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PROCHE ORIENT

Jusqu’à quand le diktat d’Israël?

Publié le 22/10/2009 à 01:30 par hogra

Jusqu’à quand le diktat d’Israël?

Israël digère très mal son premier et sévère revers diplomatique depuis la fondation de l’Etat hébreu en 1948 dans sa vaine tentative d’étouffer le rapport Goldstone, commandité par l’ONU, qui accuse Israël de «crimes de guerre» et de crimes pouvant s’assimiler à des «crimes contre l’humanité». Ainsi, pour la première fois, une commission d’enquête internationale a pu mener jusqu’à leur terme des investigations sur les exactions d’Israël contre la population palestinienne. Tant de crimes de guerre israéliens ont jusqu’ici échappé à l’investigation de l’ONU - les crimes commis à Sabra et Chatila en 1982, à Jenine en 2002 notamment - et passés par pertes et profits par une pusillanime «communauté internationale» qui n’a jamais été désireuse de savoir lorsqu’il est question d’Israël et des crimes qu’il commet à l’encontre des peuples palestinien et libanais. Cet unique échec d’Israël - assuré depuis des décennies de l’impunité par ses protecteurs américains eteuropéens - est donc estimé comme le revers de trop par l’Etat hébreu. Ainsi, les dirigeants israéliens sont dans tous leurs états, face à l’incapacité de ses protecteurs de stopper le rapport Goldstone et la crainte que celui-ci passe devant le Conseil de sécurité de l’ONU avec la possibilité de voir la Cour pénale internationale (CPI) prendre en charge le dossier. Pour parer à cette possible action de la CPI, Israël réfléchit à l’éventualité...de (faire) changer les lois internationales. Rien que ça! Dans un communiqué publié mardi par le cabinet israélien, il y est dit: «Le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) a demandé aux organes gouvernementaux compétents d’étudier une initiative pour amender la législation internationale sur la guerre afin de l’adapter à l’expansion du terrorisme mondial.» Cette législation internationale s’est imposée à tous les Etats membres de l’ONU, sauf,curieusement, au seul Israël qui, depuis 1948, n’a appliqué aucune résolution de l’ONU le concernant. Même la résolution 181 du 29 Novembre 1947 portant partage de la Palestine historique entre un Etat juif et un Etat arabe, devant entrer en vigueur une année après son adoption par le Conseil de sécurité, n’a pas été respectée par Israël qui proclama unilatéralement l’Etat hébreu en mai 1948. Six mois avant la date prescrite par l’ONU. Deir Yacine, Qalwina, Tabaria, la terreur qui a fait fuir en 1948 près de 800.000 Palestiniens, sont autant de crimes contre l’humanité, commis par Israël et demeurés impunis.
Et voilà Israël qui, s’estimant au-dessus de lois internationales, s’appliquant et s’imposant à toutes les nations, veut amender ces lois du moment qu’elles peuvent avoir à connaître des crimes de l’Etat hébreu. Au nom de quoi, la CPI qui peut traîner le président soudanais devant les tribunaux à cause du Darfour ne pourrait pas faire de même pour le Premier ministre israélien afin que justice soit rendue aux Palestiniens? Mais les cimes de l’arrogance ont été atteintes par le chef de la diplomatie israélienne, l’ultranationaliste, Leiberman, qui, mettant en doute «la sincérité» des Palestiniens - qui ont eu l’outrecuidance de saisir le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU- s’interroge: «Que veulent-ils? L’établissement d’un Etat palestinien ou la destruction de l’Etat d’Israël?» Peut-on encore parler de mauvaise foi de la part d’Israël, lorsque l’obstacle à la paix reste l’occupation des territoires palestiniens, l’expansion des colonies juives, la judaïsation de Jérusalem-Est, la bantoustanisation de la Cisjordanie, l’asphyxie de Ghaza, autant de faits qui, outre d’empêcher l’érection de l’Etat palestinien, sont autant de crimes contre l’humanité envers le peuple palestinien. La communauté internationale peut-elle accepter plus longtemps le diktat d’un Etat devenu monstrueux par sa propension à semer la haine parmi les peuples et les nations?

Karim MOHSEN

 



La paix selon Israël

Publié le 12/08/2009 à 00:00 par hogra

La paix selon Israël

 

Si on pouvait douter du fait qu’Israël veuille vivre en paix dans son environnement arabe, les déclarations des dirigeants israéliens se chargent de conforter ces suspicions. Il n’y a qu’à relire les derniers discours des dirigeants israéliens dont ceux du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et du ministre de la Défense, Ehud Barak, ou même un sondage, selon lequel 60% des Israéliens se disent favorables à la colonisation de Jérusalem-Est pour s’en convaincre. Question: quelle paix veut Israël avec les Arabes? Certes pas une paix négociée selon les règles universelles, qui mette un terme à six décennies de conflit. Par «paix», Israël entend en fait la soumission de son environnement arabe à son diktat. Réagissant au programme que le congrès du Fatah palestinien a adopté, le ministre de la Défense israélien, faisant état de sa déception, a déclaré: «Le congrès du Fatah est décevant et non prometteur, car au Proche-Orient, il n’y a pas d’autres moyens que de s’asseoir pour conclure un accord sur un programme de paix.» Cela coule de source, c’est évident. Mais alors comment les Israéliens, qui parlent tant de paix, comptent concilier leur expansionnisme dans les territoires palestiniens - les morcelant à l’extrême - et prétendre, dans le même temps, être prêts à conclure un «accord de paix»? Cela n’a pas de sens, d’autant plus que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, affirmait dimanche qu’Israël ne «reproduirait plus l’erreur» de son retrait de la bande de Ghaza. Pendant ce temps, la colonisation de peuplement juive en Cisjordanie se poursuit, la judaïsation de Jérusalem-Est s’est accélérée, la construction du mur de séparation entre dans sa phase finale. Il y a même les Israéliens qui sont, indique un sondage publié dimanche, à 60% pour la colonisation de la ville Sainte. Tous ces signes, déclarations et sondages, montrent qu’Israël n’est toujours pas prêt à l’existence d’un Etat palestinien doté des attributs de la souveraineté. Ce qui n’a pu voir le jour depuis 60 ans, une paix véritable au Proche-Orient, ne sera certes pas réalisé demain en l’absence d’un Etat palestinien indépendant et fiable. La paix d’une manière générale, la sécurité d’Israël en particulier, est à ce prix. C’est ce que l’Etat hébreu et les Israéliens en général n’ont toujours pas compris, ni assimilé le fait qu’il y a un prix à payer pour la promotion de la paix dans cette région et pour leur propre sécurité qui reste l’échange de la paix contre la terre. Ce principe est toujours d’actualité et il ne dépend que d’Israël qu’il soit concrétisé. La force, les représailles et les pressions des quatre dernières décennies ont montré leur limite et leur inanité, que la paix ne peut être que négociée d’égal à égal et qu’Israël ne peut imposer aux Palestiniens son diktat. De fait, le Fatah palestinien a réitéré sa disponibilité et son «attachement à l’option d’une paix juste» et «réitère le droit du peuple palestinien à la résistance contre l’occupation, conformément à la loi internationale». C’est ce passage qui a induit l’ire des dirigeants israéliens, le fait que le Fatah évoque le droit du peuple palestinien à la résistance. De fait, de par leur irrédentisme, les Israéliens se sont enfermés dans une quadrature du cercle dont on voit mal comment ils pourront en sortir s’ils ne reviennent pas à la réalité et acceptent enfin les faits: pas de paix possible, ni de sécurité sans un Etat palestinien aux côtés de l’Etat hébreu. Israël peut souscrire à cette paix par la simple application des résolutions de l’ONU, en restituant leurs territoires aux Palestiniens. Tout le reste semble pouvoir être négocié avec les Palestiniens. Plus que jamais, le choix de la paix appartient au seul Israël. Jusqu’à preuve du contraire, c’est l’occupation des territoires palestiniens, y compris Jérusalem-Est, qui fait obstacle à la paix au Proche-Orient. Mais Israël est-il prêt à un tel choix? Toute la question est là.

Karim MOHSEN

 

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Le prix de la paix

Publié le 04/08/2009 à 00:01 par hogra

«Il ne fait pas de doute qu’aucune nation, y compris Israël, ne peut rester les bras croisés lorsque sa population est soumise à des tirs de roquettes», a martelé la chef de la diplomatie américaine en visite hier à Tel Aviv. Certes! Mme Clinton aurait été plus crédible si elle avait ajouté «Mais aucune nation, y compris les Palestiniens, ne peut accepter qu’une puissance étrangère construise sur son territoire des colonies de peuplement». Elle ne l’a pas dit. Hélas! Or, toute la problématique est là: la sécurité d’Israël présentée comme un leitmotiv fait fi des droits tout aussi sacrés des Palestiniens à leur propre sécurité et à un Etat. Mme Clinton a encore dit: «Il est important que les Etats-Unis soulignent toujours leur soutien inébranlable et durable à l’Etat d’Israël» et leur «engagement indéfectible à la sécurité d’Israël». Que les Etats-Unis confirment leur «soutieninébranlable» à Israël cela va de soi, et ne donne pas lieu à commentaire, mais on aurait souhaité voir Mme Clinton nuancer son propos et dire aux Israéliens que la sécurité de l’Etat hébreu ne peut se faire aux dépens des Palestiniens, qui ont tout aussi droit à un Etat comme tous les peuples de la terre. Là aussi, notons, à défaut de le regretter, que Mme Clinton s’est gardée de parler des droits du peuple palestinien s’en tenant à l’antienne de la sécurité d’Israël. Or, comment peut-on envisager des négociations et, a fortiori, la paix et la sécurité dans cette région lorsque le gouvernement israélien annonce le prochain doublage de la capacité d’accueil des colonies juives implantées en Cisjordanie? Tout cela va à contre-courant du processus de paix censé rétablir les Palestiniens dans leurs droits par l’érection de deux Etats: la Palestine et Israël. Cette vision de deux Etats, expliquée en son temps par l’ancien président américain, George W.Bush, et officiellement adoptée par la conférence internationale d’Annapolis qui s’est tenue aux Etats-Unis, en novembre 2007, est battue en brèche par les menées israéliennes dans les territoires palestiniens qui tendent à créer une condition irréversible propice à rendre l’édification d’un Etat palestinien inapplicable, à la lumière de la situation induite sur le terrain. Certes, l’ex- First Lady américaine a eu le mérite de rappeler, lors d’une conférence de presse, qu’«au final, oeuvrer à une solution de deux Etats est inévitable», sans cependant insister outre mesure sur le fait, qui reste le point angulaire de toute solution au conflit du Proche-Orient, le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens. Or, la judaïsation de Jérusalem-Est, l’expansion des colonies de peuplement juives, la construction en Cisjordanie d’un mur qui morcelle en plusieurs îlots la Cisjordanie, rendent aléatoire et invraisemblable toute tentative de mise en oeuvre d’un improbable accord israélo-palestinien. En effet, un tel accord sera fondé sur quoi? Sur quelles données et que peuvent en espérer les Palestiniens? De fait, le président palestinien Mahmoud Abbas conditionne, à juste raison, son retour à la table de négociations par l’arrêt des constructions de colonies et du mur comme de la judaïsation de Jérusalem-Est, notamment. A contrario, on note depuis la conférence d’Annapolis, qu’Israël a accéléré les constructions de logements dans les colonies juives, parallèlement à la judaisation de la Ville Sainte. Le moins qui puisse en être dit est que tout cela ne travaille ni pour la paix et encore moins à la sécurité d’Israël brandie comme un épouvantail. D’autant plus que Mme Clinton a pris en compte les seules préoccupations d’Israël, faisant l’impasse sur les droits des Palestiniens. En outre, Mme Clinton brandit à la face du Hamas les accords d’Oslo (1993) sans, curieusement, les rappeler à Israël. Ce qui n’augure rien de bon pour le dossier israélo-palestinien.

Karim MOHSEN

Israël vole les eaux pour assoiffer les arabes !

Publié le 05/07/2009 à 00:21 par hogra
Israël vole les eaux pour assoiffer les arabes !
Israël vole les eaux pour assoiffer les arabes !

Par Abdelouahab Boukrouh/Zineb A.

Le secrétaire général de la ligue arabe, Amr Moussa, a appelé, hier, à une stratégie commune pour affronter la spoliation des eaux palestiniennes, libanaises, jordaniennes et syriennes en demandant officiellement aux états arabes concernés d’activer rapidement dans un cadre arabe et international pour récupérer les eaux accaparées depuis des décennies par Israël.

  • Moussa a loué l’expérience commune à l’Algérie, la Tunisie et la Libye, de gestion et d’exploitation des eaux souterraines du Sahara et a déclaré que le conseil arabe de l’eau permet à la ligue arabe d’assumer un des problèmes les plus épineux de ce siècle.
  •  
  • Le dernier sommet du Koweït a permis d’évoquer les problèmes stratégiques tels la protection des ressources hydriques, la meilleure exploitation possible de cette matière, et la coopération des pays voisins comme la Turquie et les pays africains qui sont les sources d’une quantité importante des eaux arabes.
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  • Les ressources non occidentales des eaux arabes sont estimées à 139 milliards de mètres cubes en plus des eaux de surfaces communes et non communes qui ont besoin d’accords de partage.
  • Amr Moussa a indiqué que la première réunion du conseil des ministres arabes de l’eau qu’accueille Alger est un grand pas dans le cadre du travail arabe commun, et les arabes sont  sollicités pour des efforts supplémentaires afin de fournir l’eau dont ils ont besoin pour s’assurer la stabilité politique et économique. Il a demandé d’adopter une stratégie arabe pour fournir, distribuer et gérer les ressources en eau à l’horizon 2025.
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  • Le secrétaire général de la Ligue Arabe qui a défendu l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine a pressé la Syrie, la Jordanie, le Liban et la Palestine d’œuvrer rapidement à récupérer les eaux spoliées par Israël, qui s’accapare annuellement d’un milliard de mètres cubes des eaux syriennes à titre d’exemple.
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  • Moussa a d’autre part souligné que les arabes dilapidaient chaque année quelque 90 milliards de mètres cubes; une quantité suffisante à combler le déficit hydrique à l’horizon 2025. Mes experts de la Ligue n’ont pas manqué de rappeler que les états arabes seront menacés de soif durant les 20 prochaines années; un phénomène qui sera accentué par les changements climatiques et la diminution des réserves d’eaux arabes.

Le soldat Shalit pourrait être transféré en Egypte

Publié le 28/06/2009 à 14:42 par hogra
Le soldat Shalit pourrait être transféré en Egypte
OTAGE
Le soldat Shalit pourrait être transféré en Egypte Selon le quotidien israélien Haaretz, le transfert du soldat Gilad Shalit serait imminent. Les autorités israéliennes minimisent néanmoins l'imminence d'un tel accord. Gilad Shalit est retenu depuis trois ans par des islamistes du Hamas.

Le soldat franco-israélien Gilad Shalit (AFP)

Le soldat franco-israélien Gilad Shalit (AFP)

Le soldatfranco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis trois ans par des islamistes du Hamas, devrait être transféré en Egypte dans les prochains jours, selon des informations publiées vendredi 26 juin par le quotidien israélien Haaretz. De nationalité franco-israélienne, le soldat Shalit est retenu complètement coupé du monde quelque part dans la bande de Gaza.


Echange de prisonniers


Citant des sources diplomatiques européennes, le quotidien assure que cet accord est le fruit de pressions égyptiennes et syriennes exercées sur le Hamas. L'Etat hébreu se serait quant à lui montré favorable une levée du blocus de la Bande de Gaza.
D'après les informations de Haaretz, le soldat Shalit devrait être transféré en Egypte par les services secrets égyptiens, sa famille étant autorisée à lui rendre visite. Il sera relâché dès qu'un accord sera conclu sur une liste de prisonniers palestiniens à libérer.
Agé de 22 ans, le soldat Shalit avait été capturé en juin 2006 par des militants du Hamas, durant son service miliaire dans l'armée israélienne.


Les responsables israéliens minimisent


Des responsables israéliens minimisent néanmoins l'imminence d'un accord avec le Hamas portant sur la libération du soldat franco-israélien.
Des diplomates occidentaux et des sources tant israéliennes que palestiniennes ont néanmoins confirmé que des médiateurs égyptiens travaillaient à la conclusion d'un accord.
Le gouvernement israélien a longtemps rejeté les revendications du Hamas qui réclame en échange la libération d'activistes du Hamas responsables d'attentats contre des Israéliens.
Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est soumis à des pressions croissantes des Etats-Unis et de ses alliés européens, pour qu'il assouplisse le blocus imposé à Gaza, qui bloque l'aide à la reconstruction promise par des pays étrangers après l'offensive israélienne de janvier dernier.
(Nouvelobs.com avec Reuters)

Un policier israélien brutalise un diplomate français

Publié le 26/06/2009 à 19:16 par hogra

Un policier israélien brutalise un diplomate français

Le ministère français des Affaires étrangères exige des sanctions, qualifiant l'incident de "grave et inacceptable".

Un officier de police israélien dans la vieille ville de Jérusalem (Sipa)

Un officier de police israélien dans la vieille ville de Jérusalem (Sipa)

Un incident "grave et inacceptable": la diplomatie française a fermement protesté jeudi 25 juin après qu'un agent du consulat de France à Jérusalem a été brutalisé par un policier israélien.
"En l'état de nos informations, un agent de notre consulat général à Jérusalem, titulaire d'un passeport diplomatique et roulant dans un véhicule portant des plaques consulaires, a été victime de violences de la part d'un policier israélien dans le centre de Jérusalem", déclare un porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal.

"Nous exigeons une enquête"


"Face à cet incident grave et inacceptable, le Consul général de France à Jérusalem a adressé une lettre de protestation au ministère israélien des Affaires étrangères, accompagnée d'un rapport médical détaillé, dans laquelle nous exigeons une enquête afin d'établir les faits avec exactitude", poursuit-il.
"Si cette enquête confirme ces informations, nous demandons que des sanctions soient prises à l'encontre du policier", ajoute Romain Nadal.


Jetée à terre et rouée de coups


Selon les informations de Libération, la directrice du centre culturel français de Naplouse (Cisjordanie) a été "sortie de son véhicule, jetée à terre et rouée de coups par des militaires israéliens près de Jérusalem".
La victime s'est vu conseiller de ne pas déposer de plainte afin de ne pas "gêner" la visite mercredi à Paris du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, écrit le journal.
Mardi, le directeur du centre culturel de Jérusalem-Ouest s'est fait insulterpar des policiers alors qu'il circulait à bord d'un véhicule pourvu de plaques diplomatiques.
Le journal rappelle d'autres incidents récents visant des agents diplomatiques français.
Ainsi en juin 2008, la consule adjointe à Jérusalem avait été retenue 17 heures sans boire ni mangerpar les forces israéliennes à un point de passage avec la bande de Gaza. Durant le conflit de Gaza, en janvier, le domiciled'un agent consulaire français dans ce territoire avait été occupé et ravagé par des soldats israéliens.
(Nouvelobs.com)

ISRAËL-IRAN Mauvais Orient, mauvais Occident

Publié le 20/06/2009 à 00:06 par hogra
ISRAËL-IRAN
Mauvais Orient, mauvais Occident

Sans le règlement de la question palestinienne, la mondialisation de l’insécurité va s’aggraver

Obama et l’Occident seront jugés sur la question politique du droit du peuple palestinien à vivre libre et indépendant.

Sur le plan international, les conséquences de cinq événements marquent encore l’actualité brûlante: la guerre criminelle d’Israël contre Ghaza que les puissants de ce monde ont laissé faire, l’arrivée au pouvoir d’une droite voyou au gouvernement israélien, la reconduction contestée du président iranien, à la politique radicale et provocatrice et l’arrivée d’Obama avec son discours du Caire. Que peut-on dire pour l’avenir et déchiffrer ce nouveau visage des USA, qui se présente comme Janus, à double figure? Il y a de quoi être inquiet avec en plus un contexte de faillite des régimes arabes, de recul du droit et de convulsions du libéralisme sauvage. Le citoyen musulman du monde entier demande aux décideurs occidentaux d’être justes.

Pathétique diversion
Alors qu’il est question de justice, l’accent est aujourd’hui mis sur des questions vestimentaires, et des points culturels. Certes dénoncer l’islamophobie, d’une part, et l’intégrisme, d’autre part, ce n’est pas négligeable tant la méconnaissance, les amalgames et la stigmatisation ont fait des ravages comme diversion. Imaginer qu’actuellement, des médias et des hommes politiques français au lieu de s’occuper des soucis de leurs concitoyens, débattent, toute honte bue, de la tenue obscurantiste et rarissime en Europe et en Méditerranée de la «burqua», et disent vouloir aider les musulmans à marcher vers la lumière, c’est ubuesque. La diversion cousue de fil blanc est pathétique, tragi-comique.
Obama et l’Occident seront jugés sur la question politique du droit du peuple palestinien à vivre libre et indépendant. Les Palestiniens, avec derrière eux l’opinion publique internationale, refusent de rester colonisés, asservis, opprimés et promis à un bantoustan sans réelle souveraineté. Sans le règlement de cette question vitale, la mondialisation de l’insécurité va s’aggraver et l’horizon restera fermé. Ce ne sont pas les régimes arabes sans bases et corrompus qui vont régler la question de la stabilité. De la question palestinienne dépend l’avenir de la démocratie dans le monde: tous les peuples sont concernés. Comme hier durant la Seconde guerre mondiale au sujet des juifs victimes de l’innommable, aujourd’hui
«Nous sommes tous palestiniens» est le mot d’ordre secret ou déclaré de centaines de millions de citoyens à travers le monde, y compris des juifs et des Israéliens. Cela inquiète nombre d’officines étrangères. Les peuples ne sont pas dupes, ils voient bien qui colonise, réprime, bafoue le droit, la liberté et la dignité des gens, même si en même temps ils condamnent aussi les réactions aveugles.
Le discours du président américain Barack Obama est paradoxal. Il redonne apparemment de l’espoir, mais ses limites, ses non-dits et ses contradictions sont hautement significatifs de la difficulté à changer la situation. Il suffit de voir comment le Premier ministre israélien se moque du monde dans son dernier discours en posant cyniquement des conditions humiliantes et impossibles, comment le MAE israélien extrémiste est reçu à Washington et la manière dont la secrétaire d’Etat Clinton ménage «l’allié privilégié». Le mutisme, encore une fois, et plus encore la complicité et la duplicité d’Occidentaux face à l’arrogance des décideurs israéliens, désespèrent les plus patients qui savent qu’à terme tout le monde sera perdant. Qui en prendra conscience?

La mondialisation de l’insécurité
Un début d’espérance, le discours du Caire, comme nous l’avons déjà souligné, montre que le président américain actuel et son équipe ont compris que l’islamophobie est contre-productive et participe à la mondialisation de l’insécurité. Mais ils ne semblent pas avoir compris que ce qui est revendiqué est la justice. Ils ne tirent pas la conclusion que les causes de l’insécurité sont les injustices. La réaction aveugle est injustifiable, mais il faut en cerner les causes.
La colonisation féroce en Palestine, on ne le répétera jamais assez, transforme le monde en poudrière. Même si tout est lié, Obama, dans une démarche qui apparaît de diversion, en insistant sur la religion dilue la question centrale, celle de l’occupation de la Palestine. Sur un discours de plusieurs milliers de mots, deux phrases en 19 mots liquident la question de la guerre de Ghaza, qui a fait 1300 morts dont la majorité des femmes et des enfants.
L’impression première à la lecture du discours est celle de l’équilibre entre juifs et Palestiniens, mais à bien lire on découvre une politique pernicieuse: Obama envoie un message pour rassurer les Israéliens, il ne condamne jamais la colonisation exponentielle et les violences qu’ils commettent à ciel ouvert. A peine s’il les regrettent, alors que le droit international est irréfragable.
Il faut rester vigilants, plus que jamais, car sur le fond rien n’a encore changé. Certes, sur la forme, c’est une ouverture qu’il ne faut pas rater. D’autant que, si sur le fond c’est un mensonge grossier qui court, la vérité, à l’épreuve des faits, le rattrapera vite. On doit contribuer à favoriser le changement vers la démocratisation des relations internationales et la logique du choc en celle de la symbiose, si on arrive à changer de l’intérieur.

Plus dure sera la chute
Apparemment, ce n’est pas le cas, d’autant que les deux régimes voyous, chacun à sa manière, d’Israël et obscur d’Iran, qui s’alimentent, risquent de précipiter le monde vers l’irréparable. Le quotidien israélien Haaretz du 14 juin, explique que la victoire d’Ahmadinejad est ce qu’il y a de mieux pour Israël. Les mots aimables, les soporifiques, la désinformation, et les actions de public relations occidentales en direction du monde musulman commencent à trouver leurs limites. Faute de règlement définitif et juste de la question palestinienne et partant, du rapport entre le Nord et le Sud, une guerre de mille ans se profile entre un mauvais Orient et un mauvais Occident. Inutile de se voiler la face.
Depuis des décennies, les êtres de bonne volonté tentent de réfuter la propagande de la confrontation nuisible pour tous, de bâtir des ponts, de dialoguer, de retrouver l’amitié judéo-arabe et islamo-chrétienne et de rappeler qu’il n’y a pas de paix sans justice, mais l’aveuglement des décideurs israéliens, des puissants de ce monde et des extrémistes de tous bords ruinent l’humanité actuelle. Il faut choisir: le droit à l’autodétermination des Palestiniens ou le chaos. Les USA et l’Europe assument une lourde responsabilité.
Si Barack Obama et les Européens ne font que du «cinéma» pour tenter de calmer le monde musulman et asseoir l’hégémonie américano-sioniste, l’avenir est sombre. Si par contre, dans l’intérêt général, comme il l’a souligné au Caire, ils font vraiment pression sur les Israéliens pour stopper les colonies et démanteler celles qui gangrènent les territoires palestiniens, le monde pourra réinventer une nouvelle civilisation. A cette condition aussi, les extrémistes de tous bords verront leur fonds de commerce se tarir, et le régime iranien se retrouvera sans prétexte.
Ce qui se passe en ce moment en Iran, peuple à la civilisation millénaire, avec cette protesta populaire déterminée, qui a obligé Khamenei, le guide de leur «Révolution» ce vendredi, à monter au créneau, montre que les fissures sont profondes et que tout n’est pas perdu dans le monde musulman qui n’a pas tiré la leçon de la fin tragique du régime irakien et de son chef. Les régimes arabo-musulmans sont coupés de leur peuple.
Leurs relais sont artificiels, ou fondés sur la répression. Le moindre mal pour ces pays serait une sorte de despotisme éclairé, dans l’attente d’une culture de la démocratie. Mais même ce «despotisme éclairé» n’existe pas, car les potentats refusent tout changement, marginalisent les élites, ne dialoguent pas et règnent par la violence, en méprisant toutes les formes d’intelligence. Plus dure sera la chute.

(*) Président du Forum des intellectuels algériens
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHERIF (*)

SELON UNE ÉTUDE BRITANNIQUE Israël, 4e danger mondial

Publié le 07/06/2009 à 12:17 par hogra
SELON UNE ÉTUDE BRITANNIQUE
Israël, 4e danger mondial

Israël est classé à la 141e position sur une liste de 144 pays.

Israël est considéré plus dangereux que le Pakistan, l’Iran et la Syrie dans un rapport d’étude publié par L’Economist intelligence unit. Intitulée L’indice mondial de la paix, cette publication qui vient de paraître pour la troisième année consécutive, se base essentiellement dans son étude sur 24 facteurs, allant du niveau de violence de la population, en passant par une évaluation de la liberté de la presse, jusqu’à la part des dépenses militaires dans le PIB.
Cette année encore, Israël figure parmi les mauvais élèves de cette étude.
Il est classé à la 141e position sur une liste de 144 pays, autant dire qu’il forme un peloton uniforme avec les Etats formant l’axe du mal selon l’administration de Georges W.Bush. Classé au 191e rang dans l’étude de 2007, les statisticiens ont établi une relation entre cette dégringolade dans le classement et la guerre contre le Hamas à Ghaza au cours de l’hiver 2008.
L’étude, qui a tenté de traduire les aléas géopolitiques et la tendance nationale par un calcul purement mathématique, vise à donner une garantie sur la transparence de sa méthodologie. A cet effet, même l’équation utilisée paraît simple: noté sur l’échelle de 1 à 5, les indicateurs, pondérés de coefficients, identifient le degré de militarisation, la qualité des relations extérieures et le caractère démocratique de l’Etat ainsi que la population incarcérée et la menace potentielle du terrorisme.
Concernant le cas d’Israël, le calcul est simple et rapide: de nombreux conflits internationaux, de mauvaises relations avec les pays voisins, des dépenses militaires élevées et une forte sophistication militaire expliquent le très mauvais classement.
Cependant, le même rapport affiche de bons résultats pour Israël en matière de participation politique, notamment en ce qui concerne la liberté de la presse, le développement de la culture politique, et ce comparativement au Etats-Unis, la France et autres pays européens.
En outre, considérant notamment les intentions belliqueuses d’Israël découlant de l’importance donnée à la religion et la détermination à se battre, Israël ne pouvait espérer un meilleur classement. L’analyse affirme que «malgré les traités de paix avec l’Egypte puis la Jordanie, Israël reste un pays en guerre avec de nombreux ennemis au Nord (...). Alors que le taux de criminalité et d’homicide volontaire y sont bas, que sa scène politique est stable, les attaques terroristes demeurent un risque dans ce pays qui accorde une grosse part du PIB aux dépenses militaires».
Selon le journal anglais The Economist, faisant allusion aux Etats-Unis, «la pondération élevée des dépenses militaires dans l’étude donne raison aux profiteurs puisque les pays en paix peuvent souvent le faire parce que d’autres pays se soucient de leur défense».
Par ailleurs, la violence faite aux femmes et aux enfants, peut être représentée par la catégorie «respect des droits de l’homme» où Israël n’est pas mieux classé que le Soudan ou le Congo.

Mohamed BOUFATAH

Provocation israélienne

Publié le 18/05/2009 à 21:32 par hogra
Provocation israélienne


La meilleure manière de tuer dans l’œuf tout espoir de paix, c’est de multiplier les actes de provocation et créer la tension. C’est exactement ce que fait Israël, le jour même de la rencontre à Washington entre le président des Etats-Unis et son Premier ministre. Un réunion destinée justement à ressusciter la paix au Proche-Orient. Inutile de rappeler que l’interlocuteur de Barack Obama a donné et même depuis longtemps toutes les preuves de son opposition à la paix. C’est ainsi que son ministre de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a autorisé une délégation d’un parti d’extrême droite à se rendre aujourd’hui à El Khalil en Cisjordanie occupée, y compris dans la partie autonome palestinienne. Cela rappelle en tous points la balade entreprise en septembre 2000 par Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées à El Qods, amenant les Palestiniens à manifester leur opposition.

Le cycle infernal donnera alors naissance à la seconde intifadha palestinienne. Et qui n’a jamais cessé d’ailleurs, sauf que le président de l’Autorité palestinienne refuse sa militarisation. Et rien ne permet d’oublier l’image de ces extrémistes toujours armés, comme celui qui a tué des dizaines de Palestiniens dans une mosquée d’El Khalil où Israël a maintenu ce qu’on appelle communément des abcès de fixation, soit des colonies de peuplement et qui sont autant de points de tension. Et une fois n’est pas coutume, c’est un parti israélien, le Kadima de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, qui dénonce « une grave provocation qui risque de mettre le feu aux poudres ». On ne dira pas de Tzipi Livni qu’elle a fait mieux en termes de paix, elle qui est apparue en décembre dernier comme un véritable chef de guerre, mais ses propos sont malheureusement tout ce qu’il y a de vrai.

On sait que les Palestiniens ont le nationalisme à fleur de peau et qu’ils prendront le message israélien pour ce qu’il est. Une agression et rien d’autre, et aussi le signe le plus évident qu’Israël, et là il y a un véritable consensus au sein de sa classe politique et même au sein de la société, ne veut pas de la paix. Netanyahu et les piliers de la coalition qu’il dirige ont bien été élus sur la base de leur engagement à poursuivre l’occupation des territoires palestiniens. Tel est le fond de la question du Proche-Orient, et d’ailleurs les Palestiniens ne ratent aucune occasion de dire qu’ils n’ont aucun partenaire israélien pour faire la paix. Même mesuré, un certain espoir caractérise la rencontre d’aujourd’hui à Washington, surtout qu’elle a été précédée par des engagements du président Obama.

Et à l’approche de la rencontre d’aujourd’hui, l’Administration américaine a dit sa détermination à ne pas temporiser pour obtenir une solution au Proche-Orient basée sur le principe des deux Etats. Ce à quoi justement s’oppose Benyamin Netanyahu. A priori, le message est clair.


Par T. Hocine

La sauvagerie ou la civilisation, il faut choisir

Publié le 15/05/2009 à 14:43 par hogra
CE QUI SE PASSE EN PALESTINE
La sauvagerie ou la civilisation, il faut choisir

La colonisation se poursuit et les actes de guerre continuent

Le problème des Palestiniens signifie que le monde dominant refuse le vrai débat et encourage la violence.

Elle était belle cette image du pape portant le kefeih, foulard palestinien offert par une jeune chrétienne arabe. On aurait cru rêver. Un premier symbole, signe que le pape n’oublie pas les déshérités et opprimés. Les trois premières journées du voyage délicat de Benoît XVI au Moyen-Orient ont été une réussite. Sa présence à la Mosquée Hussein était aussi un moment fort. Les Jordaniens et leur hôte du Vatican, dès les premières prises de parole, ont su trouver les mots justes pour rappeler combien il est non seulement nécessaire de dépasser les malentendus, de vivre dans le respect de l’autre, mais que cela est possible, comme le démontre la réalité à Amman et dans d’autres pays arabes.

Il n’y a pas d’alternative au vivre-ensemble
Trop de préjugés et de calculs politiciens empêchent de voir que le vivre-ensemble est une réalité historique depuis très longtemps. Ce sont les interférences de notre temps qui perturbent. Le pape et nos amis chrétiens doivent savoir qu’il s’agit d’une confrontation entre la sauvagerie et la civilisation. Les réactions parfois aveugles de la résistance palestinienne ne doivent pas cacher la réalité monstrueuse du système colonial israélien. La colonisation se poursuit, les actes de guerre continuent, l’impunité de l’entité sioniste s’aggrave et personne ou presque ne proteste énergiquement et n’agit concrètement pour faire pression. La trahison, l’hypocrisie, la désinformation battent leur plein, sous prétexte de realpolitik, dans un monde où la question de la démocratie est incontournable. Les relations internationales ne sont pas démocratiques. Les pays arabes archaïques, dans une situation pathétique, acceptent les faits accomplis et sont humiliés. Pourtant, la cause est juste et concerne toute l’humanité. L’amitié entre les peuples et les communautés devrait être le but de tout citoyen éclairé. C’est un devoir. Eduquer, informer, se cultiver est la tâche de toujours pour faire reculer les violences.
De notre point de vue, et celui de nombreux historiens chrétiens et musulmans, c’est grâce aux principes et à la culture de l’Islam dominant que perdure depuis 15 siècles le christianisme en Orient, dans toutes ses composantes. Si une autre religion était dominante, dans cette région pas comme les autres, la diversité des cultes n’existerait peut-être plus. C’est ce fond que l’on doit garder en vue, par-delà des hauts et des bas...Si depuis 15 ou 20 ans les minorités chrétiennes souffrent ou s’exilent, c’est dû surtout aux problèmes politiques imposés à tous par des puissances étrangères. Politiquement, depuis 5 siècles ce sont les peuples musulmans (et partant leurs frères arabes chrétiens avec eux) qui subissent colonisation, domination et hégémonie...leurs réactions à cette situation est parfois négative et irrationnelle, mais l’extrémisme et le désespoir se nourrissent des injustices et des ignorances. Dialoguons et essayons de contribuer au règlement des causes des impasses, c’est-à-dire les injustices! Se voiler la face, ou renvoyer dos à dos l’oppressé et l’oppresseur, est voué à l’échec. Il n’y a pas d’alternative au vivre-ensemble. Les musulmans de leur côté doivent assumer leurs responsabilités afin que l’Islam de toujours, celui de la coexistence et du sens de l’ouvert, soit retrouvé, et non point l’instrumentalisation de la religion et sa version fermée qui font tant de ravages et défigurent la spiritualité. L’immense majorité des musulmans n’est pas dupe et reste attachée à la civilisation. La rencontre avec l’autre est une expérience salutaire pour travailler à réinventer une civilisation commune qui nous fait défaut aujourd’hui. Les faits historiques montrent que c’est possible. Nous avons, croyants et non-croyants, une responsabilité commune à l’égard de la survie même de l’humanité.
Les injustices, c’est d’abord le fait que depuis soixante ans les Palestiniens voient leurs droits légitimes niés et leur dignité bafouée. Des accords de «paix» d’Oslo aux différentes négociations, les Palestiniens n’ont rien obtenu, ils vivent dans un camp de concentration. La ville sainte de Jérusalem, El Qods, est bafouée et meurtrie à cause de la soldatesque israélienne et la colonisation rampante. Israël passe son temps à gagner du temps, réprime les Palestiniens, multiplie les assassinats de civils palestiniens, détruit les infrastructures, poursuit sans cesse les colonies de peuplement et radicalise sa politique du fait accompli, assuré de l’impunité, avec la complicité des grandes puissances. Il y aura de l’espoir le jour où les sociétés arabes se réformeront et s’allieront avec tous les pays épris de droit pour faire reculer à la fois, la domination du Nord sur le Sud, la loi de la jungle et les extrémismes de tout bord, qui sont un désastre pour les peuples.
Le monde est dans une impasse sans précédent. Les extrêmes se nourrissent, la crise économique et morale bat son plein, et la politique des deux poids, deux mesures s’amplifie. Le problème des Palestiniens signifie que le monde dominant refuse le vrai débat et encourage la violence. C’est une question politique et non religieuse. Depuis sa création Israël viole le droit international, les résolutions des Nations unies et méprise les condamnations de la communauté internationale. Après la guerre de 1967, elle multiplie la colonisation. Au mépris de la morale, des conventions de Genève et des principes des droits de l’homme et des peuples, Israël dans les faits, tue des Palestiniens, sabote toute possibilité d’un Etat palestinien et pousse des groupes à commettre des attentats suicide. Il manipule, opprime et rend impossible la solution des deux Etats. La construction d’un mur qui enferme la population de Cisjordanie et soumet la population de Ghaza à un apartheid suscite une situation de désespoir. Cette politique contredit le judaïsme et toutes les valeurs spirituelles. C’est un fascisme, allié au libéralisme sauvage. Cependant, la supériorité des armes n’a jamais mis à l’abri d’une défaite politique. C’est avant tout une guerre psychologique, une guerre de l’information qu’il faut gagner.

Un mépris pour la vie
Dans ce contexte, les Palestiniens sont à l’avant-garde de ce combat. Ils sont presque seuls désarmés et poussés à bout. Ils continuent cependant à essayer de défendre leurs droits légitimes. Sans la reconnaissance de leurs droits à un Etat viable dans les frontières de 1967, il n’y aura aucun avenir de sécurité ni de paix dans la région et dans le monde entier. Complices, des puissances étrangères renvoient dos à dos victimes et bourreaux et par là encouragent la politique sioniste, répressive et coloniale. Le mutisme de la majorité des intellectuels occidentaux, des humanistes et des croyants est incompréhensible. C’est un mépris pour la vie des opprimés, un acte suicidaire, car un jour, ce sera le droit de chacun à vivre libre dans le monde entier qui sera remis en cause. Cela a déjà commencé. Des signes d’européocentrisme et d’islamophobie faussent le débat et empêchent la réflexion. Ce qui se joue en Palestine concerne l’avenir de la liberté dans le monde. La mauvaise conscience des Occidentaux et les intérêts étroits qui lient Israël aux puissants bloquent toute perspective d’un nouvel ordre international juste et pacifique. Que faire pour mettre fin à cette guerre raciste qui ne sert personne, surtout en temps de crise économique qui peut aboutir à une nouvelle guerre mondiale? La fixation, pour faire diversion, sur le nucléaire iranien est symptomatique. Ce qui nous permet d’espérer, réside dans le fait que des croyants et des non-croyants continuent d’analyser le réel tragique de leur point de vue multidisciplinaire et indépendant pour s’attaquer aux problèmes créés par les injustices, les ruptures et les oppositions: comment humaniser un monde qui est en crise et violent, et qui, contrairement aux suppositions, risque de devenir encore plus violent faute de justice? L’Europe et les chrétiens et même les juifs conscients doivent assumer l’immense responsabilité historique qui est la leur dans cette guerre contre la civilisation. Les politiques en Europe et les autorités morales comme le Vatican, ont pour devoir de concilier les positions et surtout de contribuer à la décolonisation, afin que tous puissent coexister dans la liberté et la dignité. Les forces attachées à la justice dans le monde doivent protester et s’opposer à la sauvagerie d’un système qui nourrit l’extrémisme et met en péril l’avenir. La sauvagerie ou la civilisation, il faut choisir.

(*) Professeur en relations internationales.
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHERIF (*)

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