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la victoire de l'algerie contre l'egypte est bien meritée; elle est aussi une victoire de lafrique du nord et ...
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Par Amenaash, le 19.11.2009
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Par Anonyme, le 19.11.2009
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allah akbar bouteflika, les algerien les algerienhttp:/ /mlk.centerblo g.net...
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Par Anonyme, le 19.11.2009
que notre pays ai gagnier son billet pour lafrique du sud c'est magnifique;que çà soit feter comme il faut c'e...
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Par Amenaash, le 19.11.2009
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Dernière mise à jour :
23.11.2009
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L'impossible Algérie française
Paul-François Paoli
«Un siècle de passions algériennes. Une histoire de l'Algérie coloniale 1830-1940» de Pierre Darmon - L'auteur retrace l'histoire coloniale depuis la conquête jusqu'à la guerre de 1940 et met en évidence les causes de la tragédie algérienne.
L'Algérie fit partie de l'Empire colonial français plus d'un siècle durant, mais fut-elle jamais française, au sens des idéaux républicains dont la France s'est voulue la porteuse ? Sujets de la France et soldats de l'Empire, les indigènes ne deviendront jamais les citoyens à part entière d'un pays pour lequel ils se sont battus, en 1914 et 1940 ; toujours ils durent se résigner au statut de minorité, alors qu'ils étaient majoritaires sur leur propre terre. Tels sont les enseignements du livre de Pierre Darmon : Un siècle de passions algériennes. Une histoire de l'Algérie coloniale 1830-1940.
La guerre d'Algérie vient de loin, nous explique l'auteur, qui, né à Oran, nous conte une histoire pleine de bruit et de fureur, fourmillante de témoignages. Brutalement conquise sous Charles X, l'Algérie, qui intéresse au départ assez peu les Français, va devenir, après 1870, le symbole d'une grandeur nationale retrouvée, après le désastre de Sedan.
Peuplée de petites gens, de communards ou d'aventuriers qui partent en quête de terres, elle nourrit un mythe colonial qui atteint son apogée lors de la grande exposition de 1931. La République y voit l'effet d'une mission civilisatrice : la France n'est-elle pas l'héritière de Rome où le soldat et les paysans font reculer les frontières de l'arriération ? Sur le terrain, la réalité est autre.
Malgré l'idéalisme de moult Français - notamment ces militaires ou ces religieux qui viennent au secours des indigènes accablés par une succession de fléaux (typhus, famine, choléra, tremblements de terre) qui provoquent, entre 1866 et 1868, un désastre démographique,- deux communautés se font face. D'un côté les Européens, dont beaucoup sont très modestes, de l'autre les Arabo-Berbères, qui ne regrettent pas le départ des Turcs. L'enseignement du mépris : celui de l'Européen pour l'Arabe, mais aussi la défiance du musulman pour l'« infidèle », empêcheront toute fraternité de naître. Enfin, il y a une communauté juive importante qui approuve l'entreprise française mais sera persécutée après le fameux décret d'Adolphe Crémieux qui, en 1870, lui permet d'accéder au statut que l'on refuse aux Arabes : la nationalité française et l'égalité qui en découle. Les pages consacrées à la violence antisémite qui se déchaîne en Algérie sous l'affaire Dreyfus sont instructives : les Juifs focalisent la haine de ceux qui craignent que les Arabes bénéficient, un jour, des mêmes droits. Darmon met en évidence un fait récurrent : les représentants du « lobby colonial » vont empêcher toute réforme. Les tentatives n'ont pourtant pas manqué. Parmi celles-ci, l'épisode du « royaume arabe » cher à Napoléon III est évoqué. Lucide sur ce qu'il appelle le « fardeau algérien », celui-ci comprend que l'arabité fait partie de l'identité algérienne. Il rêve d'une association libre avec la France, mais se heurte au colonat et notamment à une gauche jacobine qui méprise les Arabes au nom de « la civilisation ».
Quelques décennies après, Maurice Violette, gouverneur de l'Algérie en 1925, souhaite que les élites arabes, francophiles et cultivées accèdent à la nationalité. Peine perdue : le parti de l'immobilisme ne veut rien entendre malgré les appels désespérés, ici de Louis Massignon, plus tard d'Albert Camus. Le parti des Oulémas du cheikh Ben Badis et les nationalistes de Messali Hadj ouvrent la voie de la rébellion. Maurice Violette avait vu juste : « Ces hommes vous disent “nous n'avons pas de patrie, nous voulons la patrie française. Nous vous la demandons”. Eh bien, donnez-la-leur ! Sans quoi ils en feront une autre. » La suite allait le démontrer, qui mêlera le sang et les larmes et reléguera l'Algérie française au chapitre des illusions perdues.
«Un siècle de passions algériennes. Une histoire de l'Algérie coloniale 1830-1940» de Pierre Darmon - Fayard, 934 p.
Il est considéré comme un pamphlet anti- Bouteflika : « Poutakhine », un roman qui suscite la polémique en Algérie
Un roman de Mehdi El Djazaïri au titre curieux de « Poutakhine, Journal presque intime d’un naufragé », sorti dans les librairies à la mi-octobre, suscite une vive polémique à Alger. Publié à compte d’auteur, il est considéré comme un pamphlet anti-Bouteflika. Lundi, le quotidien arabophone En-Nahar a reproché à Khalida Toumi, ministre de la Culture, d’avoir autorisé la publication d’un livre qui « insulte » le président de la République
Anniversaire-Kateb Yacine, vingt ans après... : L’homme étoilé
En octobre 1989, il s’éteignait à Grenoble. En octobre 2009, son aura demeure toujours aussi lumineuse. Hommages en vue…Les célébrations posent toujours problème, elles dépendent d’un calendrier et souvent du hasard, mais elles ont une force symbolique qui continue à capter l’attention.
Elles restent surtout des occasions de mettre en valeur un homme, un fait, une œuvre… Le décès, il y a 20 ans, du grand écrivain algérien Kateb Yacine n’a pas fait pour l’instant l’objet de nombreuses annonces, mais, ça et là des initiatives se dévoilent. La wilaya de Guelma a décidé de faire fort pour honorer celui qui fut, toujours avec talent, écrivain, poète, dramaturge et journaliste. Un colloque international consacré à sa vie et à son œuvre aura lieu du 27 au 30 octobre au chef-lieu, tandis qu’une salle de cinéma de la ville sera baptisée en son nom. On annonce également qu’une stèle à l’effigie de Kateb Yacine sera érigée sur le site de Aïn Ghror, près de Hammam N’bails, ancien fief de la tribu des Bani Keblout, dont descendait l’auteur et qui lui avait inspiré plusieurs faits de son roman Nedjma et notamment le personnage du gardien ancestral.
A Alger, c’est la compagnie du Gosto Théâtre, dirigée par Ziani Chérif Ayad, qui organise, en partenariat avec le palais de la culture Moufdi Zakaria et l’OREF « Les rencontres Kateb Yacine 2009 » (27, 28 et 29 octobre sur les deux lieux). Il s’agit d’un événement multidimensionnel avec des mises en espace de pièces théâtrales, des tables rondes, des chantiers culturels et un petit cycle de documentaires sur Kateb Yacine. La passion de Ziani Chérif Ayad pour Kateb Yacine est connue de longue date. Il avait eu l’occasion de l’exprimer pratiquement en 2003, « Année de l’Algérie en France », avec l’entrée de Kateb Yacine dans le répertoire prestigieux de la Comédie française, un événement dont la portée est loin d’avoir été appréciée à sa juste mesure. Ziani Cherif avait alors monté une adaptation théâtrale de Nedjma par Mohamed Kacimi, réalisée avec de jeunes comédiens algériens, dont certains encore étudiants à l’institut de Bordj El Kiffan. Un pari fou mais qui, à force de travail et d’obstination, avait fini par porter ses fruits sur une des plus grandes scènes théâtrales du monde.
Dans le préambule à la présentation de la manifestation, Ziani Cherif affirme : « Voilà vingt ans que Kateb Yacine nous a quitté ; au-delà de l’hommage mérité à plus d’un titre et de la reconnaissance que chacun de nous éprouve pour le poète citoyen, il nous paraît utile, nécessaire et essentiel de nous rencontrer pour débattre de son œuvre et son engagement à mettre l’homme au cœur du drame, c’est-à-dire au cœur de son peuple et au cœur de son histoire. Il refuse de se taire, il revendique sa responsabilité d’artiste et de citoyen dans la cité, et cette responsabilité n’a de sens pour lui que dans la perturbation des idées toutes faites sur tout et des politiques qui écrasent les libertés, toutes les libertés y compris la liberté de conscience ». Soulignant que ces rencontres sont appelées à devenir périodiques, il souhaite que s’ouvre ainsi, sous le « regard » de Kateb Yacine, « un débat sur le théâtre comme lieu de rencontre, laboratoire des langages, porte ouverte sur le futur et lien avec le passé ». La bibliothèque du palais de la culture sera le lieu de ces débats avec, en ouverture, la conférence de Benamar Mediene, universitaire et biographe de Kateb Yacine dont il fut un proche ami. Cette conférence, intitulée « Kateb Yacine : amitiés électives et camarades de combat » portera sur les personnages qui ont marqué ou approché l’écrivain entre 1945 et 1985.
On y retrouvera une galerie impressionnante de personnalités littéraires, artistiques, intellectuelles et politiques qui, pour certains, ont marqué le XXe siècle : Louis Aragon, Jean Paul Sartre, Abdelhamid Benzine, Jean Marie Serrault, Malek Haddad, Paul Eluard, Ali Zamoum, etc., sans oublier Issiakhem le compagnon de toujours, « fil rouge de l’existence » de Kateb Yacine (le 28 octobre à 10h). L’écrivain Djillali Khellas viendra présenter son film documentaire intitulé Nedjma, un regard à la fois sensible et raisonné sur l’œuvre phare (même jour, 14h 30) qui sera suivie d’une première table ronde (Kateb Yacine, un intellectuel iconoclaste) réunissant autour du professeur Mohamed Lakhdar Maougal, notre confrère d’El Khabar, Abdelkader Hamid, ainsi que des professeurs de littérature : Abdlelkefi Rab’a (de Tunis), Nedjma Benachour, Assia Kacedali et Aïcha Kassoul. Le 29 octobre en matinée, la 3e table ronde portera sur les dramaturgies arabes contemporaines et tentera sans doute de situer la démarche de Kateb Yacine. Modérée par Ziani Cherif, elle associera des gens de l’art et des critiques : Philippe Foulquié (Marseille), Roger Assaf (Beyrouth), Marina Barham (Beït Sala, Palestine), Zeineb Farhat (Tunis) et Pierre Abi Saab, chef de la rubrique culturelle d’Al Akhbar (Beyrouth).
L’après-midi, après la projection du documentaire de Kamel Dahane, L’amour et la révolution, aura lieu la dernière table ronde sur Kateb Yacine, journaliste, avec autour de notre confrère de Djazaïr News, H’mida Layachi, le journaliste Allaoua Wahbi et les universitaires Ahmed Cheniki (Annaba) et Paul Siblot (Montpellier). L’auditorium donnera rendez-vous le 27 octobre à 19h à la pièce de Areski Mellal, L’étoile et la comète, mise en scène par Ziani Cherif et présentée comme une sorte de « biographie affective, intime et émouvante » de Kateb Yacine. Du 29 octobre au 3 novembre El Machina, également mise en scène par Ziani Cherif, la pièce Les dires de Abdelkader Alloula sera donnée tous les soirs à 20h sous le chapiteau de l’esplanade de Ryadh El Feth. Auparavant, le 28 seront présentées au même endroit des mises en espaces de textes : « La galaxie Kateb Yacine, de la poésie aux libertés » de Benamar Mediene et « Minuit passé de douze heures », d’après les écrits journalistiques de Kateb Yacine. Un beau programme en perspective pour ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir un écrivain exceptionnel à l’audience réellement universelle. Amazigh Kateb viendra probablement en Algérie, courant novembre, pour une tournée avec les chansons de son premier album solo où figurent plusieurs textes de son père.
Par Slimane Brada
Sur initiative de Ramdane AchabUne maison d’édition pour la littérature amazighe
Louable initiative que celle prise par M. Ramdane Achab de créer une maison d’édition et se spécialiser dans l’édition littéraire amazighe.
Ainsi, le siège de l’édition se trouvant à Tizi-Ouzou, permettra une meilleure prise en charge de la production littéraire amazighe. Parmi les ouvrages déjà édités par les éditions Achab, on peut citer, «Lexique linguistique, français-anglais-tamazight, précédé d’un essai de typologie des procédés néologiques», de Abdelaziz Berkaï.
Un autre ouvrage est aussi édité. Il s’agit du roman de Nabil Farès : “Yahia, pas de chance, un jeune homme de Kabylie”.
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M. M.
Ennahar publie la dernière image de l’assassinat de Hasni
Alger- Alors qu’il nous était impossible de rentrer en contact avec le réalisateur Messaoud Laïb pour en savoir plus sur la fuite de copies de DVD du film « Hasni, la dernière chanson » coïncidant avec le 15e anniversaire de la mort du chanteur sentimental, Ennahar a pu avoir en exclusivité certaines séquences du film
Comment le peuple juif a été inventé, de Shlomo Sand |
Antisémite, avez-vous dit ? |
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Peut-on reprocher à un juif d’être antisémite ? Bien heureux celui qui pourrait y répondre. En tout cas, l’un des derniers livres de l’historien et sociologue israélien Shlomo Sand continue de faire des vagues dans les milieux orthodoxes de la juiverie mondiale et des zélés zélotes défenseurs du Grand Israël, une idée tenace qui veut s’édifier sur les cadavres des Palestiniens. Les tenants du sionisme le plus virulent ne saluent pas cet auteur dans les couloirs de sa propre université à Tel-Aviv. La cause de tout cela, un livre, un livre d’historien, fait dans les règles de l’art et apportant son lot d’informations sur une rigueur toute scientifique, ce qui, bien sûr, dérange au plus haut point. Le livre Comment le peuple juif a été inventé, paru chez Fayard, n’a pas eu le succès escompté en France pour des raisons évidentes. Mais cet ouvrage a eu un succès paradoxalement fulgurant en Palestine occupée en se plaçant allègrement dans la très sélective liste des dix livres les plus lus entre Bethléem et Gaza. D’ailleurs, il est traduit dans plusieurs langues et a fait le tour du monde plusieurs fois. Shlomo Sand est sympathique, antisioniste farouche, dénonce le racisme anti-Arabes dont son pays fait montre, manipule souvent les concepts provocateurs, se fait cynique, instruit et manie un humour caustique. Ce juif d’origine autrichienne, débarqué bébé à Jaffa en 1948, n’hésite absolument pas à déclamer haut et fort son antisionisme. A la question de savoir pourquoi son livre a-t-il autant dérangé Israël et ses défenseurs aveugles, il répondra qu’il a voulu déconstruire ce mythe de peuple choisi, de peuple élu. Il dira à cet effet : «J’ai voulu décomposer l’historiographie de mon pays en m’attaquant aux grands mythes d’Israël (…) J’ai pris l’histoire nationale telle qu’elle nous est proposée et j’ai tenté de démontrer qu’il s’agissait de légendes et de mythes, qu’il ne fallait pas confondre la Bible avec un livre d’histoire, qu’il était grand temps de la remettre au rayon théologie.» Et de renchérir pour appuyer ses dires : «Le peuple juif n’existe pas, c’est une invention qui remonte à 150 ans et qui participe à la fabrication d’un passé imaginaire dont le but est de consolider le sentiment national en Israël.» Tous ses étudiants sont persuadés d’être des descendants du royaume de David, que les juifs auraient été, il y a deux mille ans, contraints de s’exiler, et l’exode, ce fondement même de l’identité juive, n’a jamais existé. |
DANS UNE DÉCLARATION EXCLUSIVE À L’EXPRESSION
Takfarinas raconte Michael Jackson

«C’est un honneur pour moi d’avoir reçu le trophée du meilleur artiste nord-africain des mains du roi du pop et de Nelson Mandela.»
La mort du roi du Pop, Michael Jackson, a beaucoup affecté la famille de la chanson. Nombreux sont les artistes qui pleurent la légende. Parmi ceux qui avaient le privilège d’avoir rencontré et discuté la musique avec le roi du POP figure l’artiste algérien d’expression kabyle Takfarinas. Dans une communication téléphonique avec L’Expression, le roi du Yal raconte la légende américaine. «J’ai appris la mauvaise nouvelle comme tout le monde le jeudi à mon réveil. C’était la fin du monde pour moi. J’ai annulé tous mes rendez-vous. J’étais abattu. J’ai pleuré Michael comme tous les artistes et les fans. Ici à Paris, le décès de Michael fait l’actualité. On ne parle que de cela», a t-il déclaré. Et d’ajouter: «Je ne trouve pas de mots. Je dirai qu’on a perdu, vraiment, une planète de musique. Je trouve en lui un côté extraterrestre. Je ne peux que présenter mes condoléances à la famille de la musique en général».
Takfarinas revient, à cette occasion, sur les moments qu’il a passé en Afrique du Sud avec «son idole». «J’ai rencontré Michael Jackson en 2000 à Johannesburg, en Afrique du Sud à l’occasion d’un concours des meilleurs tubes de l’année 1999. Il y avait une quarantaine d’artistes qui avaient marqué cette année-là. Suite à mon passage sur scène avec la chanson de l’année qui est Zaâma Zaâma, j’ai pu décrocher le premier titre du Prix de meilleur chanteur nord-fricain. Le trophée m’a été remis par le président sud-africain, Nelson Mandela, et la star du pop, Michael Jackson. C’étaient les meilleurs moments de ma carrière artistique». Tak dévoile pour la première fois dans les colonnes de la presse ce qu’il a dit à Michael Jackson.
«Au lendemain du concert, j’ai eu une discussion d’une demi-heure avec Michael et son fils. C’était une occasion de lui remettre mon album Zaâma Zaâma. C’était son fils aîné qui l’avait pris». Dans les détails, Takfarinas nous a déclaré avoir dévoilé à Michael Jackson «mon rêve de chanter ensemble, car c’est un rêve pour moi». Tak raconte ce que Michael Jackson lui a répondu «Avec son sourire Michael me répond: C’est magique, mais ton rêve est réalisable. Ce n’est pas impossible. Il faut juste essayer de me contacter à mon retour aux Etats-Unis pour voir que tout est faisable dans le monde de la musique où le rêve est toujours permis.» Pourquoi attendre exactement la mort de Michael Jackson pour faire ces déclarations? A cette question, Tak répond: «Tout simplement, mon rêve s’est vaporisé. Maintenant, je n’ai plus d’espoir de réaliser mon souhait. C’est pour cela que j’en parle. Michael était un modèle pour moi». Et d’enchaîner: «Je lui ai parlé de l’Algérie, de moi, de ma musique et de mon engagement. Je ne parle pas de son côté humain car la perfection est à Dieu seul, mais il suffit juste de se rappeler qu’il était le premier à combattre le racisme aux USA. Il a réussi à faire aimer la musique noire aux Blancs américains». Par la même occasion, le chanteur algérien d’expression kabyle a décidé de dédier son nouvel album qui sortira incessamment sur le marché à la mémoire de Michael Jackson. «Je dédierai mon prochain album à la mémoire de Michael.» Quant à Nelson Mandela, le chanteur algérien estime: «Il reste pour moi, un président du monde entier, et un symbole de la liberté, il m’a demande d’où je venais et quand je lui ai dit que je venais d’Algérie, il a levé son poing et a dit "Viva Algeria" puis il m’a dit: le peuple algérien est courageux et c’est un peuple digne. A cette époque, l’Algérie vivait les années sombres». A propos de son nouvel album, Tak ajoute: «Je le prépare doucement. Je fais quelque chose de très, très bon. Il y aura un peu de tout, mais croyez-moi, c’est un régal». Tak n’a pas voulu trop s’étaler sur son album. «Aujourd’hui je préfère ne pas parler de mon album, ce sera pour la prochaine fois.»
A l’occasion de la commémoration de l’assassinat du chanteur Matoub lounès, Takfarinas s’est incliné devant la mémoire du «rebelle». «Matoub est du calibre des chanteurs qui ne meurent jamais. Comme Michael, Matoub restera toujours dans mon coeur.»
Tahar FATTANI
DISPARITION BRUTALE DE MICHAEL JACKSON
Bambi, tu nous manques déjà!

Désormais orphelins, comme Billy Jean, qui aurait cru que le plus célèbre des Jackson Five disparaisse aussi tôt, à l’âge de 50 ans?
Un mythe tire sa révérence. Après Farah Fawcet, la «drôle de dame décédée jeudi, suite à un cancer du colon, c’est le tour d’une autre star américaine, planétaire, de disparaître dans la surprise générale. Michael Jackson qui s’était converti à l’Islam en novembre dernier, a été terrassé jeudi soir par une crise cardiaque. Il a été déclaré mort après son arrivée à l’hôpital dans un état d’arrêt cardiaque total, a déclaré le médecin légiste de Los Angeles Fred Corral, ajoutant qu’une autopsie aurait vraisemblablement lieu vendredi (hier). La nouvelle de sa mort a fait l’effet d’une bombe. Le monde de la musique et de la pop est en choc! C’est la fin d’une époque. Une "Bad history" que l’on a découvert avec stupeur vendredi soir, sur les chaînes télé américaines CNN et consorts, relayées par le Net où beaucoup de fans criaient leur indignation et affliction. Difficile d’y croire en effet.
Le plus célèbre des Jackson Five est parti à l’âge de 50 ans. Son héritage musical demeurera éternel. Beat It, Thriller, Billy Jean, Giving to me, Wanna Be Startin’ Something avec ses fameux "Mama sa, mama coo sa" empruntés à Manu Dibango en passant par Dirty Diana (clin d’oeil à son amie Diana Ross),» ou encore le fameux morceau We Are the World, coécrit en 1985 avec Lionel Richie, la chanson pour une oeuvre de charité en faveur de la lutte contre la faim en Afrique.
Un clip qui passait souvent à la Télévision algérienne à cette époque là...Aussi, Leberian girl, Dangerous, Heal the world, Black or White, History, Blood on the dance floor, You Rock My World et j’en passe...tous des tubes! «Wacko Jacko» («Jackson le dingue») était certes un extraterrestre qui n’aimait pas trop son image, d’où le recours systématique au bistouri mais un génie de la musique et de la danse. C’est ce dont on doit se souvenir. C’est sur la chanson Billie Jean qu’il effectuera pour la première fois son Moonwalk, ce pas de danse légendaire. Cette interprétation lui vaudra un appel et un télégramme de Fred Astaire: «Je suis un vieil homme, j’attendais la relève. Merci!» Quelle reconnaissance de la part de ce monument du music hall américium. Un monde si magique auquel «Bambi» ne cessera de rêver allant jusqu’à le recréer chez lui. Oui, c’est dans son ranch de Neverland que le généreux Michael accueillait sa famille et surtout ses amis, les enfants, recouvrant ainsi par la même occasion son enfance perdue, séquestrée, et retrouvait un semblant de sérénité et de paix! Lui qui a été extirpé très tôt de son innocence et jeté sur scène à l’age de 11 ans, rudoyé qu’il était par un père impitoyable et tyrannique. On estime aujourd’hui à 750 millions le nombre d’albums vendus par Michael Jackson au cours de sa carrière, ce qui classe le chanteur, qui a également remporté 13 Grammy Awards, comme le plus gros vendeur d’albums de tous les temps. Quincy Jones, qui a contribué aux arrangements de l’album Thriller le plus vendu de l’histoire de la musique et produit l’album Off The Wall confie: «Je suis effondré par cette nouvelle. Que Michael nous soit soudainement retiré alors qu’il était encore si jeune, cela me laisse sans voix. Aujourd’hui, j’ai perdu mon petit frère et une part de mon âme est partie avec lui.»
Encore de la magie, cette fois dans l’univers du 7e art, une source inépuisable d’inspiration pour Michael Jackson, en témoignent tous ses clips, de véritables bijoux cinématographiques. Pour info, Bad a été signé par Sieur Scorsese Moonwalker est un film de Michael Jackson réalisé par Jerry Kramer et Colin Chilvers, sorti en décembre 1988, contenant de nombreux vidéo-clips de l’artiste dont ceux de Smooth Criminal, Leave me alone et Speed Demon. Qui n’a pas en mémoire, ce black du Magicien d’Oz, The Wiz de Sidney Lumet? Macaulay Culkin ce célèbre garçon de Maman j’ai raté l’avion, fera une apparition dans ce beau clip Black or White, véritable hymne à la tolérance et contre le racisme. Dans Remember The Time qui se déroule dans un palais égyptien, Eddie Murphy joue le rôle d’un pharaon essayant d’amuser sa femme Iman. Michael Jackson a également produit Ghosts, un court métrage à sensation de 40 minutes réalisé par Stan Winston, et écrit par Michael et Stephen King, qui a été diffusé hors-compétition au Festival de Cannes 1997. Avant-gardiste et visionnaire, Michael était plus qu’une idole pour beaucoup d’entre nous, un dieu même!
Repose en paix Bambi. Le fameux «moonwalk» a été imité par des millions de fans à travers le monde, sans doute par beaucoup d’entre vous et moi...Michael aura survécu à maintes péripéties dans sa vie et de nombreux litiges avec sa familles.
Sa carrière aura été affaiblie par de nombreux scandales et procès qui donnèrent un sérieux coup à sa fortune. Michael Jackson vivait presque en reclus depuis son acquittement en 2005 par la justice américaine pour violences portées sur des enfants. Il avait prévu un retour sur le devant de la scène, avec une grande tournée mondiale jusqu’en mars 2010, dont le premier concert devait avoir lieu le 13 juillet à Londres.
Le chanteur répétait dans la région de Los Angeles depuis deux mois en vue de ce retour. Michael Jackson est né le 29 août 1958 à Gary, dans l’Etat de l’Indiana, septième enfant d’une fratrie de neuf. Il s’est marié deux fois, notamment avec la fille unique d’Elvis Presley. Il laisse trois enfants, et un héritage artistique incommensurable dont beaucoup d’artistes s’inspirent aujourd’hui, Justin Timberlake notamment et beaucoup d’autres. Le roi n’est pas mort...Vive le roi!
O. HIND
L’Afrique en fête à alger |
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| Djamel Zerrouk |
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Matoub Lounès : l’art, l’artiste et la sociétéDestins hélés, destins mêlés
On est en droit d’espérer une halte qui puisse permettre un regard lucide, franc et dénué de l’esprit exclusivement commémoratif sur le legs de Matoub Lounès. En d’autres termes, quand est-ce qu’on pourra célébrer l’artiste dans toute sa dimension et le sortir de cette tour d’ivoire de rebelle qui statufie le personnage plus qu’elle ne sert son image ? À bien y réfléchir, la position de rebelle se lit dans tout Matoub. Rebelle au silence, au texte trop facile, aux images redondantes qui revenaient souvent dans l’ancienne chanson ; rebelle à la manière consacrée et ritualisée d’accepter la fatalité.
Amar Naït Messaoud
Il était rebelle à l’ordre établi dans toutes ses variantes et catégories aussi bien dans le domaine artistique et esthétique que dans le domaine de l’engagement social et culturel. Si, aujourd’hui, le mot rebelle paraît quelque peu étroit pour la personne de Matoub, c’est par l’usage exclusivement politique qu’on en fait. L’opposition politique de Matoub contre la dictature du pouvoir et contre toute forme d’asservissement dont les conservateurs et les théocrates formaient le dessein ne souffre aucune équivoque. Par ces chansons et son combat quotidien, il en donné la preuve jusqu’à son ultime souffle. Cependant, l’énergie créatrice et démiurgique de l’artiste – qui lui permet justement cette forme d’élévation – est puisée en lui-même, dans ce regard qu’il jette sur la société, la montagne, les vallons, le labeur de l’homme de peine, l’amant grugé, le soupirant fatigué, l’éternel exilé, l’émigré recroquevillé sur lui-même, la femme de l’émigré – patiente mais toujours triste –, l’homme déchu dans la fange touché par une forme de déréliction humaine, le prisonnier, le condamné à mort, l’homme trahi par ses frères,… Il n’y a pas de situation sociale ou politique que l’œuvre de Matoub a oubliée ou évacuée.
Il semble que le véritable travail sur Matoub reste à faire. Plus de vingt ans d’une carrière fulgurante, vécue d’une façon exaltante à la ‘’vitesse de la lumière’’. Il fallait tout dire. C’est comme si l’artiste avait une forme de prémonition sur un destin qui sera écourté par la bêtise et la barbarie algériennes de la fin du XXe siècle.
Une analyse globale, sereine et méthodique de la poésie de Matoub devra nécessairement ‘’faire la lumière’’ sur cette conjonction heureuse entre la personne du chanteur, le contexte social et politique du pays et le destin de son peuple. Cette conjonction, Matoub l’a voulue présente dans la plupart de ses chansons et le tableau se déroule d’une façon si harmonieuse et si naturelle que l’on a de la peine à imaginer ces destins séparés ou racontés individuellement
Une esthétique de la rébellion
Trop rares sont les poèmes de Matoub Lounès où la vie privée du chanteur est assez éloignée des thèmes majeurs qu’il a eu l’occasion de traiter dans sa courte mais exaltante vie. Au cours d’une carrière artistique qui s’étale sur environ vingt ans – et que seul son destin tragique a pu arrêter à Tala Bounane un certain 25 juin 1998 –, Matoub a carrément bouleversé le cours de la chanson kabyle en lui apportant un souffle nouveau et novateur marqué par la fougue et le rythme de la jeunesse, l’esprit rebelle et une sensibilité à fleur de peau. Pourtant, en venant à la chanson, il n’a pas trouvé le terrain vierge. Au contraire, une génération post-Indépendance, pleine d’énergie et d’imagination, a pu s’imposer auprès d’un auditoire assoiffé des mots du terroir et des rythmes ancestraux, catégories artistiques niées et malmenées par la culture officielle imposée par le parti unique. Ainsi, Aït Menguellet, Ferhat Imazighène Imula et Idir ont pu se mettre au diapason des aspirations de la jeunesse de l’époque, et le cours des événements a fait d’eux – peut-être à leur corps défendant – des ‘’porte-parole’’ attitrés d’une population déçue par l’ère de l’après-indépendance faite d’arbitraire, de népotisme, de négation des libertés et de l’identité berbère. C’est dans ce contexte, dont le début de maturation peut être situé vers 1977, année du double trophée de la JSK (Coupe d’Algérie et championnat) qui a vu une jeunesse kabyle enthousiaste et déchaînée cracher les quatre vérités au président du Conseil de la révolution présent au stade du 5-Juillet à Alger. Pour punir la région pour une telle ‘’indiscipline’’, le gouvernement rebaptisa la JSK du nom de la JET (Jeunesse électronique de Tizi Ouzou), sujet qui fera l’objet d’une chanson de Matoub.
Sur ce terrain déjà abondamment fertilisé par une prise de conscience de plus en plus avancée, Matoub évoluera en apportant sa touche et son style personnels et qui se révéleront par la suite comme une véritable révolution dans la chanson kabyle en général.
Après les premières chansons où se mélangent amour, ambiance de fête et rébellion primesautière, thèmes bâtis sur des textes généralement courts et des rythmes vifs, Matoub Lounès épousera la ‘’courbe’’ des événements en s’en faisant parfois le ‘’chroniqueur’’, le commentateur et l’analyste.
Et le premier et le plus important événement que Matoub a eu à vivre dans sa région, alors qu’il était âgé d’un peu plus de vingt-cinq ans, était bien sûr le Printemps berbère d’avril 1980. Pour toute la population de Kabylie, et même pour l’ensemble du pays, Avril 1980 est considéré comme le premier mouvement sortant des entrailles de la population après l’indépendance du pays en 1962. Tout ce qui s’est passé avant cette date – fussent-elles des émeutes – était circonscrit aux luttes du sérail et était géré en tant que tel. Le Mouvement berbère de 1980, qui a commencé en mars et dont le plus gros des troubles s’est étalé sur quatre mois – en vérité, ce Mouvement n’a jamais pris fin et tout ce que vivra la Kabylie des décennies plus tard est frappé du sceau d’avril 80 –, allait constituer le bréviaire et le champ d’action de la poésie de Matoub. L’Oued Aïssi, Si Skikda i t n id fkène, et d’autres chansons aussi émouvantes et fougueuses les unes que les autres, sont le point de départ d’un parcours de chanson engagée que ne démentiront ni le temps ni les événements. ‘’Engagée’’, une épithète certes galvaudée, par le pouvoir politique d’abord – car il place et classe tous ses courtisans, artistes ou autres faux intellectuels, dans cette catégorie tant ‘’convoitée’’ – et ensuite par de médiocres chansonniers à la recherche d’une hypothétique gloire qui viendrait, si c’est possible, de la débordante générosité du sérail. Mais tel que défini initialement, Matoub répond parfaitement- et jusqu’au drame – aux canons de l’engagement.
Partant de ce constat irréfutable, il s’avère que c’est sans grande surprise que l’on découvre à quel point la vie personnelle, et même intime, du chanteur vient se mêler, s’imbriquer et parfois se confondre au destin collectif que Matoub met en scène dans ses poèmes. Et ce n’est pas par hasard que les chansons qui excellent dans se genre d’‘’amalgame’’ volontaire soient les plus volumineuse, les plus longues. Que l’on s’arrête sur Azrou n’Laghrib (1983), Ad Regmegh qabl imaniw (1982) et l’inénarrable A Tarwa n’Lhif (1986). Toutes les trois portent la marque d’une errance de l’auteur – où se mêlent éléments réels et quelques séquences de fiction poétique – associée à l’épopée de toute une région, un pays, une nation.
D’autres textes plus courts adoptent la même architecture : A y ammi aâzizène, ayn akka tghabedh ghef allan ?, Tkallaxm-iyi di temziw, xellasgh awen ayn ur d ughagh, Ugadegh ak Rwin…,
Parcours épique, vision lyrique
Dans le poème Ad Regmegh qabl imaniw (1982) par exemple, nous constatons clairement que presque la moitié du texte concerne la vie personnelle de l’auteur. Il en fait un prélude auquel il associe une mélodie et une musique bien spécifiques. Lorsqu’il prend l’élan pour aborder le joyau du thème du poème, il force la cadence, décrit le parcours et le destin du pays, s’attaque aux faussaires, aux tyrans et aux corrompus. Mais la trace de l’individu – de l’auteur doit-on dire – ne disparaît pas pour autant. L’on a l’impression que Matoub évite et abhorre même la description impersonnelle. Elle rendrait peut-être froid le portrait et moins persuasif l’argument. C’est pourquoi, en filigrane, le narrateur se met toujours en évidence et témoigne, prend acte, prend à témoin, déplore, dénonce, met à nu, fustige, ironise. Dans ce conglomérat d’événements et de situations, le narrateur prend une position clef dans le processus de décryptage.
Dans ce genre de pièces ressemblant à une grande épopée, le lyrisme et la touche personnelle semble dépasser le simple souci du décor littéraire. Il participe d’une vision où le destin personnel n’est pas un simple ‘’prolongement collatéral’’ du fatum collectif. Les deux situations fusionnent pour former une seule contingence conditionnée par l’histoire, la culture et la politique.
Dans son élan de sincérité ordinaire, il aspire à une justice immédiate et la réalise sur-le-champ. Il s’afflige des remontrances et des insultes avant de s’adresser à ses compatriotes pour leur reprocher leur comportement politiquement suicidaire et historiquement sans issue.
Il prend son courage à deux mains et dit avoir ‘’teinté sa figure avec la suie d’un brandon’’, pour signifier qu’il ne reculera devant aucune gêne factice ni aucun sentiment de pudeur mal placée. ‘’Lavons notre linge sale hinc et nunc (ici et maintenant)’’, semble-t-il suggérer. L’audace et la bravoure de se regarder les yeux dans les yeux réclament d’aller jusqu’au fond des choses et parfois loin dans le temps.
C’est ce que Matoub insinuait dans une autre chanson en déplorant que l’occupation de Fort-National en 1857 par l’armée française relevât, en partie, d’une traîtrise de quelques éléments de chez nous.
Le sort de l’individu tel que décrit par Matoub dans le texte-prélude plonge dans la déréliction humaine : sur lui, le malheur tombe dru comme la pluie d’automne ; il est noirci par les épreuves de la vie et traîne dans la fange. Adverse fortune qui fait de lui un adepte involontaire du mal et un ennemi des belles choses. Errant pieds nus par les bois et maquis, il n’a su distinguer la lumière des ténèbres ; sans progéniture, il se voit déjà sans héritier. Brisant toutes les brides qui l’entravaient, il décide d’aller quêter la vérité sur le pays et ses héros injustement exilés ou assassinés. Ici, les allusions sont à peines voilées. Mais pour ceux qui ont suivi les événements des années 1960 et 1970, ce ne sont plus des allusions ; ce sont des repères spatiaux et chronologiques. Matoub prend son bâton de pèlerin et se rend à Madrid où fut tué Mohamed Khider, un héros de la révolution algérienne. De là, il compte révéler les lugubres scandales des autorités politiques algériennes qui ne savent réduire le rival politique qu’en le trucidant. Le périple conduit le narrateur en Suisse où est censé être déposé l’argent de la nomenklatura acquis par la rapine et la corruption. De là, il passe en Allemagne où le grand révolutionnaire Krim Belkacem, exilé dans ce pays, fut étranglé dans sa chambre d’hôtel par des ‘’inconnus’’.
Le texte se poursuit par un réquisitoire contre le régime du parti-État qui avait confisqué les libertés, la dignité et l’identité des Algériens. Les votes organisés par le FLN étaient des scrutins à la Naegelen, soit comme le dit la gouaille populaire de l’époque : ‘’un vote massif pour oui bessif’’. Mais Matoub ne ménagera personne. La désunion et les éternelles rivalités entre les Kabyles ont fortement contribué à installer chez eux la débandade et la défaite.
Dans la veine du texte de Ad Regmegh qabl imaniw, Matoub a su élaborer d’autres chansons d’inégal volume tout au long des années 1980 et 1990. A chaque fois, le nouveau contexte enrichit le poème des nouveaux repères et événements lui servant de support : emprisonnement des leaders kabyles en 1985 (Ligue des droits de l’homme et enfants de chouhada), Journées d’Octobre 1988 où Matoub lui-même reçut une rafale de Kalachnikov, émergence de partis politiques islamistes – en particulier le FIS – et avènement du terrorisme islamiste dont il sera la victime (kidnappé en 1994).
On remarque que, au-delà d’une certaine vision poétique ou de représentation des choses qui assimile destin collectif et destin individuel, Matoub a eu à vivre physiquement, dans moult situations, cette forme d’imbrication de destins. Privilège de poète rebelle et provocateur – au sens katébien du terme – ou simple et éblouissante contingence, le résultat étant, en tout cas, des plus délicieux. Lorsque la métaphore s’incarne dans le corps et le geste de la réalité, elle prend les dimensions de la geste et du verbe démiurgiques..
‘’Le bateau ivre’’ ou le destin collectif de l’individu
Le texte de A Tarwa L’hif est sorti en 1986 dans un album qui compte trois autres chansons. Il s’étale sur environ une demi-heure, occupant ainsi une face complète de la cassette. La sortie de l’album a eu lieu une année après les événements de 1985 que l’historiographie nationale n’a pas encore bien mémorisés. Pendant les jours torrides de l’été de cette année où fut commémoré avec un faste indécent le 23e anniversaire de l’Indépendance, des militants politiques et associatifs activant dans la clandestinité imposée par le parti unique ont été arrêtés et emprisonnés dans le pénitencier de Berrouaghia. Ils furent des dizaines : fondateurs de la Ligue algérienne des droits de l’homme, membres de l’Association des enfants de chouhada, membres du parti clandestin le MDA,… Déjà, lors de la journée de l’Aïd El Adha, à l’aube, la caserne de police de Soumâa à Blida fut investie par les éléments islamistes appartenant à la branche de Bouyali et Chabouti. Ils emportèrent des armes et se replièrent par la suite sur les monts de l’Atlas blidéen entre Larbâa et Tablat. Les services de sécurité ne viendront à bout de ce groupe que quelques mois plus tard. De son côté, l’élite kabyle a été étêtée et la presque totalité des activistes a été arrêtée (Ali Yahia, Saïd Sadi, Hachemi Naït Djoudi, Ferhat Mehenni,…). Le 5 septembre, ce sera le tour du poète Lounis Aït Menguellet à qui – parce que faisant la collection de vieilles armes dans son domicile – il sera reproché de ‘’détenir des armes de guerre’’. Le chanteur sera condamné à trois ans de prison.
A l’étranger, c’est grâce à la présence d’esprit de journalistes français venus couvrir le rallye Paris-Alger-Dakar qui, à l’époque passait par notre pays, que l’écho de la répression a pu franchir les frontières. Des équipes de journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision ont pu fausser compagnie à l’institution de Thierry Sabine à partir d’Alger pour se rendre en Kabylie afin de faire des reportages sur les manifestations de la population qui demandait la libération des prisonniers.
Cinq ans après le grand réveil de la Kabylie, appelé Printemps berbère, toutes les tentatives d’exercice de la citoyenneté émanant de la société sont écrasées par la machine infernale de la répression de l’État-parti. Les espoirs et les ambitions de la partie la plus éclairée de la société se transformèrent en d’affligeants désenchantements et en de lourdes interrogations. Cette forme d’impasse politique et sociale aura pour terrain d’expression idéal la chanson. Chez Aït Menguellet (l’album Asefru) et Matoub (l’album Les Deux compères), les événements et les questionnements qu’ils charrient transparaissent ouvertement ou en filigrane selon le style de chacun de ces deux poètes.
C’est après Les Deux compères que Matoub produira A Tarwa L’hif. Le texte est bâti sur une logique mêlant la narration et la réflexion, le présent et le passé, le destin individuel et le destin collectif. L’on a rarement vu un texte aussi dense et aussi synthétique prendre des développements tentaculaires au point de mêler les détails de la vie privée du chanteur aux grandes préoccupations du pays, voire de l’homme en général.
Le désenchantement se lit de bout en bout tout au long de ce texte. L’auteur revient de ses illusions en mettant en relief le craquellement des amitiés militantes face aux appâts dressés par le pouvoir politique. Le jeu du sérail est vraiment serré ; il crée des déchirures et sème la zizanie dans le corps de la société qui lui paraît comme un ennemi en puissance, voire en acte. Suivent alors les échanges d’accusation, de calomnies et d’invectives. La méfiance règne en maître, et le maître de céans, le prince pour bien le nommer, se met en spectateur, jouissant de ces prouesses et jubilant d’ivresse de pouvoir.
Adverse fortune
Pour exprimer la complexité d’une telle situation, Matoub Lounès a eu recours à une voie de narration qui prend les allures d’une véritable épopée. Dans toutes les scènes qu’il a eu à présenter, il donne l’impression – voire une nette image – que sa personne est mêlée, parfois enfoncée jusqu’au coup, dans cette terrible aventure du pays. Infortune, exil, abandon de la famille, mobilisation forcée pour des causes étranges et étrangères par la volonté du prince, déréliction humaine. Tout cela suit la trame et les péripéties d’un récit d’un individu auquel s’identifie le chanteur.
On retrouve aisément les grandes préoccupations exprimées par Matoub dans d’autres chansons politiques antérieures, comme on retrouve aussi, émaillant le texte par-ci par-là, des thèmes développés par Aït Menguellet, Ferhat Imazighène Imula ou inspirés de la mémoire et de la culture populaires. Mais la verve et le mordant de Matoub ont donné à la chanson des couleurs et des accents particuliers.
La tendance prononcée de Matoub pour une rhétorique et une emphase kabyles insérées dans un contexte moderne est ici confirmée et consacrée. A partir d’éléments de la culture populaire, il construit une sentence telle que celle-ci : "La laine qui est blanche, si elle était portée par des lions et non des brebis, rares seraient ceux qui en porteraient la tunique."
Le désillusionnement issu du non-aboutissement des luttes engagées par la société et son élite pour l’émancipation citoyenne et le recouvrement des droits culturels a entraîné avec lui des goûts d’amertume que l’on retrouve dans la plupart des chansons kabyles à partir de 1981 : Tivratin, Askuti, Arrac n’Ldzaïr de Lounis Aït Menguellet et toute une série de chansons de Matoub ont essayé de décrypter les tares et les failles de la société qui ont fait que ses luttent n’aboutissent pas. Intérêts personnels divergents, appât du gain, corruption et d’autres ‘’vices rédhibitoires’’ qui donnent une image peu flatteuse de soi. Aït Menguellet disait que «ce sont vos propres figures que vous redoutez de rencontrer (en vous regardant dans le miroir)». Le mal, en quelque sorte, est en nous. Mais la critique du pouvoir tyrannique, ‘’corrompu et corrupteur’’ et se voulant éternel est plus que jamais argumentée et mise en avant.
Le mal se trouve plus généralisé et plus insidieux que l’on a tendance à le croire. Il ne se limite pas aux sphères du pouvoir. C’est l’organisation de la société et la culture dominante qui tracent les limites du ‘’raisonnable’’ et du ‘’politiquement correct’’. Là où le pouvoir de l’argent évince les valeurs ancestrales de vaillance et d’honnêteté, il ne reste que des caricatures de la morale.