Posté le 22/07/2008 à 12:00 par hogra
M’sila : Le demandeur de la nationalité israélienne écroué
Amroune Layachi, ex-cadre à la direction des impôts de la wilaya de M’sila, dont la lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, demandant l’autorisation pour l’acquisition de la nationalité israélienne, a été placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur près le tribunal de M’sila durant la journée du 28 octobre.
On ne sait pas s’il a été incarcéré pour sa demande de la nationalité israélienne ou pour d’autres chefs d’inculpation. Au niveau de la cellule de la communication de la sûreté de la wilaya qui a procédé à sa convocation, on avance le fait qu’il est poursuivi pour cinq chefs d’inculpation : divulgation de secret professionnel, usurpation de nom, « dérangement » des autorités, complicité de fonctionnaire et correspondance inopportune, et non pas pour sa demande de la nationalité israélienne. Rappelons que cette arrestation a coïncidé avec la publication de la lettre de Amroune Layachi, le 22 octobre 2007, dont El Watan a été destinataire d’une copie, et dans laquelle il demandait l’autorisation au ministre des Affaires étrangères pour entreprendre les démarches pour l’acquisition de la nationalité israélienne compte tenu du fait que son existence en tant qu’Algérien est rendue indésirable par les différentes autorités judiciaires, sécuritaires et administratives. Rappelons également que cet ex-cadre de la direction des impôts a crié haut et fort pour que l’affaire de la falsification de l’extrait de rôle dans laquelle il est impliqué soit jugée après avoir été enterrée par le tribunal de M’sila. Il a été impliqué dans cette affaire parce qu’il avait poursuivi en justice un importateur pour fraude fiscale (lire El Watan du 2 janvier 2007). Aux dernières informations, l’ex-cadre des impôts a été condamné à une peine d’emprisonnement avec sursis.
Par S. Ghellab
AMROUNE LAYACHI
CEDEX N 05 BP N 47 M'SILA 28000
ALGERIE
TEL: 0771492966
035548097
Posté le 22/07/2008 à 12:00 par hogra
Administration fiscale à M’sila
La déliquescence persiste
Le cycle des révélations faites à travers des lettres ouvertes, une quinzaine, publiées par des quotidiens arabophones à la fin de l’année 2000, faisant état, au niveau de l’administration fiscale de cette wilaya, de falsification, de dissimulation et de destruction de documents fiscaux, semble se répéter en ce début de l’année 2006, avec des révélations qui sont venues rappeler que la situation de déliquescence des années 1990 ne s’est aucunement dissipée, et demeure jusqu’à cette date.
L’indice révélateur de cet état de déliquescence des impôts s’en trouve être vérifié, nous dira l’ex-receveur des impôts de M’sila, M. Amroune Layachi, par le faible taux de recouvrement des créances de l’année 2006 ne dépassant pas 1% pour un reste-à-recouvrer pour l’année 2005 d’un montant de 3000 milliards de centimes. Et d’ajouter : « Si pour l’année 2006 les recouvrements n’ont pas dépassé les 1%, soit 30 milliards de centimes, le montant restant, soit 2970 milliards de centimes, sont des créances irrécupérables, et constituant par voie de conséquence un manque à gagner substantiel pou le Trésor public. » « Le caractère irrécupérable de ces créances, a-t-il précisé, n’est pas le fait de la prescription, mais est dû à une gestion complaisante des dossiers fiscaux des contribuables, et le lobby qui sévit à l’intérieur de l’administration n’agit pas dans l’intérêt de la collectivité nationale. » Les révélations faites à travers des lettres anonymes font état d’une fraude fiscale à grande échelle sévissant dans cette wilaya où le Trésor public aurait enregistré un manque à gagner d’une valeur de 179 milliards de centimes. L’autre élément caractérisant la déliquescence au niveau de l’administration fiscale réside dans le détournement de 11 milliards de centimes par le receveur des impôts de Bousaâda sur une période de cinq ans, de 2001 jusqu’à fin 2005. « Ce receveur, nous dit-on, n’a jamais inquiété lors des opérations d’inspection, et était considéré à juste titre comme le gestionnaire modèle en termes de loyauté et de compétence. » La déliquescence de cette administration s’est caractérisée également, nous explique-t-on, par l’octroi d’une franchise de TVA d’un montant de 17 milliards de centimes à un investisseur fictif, lequel a eu toute latitude pour s’approprier illégalement les 17 milliards, avant que la direction des impôts de Blida ne découvre le pot-aux-roses, que ce document était scanné et qu’elle était assurée qu’il n’y a pas d’investissement de 117 milliards de centimes à Sidi Aïssa ». Le fonctionnaire de l’inspection des impôts de Sidi Aïssa, qui serait à l’origine de la délivrance de cette franchise pour cet acte, n’a écopé que d’un avertissement verbal. Ces agissements, qui sont de la même nature que ceux révélés par la mission de l’IGF en 2000 et ayant engendré le limogeage de fonctionnaires (El Watan du 13 janvier 2001), ne semblent aucunement s’estomper, eu égard au nombre important de correspondances adressées aux autorités supérieures du pays, parmi lesquelles le président de la République. La plainte déposée à l’époque contre ces fonctionnaires pour des griefs relevant de gestion complaisante des dossiers fiscaux n’aurait aucunement mis à nu ces manœuvres mafieuses, qui seraient incrustées à ce jour, nous dit-on. Car ces fonctionnaires ont tous bénéficié du non-lieu dans cette affaire. A en croire M. Amroune Layachi, le verdict n’a pas soustrait l’administration fiscale de la spirale des manœuvres frauduleuses. « Preuve en est, dira-t-il, je n’ai jamais dénoncé ces agissements mafieux caractérisant la direction des impôts. Je suis allé jusqu’à créer un site internet pour dénoncer cette situation », a soutenu cet ex-receveur des impôts. L’occultation de ces actes s’en trouve vérifiée, dira-t-il, au niveau de la direction des impôts, qui refuse depuis 2001 de transmettre mon dossier à la justice après avoir été accusé de falsification d’un extrait de rôle au profit d’un grossiste importateur qui était redevable au fisc d’un montant de 19 621 175 DA, et contre qui, comble de l’ironie, j’avais introduit une poursuite judiciaire pour fraude fiscale. » Et d’ajouter : « Plus grave encore, la direction des impôts n’a pas procédé à une saisie du patrimoine foncier dont il dispose en compensation de la dette fiscale, ce qui a permis à ce grossiste de procéder à une donation de non-patrimoine foncier à sa fille et à son fils, fonctionnaire à la direction des impôts. » Les différentes révélations faites en ce début de l’année 2006 sont à l’origine de l’enquête que mène présentement la brigade économique et financière de la sûreté de wilaya qui s’est attelée à mettre à nu les agissements préjudiciables et répondre à deux questions qui n’ont pas été résolues depuis 2001. Premièrement, pourquoi le dossier de l’ex-receveur des impôts de M’sila accusé de falsification d’un extrait de rôle n’a pas été transféré à la justice ? Et deuxièmement, pourquoi la direction des impôts n’a pas engagé la procédure de saisie contre le grossiste importateur ? A ce propos, dira l’ex-receveur des impôts, « mon dossier n’a pas été envoyé à la justice parce qu’il n’y a aucune preuve de falsification de l’extrait de rôle de ce grossiste importateur, personne que j’ai moi-même poursuivie en justice pour fraude fiscale. » Et d’ajouter que « la procédure de saisie n’a pas été engagée contre ce grossiste parce que son fils est fonctionnaire dans cette administration et ne permettra à quiconque d’engager la procédure de saisie et de toucher à son père, sinon il va dénoncer les agissements des fonctionnaires qui le feront. » Toutes nos tentatives de joindre le directeur des impôts se sont avérées vaines, il semblerait qu’il était en congé.
Par S. Ghellab http://blog.france2.fr/hogra/
Posté le 22/07/2008 à 12:00 par hogra
Lutte contre la corruption à M’sila
Des dossiers toujours en instance
Au moment où les hautes autorités du pays mènent une lutte implacable contre la corruption, il se trouve qu’au niveau des instances judiciaires de la wilaya de M’sila les affaires de ce genre sont soit classées par le parquet, soit expédiées littéralement avec des non-lieux.
Dans le cas de ces dernières, citons l’affaire des chèques sans provision d’un client de Hagra, lequel était redevable aux Moulins du Hodna (Eriad) d’un montant de 70 millions de dinars. Affaire pour laquelle, la juge d’instruction près le tribunal de Hagra avait requis le non-lieu. Montant, faut-il le souligner, 70 fois supérieur au montant du chèque sans provision, qui a été à l’origine de l’incarcération de la directrice d’El Fadjr Hadda Hazzam. non-lieu qui a été aussitôt rejeté par la chambre d’accusation près le tribunal de M’sila, rejet qui a coïncidé avec l’affaire d’Eriad Sétif où le directeur des Moulins du Hodna a été mis sous mandat de dépôt. Parmi les affaires qui donnent l’impression d’être classées, il y a celle de l’agence foncière de Bou Saâda, laquelle remonte à 2002, date de dépôt de la plainte avec constitution de la partie civile par l’APC de Bou Saâda. Elle continue à faire du surplace et pourrait être définitivement classée. Rappelons que cette affaire a été déclenchée suite à la révélation de certaines informations sur le directeur de l’agence foncière qui est accusé d’avoir dilapidé le patrimoine foncier de la commune de Bou Saâda. Parmi les affaires dont la justice a eu un jeu trouble, il y a celle relative à l’ex-receveur des contributions diverses de M’sila. Amroune Layachi, qui, inculpé dans une affaire de falsification d’un extrait de rôle au profit d’un grossiste importateur, attend toujours que la justice prouve son innocence. Cette affaire a été enclenchée par la justice après que l’ex-receveur eu touché les hautes instances du pays à travers des requêtes. « Après cela, dira-t-il, j’ai été auditionné par la PJ et interrogé par le juge d’instruction. » « Depuis, cette date, l’affaire a été enterrée au niveau de la justice », a-t-il soutenu. Le 1er avril, une deuxième requête a été transmise au président de la République. « Aussitôt après, dira Amroune, j’ai été convoqué par la PJ pour être présenté au procureur de la république le 20 avril dernier et déféré au niveau du doyen des juges d’instruction, qui a été depuis peu relevé et affecté à la cour de Sétif. Après le passage au niveau de l’instruction pour cette affaire de falsification, plus rien n’est venu altérer la sérénité de la justice pour trancher cette affaire », a soutenu Amroune Layachi qui voulait à tout prix que l’affaire passe en justice pour prouver son innocence, quant à la falsification de l’extrait de rôle. Rappelons que l’ex-receveur des contributions diverses de M’sila, Amroune Layachi a été accusé en 2001 pour falsification de l’extrait de rôle d’un grossiste importateur, qui voulait rayer son registre du commerce tout en étant redevable au Fisc d’un montant de 19 621 175 DA. Signalons que cet importateur grossiste était poursuivi en justice par Amroune Layachi pour fraude fiscale. ce grossiste importateur est le père d’un fonctionnaire de l’administration fiscale, lequel, dira Amroune Layachi, gérait à partir de l’inspection des impôts les affaires de son père. Et d’ajouter que ce fonctionnaire louait des registres du commerce à un importateur prospère réputé sur la place publique de M’sila. « Depuis le 20 avril dernier, l’affaire a été enterrée, dira Amrane Layachi, jusqu’au 29 novembre, date à laquelle j’ai été convoqué par le procureur de la république par le tribunal de M’sila, après avoir envoyé pour la 3e fois des requêtes aux hautes instances du pays, et où j’ai mis en relief les dépassements et intimidations dont j’ai été victime, et les velléités d’étouffement de l’affaire de falsification dont j’étais accusé. » « Une fois dans son bureau, a-t-il soutenu, le procureur a ordonné au secrétaire d’établir une convocation pour la séance du 20 décembre dernier. » Il était clair a précisé Amrane Layachi que le dossier a été archivé et l’affaire classée. preuve en est que la date de la séance a été fixée par le procureur de la république en ma présence. « Avant de quitter son bureau, le procureur de la république m’a exhorté de ne plus écrire de requête », a-t-il indiqué. D’aucuns diront qu’il est énigmatique, d’une part, que cette affaire ne « bouge » que suite à la transmission de requêtes aux hautes instances du pays, et, d’autre part, que le procureur de la République mandate des policiers pour faire une perquisition dans le bureau et le domicile de Amrane Layachi, alors que le dossier se trouve au niveau du parquet. Par ailleurs, l’énigme est plus troublante par le fait que le procureur général près la cour de M’sila n’a pas trouvé mieux que de charger les services de police pour procéder à l’enquête sur la scandaleuse affaire de la CNAS de M’sila, lorsque précisément 82 policiers y sont impliqués. D’aucuns s’interrogent par voie de conséquence sur les desseins de l’exclusion des services de la gendarmerie par le procureur général pour diligenter l’enquête préliminaire de cette affaire dont le préjudice arrêté par l’inspection générale de la D G de la CNAS s’élève à 239 734 511,04 DA ?
Par S. Ghellab el watan http://blog.france.fr/hogra/
Posté le 22/07/2008 à 12:00 par hogra
Veuillez ne pas déranger
Aux dernières nouvelles, les enseignants de tamazight en grève de la faim ont eu gain de cause, ou du moins ont réussi à arracher aux responsables quelques promesses. Comment ? En dérangeant les autorités. De la même façon, manifestants ou syndicats arrivent à arracher quelques avancées. De quelle manière ? La même, en bousculant l’ordre établi, en empêchant de tourner en rond un système paradoxalement très carré. Sauf que ce n’est pas souvent le cas, il ne suffit pas hélas de déranger pour obtenir gain de cause. On se rappelle du cadre de la wilaya de M’sila qui avait dérangé tout le monde en contactant les autorités pour demander d’acquérir la nationalité israélienne. Ce SOS, cri d’alarme d’un cadre de l’Etat marginalisé, n’a bien sûr pas eu d’écho. Pourtant, Amroune Layachi, du nom de cet ex-futur Israélien, a été incarcéré il y a une semaine. Pas pour trahison ou intelligence avec l’ennemi, mais pour « divulgation de secret professionnel, usurpation de nom et complicité de fonctionnaire, et le meilleur pour la fin, correspondance inopportune et dérangement des autorités ». Si les trois premiers chefs d’inculpation sont incompréhensibles, les deux autres sont absurdes. « Déranger » les autorités est-il un délit ? Leur écrire de façon « inopportune » en est-il un autre ? On ne sait pas si le code pénal a prévu tout ça, mais il y a quelques jours, le Président inaugurait l’année judiciaire. S’est-il dit quelque chose en privé sur les mesures à prendre contre ceux qui dérangent l’Etat ? On ne sait pas. Mais les citoyens pourraient aussi attaquer leur régime pour plusieurs délits. Par exemple, pour association de malfaiteurs, abus de biens sociaux ou coups et blessures volontaires. Et même atteinte à la pudeur. Théoriquement non, on n’a pas le droit d’exhiber 100 milliards de dollars quand la majorité ne touche pas 100 dollars par mois.
Par Chawki Amari elwatan http://blog.france2.fr/hogra/
Posté le 23/07/2008 à 12:00 par hogra
Dz in et dz out
D’habitude, ce sont les pauvres qui partent les premiers. Pour d’évidentes raisons économiques, ils ouvrent à la pelleteuse les voies de l’émigration, légale ou illégale et défrichent à la machette les nouveaux horizons. D’habitude aussi, à l’inverse, les cadres du service public sont globalement bien payés, relativement bien nourris, et envisagent plus rarement le départ vers d’autres espaces incertains où l’Etat n’est pas là pour assurer les fins de mois. Même si tout est faussé puisque les riches aussi veulent partir, deux événements récents ont perturbé ce rapport particulier des Algériens à l’Algérie. D’abord ces Tunisiens, avec femmes et enfants, plus de 200 selon la presse et les organisateurs, à peine 20 selon la police, qui sont rentrés en force en Algérie pour demander à y vivre. Arborant drapeaux algériens et scandant des slogans favorables au président Bouteflika, ils ont été poliment reconduits à la frontière, et d’Alger, on n’ose imaginer l’accueil chaleureux que leur réserve le président Benali. L’autre événement est différent. C’est un cadre de la wilaya de M’sila qui envoie une lettre au ministère des Affaires étrangères pour demander un avis favorable afin d’obtenir la nationalité israélienne. Comme il le dit lui-même, si le ministère ne répond pas au bout d’un mois, c’est qu’il n’y a pas d’objection et qu’il peut donc devenir Israélien. Ces deux événements qui se sont produits presque en même temps ont permis de relativiser le niveau de développement national et de revoir l’étrange couple amour-haine du pays. On peut même conclure provisoirement que si l’on est pauvre et Tunisien, il vaut mieux vivre en Algérie. Si l’on est moyennement riche et Algérien, il vaut mieux vivre en Israël. D’accord, mais si l’on est pauvre et Algérien, où vivre ? Les harraga ont déjà répondu à la question. On attend la réponse des gardes-côtes.
Par Chawki Amari elwatan http://blog.france2.fr/hogra/
Posté le 25/07/2008 à 12:00 par hogra
A
Monsieur AMARI Chawki
Cher monsieur
J'ai le plaisir de vous informer qu'après avoir été incarcéré le 28/10/2007 pour divers motifs tels que correspondances inopportunes ; j'ai bénéficié d'un non-lieu le 20/05/2008, plus de sept ans après le début de cette affaire.
Quoi qu'il en soit, j'ai été réellement surpris, mais heureux, que vous ayez jugé utile de porter mon cas dans vos billets, Aussi, sans ressasser ce qui s'est passé, je voudrais simplement vous remercier.
Dans l'environnement hostile qui est le mien, et sans le fondement de l'expression autrement dit la liberté de penser, toute conception ou formulation resterait vaine.
Si l'on reste étonné devant l'étendue et le degré de gangrène qui ronge notre société, ce nouvel autoritarisme administratif et judiciaire, basé sur deux poids et deux mesures,,e présage rien de bon.
Après ce préambule, ce triste constat des libertés bafouées me fait dire que l'immigration forcée et la fuite des cerveaux ne peuvent être enrayés par simple décision venue d'en haut, est une autre forme d'atteinte aux libertés fondamentales. C'est une limitation pour toux ceux qui songent à s'expatrier, pour se recréer, loin de chez eux, un espace vital.
Ce semblant de liberté d'entreprendre commence déjà à s'estomper, sans l'effet des tensions qui se créent avec ces nouveaux " prêt-à-penser ".
Arrivera-t-on à surmonter ce passéisme morbide pour un âge d'or révolu ?
J'aurais voulu vous dire merci, pour votre soutien actif, de vive voix.
Il vaut mieux inscrire tous ces alés dans " cette poésie de la vie rugissante du grand fleuve ", dont la magnifiscence s'étend jusqu'aux activités qu'avaient suscité son cours, ce pertpétuel défilé d'une humanité bigarée.
Cette histoire, d'une réelle gravité s'est emmurée dans une " sage mélancolie " qui confine à la mythomanie. Il faut donc continuer à s'opposer, en ces temps d'injustice expéditive, pour ne pas avoir à décliner le verbe " bruler " à tous les temps et par tous les temps.
Donc, merci encore, et si l'on considère la vérité non comme fait en soi, mais comme une véritable entité une et indivisible, avec laquelle on peut recréer les fondements communs et les mêmes référents, je veux vous assurer, par la présente, de ma sympathie.
Car ce qui est vrai, véridique et avéré, ne peut être mis sur le boisseau.
Je vous prie d'accepter mes remerciements les plus sincères.
Sans oublier :
Le chef du bureau de M'sila G.Smail
Toutes l'equipes D'el Watan
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Posté le 26/07/2008 à 12:00 par hogra
copie de cette lettre a été envoyer aux aoutorités superieures 39 jours après j'ai été relever de mes fonctions ?
Permettez-moi de vous exposer une situation fort préoccupante au niveau de la direction des impôts de M'sila. En effet, celle-ci a fait l'objet de plusieurs lettres ouvertes dans les quotidiens EL-CHAAB et EL YOUM, et ce, au courant de la période septembre à novembre 2000. Ces lettres, au nombre de quinze (15) ont le même style et le même contenu. Leur but apparent est d'humilier et discréditer les cadres exerçant au niveau de cette structure. Et par la même porter atteinte à la crédibilité de l'administration publique.
Le silence et l'absence de réaction officielle de la part de notre hierarchie a mis de l'huile sur le feu et le doute s'est amplifié. L'attaque sauvage a alors servi les parties vers qui le doigt est pointé et qui sont derrière la publication de ces lettres.
Devant cette situation critique, une réunion s'est tenue le 16 novembre 2000, ayant regroupé les cadres de l'administration, les membres de la section syndicale et les représentants de la confédération de bureau de M'sila. Une copie du P.V de réunion vous a été adressée. Les préoccupations essentielles qui ont été soulevées lors de cette réunion sont les suivantes :
- Etude de la situation et des problèmes vécus par les fonctionnaires de l'administration des impôts de M'sila.
- Le comportement incorrect et inhumain des vérificateurs dépéchés par l'administration centrale en vue de mener des enquêtes policières envers les responsables des services locaux.
- Etude de la situation des fonctionnaires limogés dans le cadre de cette campagne.
- Les dépassements et comportement non administratif et immoraliste du directeur des impôts.
- La diffusion d'un communiqué dans les journaux.
Par la suite, une seconde réunion générales s'est tenue le 26/11/2000, en présence du secrétaire national du syndicat ; lors de cette réunion beaucoup de problèmes créés par le directeur. Et ce, en raison du manque de tact de ce dernier, pour ne pas dire manque d'éducation. Ce qui a amené le secrétaire national à suspendre la séance pour éviter la catastrophe…
Nous, l'ensemble des cadres, nous sommes profondément touchés et totalement déçus par l'attitude adoptée jusqu'ici par notre direction générale qui n'accorde aucune importance aux évènements qui se sont passés et n'a jamais pris en charge les problèmes soulevés dernier P.V de la dernière réunion.
Le dernier déplacement de Monsieur (D.A.M) a été encore une fois une nouvelle déception pour l'ensemble du personnel, parce qu'il n'a abouti à aucun résultat qui mérite d'être souligné.
Il est important de vous signaler que l'ambiance générale ainsi que les conditions de travail au niveau de cette structure ont atteint un stade de dégradation et de pourrissement très avancé. A tel point qu'un grand nombre de cadres ont préféré la fuite et beaucoup parmi eux choisissent la décharge des postes de responsabilités où ils n'y trouvent plus aucun respect ni dignité.
Les relations de travail sur fond de malaise, de paroles impolies, dégradantes, de remarques désobligeantes, et parfois même inhumaines de la part du directeur n'incitent personne à travailler comme d'habitude. Le pire est que le directeur se comporte ainsi avec tous, sans exception. Cela va de l'agent de sécurité (ou portier) au cadre… Personne n'y échappe. Il s'emporte pour un rien, oubliant qu'il est directeur et dans une administration !!! Il se met dans tous ses états pour le plus insignifiant des motifs, ne controlant pas son langage et allant jusqu'à manquer de respect pour son interlocuteur.des impôts… Pourtant le fonctionnaire en question est réputé pour être poli, ayant du bon sens. Mais le directeur s'est adressé à lui d'une telle façon (insultes, langage grossier qu'on ne pourrait citer ici, par pudeur), et cela a dégénéré en bagarre…
Ces dépassements et les repressions émanant du directeur, par abus de pouvoir, font que l'ambiance de travail dans la direction est devenue invivable. Les conséquences sont désastreuses pour le moral des fonctionnaires et pour le travail à produire.
Devant cette situation alarmante où se débat cette administration devant l'incapacité du directeur à diriger une administration ayant l'ampleur de celle de la direction de M'sila ; et devant le silence incompréhensible de l'administration centrale, il est urgent d'agir.
Au vu de ce qui précède, nous vous demandons votre intervention auprès de qui de droit afin de trouver une solution prompte et équitable.
Par ailleurs, nous vous invitons à nous rendre visite, à la direction, afin de constater par vous-même ce qui s'y passe. Nous mettons un grand espoir en la confédération.
Avec nos remerciements anticipés, veuillez croire, monsieur le président, en l'expression de mes respects.
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Posté le 27/07/2008 à 12:00 par hogra
H A G G A R I N E S
Me trouvant trop honnête et trop naif
Pour survivre dans le monde administratif
Un expert en la race des HAGGARINES
M’a donné des conseils et des combines
Ayant déduit qu’il y a autant de responsables
Que le désert a de sable
Et qui se ressemblent à n’en faire qu’un
Telle une espèce de vils requins
Il m’a dit si tu veux réussir dans la vie
Oublies les préceptes et principes suivis
Et adopte une souple silhouette
Pour prendre la forme qu’ils souhaitent
Tu reconnaîtras le HAGGAR
A ses paroles, à son regard
S’il reçoit un coup de fil de ses paires
Tu seras celui qui fait l’affaire
Tu seras l’homme qu’il faut
Quand tu veux et là où il faut
Parmi ceux recommandés par ses connaissances
Pas avec les inconnus titulaires de licences
Tu n’as pas besoin de bagage
Il suffit de peaufiner ton langage
D’être cravaté et bien habillé
Muni d’une malette pleine de billets
Apprends à mentir
A rectifier le tir
Pour devenir comme un poisson dans l’eau
Et tu verras le gain coulera à flot…
http://blog.france2.fr/hogra/
Posté le 29/07/2008 à 12:00 par hogra
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Vous souvenez-vous du 14 juin 2004 ? Ce jour-là, la justice a été sommée par le «haut», au plus «haut» niveau, de condamner Mohamed Benchicou à deux années d’emprisonnement ferme (2 ans) avec mandat de dépôt à l’audience. Mohamed Benchicou, à la date sus-mentionnée, est journaliste, directeur du quotidien Le Matin et son ouvrage : Bouteflika : une imposture algérienne (décembre 2003 Edition Le Matin) a connu un succès hors du commun auprès du public.
Précis, documenté, fondé sur des témoignages, des écrits, le livre dénonce sans concession, mais sans aucune pointe revancharde, l’accession au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika, les scrutins tronqués, les milliards envolés, et une justice réduite au rôle de petite fonction. C’est un cri de colère et d’indignation que Mohamed Benchicou veut faire entendre. Il le fait avec courage et sans emprunter un pseudonyme. Il exprime ce que des milliers d’Algériens pensent. Ses éditoriaux et billets («Inès Chahinez» ainsi que les affaires auxquelles s’intéresse son journal (corruption, torture) Le Matin ne sont évidemment pas du goût de Abdelaziz Bouteflika, et de son ministre de l’Intérieur, Noureddine-Yazid Zerhouni. Ce dernier, en tournée à Djelfa, déclare alors publiquement : «Il paiera» (il : Mohamed Benchicou). Mais ce 14 juin 2004, au tribunal d’El-Harrach, le journaliste ne comparaît pas pour ses écrits. Il est accusé de détention d’un bon de caisse trouvé sur lui lors d’une fouille effectuée par la police tandis qu’il s’apprêtait à embarquer à l’aéroport Houari- Boumediene d’Alger. Bien entendu il ne s’agit nullement d’un délit puisque l’unique violation à la loi a trait exclusivement aux mouvements de capitaux de et vers l’étranger. Un bon de caisse est un simple reçu de dépôt délivré par une banque algérienne, donc non convertible. Cela est tellement vrai que que les douanes refusent de se porter partie civile «n’ayant constaté aucune infraction» dira le directeur général en poste à l’époque de ces «faits inexistants». Cela vaudra à M. Sid Ali Lebib (DG des douanes) d’être limogé par Abdelaziz Bouteflika quelques mois plus tard, ce dernier ayant eu recours au procédé dit du «deux en un» : il évinçait, ainsi, un haut fonctionnaire qui s’était opposé à la machination du duo Boutelfika- Zerhouni et surtout il écartait l’Algérois (Sid Ali Lebib) au profit d’un homme de l’ouest (Bouderbala), la seule région connue et aimée par Abdelaziz Bouteflika lorsqu’il taquine le mot «compétences». Si j’ai entendu rappeler brièvement ces faits, ce n’est point pour ennuyer les lecteurs du Soir d’Algérie, mais pour montrer une fois de plus que Abdelaziz Bouteflika, ses collaborateurs, ses frères, abusent certes depuis huit années (8), huit longues années, de leurs pouvoirs, leurs fonctions, leurs liens familiaux, utilisant les institutions et ceux qui les composent comme de vulgaires biens consommables et jetables, multipliant machinations et coups fourrés, réservés à tous ceux qui ne les agréent pas, mais il leur manque l’essentiel, l’intelligence. Et la meilleure preuve, pour appuyer mes dires, m’est apportée par l’interdiction qui a été faite aux Editions Inas d’exposer et de vendre le second ouvrage de Mohamed Benchicou Les geôles d’AlgerInas Edition 2007 au Salon international du livre (31 octobre/9 novembre 2007). Aveuglés par leur acharnement obsessionnel contre le journaliste et l’écrivain, Abdelaziz Bouteflika et tous ceux qui ont exécuté en excellents «exécuteurs» ses ordres, n’ont pas pensé dans leur précipitation et leur haine, qu’ils seraient le meilleur support publicitaire et promotionnel du second livre de Mohamed Benchicou ! Et ce pour une simple raison : au nom de leur hogra (abus de pouvoir, tyrannie, injustices, arbitraire, illégalité, malveillance, tels sont les synonymes de hogra) ils ont donc décidé de censurer — du moins le croyaient-ils — l’ouvrage de Mohamed Benchicou. Évidemment, pour cette sale besogne, les «exécuteurs » n’ont pas manqué : le directeur de la Safex, celui du salon, celui des stands, la ministre de la Culture, le responsable de ceci, le responsable de cela... tous ont accouru et répondu «présents» à leur maître. Une meute lâchée contre deux hommes. Pardon, contre la pensée et la plume. En 2004 voulant faire croire que Mohamed Benchicou n’était pas poursuivi pour ses écrits et que la plume dans la «dawla» de Bouteflika était libre, le pouvoir avait inventé le délit inexistant de bons de caisse. Mais alors puisque ce «délinquant de droit commun» ne gênait aucunement les haggarine du haut, et qu’il n’était qu’un délinquant de droit commun et seulement cela, pourquoi avoir interdit son second ouvrage au Salon du livre ? Parce que le seul nom de Benchicou donne de l’urticaire à Abdelaziz Bouteflika et à Yazid Zerhouni. La hogra, poussée par sa seule force et sa stupidité, ne connaît que l’impulsivité et l’affolement parce qu’elle est convaincue que les mots combat, pugnacité, courage ne peuvent lui tenir tête. Et c’est ainsi que, dénués de la moindre finesse et discernement, les haggarine ont avoué implicitement en 2007 que leur rage opiniâtre était bel et bien dirigée contre l’écrivain et le journaliste, contre son éditeur, contre la pensée, contre la plume (qualifiée de «balle assassine » par Abdelaziz Bouteflika) contre la liberté d’expression, contre l’intelligence. Et comme la hogra ne s’encombre pas de scrupules lorsqu’elle se retrouve confrontée à des tracasseries juridiques qu’elle crée elle-même, les explications évidemment ne manquent pas. Telles celles du directeur des stands sur les ondes de la Chaîne III dimanche 4 novembre, Saïd Chekiriou, tentant de se dédouaner en rappelant, par quatre fois qu’il était l’ami du directeur des Editions Inas» et que l’ouvrage ne figurait pas dans la liste qui lui a été remise ! Quand un argumentaire fait référence à des liens privés, cela signifie que l’on n’a rien dans sa besace. Et surtout ce monsieur n’a pas répondu à la question pertinente du représentant des Editions Chihab : «S’il s’était agi d’un livre de cuisine, l’auriez-vous interdit ?» On attend la réponse... C’est le moment où l’on entend l’animatrice dire : «Il vous reste juste une minute pour conclure...» Mais là où les haggarine ont rendu service à Mohamed Benchicou et à ses très nombreux lecteurs, c’est qu’en raison précisément du manque d’intelligence de ces mêmes haggarine, l’ouvrage a connu un franc succès. Évidemment, je n’entends pas dire qu’au Salon il n’aurait pas eu le même écho, mais les censeurs ne comprendront jamais que quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils décident, l’interdit sera toujours bravé. C’est en ce sens que j’ai parlé de support publicitaire. Un écrivain qui dédicace son ouvrage de 11 heures du matin à dix-neuf heures durant plusieurs jours est un homme respecté, aimé de son public pour sa plume et surtout pour son courage. Contre cela, les haggarine ne peuvent rien. Absolument rien. Dehors, face à la librairie, les policiers étaient postés contre un arbre... En enfermant Mohamed Benchicou durant deux années, pour un délit inexistant, ils croyaient, en fermant arbitrairement le siège du Matin, lui confisquer la parole. Ils croyaient que l’opinion, c’est-à-dire ses lecteurs (lectrices), ceux et celles auxquels il offrait les colonnes de son journal — dont j’ai profité en 1998-1999 juste avant l’investiture de A. Bouteflika — tous ceux qui se reconnaissent en lui et en son combat oublieraient Mohamed Benchicou puisqu’il n’était qu’un banal “contrevenant à la loi”, et non un penseur. D’ailleurs, en quoi ses écrits les auraient-ils ébranlés, eux les haggarine qui ont la rente, le pouvoir, la matraque et les prisons ? Ils peuvent tout faire comme ils veulent et quand ils le veulent. Les voici aujourd’hui pris à leur propre piège. Mohamed Benchicou est toujours là et il a même écrit en prison, ce qu’ils n’avaient pas prévu ces haggarine dont les richesses sont la rente et la matraque. Voilà pourquoi ils détestent le savoir, l’instruction, la pensée, l’intelligence, car ils ne riment pas avec leur pouvoir, leur mode de gouvernance, leurs comportements et leur indigence intellectuelle. Voilà pourquoi, également, ils ont recours à la censure en 2007 comme s’ils étaient dans l’Algérie de leur 25 ans. Aujourd’hui, ils ont 73, 70, 80 ans... D’ailleurs, la guerre menée contre Mohamed Benchicou est-elle nouvelle ? N’est-ce pas le même sérail, les mêmes comportements politiques qui ont abouti au crime de Abane-Ramdane jugé trop instruit, trop intelligent ? Et que dire des jeunes étudiants à peine sortis de l’adolescence “purgés” dans les maquis durant la guerre de Libération parce que instruits, donc dangereux ? Aujourd’hui, dans la “dawla” de Bouteflika, le terroriste n’est pas celui qui se dit fier d’avoir assassiné des militaires et des civils, mais plutôt celui dont la plume refuse de servir un pouvoir agonisant. Une plume qui fait désordre dans un monde où les haggarine tétanisent les uns, corrompent les autres. Bien entendu, Abdelaziz Bouteflika ou Noureddine-Yazid Zerhouni et le système qu’ils génèrent n’auraient certainement pas pu se maintenir jusqu’à ce jour sans leurs nombreux serviteurs. Certes, l’ouvrage de Mohamed Benchicou a été interdit au Salon du livre sur instruction de Abdelaziz Bouteflika, mais si ce dernier n’avait pas trouvé d’exécuteurs zélés pour ce faire, peut-être aurait-il eu à assumer seul la responsabilité de sa décision ? Sa ruse (pas son intelligence) aura consisté dans cette affaire à ne laisser au-devant de la scène “ses serviteurs”. Des exécuteurs qui savent pourtant que Abdelaziz Bouteflika partira et peutêtre plus tôt qu’ils ne le croient, comme tous ceux qui l’ont précédé, mais Mohamed Benchicou, lui, continuera à exister, son courage et sa plume aussi. Que lui dironti-ls ? Que lui raconteront-ils ? “Qu’ils ont été forcés de faire ce qu’on leur demandait ?” “Qu’ils l’ont fait pour le pain de leurs enfants ?” Tourneront-ils leur veste au gré du vent, telles les filles de joie dont Boris Souvarine disait : “Elles ne changent pas de métier mais seulement de trottoir” ? Il est vrai que Mohamed Benchicou n’a pas eu droit à la solidarité des écrivains, auteurs et éditeurs contrairement à la corporation journalistique (hormis Mostefa Benfodil et Hakim Laâlam en leur qualité d’écrivains) mais franchement, faut-il s’en étonner ? Entre les khobzistes et les opportunistes, Abdelaziz Bouteflika, sa fratrie, ses collaborateurs tant au niveau du gouvernement qu’ailleurs, n’ont eu aucune difficulté à domestiquer, après l’élection tronquée d’avril 2004, tous ceux qui étaient en quête de célébrité, de postes, d’avantages et de faveurs. Celui-ci est turbulent ? Offrez-lui un poste et un véhicule. Celui-ci a soutenu le candidat à la présidentielle, Ali Benflis, ex-chef du gouvernement ? récupérez-le et offre-lui un poste de député ou de sénateur. Les haggarine font taire tous ceux qui rêvent de postes et de s’enrichir. La symbolique de cette déliquescence de l’Etat réside dans les propos du président du Syndicat de la magistrature, lorsqu’il a déclaré récemment que les magistrats avaient besoin d’une revalorisation de leurs salaires qui tiendrait compte de leurs responsabilités de juges. Jusque-là rien d’anormal. Mais il ajoute : “Les augmentations de salaire dont ont bénéficié les magistrats ne les mettent pas à l’abri des différentes tentatives...” ( Le Soir d’Algérie, 6 novembre 2007). Comment un “syndicaliste” peut-il sans être choqué déclarer que le corps auquel il appartient doit être augmenté pour échapper à la corruption, insultant ainsi tous les collègues éclaboussés par quelques brebis galeuses, comme il en existe dans toutes les autres institutions ? Un syndicaliste se bat pour que ceux qu’il représente soient respectés dans leur dignité, leur indépendance et leur liberté — dans ce cas précis — de juger. Est-ce étonnant de voir alors Dame Justice réduite à l’état de fonction par Abdelaziz Bouteflika ? Cet exemple parmi d’autres montre à l’évidence que les haggarine ne se seraient pas maintenus aussi longtemps, même en multipliant leurs abus de droit, s’ils n’avaient pas été encouragés par leurs serviteurs zélés, excellents relais de la hogra. Heureusement que celle-ci ne peut rien contre l’intelligence et contre les plumes libres. La preuve : le Salon du livre a totalement été éclipsé par “l'affaire” de Mohamed Benchicou (le mot affaire a été usité par le directeur du salon). Existe-t-il meilleure publicité que celle-ci ? Alors Mohamed, mon ami, au diable la solidarité de celles et ceux dont tu n’as que faire. Les haggarine dans leur stupidité t’ont permis de renouer avec ton public si nombreux, celui qui te respecte, celui auquel tu permets de croire, d’espérer, d’avancer. Alors il n’y a pas eu de Salon du livre à la Safex, là-bas il y a eu le “salon de la honte”, et c’est à la librairie des “Beaux-Arts”, Mohamed, que s’est tenu le véritable Salon du livre avec Les geôles d’Alger. Bravo Mohamed et merci. Les haggarine ne comprendront jamais qu’ils ne peuvent aucunement nous contraindre à lire ce que nous refusons de lire. Et qu’ils ne peuvent nous interdire de lire les ouvrages qui les dérangent.
L. A. http://blog.frnce2.fr/hogra/
Posté le 31/07/2008 à 12:00 par hogra

Un universitaire suspendu de son poste s'adresse aux autorités publiques Le droit à l'expression est garanti par la Constitution Par Ahmed Rouadjia (*) J’ai l'honneur d'attirer votre attention, Monsieur le chef du gouvernement, sur un fait d'une gravité incommensurable et j'en appelle à votre sens de la responsabilité d'homme d'Etat et de citoyen, afin que vous puissiez en tirer les conséquences et les mesures qui s'imposent : suspendu de mes fonctions de maître de conférences par le recteur de l'université de M’sila avec blocage de salaire, au motif infondé que je l'aurais diffamé dans la presse nationale, en sus d'une plainte déposée contre moi auprès de la justice, je me trouve d'autant plus consterné par cette mesure que le plaignant s'est fait à la fois juge et partie, comme en témoigne la teneur de la décision qui m'a été notifiée en date du 22 juin 2008. Par cette décision, le recteur semble avoir dérogé à toutes règles en matière de conseil de discipline, de blâmes et d'avertissements, qui s'appliquent dans le cas où un enseignant commettrait une faute professionnelle ou enfreindrait les codes déontologiques de la profession. Plutôt que de recourir à ces procédures légales, le recteur a cru donc bon de passer outre en me suspendant immédiatement de mes fonctions, pour le motif ci-dessus cité alors que la justice n'a pas statué sur mon sort. Les procédés usités et les motifs argués par le recteur pour me suspendre... Avant d'en arriver à prendre cette décision dont le moment choisi n'est pas fortuit, puisqu'elle coïncide avec la fin des examens et l'approche de la signature des PV de sortie, le recteur avait usé de divers moyens d'intimidation et de chantage envers moi pour faire taire ma plume et mes réflexions analytiques sur l'état de l'université et la recherche en Algérie. Un rappel chronologique des faits démontre le caractère illégal de la démarche de mon chef d'établissement en même temps qu'il témoigne de son désir évident de nuire délibérément à ma personne et à mon image : le 9/10 mai 2008, jour de la parution de mon article par lui, contesté dans les colonnes d'El Watan, sous l'intitulé de « L'université algérienne en général et celle de M’sila en particulier », je reçois dans la matinée même un coup de fil du doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines me disant avec un accent de panique et d'affolement : « Monsieur Rouadjia, le recteur demande à vous voir en urgence. Veuillez passer me voir dans mon bureau. » Vers 10h30, j'y suis déjà. Le doyen me dit : « Il demande à vous recevoir pour vous expliquer sur votre article publié ce matin... Allez le voir seul, sinon je peux vous accompagner chez lui ... » Ma réponse fut claire et lapidaire : « Non, je n'irai pas le voir pour cela. Je veux un écrit officiel et motivé. » Je sors du bureau du doyen et je me rends à l'amphi où j'avais une surveillance d'examen. Le 10 mai 2008, je suis à nouveau rappelé par téléphone par le doyen de la faculté des lettres et sciences humaines : « Vous avez un courrier chez moi », me dit-il d'un accent saccadé. Je me présente dans l'après-midi dans son bureau, il me fait asseoir et me convie à lire une correspondance qui lui est adressée par le recteur et dans laquelle il lui demande d'établir un rapport sur moi qui pourrait inclure des fautes d'ordre professionnel ou d’éthique. La correspondance du recteur suggère, il est vrai, plus qu'elle ne donne les mots ou les clefs de « la faute ». Il laisse le soin au doyen d'imaginer un rapport qui me compromettrait au regard de la loi, de l'éthique ou de la morale professionnelle. Mais le doyen, faute de preuves concrètes, refusa d'endosser une telle responsabilité qui risquerait de se retourner contre lui. Aussi, s'est-il borné à prendre des phrases contenues dans la correspondance du recteur en guise de préambule, sur une feuille libre avec en-tête de l'université, de manière à lui imputer l'unique responsabilité de cette initiative insolente. Questionnaire du recteur et réponse de l'intéressé Pour se défausser sur le recteur, le doyen prend soigneusement la précaution de choisir bien les termes qui le lavent de tout soupçon de complicité. Les mots « suivant la correspondance... » et « provenant de la présidence ... » dénotent une certaine distance par rapport à cette initiative. Voici la conception des phrases tournées par le doyen : « Suivant la correspondance n° 167/2008 du 9 juin 2008, provenant de la présidence de l'université (rectorat), nous vous prions de nous fournir des précisions relatives à vos propos diffamatoires parus dans les journaux et qui comportent en outre des atteintes à la personne du recteur et à l'image de l'université algérienne et celle de M’sila en particulier, et ceci dans un délai de 48 heures après avoir accusé réception de ce questionnaire. » En bas de ce texte, une partie blanche en pointillé est réservée à ma réponse avec un titre en arabe, souligné en gras : Réponse de l'intéressé. Ma réponse fut donc celle-ci : « Monsieur le recteur de l'université de M’sila par l'entremise de M le doyen, Monsieur, j'ai l 'honneur de répondre à votre courrier daté du 10 juin 2008 dans lequel le recteur me reproche de l'avoir calomnié et d'avoir entaché l'image de l'université algérienne et celle de M’sila. Je tiens à vous répondre que ce reproche n'a aucun fondement juridique, politique ou moral. Etant chercheur confirmé et reconnu au plan national et international, ma raison d'être est de conduire des travaux et des écritures ayant pour objet tous les sujets sociaux possibles, y compris sur la mauvaise gestion de certaines de nos institutions. Le droit à l'expression est garanti par la Constitution algérienne. En tant que citoyen, j'use pleinement de ce droit. Sur ce point, je n 'ai de leçons à recevoir de personne. Veuillez, Monsieur le recteur et Monsieur le doyen, agréer l'expression de ma haute considération. Je vous remercie, Monsieur le recteur de votre compréhension ». Le 11 mai 2008.- Le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines est convoqué par le recteur dans son bureau. Il est vertement réprimandé par le recteur et, selon nos sources, il lui aurait tenu des propos inconvenants, pour ne pas avoir établi le rapport demandé et surtout pour s'être lavé les mains en écrivant : « Suivant la correspondance provenant de la présidence, etc. » Cette phrase aurait mis le recteur hors de lui et, selon les mêmes sources, il aurait congédié brutalement le doyen qui était accompagné de celui de la faculté de droit, au motif qu'ils n'auraient pas fait ce qui leur a été demandé. Pour témoigner de son mécontentement et « faire image », il aurait crié et tappé fort sur son bureau. Le jour même, dans la matinée, et le lendemain 12 mai, le recteur se rend à deux reprises au bloc où se trouvent le bureau du doyen et ceux du département d'histoire. Encadré comme toujours de deux agents de la sécurité, il effectue des visites inopinées, passant d'un bureau à l'autre, sans crier gare, et criant sa colère contre ceux qui auraient pris la responsabilité de recruter ce Rouadjia par qui le scandale « était arrivé ». C'est que le recteur n'avait pris connaissance de mon identité qu'après la publication de mon dernier article déjà cité. C'est à partir de ce moment seulement qu'il dut mémoriser mon nom et sut que j'étais employé dans son établissement. Auparavant, il lisait mes articles dans la presse nationale et il les trouvait, paraît-il, bien écrits, selon des témoins, mais sans savoir si je les écrivais depuis Alger, Paris ou New York... Même s'il lisait mon nom en début et en bas de l'article, il ne soupçonnait pas un instant que je fusse employé dans son établissement ! Il ne le sut véritablement que lorsqu'il vit son nom transcrit sous ma plume dans l'article où il était question de ses méthodes de gestion et de ses rapports peu amènes avec les enseignants. C'est alors qu'il ne put s'empêcher de parcourir les couloirs du département d'histoire et de sociologie en criant haut et fort : « Qui a recruté ce Rouadjia ? Pourquoi la Fonction publique l'a-t-elle recruté ? Qui l'a recruté donc, bon sang ? » « -C'est vous, y a cheikh », lui aurait répondu le doyen de la faculté des sciences humaines. Par acquis de conscience et comme pour vérifier l'authenticité de mon nom et savoir s'il était ou non inscrit dans l'organigramme de l'université, le recteur s'empressa de demander au chef du personnel de lui faire parvenir d'urgence « le dossier de Rouadjia ». En le parcourant, il fut surpris de voir sa signature au bas du document de mon arrêté de nomination... Que dénote ce brouillage de mémoire et de perspective ? Le fait sans doute que le recteur n'a cure des compétences, internes ou extérieures, et que son souci majeur n'est pas de remédier à l'étiolement des laboratoires de recherche qu'abrite l'université, à l'absence d'espace de travail (bureaux et ordinateurs) et à la déperdition du temps et des énergies des enseignants par suite d'absence de locaux propres et de motivation, mais de censurer ceux qui osent écrire avec honnêteté et impartialité le déficit de gestion en matière des ressources humaines et matérielles. En plaidant en faveur des rapports d'échanges pacifiques, basés sur la communication et l'écoute mutuelle, en prêchant pour un enseignement de qualité, doublé d'une recherche performante de notre université, je me suis mis ainsi ,malgré moi, au banc des accusés. La piste des 400 étudiants comme forme de chantage et de pression Le 13 mai 2008, le recteur méconcontent des résultats obtenus pour m’ impliquer dans « une faute », revient à la charge et imagine un scénario susceptible de me mettre en porte-à-faux, il charge le doyen de contacter les représentants des étudiants pour établir un rapport défavorable sur ma conduite. Comme il ne peut émettre cette demande directement, car trop voyante, le doyen aborda le représentant des étudiants en des termes à la fois implicites, suggestifs et interrogatifs : « Où est la pétition que vous avez conçue contre Rouadjia ? Pourquoi vous me l'avez cachée ? On dit que vous l'avez remise au chef de département d'histoire et qui l'a escamotée... Est-ce faux ou vrai ? ». Le représentant des étudiants, qui s'est défendu d'avoir connaissance de cette pétition qu'il qualifia d' « imaginaire », dut subir des pressions de plusieurs heures de la part du doyen, pourtant en délicatesse avec le recteur, de lui obtenir la signature de 400 étudiants « contre Rouadjia ». Le texte de la pétition devrait contenir des failles professionnelles et morales : incompétence, comportements excentriques, attitudes équivoques avec les étudiantes..., tous traits de comportement susceptibles de produire la preuve de ma « faute » ou de ma « culpabilité ». Quelle fut la réponse du principal représentant des étudiants et l'écrasante majorité des étudiants ayant eu vent de cette demande pressante du doyen, agissant sur la demande du recteur ? Qu'il est inacceptable et immoral de fabriquer un rapport injuste sur un enseignant qui fait preuve de « compétence et de comportement correct, qui fait son travail de bon cœur et avec qui on n' a jamais de problème... » Au lieu de faire un faux témoignage, les étudiants, par l'intermédiaire de leurs représentants, ont préféré témoigner par écrit en notre faveur et par leur seule initiative, sans que nous ne les ayons sollicités en ce sens. Ils étaient venus par eux-mêmes vers nous pour nous témoigner à la fois de leur solidarité et de leur indignation contre les procédés utilisés par l'administration pour leur arracher de faux témoignages. La décision de suspension Le 22 juin 2008, la décision de suspension avec blocage de salaire, tombe comme un couperet. Elle annonce en même temps qu'une plainte pour diffamation a été introduite auprès de la justice. Elle est la conséquence des démarches infructueuses initialement entreprises par le recteur aux fins de me compromettre en vain. La teneur de la décision traduit, selon les experts en droit, des vices de forme et témoigne en même temps d'un abus de pouvoir qui heurte la conscience de tous ceux qui sont démocrates ou non, attachés au sens de la justice et de l'équité. Elle est contraire à nos lois, au bon sens ainsi qu'au baptême de notre République algérienne, démocratique et populaire. Démarches infructueuses auprès de la tutelle Les 16 et 24 juin, j'ai saisi par courriers le ministre de L'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique des circonstances qui ont conduit à cette décision et l'ai exhorté à prendre les décisions qu'il jugeait appropriées pour me rétablir dans mes droits, après enquête. A ce jour, je n'ai aucun écho, mais je mets au compte de cette absence de réaction, le calendrier du ministre qui serait trop chargé pour pouvoir se pencher dans l'immédiat sur mon affaire. Dans une de mes lettres adressées au ministre, je soulevais le problème de la critique constructive que le recteur semble confondre à tort avec « diffamation » ou attaque ad hominem contre sa personne en termes de questionnements. En substance, je m'interrogeais sur la mission impartie au chercheur dans notre société qui se veut ouverte et perméable à la modernité : « Le rôle de l'intellectuel, digne de ce nom, celui qui manifeste un réel amour et jalousie pour sa patrie, n'est-il pas celui ,justement, qui fait preuve d'esprit critique ? La raison d'être même de l'université n'est-elle pas de former des cadres capables de raison critique, d'esprit d'examen des faits sociaux et anthropologiques ? Le chercheur et l'enseignant au profit desquels notre Etat dépense des sommes considérables d'argent doivent-ils s'abstenir de toute critique constructive envers certaines de nos institutions frappées d'inertie et d'absence du sens de la responsabilité civique et civile ? Le nouveau statut de l'enseignant chercheur que le MESRS vient d'élaborer (Cf JO de la République algérienne en date du 4 mai 2008) n'évoque-t-il pas la nécessité d'améliorer la qualité de l'enseignement et de la recherche et de procéder annuellement à l'évaluation ? Qualité et évaluation ne requièrent-elles pas plus précisément cette dimension critique, cet esprit d'examen ? Par ailleurs, faut-il confondre critique scientifique avec dénigrement ? A quoi bon former des cadres si ceux-ci ne peuvent pas user des critiques raisonnables, s'ils se montrent impuissants à dénoncer les failles et les insuffisances quant au fonctionnement de certaines de nos institutions sociale, culturelle et économique ? Si le chercheur s'abstenait de faire son travail critique, constructif et citoyen, les imams des mosquées ne manqueraient certainement pas de le faire à leur manière... et à sa place. Ces questions posées, j'exhorte Monsieur le ministre à user de son autorité et de son poids moral pour ramener à résipiscence le recteur de l'université de M'sila, dont les mesures me frappant sont, selon mon point de vue, intempestives et ressortent de l'arbitraire et de l'abus du pouvoir que la justice de mon pays réprouve et condamne. J'en appelle donc à votre conscience morale et à votre sens de responsabilité pour qu'une telle décision soit immédiatement levée. Je vous prie, Monsieur le ministre, de croire en l'expression de ma haute considération. Le retour des compétences « exilées » Ce retour est au cœur du discours comme des préoccupations de l'Etat et des gouvernements successifs. On a fait de ce retour tant attendu à la fois une question de principe et d'honneur national. Mais moi, Monsieur le Premier ministre, qui suis un ex-exilé de retour au pays, et fraîchement recruté par l'université de M'sila sur la base de mes compétences attestées tant par le diplôme de doctorat d'Etat que par mes nombreuses publications, dont le caractère scientifique est reconnu au plan international, je me trouve soudain confronté à l'incompréhension, au rejet et à l'ostracisme de mon recteur, ce qui est contraire à la philosophie même de l'Etat, dont le souci majeur est l'intégration et non l'exclusion de ses compétences, internes et externes, dans le dispositif du développement national. Il est clair que si de tels comportements venaient à se généraliser à l'ensemble ou même à une partie de nos chefs d'établissement universitaire, il n' y aurait ni retour de nos élites éparpillées de par le monde ni relèvement de nos universités qui pâtissent d'une foule de carences flagrantes en matière d'encadrement de qualité. La meilleure manière de rendre le pays exsangue, de le vider de sa substance constituée de « matière grise » n'est-elle pas justement cette absence du sens civique et civile, cette manière indifférente ou désinvolte qu'ont certains chefs d’établissement envers ceux qui veulent se vouer corps et âme à l'enseignement et à la recherche au service de l'Etat et de la nation ? Pour moi, le patriotisme suppose non pas des proclamations, mais des actes, non pas seulement une allégeance affective, des émotions envers la patrie, mais aussi et surtout un sens aigu de la responsabilité éthique qui implique la défense et la primauté des intérêts de la collectivité nationale sur les intérêts individuels. Ainsi, certains de nos responsables administratifs se proclament-ils « nationalistes » et « patriotes », alors qu'en acte, ils agissent sans le savoir contre l'Etat et la nation. C'est cette inconscience ou plutôt cette dichotomie entre la théorie et la pratique, entre l'idée affichée et l'acte accompli, qui est au centre de nos contradictions sociales et de la confusion qui règne entre intérêt collectif et intérêt privé. Les petites et grandes injustices que produisent certaines pratiques de nos administrations ne sont pas étrangères à ces révoltes qui sourdent des profondeurs de notre société et qui alimentent, de fait, les ressentiments de certaines franges de la population, ressentiments que tous les ennemis de l'Etat exploitent à leur profit pour en miner les bases. Le terrorisme, sous toutes ses formes, s'alimente non seulement aux prétendues sources de « la misère » matérielle (pauvreté et chômage), mais aussi et surtout à ces sources de la « hogra » que le petit peuple impute à l'abus de l'autorité des petits chefs, au défaut de justice et d'équité qui serait consubstantiel à nos pratiques administratives. La « hogra » et l'injustice peuvent être ressenties comme une forme atténuée du terrorisme sanguinaire. Pour ne pas donner l'occasion à ce dernier une justification morale et pour lui couper définitivement l'herbe sous le pied ne faudrait-il pas assainir notre administration de ces pratiques arbitraires, de cet abus de pouvoir qui infligent tant de mal, tant de blessures et tant de frustrations à des citoyens aussi bien ordinaires que « distingués » ? Si notre cas est loin d'être une « exception », il n'en témoigne pas moins cependant de l'existence d'une « hogra » administrative, dont les victimes anonymes et muettes se comptent par milliers, voire par millions dans notre pays. En exposant mon cas personnel, j'aurais souhaité également plaider en faveur d'une administration responsable, juste, humaine et compétente et non d’une administration arc-boutée sur des conduites rigides et imperméables aux rumeurs, aux appels de détresse et aux attentes des citoyens, dont elle est censée être l'interface entre le public et l'Etat. Comment peut-on faire aimer l'Etat quand l'administration, par ses pratiques, suscite la haine du citoyen envers son Etat ? Au reste, je vous prie, Monsieur le chef du gouvernement, d'agréer l'expression de ma haute considération. Sincèrement à vous. (*) Universitaire suspendu de son poste
Un universitaire suspendu de son poste s’adresse aux autorités publiques
Le droit à l’expression est garanti par la Constitution
Par Ahmed Rouadjia (*)
J’ai l’honneur d’attirer votre attention, Monsieur le chef du gouvernement, sur un fait d’une gravité incommensurable et j’en appelle à votre sens de la responsabilité d’homme d’Etat et de citoyen, afin que vous puissiez en tirer les conséquences et les mesures qui s’imposent : suspendu de mes fonctions de maître de conférences par le recteur de l’université de M’sila avec blocage de salaire, au motif infondé que je l’aurais diffamé dans la presse nationale, en sus d’une plainte déposée contre moi auprès de la justice, je me trouve d’autant plus consterné par cette mesure que le plaignant s’est fait à la fois juge et partie, comme en témoigne la teneur de la décision qui m’a été notifiée en date du 22 juin 2008.
Par cette décision, le recteur semble avoir dérogé à toutes règles en matière de conseil de discipline, de blâmes et d’avertissements, qui s’appliquent dans le cas où un enseignant commettrait une faute professionnelle ou enfreindrait les codes déontologiques de la profession. Plutôt que de recourir à ces procédures légales, le recteur a cru donc bon de passer outre en me suspendant immédiatement de mes fonctions, pour le motif ci-dessus cité alors que la justice n’a pas statué sur mon sort.
Les procédés usités et les motifs argués par le recteur pour me suspendre...
Avant d’en arriver à prendre cette décision dont le moment choisi n’est pas fortuit, puisqu’elle coïncide avec la fin des examens et l’approche de la signature des PV de sortie, le recteur avait usé de divers moyens d’intimidation et de chantage envers moi pour faire taire ma plume et mes réflexions analytiques sur l’état de l’université et la recherche en Algérie. Un rappel chronologique des faits démontre le caractère illégal de la démarche de mon chef d’établissement en même temps qu’il témoigne de son désir évident de nuire délibérément à ma personne et à mon image :
- le 9/10 mai 2008, jour de la parution de mon article par lui, contesté dans les colonnes d’El Watan, sous l’intitulé de « L’université algérienne en général et celle de M’sila en particulier », je reçois dans la matinée même un coup de fil du doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines me disant avec un accent de panique et d’affolement : « Monsieur Rouadjia, le recteur demande à vous voir en urgence. Veuillez passer me voir dans mon bureau. » Vers 10h30, j’y suis déjà. Le doyen me dit : « Il demande à vous recevoir pour vous expliquer sur votre article publié ce matin... Allez le voir seul, sinon je peux vous accompagner chez lui ... » Ma réponse fut claire et lapidaire : « Non, je n’irai pas le voir pour cela. Je veux un écrit officiel et motivé. » Je sors du bureau du doyen et je me rends à l’amphi où j’avais une surveillance d’examen.
- Le 10 mai 2008, je suis à nouveau rappelé par téléphone par le doyen de la faculté des lettres et sciences humaines : « Vous avez un courrier chez moi », me dit-il d’un accent saccadé. Je me présente dans l’après-midi dans son bureau, il me fait asseoir et me convie à lire une correspondance qui lui est adressée par le recteur et dans laquelle il lui demande d’établir un rapport sur moi qui pourrait inclure des fautes d’ordre professionnel ou d’éthique. La correspondance du recteur suggère, il est vrai, plus qu’elle ne donne les mots ou les clefs de « la faute ». Il laisse le soin au doyen d’imaginer un rapport qui me compromettrait au regard de la loi, de l’éthique ou de la morale professionnelle. Mais le doyen, faute de preuves concrètes, refusa d’endosser une telle responsabilité qui risquerait de se retourner contre lui. Aussi, s’est-il borné à prendre des phrases contenues dans la correspondance du recteur en guise de préambule, sur une feuille libre avec en-tête de l’université, de manière à lui imputer l’unique responsabilité de cette initiative insolente.
Questionnaire du recteur et réponse de l’intéressé
Pour se défausser sur le recteur, le doyen prend soigneusement la précaution de choisir bien les termes qui le lavent de tout soupçon de complicité. Les mots « suivant la correspondance... » et « provenant de la présidence ... » dénotent une certaine distance par rapport à cette initiative. Voici la conception des phrases tournées par le doyen : « Suivant la correspondance n° 167/2008 du 9 juin 2008, provenant de la présidence de l’université (rectorat), nous vous prions de nous fournir des précisions relatives à vos propos diffamatoires parus dans les journaux et qui comportent en outre des atteintes à la personne du recteur et à l’image de l’université algérienne et celle de M’sila en particulier, et ceci dans un délai de 48 heures après avoir accusé réception de ce questionnaire. » En bas de ce texte, une partie blanche en pointillé est réservée à ma réponse avec un titre en arabe, souligné en gras : Réponse de l’intéressé. Ma réponse fut donc celle-ci : « Monsieur le recteur de l’université de M’sila par l’entremise de M le doyen, Monsieur, j’ai l ’honneur de répondre à votre courrier daté du 10 juin 2008 dans lequel le recteur me reproche de l’avoir calomnié et d’avoir entaché l’image de l’université algérienne et celle de M’sila. Je tiens à vous répondre que ce reproche n’a aucun fondement juridique, politique ou moral. Etant chercheur confirmé et reconnu au plan national et international, ma raison d’être est de conduire des travaux et des écritures ayant pour objet tous les sujets sociaux possibles, y compris sur la mauvaise gestion de certaines de nos institutions. Le droit à l’expression est garanti par la Constitution algérienne. En tant que citoyen, j’use pleinement de ce droit. Sur ce point, je n ’ai de leçons à recevoir de personne. Veuillez, Monsieur le recteur et Monsieur le doyen, agréer l’expression de ma haute considération. Je vous remercie, Monsieur le recteur de votre compréhension ».
- Le 11 mai 2008.- Le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines est convoqué par le recteur dans son bureau. Il est vertement réprimandé par le recteur et, selon nos sources, il lui aurait tenu des propos inconvenants, pour ne pas avoir établi le rapport demandé et surtout pour s’être lavé les mains en écrivant : « Suivant la correspondance provenant de la présidence, etc. » Cette phrase aurait mis le recteur hors de lui et, selon les mêmes sources, il aurait congédié brutalement le doyen qui était accompagné de celui de la faculté de droit, au motif qu’ils n’auraient pas fait ce qui leur a été demandé. Pour témoigner de son mécontentement et « faire image », il aurait crié et tappé fort sur son bureau.
- Le jour même, dans la matinée, et le lendemain 12 mai, le recteur se rend à deux reprises au bloc où se trouvent le bureau du doyen et ceux du département d’histoire. Encadré comme toujours de deux agents de la sécurité, il effectue des visites inopinées, passant d’un bureau à l’autre, sans crier gare, et criant sa colère contre ceux qui auraient pris la responsabilité de recruter ce Rouadjia par qui le scandale « était arrivé ». C’est que le recteur n’avait pris connaissance de mon identité qu’après la publication de mon dernier article déjà cité.
C’est à partir de ce moment seulement qu’il dut mémoriser mon nom et sut que j’étais employé dans son établissement. Auparavant, il lisait mes articles dans la presse nationale et il les trouvait, paraît-il, bien écrits, selon des témoins, mais sans savoir si je les écrivais depuis Alger, Paris ou New York... Même s’il lisait mon nom en début et en bas de l’article, il ne soupçonnait pas un instant que je fusse employé dans son établissement ! Il ne le sut véritablement que lorsqu’il vit son nom transcrit sous ma plume dans l’article où il était question de ses méthodes de gestion et de ses rapports peu amènes avec les enseignants. C’est alors qu’il ne put s’empêcher de parcourir les couloirs du département d’histoire et de sociologie en criant haut et fort : « Qui a recruté ce Rouadjia ? Pourquoi la Fonction publique l’a-t-elle recruté ? Qui l’a recruté donc, bon sang ? »
« -C’est vous, y a cheikh », lui aurait répondu le doyen de la faculté des sciences humaines. Par acquis de conscience et comme pour vérifier l’authenticité de mon nom et savoir s’il était ou non inscrit dans l’organigramme de l’université, le recteur s’empressa de demander au chef du personnel de lui faire parvenir d’urgence « le dossier de Rouadjia ». En le parcourant, il fut surpris de voir sa signature au bas du document de mon arrêté de nomination... Que dénote ce brouillage de mémoire et de perspective ? Le fait sans doute que le recteur n’a cure des compétences, internes ou extérieures, et que son souci majeur n’est pas de remédier à l’étiolement des laboratoires de recherche qu’abrite l’université, à l’absence d’espace de travail (bureaux et ordinateurs) et à la déperdition du temps et des énergies des enseignants par suite d’absence de locaux propres et de motivation, mais de censurer ceux qui osent écrire avec honnêteté et impartialité le déficit de gestion en matière des ressources humaines et matérielles. En plaidant en faveur des rapports d’échanges pacifiques, basés sur la communication et l’écoute mutuelle, en prêchant pour un enseignement de qualité, doublé d’une recherche performante de notre université, je me suis mis ainsi ,malgré moi, au banc des accusés.
La piste des 400 étudiants comme forme de chantage et de pression Le 13 mai 2008, le recteur méconcontent des résultats obtenus pour m’ impliquer dans « une faute », revient à la charge et imagine un scénario susceptible de me mettre en porte-à-faux, il charge le doyen de contacter les représentants des étudiants pour établir un rapport défavorable sur ma conduite. Comme il ne peut émettre cette demande directement, car trop voyante, le doyen aborda le représentant des étudiants en des termes à la fois implicites, suggestifs et interrogatifs : « Où est la pétition que vous avez conçue contre Rouadjia ? Pourquoi vous me l’avez cachée ? On dit que vous l’avez remise au chef de département d’histoire et qui l’a escamotée... Est-ce faux ou vrai ? ». Le représentant des étudiants, qui s’est défendu d’avoir connaissance de cette pétition qu’il qualifia d’ « imaginaire », dut subir des pressions de plusieurs heures de la part du doyen, pourtant en délicatesse avec le recteur, de lui obtenir la signature de 400 étudiants « contre Rouadjia ». Le texte de la pétition devrait contenir des failles professionnelles et morales : incompétence, comportements excentriques, attitudes équivoques avec les étudiantes..., tous traits de comportement susceptibles de produire la preuve de ma « faute » ou de ma « culpabilité ».
Quelle fut la réponse du principal représentant des étudiants et l’écrasante majorité des étudiants ayant eu vent de cette demande pressante du doyen, agissant sur la demande du recteur ? Qu’il est inacceptable et immoral de fabriquer un rapport injuste sur un enseignant qui fait preuve de « compétence et de comportement correct, qui fait son travail de bon cœur et avec qui on n’ a jamais de problème... » Au lieu de faire un faux témoignage, les étudiants, par l’intermédiaire de leurs représentants, ont préféré témoigner par écrit en notre faveur et par leur seule initiative, sans que nous ne les ayons sollicités en ce sens. Ils étaient venus par eux-mêmes vers nous pour nous témoigner à la fois de leur solidarité et de leur indignation contre les procédés utilisés par l’administration pour leur arracher de faux témoignages.
La décision de suspension
Le 22 juin 2008, la décision de suspension avec blocage de salaire, tombe comme un couperet. Elle annonce en même temps qu’une plainte pour diffamation a été introduite auprès de la justice. Elle est la conséquence des démarches infructueuses initialement entreprises par le recteur aux fins de me compromettre en vain. La teneur de la décision traduit, selon les experts en droit, des vices de forme et témoigne en même temps d’un abus de pouvoir qui heurte la conscience de tous ceux qui sont démocrates ou non, attachés au sens de la justice et de l’équité. Elle est contraire à nos lois, au bon sens ainsi qu’au baptême de notre République algérienne, démocratique et populaire.
Démarches infructueuses auprès de la tutelle
Les 16 et 24 juin, j’ai saisi par courriers le ministre de L’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique des circonstances qui ont conduit à cette décision et l’ai exhorté à prendre les décisions qu’il jugeait appropriées pour me rétablir dans mes droits, après enquête. A ce jour, je n’ai aucun écho, mais je mets au compte de cette absence de réaction, le calendrier du ministre qui serait trop chargé pour pouvoir se pencher dans l’immédiat sur mon affaire. Dans une de mes lettres adressées au ministre, je soulevais le problème de la critique constructive que le recteur semble confondre à tort avec « diffamation » ou attaque ad hominem contre sa personne en termes de questionnements. En substance, je m’interrogeais sur la mission impartie au chercheur dans notre société qui se veut ouverte et perméable à la modernité : « Le rôle de l’intellectuel, digne de ce nom, celui qui manifeste un réel amour et jalousie pour sa patrie, n’est-il pas celui ,justement, qui fait preuve d’esprit critique ? La raison d’être même de l’université n’est-elle pas de former des cadres capables de raison critique, d’esprit d’examen des faits sociaux et anthropologiques ? Le chercheur et l’enseignant au profit desquels notre Etat dépense des sommes considérables d’argent doivent-ils s’abstenir de toute critique constructive envers certaines de nos institutions frappées d’inertie et d’absence du sens de la responsabilité civique et civile ? Le nouveau statut de l’enseignant chercheur que le MESRS vient d’élaborer (Cf JO de la République algérienne en date du 4 mai 2008) n’évoque-t-il pas la nécessité d’améliorer la qualité de l’enseignement et de la recherche et de procéder annuellement à l’évaluation ? Qualité et évaluation ne requièrent-elles pas plus précisément cette dimension critique, cet esprit d’examen ? Par ailleurs, faut-il confondre critique scientifique avec dénigrement ? A quoi bon former des cadres si ceux-ci ne peuvent pas user des critiques raisonnables, s’ils se montrent impuissants à dénoncer les failles et les insuffisances quant au fonctionnement de certaines de nos institutions sociale, culturelle et économique ? Si le chercheur s’abstenait de faire son travail critique, constructif et citoyen, les imams des mosquées ne manqueraient certainement pas de le faire à leur manière... et à sa place. Ces questions posées, j’exhorte Monsieur le ministre à user de son autorité et de son poids moral pour ramener à résipiscence le recteur de l’université de M’sila, dont les mesures me frappant sont, selon mon point de vue, intempestives et ressortent de l’arbitraire et de l’abus du pouvoir que la justice de mon pays réprouve et condamne. J’en appelle donc à votre conscience morale et à votre sens de responsabilité pour qu’une telle décision soit immédiatement levée. Je vous prie, Monsieur le ministre, de croire en l’expression de ma haute considération.
Le retour des compétences « exilées »
Ce retour est au cœur du discours comme des préoccupations de l’Etat et des gouvernements successifs. On a fait de ce retour tant attendu à la fois une question de principe et d’honneur national. Mais moi, Monsieur le Premier ministre, qui suis un ex-exilé de retour au pays, et fraîchement recruté par l’université de M’sila sur la base de mes compétences attestées tant par le diplôme de doctorat d’Etat que par mes nombreuses publications, dont le caractère scientifique est reconnu au plan international, je me trouve soudain confronté à l’incompréhension, au rejet et à l’ostracisme de mon recteur, ce qui est contraire à la philosophie même de l’Etat, dont le souci majeur est l’intégration et non l’exclusion de ses compétences, internes et externes, dans le dispositif du développement national. Il est clair que si de tels comportements venaient à se généraliser à l’ensemble ou même à une partie de nos chefs d’établissement universitaire, il n’ y aurait ni retour de nos élites éparpillées de par le monde ni relèvement de nos universités qui pâtissent d’une foule de carences flagrantes en matière d’encadrement de qualité.
La meilleure manière de rendre le pays exsangue, de le vider de sa substance constituée de « matière grise » n’est-elle pas justement cette absence du sens civique et civile, cette manière indifférente ou désinvolte qu’ont certains chefs d’établissement envers ceux qui veulent se vouer corps et âme à l’enseignement et à la recherche au service de l’Etat et de la nation ? Pour moi, le patriotisme suppose non pas des proclamations, mais des actes, non pas seulement une allégeance affective, des émotions envers la patrie, mais aussi et surtout un sens aigu de la responsabilité éthique qui implique la défense et la primauté des intérêts de la collectivité nationale sur les intérêts individuels. Ainsi, certains de nos responsables administratifs se proclament-ils « nationalistes » et « patriotes », alors qu’en acte, ils agissent sans le savoir contre l’Etat et la nation. C’est cette inconscience ou plutôt cette dichotomie entre la théorie et la pratique, entre l’idée affichée et l’acte accompli, qui est au centre de nos contradictions sociales et de la confusion qui règne entre intérêt collectif et intérêt privé.
Les petites et grandes injustices que produisent certaines pratiques de nos administrations ne sont pas étrangères à ces révoltes qui sourdent des profondeurs de notre société et qui alimentent, de fait, les ressentiments de certaines franges de la population, ressentiments que tous les ennemis de l’Etat exploitent à leur profit pour en miner les bases. Le terrorisme, sous toutes ses formes, s’alimente non seulement aux prétendues sources de « la misère » matérielle (pauvreté et chômage), mais aussi et surtout à ces sources de la « hogra » que le petit peuple impute à l’abus de l’autorité des petits chefs, au défaut de justice et d’équité qui serait consubstantiel à nos pratiques administratives. La « hogra » et l’injustice peuvent être ressenties comme une forme atténuée du terrorisme sanguinaire. Pour ne pas donner l’occasion à ce dernier une justification morale et pour lui couper définitivement l’herbe sous le pied ne faudrait-il pas assainir notre administration de ces pratiques arbitraires, de cet abus de pouvoir qui infligent tant de mal, tant de blessures et tant de frustrations à des citoyens aussi bien ordinaires que « distingués » ? Si notre cas est loin d’être une « exception », il n’en témoigne pas moins cependant de l’existence d’une « hogra » administrative, dont les victimes anonymes et muettes se comptent par milliers, voire par millions dans notre pays.
En exposant mon cas personnel, j’aurais souhaité également plaider en faveur d’une administration responsable, juste, humaine et compétente et non d’une administration arc-boutée sur des conduites rigides et imperméables aux rumeurs, aux appels de détresse et aux attentes des citoyens, dont elle est censée être l’interface entre le public et l’Etat. Comment peut-on faire aimer l’Etat quand l’administration, par ses pratiques, suscite la haine du citoyen envers son Etat ? Au reste, je vous prie, Monsieur le chef du gouvernement, d’agréer l’expression de ma haute considération. Sincèrement à vous.
(*) Universitaire suspendu de son poste
Par A. R. http://blog.france2.fr/hogra/