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Date de création : 22.07.2008
Dernière mise à jour :
23.11.2009
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Sous couvert d’investissement agricole
Préparation du retour de 200 pieds-noirs à Douaouda
Des sources bien informées ont confié à El Khabar qu’un parlementaire français, Mr Kléber Mesquida, préparait le retour en Algérie de 200 pieds noirs, originaires de la commune de Douaouda, dans la wilaya de Tipaza. Il a, en effet, profité de son séjour en Algérie, à l’invitation d’un organisme officiel, pour visiter la ville qui l’a vu naître, souhaitant renforcer les liens d’amitié entre les habitants de cette région, et les français qui y sont nés, et cela en vue d’un retour prochain de ces derniers.
Notre source a indiqué que, le parlementaire français né à Douaouda le 03 Août 1945, était venu en Algérie le 20 octobre pour raison professionnelle, sur invitation de la direction générale des forêts, et qu’une fois sa mission officielle achevée, il avait décidé de revoir la maison où il était né à Douaouda, ainsi que l’église ou il avait étudié.
Précisant que celui-ci avait rencontré des habitants de la région, auxquels il avait décliné sa fonction, et clarifié qu’un des principaux objectifs de sa visite était de renforcer les liens d’amitié entre ses compatriotes nés à Douaouda et résidant actuellement à Evry, avec les natifs de cette région.
Notre même source a ajouté, que ces intentions affichées d’investir dans le secteur agricole en Algérie, cachaient en réalité le dessein de certains pieds noirs de revenir dans leur pays d’origine. Mr Mesquida fait, en effet, partie d’une association nommée « l’association des amis de Douaouda », dont les membres n’ont pas caché leur souhait de revenir en Algérie si « les conditions le permettaient ». Il est apparu lors de la rencontre que le parlementaire se considérait en quelque sorte comme la courroie de transmission entre les algériens et les 200 français originaire de la région.
Rappelons par ailleurs que Mr Mesquida, est ancien ministre de l’équipement et a occupé plusieurs postes administratifs et politiques. Il est également membre de du collectif d’amitié franco-algérienne, parlementaire depuis 2002 et coordinateur de l’organisation du droit des paysans.
Par : B.Salim /Tipaza
Biens des étrangers ou des pieds noirs
El Khabar a appris d’une source fiable que les parties officielles qui commencé à étudier et recenser les biens des étrangers en Algérie, suite à des visites de prospection que des groupes de pieds noirs ont effectuées en Algérie justifiant que c’était pour se recueillir sur les tombes de leurs aïeuls. Certaines parties craignent que les visites des pieds noirs visent à recenser les biens qu’ils ont laissés en Algérie après leur départ. D’autres parties ont considéré que le terme « étrangers » est un terme qui cache beaucoup de choses.
Dans «Le Mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie», l’historien Benjamin Stora affirme que si de Gaulle a longtemps hésité sur l’évolution du statut de l’Algérie, il n’a jamais souhaité intégrer les Algériens à la France.
Quel était le dessein de De Gaulle concernant l’Algérie lors de son retour aux affaires, en 1958 ? Cinquante ans après le discours qu’il fit aux Français, le 16 septembre 1959, et où, pour la première fois, il évoqua l’autodétermination des Algériens, la question reste posée. L’historien Benjamin Stora n’a sans doute pas tort d’évoquer ici Le Mystère de Gaulle, titre de son dernier livre. Entre le moment où de Gaulle lance son «Je vous ai compris » aux pieds-noirs venus l’acclamer à Alger, le 4 juin 1958, et son choix d’une Algérie algérienne, Stora tente de dégager le fil d’une politique sinueuse sur laquelle s’est greffé un grave malentendu. Parce qu’il a été en butte aux attentats de l’OAS, certains ont fait de De Gaulle un champion du tiers-mondisme.
L’historien défait ce mythe rétrospectif. Si, au fil des événements, de Gaulle a choisi l’option de l’indépendance, après avoir adhéré, un temps, à l’idée d’une association entre l’Algérie et la France sur le modèle du Commonwealth, c’est d’abord parce qu’il voulait enraciner la France dans l’Europe en la dégageant du fardeau colonial. Surtout, de Gaulle ne crut jamais en la possibilité d’intégrer les masses musulmanes algériennes à la République. «Il a sur l’Islam le regard d’un homme pour qui l’histoire de la nation française est le produit de la civilisation chrétienne. La civilisation musulmane lui apparaît comme un corps étranger, inassimilable», écrit Stora.
Une conception dont témoignera Peyrefitte dans C’était de Gaulle, qu’évoque longuement l’historien, qui affirme, en outre, que ce débat algérien est significatif de la conception que de Gaulle se fait de l’identité française. Il rappelle qu’en 1945 le Général avait donné au garde des Sceaux des directives sur les priorités à accorder en matière de naturalisation : «Sur le plan ethnique, il convient de limiter l’afflux de Méditerranéens et des Orientaux, qui ont, depuis un demi-siècle, profondément modifié la composition de la population française. Sans aller jusqu’à utiliser, comme les États-Unis, le système rigide des quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Allemands, Luxembourgeois, Suisses, Anglais, Danois, etc. )», écrivait de Gaulle.
Deux logiques irréductibles
Ainsi s’est créé un curieux quiproquo : c’est au nom d’une conception très eurocentrée de la France que de Gaulle a choisi de rendre l’Algérie aux Algériens quand certains partisans de l’Algérie française, que l’on a relégués un peu vite dans le camp du colonialisme, comme l’ex-gaulliste Jacques Soustelle, militaient pour l’intégration des musulmans. « Le paradoxe étonnant, écrit Stora, veut que (…) ce sont les partisans de l’Algérie française qui invoquent les principes républicains de 1789, l’égalité pour tous, sans discrimination (…) alors que ceux qui sont favorables à la décolonisation plaident pour la différence, la séparation au nom du respect de la culture de chacun.»
Dans ce livre qui évite de voir le monde en blanc et noir, Stora rappelle que la tragédie algérienne a été rendue inévitable par le choc de deux logiques irréductibles. Celle d’un peuple naissant qui souhaite s’émanciper de la tutelle française face à une population européenne traumatisée par la perte d’un pays qu’elle a façonné. Entre ces deux blocs rendus hermétiques par la haine, Stora campe un de Gaulle qui semble parfois raconter aux uns et aux autres ce qu’ils veulent entendre jusqu’au moment où il abat ses cartes en solitaire. « On ne sort de l’équivoque qu’à son détriment», écrivait le cardinal de Retz. Une formule qui lui va comme un gant.
Le Mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie de Benjamin Stora Robert Laffont, 266 p., 20 €. En librairie le 3 septembre.
Paul-François Paoli
www.lefigaro.fr 27 08 2009