déclaration à Ennahar, a fait savoir qu’il avait beaucoup évolué professionnellement, notamment en ce qui concerne la gestion des dossiers lourds. Il reconnaît avoir « acquis une grande expérience grâce à ses déplacements avec le Président Bouteflika.
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  • Ses enfants ont grandis et lui, selon ses dires, se sent vieillir aux cheveux grisonnant lui qui, à ses début au poste de ministre avait des cheveux noir. Son teint basané a été rendu plus bronzé par les dossiers du continent africains. Mesahel commente tout en souriant « Je faisais 60 Kg lorsque j’étais aux Nations Unie, aujourd’hui je fais 90 Kg et malgré cela, je garde la forme ».
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  • La famille aussi a changée et ses enfants ont grandis. Le cadet, qui avait 20 ans lorsqu’il fut ministre, est maintenant marié et a obtenu son diplôme d’Ingénieur d’état. Le second qui avait 13 ans, prépare son Magistère en mathématiques. Et enfin le troisième qui était âgé de 10 ans, prépare aujourd’hui sa licence en mathématiques. Aucun de mes enfants n’a tenté de suivre des études qui le mènent à la diplomatie car ils ont vu les difficultés de ce métier.
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  • Medelci, sept fois grand père
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  • Mourad Medelci se sent éreinté par le poids des responsabilités qu’il assume dans son poste de ministre des affaires étrangères. Il accéda au palais pour une première fois en 1988, lorsqu’il était jeune avec une crinière blonde, des yeux bleus et des joues roses, pour revenir avec le retour de Bouteflika au palais d’El Mouradia. Dix années passées dans ce ministère ont changé la personnalité du ministre. Il devint grand père et le poids des années commence à se faire sentir. A 66 ans, notre ministre ne peut se priver de cette vie de palais pensant peut être qu’elle prolongera sa vie et lui permettra d’arracher le record Guinness, détenu jusque là par le ministre des affaires religieuses.
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  • Amar Tou garde la ligne et compte se remarier
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  • Sellal s’est rendu quatre fois en Terres Saintes et espère gagner le titre de « El Hadj Abdelmalek »
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  • A suivre
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  • Ennahar/ Habiba M./ Dalila B.

 

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Tout le monde est coupable

Publié le 16/10/2009 à 15:02 par hogra

Tout le monde est coupable
 

Si le secrétaire général du ministère des travaux publics ou tout autre responsable avait été accusé et emprisonné dans d’autres circonstances que celles-ci, ça aurait fait  une affaire nationale et la société en serait préoccupée par les répercussions,  pendant des mois et des mois. Toutefois, du moment que nous vivons dans un temps où tout est permis, on a traité cette affaire comme toutes les autres petites affaires de vols de téléphones portables dans les quartiers d’Alger ou dans les autres petites villes.  
La gravité de la question du secrétaire général du ministère des travaux publics ne réside pas dans la nature de la personne accusée et dans le poste qu’il occupe, qui est sans aucun doute, un poste de haute responsabilité, que l’on ne peut attribuer qu’à un cadre instruit, donc fiable ou du moins c’est ce qu’on exige de lui. Comme elle ne réside pas,  non plus,  dans la somme d’argent qu’on  l’accuse d’avoir détournée, lui et ses soi-disant complices. La gravité de cette affaire réside, néanmoins, dans le fait que « l’épidémie » de détournement des deniers publics ne s’est pas limitée au niveau du seul ministère des travaux publics mais s’est propagée à  l’ensemble des entreprises, sans exception aucune. On peut dire, sans exagération aucune, quesi des enquêtes seront menées sur l’ensemble des secrétaires généraux des autres ministères, on parviendra certainement à emprisonner tout le monde. Tout un chacun est au courant de cette réalité, à commencer par le président de la République,  jusqu’au dernier fonctionnaire, ainsi que le personnel des institutions de  l’Etat et entreprises publiques.
Avant même que la justice ne dise ce qu’elle a à dire, je jurerais que le secrétaire général arrêté est coupable, puisque la réalité du pays nous apprend que tous les responsables sont coupables. Toutefois, est-il logique qu’on confie un projet d’une telle envergure à un secrétaire général pour l’accuser, ensuite, d’avoir détourné tous ces milliards ? Je suis à 100% certain qu’un projet de quatorze milliards de dollars est trop important pour qu’il soit confié au ministre Amar Ghoul en personne et non pas seulement à son secrétaire général.
Un responsable assis derrière son bureau m’a confié, une fois, qu’il signe des ordres de virement alors qu’il est absolument conscient qu’il n’a pas le droit de faire. Il m’a également confié qu’il est obligé de se soumettre aux directives de son responsable direct : « Il me donne des ordres que je suis obligé de suivre, et je sais que si une enquête sera menée, je finirai certainement en prison», m’a-t-il confié.
Y a-t-il une force ou un décideur qui puisse aller plus loin que le secrétaire général du ministère des travaux publics ? L’expérience de Khalifa, nous  a enseigné  de quelle manière le dossier de l’agence de cette banque sise  à Koléa, a été «miraculeusement » tiré d’affaire. Ce jour- là, personne, je persiste et signe, que personne n’a pu permettre à la magistrate de traiter le dossier de cette agence !

 

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Une crise de confiance ?

Publié le 15/10/2009 à 18:25 par hogra
Une crise de confiance ?

par Howard Davies*

La confiance de l'opinion publique dans les institutions financières et dans les autorités censées les réguler a été l'une des premières victimes de la crise financière. Ce n'est guère surprenant, puisque des firmes respectées ont avoué ne pas comprendre entièrement les instruments mêmes qu'elles utilisaient ou les risques qu'elles prenaient.

 Il est difficile de ne pas éprouver quelque satisfaction à ce retour de bâton à l'encontre des maîtres du monde. Malheureusement, si cette perte de confiance perdure, cela pourrait coûter cher à tout le monde. Ainsi que l'a noté Ralph Waldo Emerson, «Notre méfiance revient très cher». Il y a presque 40 ans, le prix Nobel Kenneth Arrow l'avait exprimé en termes d'économie : «On peut dire avec quelque raison qu'une grande partie du retard économique dans le monde s'explique par le manque de confiance mutuelle».

 Une grande partie de la recherche en économie montre une forte relation entre le niveau de confiance dans une communauté et ses résultats économiques globaux. Sans confiance mutuelle, l'activité économique se trouve gravement handicapée.

 Même au sein de l'Europe, on constate que les pays qui se font mutuellement confiance investissent davantage, notamment dans le capital-développement, et se prêtent à des contrats plus flexibles, ce qui favorise la croissance et l'investissement. S'il est vrai que la confiance dans les institutions financières et dans les gouvernements qui les chapeautent a été affectée par la crise, nous devrions y prêter la plus grande attention et chercher le moyen de regagner cette confiance.


 Il est difficile d'interpréter les éléments qui pourraient traduire une crise de confiance. Au Royaume-Uni, les résultats d'une enquête récente sont ambigus. Celles faites à la demande des firmes financières tendent à montrer que la confiance que leur porte l'opinion publique n'a que peu diminuée et qu'elle continue à leur faire davantage confiance qu'au Service national de santé ou à la BBC. Les enquêtes faites à la demande de la BBC tendent à prouver le contraire.

 Les banques citent des sondages qui montrent qu'elles inspirent davantage confiance que les supermarchés, tandis que ces derniers produisent des résultats qui montrent l'inverse. Pensant attirer davantage la confiance que les banques secourues au prix fort par le gouvernement, ils se lancent dans les services financiers. Le marché va bientôt montrer qui des deux a raison.

 Aux USA, les économistes de la Booth School of Business de l'université de Chicago se sont livrés à une enquête indépendante, bien plus systématique. Leur évaluation du degré de confiance - basé sur une enquête à grande échelle des décideurs financiers au sein des ménages américains - a montré une forte baisse de confiance à la fin de l'année dernière et au début de cette année - baisse amorcée par la chute de Lehman Brothers.

 A l'automne, cette baisse de confiance a touché les banques, la Bourse, le gouvernement et ses régulateurs. Cette enquête a aussi montré que la baisse de confiance était fortement corrélée au comportement en matière financière. Autrement dit, si vous n'avez plus confiance dans le marché et dans sa régulation, vous n'allez peut-être pas déposer de l'argent dans une banque ou investir à la Bourse. La baisse de confiance a donc eu de véritables conséquences économiques.

 Heureusement, le dernier sondage (publié en juillet dernier) montre un brusque regain de confiance dans les banques et les banquiers, ce qui est un élément positif pour la Bourse. La confiance dans la réponse gouvernementale et dans la régulation financière est également légèrement à la hausse par rapport à la fin de l'année dernière. Ce regain de confiance est sans doute la conséquence des mesures de l'administration Obama visant à réformer le système dysfonctionnel dont elle a hérité. Il est particulièrement important, car le fléchissement quant aux intentions d'investissement a été le plus marqué chez ceux qui avaient perdu confiance dans la capacité du gouvernement à réguler.

 Il semble que régénérer la confiance dans la Réserve fédérale et dans la SEC [le gendarme de la Bourse américain] est plus important que régénérer la confiance dans la Citybank ou dans AIG. Les conflits incessants au Congrès quant au détail des réformes pourraient donc avoir un coût économique important si cela donne l'impression que le système ne sera pas vraiment réformé. Les enquêtes mentionnées reflètent l'attitude moyenne des électeurs et investisseurs, mais les écarts autour de cette moyenne sont très marqués. Certaines personnes font facilement confiance à autrui, ainsi qu'aux entreprises et aux institutions avec lesquelles elles sont en relation, tandis que d'autres sont congénitalement méfiants.

 Des chercheurs de l'Institut de l'université européenne de Florence et de l'université de Californie à Los Angeles ont récemment montré qu'il existe une relation entre le niveau de confiance et les revenus d'un individu. Une enquête d'opinion menée de longue date à travers l'Europe permet de relier les deux. Elle comporte des questions simples mais très significatives permettant de déterminer jusqu'à quel point les individus sont enclins à faire confiance à ceux avec lesquels ils traitent.

 De manière surprenante, les résultats montrent que ceux qui sont plus méfiants que la moyenne dans leur pays ont généralement des revenus faibles. Cela serait-il dû à ce qu'ils considèrent que la vie est injuste et qu'en conséquence ils ne font guère confiance à ceux qui sont autour d'eux ? Il semble que non, car on trouve aussi parmi eux des personnes qui ont tendance à accorder facilement leur confiance.

 Autrement dit, si votre degré de confiance diverge fortement de la moyenne, cela peut se retourner contre vous, que vous soyez tellement méfiants au point de manquer des occasions d'investissement et d'échanges mutuellement bénéfiques, ou que vous faisiez si facilement confiance que vous vous laisser berner.

 Quand un inconnu dit «Faites moi confiance»  un tic de langage des plus irritants  j'ai tendance à fermer mon porte-monnaie. Peut-être la plupart des universitaires dont les revenus sont les plus faibles parmi les professions qualifiées font-ils de même. Peut-être devrions-nous nous faire davantage confiance les uns les autres  mais pas trop !

Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz


* Directeur de la London School of Economics. Il a été président fondateur de l'Autorité des services financiers britanniques et vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre

 

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Dis, c’est quoi le système ?

Publié le 15/10/2009 à 17:50 par hogra

Dis, c’est quoi le système ?
 

Les Algériens ont pris pour habitude de tout mettre sur le dos du système. Mais c’est quoi, au juste, un système ? Rares sont ceux qui peuvent vraiment le cerner et en donner une définition claire, concise et rigoureuse. Pourquoi ? Parce que, depuis le temps, les citoyens ont appris à vivre avec. Et on sait que les forces de l’habitude ont la peau dure. Tout comme les mythes, au demeurant. De fait, tout le monde critique le système mais chacun le reproduit à sa façon. De manière consciente ou non, qu’importe ! Car c’est bien beau de critiquer le système mais encore faut-il lui trouver des substituts sinon un autre modus vivendi plus crédible et plus pertinent. Ce qui est une autre paire de manches. Et si pendant longtemps on a cru que l’opposition allait, au moins, nous aider à voir plus clair dans les arcanes de ce système tant décrié, force est d’admettre que nous ne  sommes pas plus avancés dans le décodage, le déchiffrage et la lisibilité globale du champ politique, culturel,économique et social. Ainsi et le propos n’est ni excessif, ni exagéré : les citoyens restent encore dans l’expectative et donnent même l’impression de se désintéresser de plus en plus de la chose politique. Alors même que celle-ci est sensée développer de nouveaux réflexes, susciter l’émulation, alimenter et nourrir l’espoir d’une…vue meilleure. Ce qui  ne serait déjà pas si mal, entre nous soit dit. Question à un milliard de mètres cube de gaz : qu’est-ce qui a réellement changé, sur le fond s’entend, depuis la légalisation de l’opposition ? Toujours à titre subsidiaire : les Algériens vivent-ils mieux pour autant ? Leur quotidien s’est-il amélioré ? Et on peut multiplier les questions à l’infini sans pour autant y voir plus clair. Bien sûr, on pourra toujours me rétorquer qu’il faut, d’abord, savoir poser les bonnes questions. Pourtant et c’est un brin sans doute prétentieux de ma part, ce faisant ou plutôt ce disant, je n’ai pas l’impression de passer à côté de la plaque. Maintenant, si tel est le cas, je fais, de suite, amende honorable doublé d’un mea culpa et vous promets de passer, le plus rapidement possible, à autre chose…En attendant, je persiste et signe : j’ai l’intime conviction qu’il y a mieux à tenter et à faire. Car s’opposer au système aux contours imprécis certes mais diablement efficace quoiqu’on dise, est une chose, réinventer un autre en mesure de le contrer ou de faire contrepoids est une autre. Et si le rôle premier d’un système, sous toute latitude, est de s’atteler à brouiller toutes les pistes pour perdurer (ce qui est de bonne guerre), celui de l’opposition, lui, est de se creuser les méninges pour en déceler toutes les failles. Quitte à reculer pour mieux sauter…Car il y a des partis d’opposition qui fonctionnent, exactement, sur le même « modèle » que le système qu’ils déclarent combattre…Mais cette fois-ci je ne citerai personne ni du système ni de l’opposition, pour la simple et « bonne » raison que moi-même je me considère, quelque part, comme étant un produit  sinon un dérivé du système… Comme quoi…

 

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