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Les Harki

Les harkis demandent l’annulation de la date d’indépendance

Publié le 08/10/2009 à 08:29 par hogra
Les harkis demandent l’annulation de la date d’indépendance

Après la création d’une fondation à la mémoire des anciens combattants de la guerre d’Algérie
Les harkis demandent l’annulation de la date d’indépendance
 

Une association française concernant les harkis, a fait part de son refus de la date officielle de l’indépendance de l’Algérie, correspondant au 03 juillet 1962, appelant à s’en tenir à la date du cessez-le-feu, le 19 mars, pour dénoncer ainsi le désintérêt témoigné par la France à leur égard.
La France avait, en effet, à peine annoncé la création d’une fondation rendant hommage aux harkis et aux pieds -noirs ayant pris part à  la guerre d’Algérie, que la fédération française des anciens combattants en Algérie avait demandé à  la France de lui accorder les droits que celle-ci semblait ignorer.
Les membres de la fédération avaient clos  leur congrès tenu la semaine dernière, en appelant  à reconsidérer l’histoire des « Marsiens » (En référence au mois de mars) et à faire du 19 mars 1962 une date importante du calendrier de l’état français, date durant laquelle le gouvernement français et le gouvernement provisoire algérien avaient décidé d’un cessez-le-feu, avant l’organisation d’un referendum, fixé au 3 juillet 1962,  pour l’autodétermination.
Les participants au congrès ont, par ailleurs, demandé au gouvernement français, en plus de l’octroi aux harkis et aux  pied- noirs, de droits et de privilèges, d’accorder plus de considération à cette catégorie, composée de français d’origine ou enrôlés sous le drapeau français et ayant obtenu la nationalité française pendant la guerre. Et ont assuré qu’il ne cesserait de faire pression sur le gouvernement français pour obtenir  plus de privilèges, et faire du 19 mars 1962 la date officielle de la fin de la  guerre en Algérie.
Rappelons que le GPRA avait choisi la date du  5 juillet parce qu’elle renvoyait à la date de l’invasion française et de la capitulation du Dey-Hussein après la bataille de Staouéli.
Les principales revendications  de cette catégorie, sont la revalorisation des pensions de veuves des anciens combattants « assez pour que leur niveau atteigne celui des pauvres » déclarent-ils, expliquant que le niveau de vie de celle-ci est plus bas que celui des pauvres en France. L’autre demande formulée est la révision de l’âge permettant d’obtenir une exonération partielle d’impôts, qui est actuellement fixé à 75 ans,  pour la ramener à 70ans, pour les anciens combattants en Algérie et au Maghreb.   
Le ministre des anciens combattants avait récemment suggéré, à  l’occasion de la journée nationale du harki, une fondation qui aurait pour vocation  à la mémoire de la guerre d’Algérie, et a laquelle il avait alloué un budget de 7 millions d’euros.

 

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Mémoire, gratitude et respect : les harkis.. en France

Publié le 02/10/2009 à 10:20 par hogra
Mémoire, gratitude et respect : les harkis.. en France

Mémoire, gratitude et respect : les harkis à l'honneur en France

Fondation sur la guerre d'Algérie, sanction judiciaire des insultes à l'encontre des harkis ou mesures en faveur de l'emploi de leurs enfants : les annonces du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Hubert Falco vendredi étaient très attendues par la communauté.

"LaFondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie est en train d'être créée", a assuré Hubert Falco devant les associations réunies aux Invalides à l'occasion de la 9e Journée nationale d'hommage aux harkis.

Plusieurs association (Le Souvenir français, les Gueules cassées et la Fédération nationale André Maginot) contribueront financièrement avec l'Etat à cette fondation. Elle sera ainsi dotée d'un budget initial de plus de 7 millions d'euros, a précisé le secrétaire d'Etat.

Selon ses services, la fondation sera chargée de "construire une mémoire historique commune" en s'appuyant sur des "travaux historiques sérieux".

La création de cette fondation, voulue par Jacques Chirac, était inscrite dans la loi du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".

L'idée avait cependant fait long feu en raison des tensions soulevées, en France comme en Algérie, par des dispositions de l'article 4 de la loi, abrogées depuis, qui recommandaient aux enseignants de vanter auprès de leurs élèves "les aspects positifs de la colonisation".

Plus jamais des "sous-hommes"

Le secrétariat d'Etat a confirmé dès jeudi que le fondateur d'Axa Claude Bébéar avait été "pressenti" pour en être le premier président, comme l'écrivait La Croix.

Le gouvernement, a par ailleurs annoncé Hubert Falco, "entend proroger et renforcer le plan emploi" (en faveur des enfants de harkis) jusqu'à fin 2010, évoquant la disponibilité depuis juin "d'emplois réservés" et "200.000 actes de formation prévus dans le plan emploi et 190.000 contrats aidés".

Autre mesure annoncée, l'attribution de l'allocation de reconnaissance (20.000 euros) à certains "enfants d'anciens supplétifs dont les parents bénéficiaires sont décédés entre le 23 février 2005, date de la publication de la loi et la date butoir du 1er octobre 2005". Ils seraient une petite centaine, selon les associations.

A "la mémoire et la gratitude" s'ajoute "le respect", a enchaîné Hubert Falco, jugeant "inadmissible qu'en 2009, dans notre pays, on puisse insulter les harkis parce qu'ils sont harkis, les injurier et le faire sans craindre d'être puni par la loi".

Il a ainsi annoncé une modification de la loi de 2005 pour permettre aux tribunaux de "condamner la diffamation et l'injure envers les harkis, de la même manière que sont sanctionnés les propos à caractère raciste".

Les associations représentatives des harkis pourront aussi se constituer partie civile. Elles restent traumatisées par la relaxe du président divers gauche de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche qui avaient qualifiés les harkis de "sous-hommes".

Vers plus de concret

Boaza Gasmi, président du Comité national de liaison des harkis qui affirme réunir plus de 150 associations, s'est réjoui de ces mesures "très attendues" mais a souhaité un plan emploi-formation "renforcé".

Président d'honneur du Comité national de liaison des harkis, Boussad Azni a également salué des "points très positifs". Il plaide cependant pour d'autres initiatives, à commencer par "la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans l'abandon et le massacre des harkis".

Quant à Youssef Djerfi, président de la Fédération des associations de harkis et de rapatriés, il y voit "une nouvelle étape" mais reste prudent: "des promesses, on nous en a trop fait. . . "

 

La France, la guerre d'Algérie et les harkis

Publié le 26/09/2009 à 01:26 par hogra

La France, la guerre d'Algérie et les harkis

PARIS - La France a officiellement annoncé vendredi la création d'une Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, prévue par une loi de 2005 mais restée lettre morte depuis, ainsi qu'une série de mesures en faveur des Harkis.

  •   "La Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie est en train d'être créée, c'est un point positif", a déclaré le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants Hubert Falco à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux Harkis.
  •  
  •    Plusieurs associations -Le Souvenir Français, les Gueules Cassées et la Fédération nationale André Maginot- contribueront financièrement à cette fondation, tout comme l'Etat. Elle sera ainsi dotée d'un budget initial de plus de 7 millions d'euros, selon M. Falco.
  •    Selon ses services, la fondation aura pour mission de "construire une mémoire historique commune" en s'appuyant sur des "travaux historiques sérieux".
  •    La création de cette fondation, voulue par l'ancien président Jacques Chirac, était inscrite dans la loi du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".
  •    La promulgation du texte  dont un article, par la suite abrogé à l'initiative de Jacques Chirac, mentionnait "le rôle positif" de la colonisation, avait jeté un froid dans les relations franco-algériennes.
  •    L'Algérie demande à la France de reconnaître les "crimes" commis durant les 132 ans de la colonisation mais le président Nicolas Sarkozy refuse toute idée de "repentance", estimant qu'il s'agissait d'une forme de "haine de soi" et de "dénigrement de son pays.
  •    Par ailleurs, M. Falco a annoncé des mesures en faveur des Harkis, soulignant qu'au-delà de la reconnaissance "morale" de la Nation, celle-ci leur devait une reconnaissance "concrète, c'est-à-dire sociale et économique".
  •    Les Harkis furent les supplétifs algériens de l'armée française pendant la guerre d'Algérie (1954/62). Un grand nombre d'entre eux ont été massacrés à l'indépendance tandis que d'autres ont fui vers la France où ils ont été parqués pendant des années dans des centres de transit. Ils forment aujourd'hui une communauté, descendants compris, de quelque 400.000 personnes.
  •    
  •    
  • Ennaharonline/ AFP

 

Des députés français adoptent loi sur les droits des harkis

Publié le 23/09/2009 à 10:09 par hogra
Des députés français adoptent  loi sur les droits des harkis

Initié par Bachagha Boualem
Des députés français adoptent un projet de loi sur les droits des harkis
 

Quelque 40 députés à l’Assemblée Nationale Française ont déposé un projet de loi visant d’assurer les droits des harkis algériens, en France. Ce projet a été inscrit le 18 septembre dernier ; il préconise, entre autres, de protéger cette catégorie de « diffamation et de déformation ».

L’inscription de ce projet de loi, est le fruit de « luttes » d’un grand groupe de harkis algériens en France. Il a été considéré comme un début de « reconnaissance » pratique des droits des harkis, de la part des autorités françaises. Des observateurs ont indiqué que les harkis ont saisi des lacunes dans la loi française, qui reconnais officiellement la participation de cette catégorie, auprès de l’armé française, durant la Guerre de la libération, dite « la Guerre d’Algérie », par la France. Les initiateurs de ce projet de loi ont réussi à assurer le quorum pour le passer au parlement, et tenter ainsi de « fermer la porte contre la diffamation et la déformation que les harkis subissent, soit en France ou en Algérie ».Par ailleurs, l’engagement des harkis pour mettre en place une loi propre à eux, s’est appuyé sur la loi glorifiant  la colonisation, du 23 février 2005, qui a suscité une large dénonciation de la part de la famille révolutionnaire en Algérie, ainsi que de la part du parti de la gauche, en France. Cependant, on croit savoir que ce projet de loi a été initié par le « père spirituel des harkis », en l’occurrence Bachagha Boualem, qui a rejoint le Front National, présidé par Jean Marie le Pen,  défenseur parenté des droits des harkis.   
 

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Mi de la défense français : Bounedjma était un harki

Publié le 05/08/2009 à 14:35 par hogra

Ministère de la défense français : « Bounedjma était un harki »

 

Lorsque le président de la coordination nationale des enfants de Chouhada, le nommé Khaled Bounedjma nous a accusé d’être des agents de la DRS française, de fils de Harki, nous avions alors fait la lumière sur le parcours de son père durant la guerre de libération nationale

  • Contenu du document :
  • Nous attestons que le nommé Mohamed Bounedjma a :
  • servi comme Harki au 21e 39e RI , 6e Compagnie
  • servi comme AASSE au 21e 39e RI, 6e Cie
  • servi comme Harki au 21e 39e RI- 6e Cie
  • servi au 7e B.C.S.
  • Lorsque le président de la coordination nationale des enfants de Chouhada, le nommé Khaled Bounedjma nous a accusé d’être des agents de la DRS française, de fils de Harki, nous avions alors fait la lumière sur le parcours de son père durant la guerre de libération nationale et ce, en se basant sur les témoignages des enfants de sa région sur le parcours du traître « Mohamed Rahdj » qui avait vendu sa conscience au colonisateur français.
  • Suite à cela, celui-ci nous avait accusé d’avoir manipulé les témoignages de ces moudjahiddines bien qu’ils soient authentiques (audio et vidéos). Et puisqu’on doit présenter des preuves de ce qu’on avance, alors voici le document authentique qui retrace le parcours du traître « Rahdj ».
  • Le document officiel, délivré par la direction du service national du ministère de la défense français confirme que Mohamed Bounedjma, né le 9 août 1928 à Bourached dans la wilaya de Aïn Defla avait servi en sa qualité de Harki dans les rangs de l’armée coloniale. Il avait servi dans plusieurs compagnies militaires françaises.
  • Mohamed Bounedjma avait rejoint, en qualité de Harki, la 21e 39e RI, relevant de la 6e compagnie militaire qui activait dans la région de la Mitidja. Ensuite, le Harki « Rahdj » a été promut au rang d’élément au sein du « AASSE, connu par tous les algériens qui ont vécu la guerre. C’était une unité spéciale de Harkis qui pratiquait même la torture contre les algériens. Ces derniers s’infiltraient parmi les algériens afin d’avoir des informations sur les moudjahiddines et leur mouvements ou sur les opérations que planifiaient ces derniers.
  • Les Harki avait contribué, selon des témoignages, au massacre de trois moudjahiddines dans sa région. Après cette lâche opération, il revint à sa première fonction et repris le titre de Harki au sein de la même compagnie militaire. Il était resté au même poste et dans la même région jusqu’à ce qu’il rejoignit la septième unité B.C.A. une unité militaire chargée de mener des opérations militaires contre les civils et l’ALN, ce qui prouve que le père du président de la coordination nationale des enfants de Chouhada avait pris les armes contre la révolution au sein de la B.C.A. qui menait des opérations militaires contre les moudjahiddines et les civils.
  • Le document délivré par la direction du service national, bureau des archives militaires au ministère de la défense français, signé par le lieutenant-colonel Alain David, directeur du bureau central d’archives militaires et administratifs.  Il est délivré aux Harkis et traîtres par le ministère de la défense afin que ces derniers puissent bénéficier de la pension militaire ainsi que d’autres avantages dont bénéficient les Harkis sur le territoire français.
  • Ennahar a pu avoir une copie de ce document qui dément les prétentions du fils du Harki, Khaled Bounedjma qui veut faire de son père un héro et un symbole de la révolution en exploitant et menaçant même certains moudjahiddines afin qu’ils fassent de faux témoignages.
  • Le document mentionne bien le nom et prénom, sa date et son lieu de naissance du Harki Bounedjma, père du président de la CNEC, le nommé Khaled Bounedjma.
  • Que reste-il à cacher sur ce traître qui était au service de l’armée française. Celui dont le fils n’est autre que le président d’une organisation des enfants de Chouhada.
  • Ennahar/ Sami Si Youcef

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Les assassins de la mémoire

Publié le 14/05/2009 à 19:33 par hogra
Les assassins de la mémoire

Dans son allocution du 11 novembre 2008 à l’occasion de la commémoration de l’Armistice du Il novembre 1918, le président français, pour la première fois dans l’histoire, a eu quelques mots de compassion pour ceux qui ont trahi ou refusé de combattre.


« Ils ne faut pas oublier qu’ils sont Français », disait-il en substance et d’ajouter : « Il faut se garder aussi de les juger et comprendre les circonstances dans lesquelles ils vivaient. » Emouvante plaidoirie des circonstances atténuantes à ceux qui, dans des moments cruels, ont suivi le camp ennemi ou refusé de soutenir leurs frères. Il est vrai que les guerres sont dures, mais il est aussi vrai qu’elles sont dures pour tout le monde.

Sarkozy ne fait pas dans la nuance entre la complaisance ou la tolérance de l’occupation que les plus irréductibles appellent « trahison passive » et ceux qui ont trahi activement en endossant l’uniforme ennemi et en exécutant ses basses besognes en abjects sous-traitants. A Alger, il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy déclara que la France ne présentera aucune excuse pour les crimes coloniaux, chacun doit assumer son histoire et son passé même les criminels de guerre qui sont plus lâches que les criminels de paix. Pathétique et touchante mansuétude et solidarité que Sarkozy distribue avec générosité et équité entre les criminels et les traîtres, mais ne fait signe ni de compassion ni de respect ou vénération pour les résistants et les héros.

En remettant sur un pied d’égalité morale les combattants pour la liberté et les complices des bourreaux et des assassins, Sarko verse vers un nivellement, par le bas, des dignités. La mémoire d’un héros ne vaut pas celle d’un traître. L’histoire et la mémoire hiérarchisent les hommes et les événements. L’égalitarisme des dignités et des mémoires est la plus grande insulte et la plus grande iniquité à la bravoure et au courage. Un résistant vaut mieux qu’un collabo, c’est la moindre des justices qu’on rend au courage et au sacrifice. Il faut inscrire le discours du 11 novembre 2008 de Nicolas Sarkozy dans la continuité de celui prononcé au mois de mai à Alger et au lendemain duquel où il réserva, en France, un accueil aux harkis.

En politique, les agendas ne connaissent ni le hasard, ni la coïncidence, ni encore l’anodin

Disons un petit mot pour ceux à qui Sarko a rendu un hommage après avoir refusé des excuses aux victimes des crimes coloniaux : Il y a deux catégories de harkis :
- ceux qui ont agi activement et plus cruellement, pour le compte de l’ennemi, contre les leurs et ceux coupables seulement d’un manque de courage. A cette dernière catégorie et à elle seulement, le pardon est possible. Cela pour les harkis en Algérie, la France, quant à elle, peut les anoblir et les sacrer de la légion d’honneur. Dommage que Sarkosy n’a eu aucun mot de compassion pour les résistants algériens, martyrs et vivants. Curieuse mémoire sélective de Sarkozy qui prend un puéril plaisir à glorifier et célébrer ceux qui ont trahi. Paradoxal et révélateur ce respect différentiel et sélectif des mémoires.
- Nous l’avons déjà dit (dans un article publié dans El Watan) en réaction au discours d’Alger et qui touche l’histoire franco-algérienne où Sarkozy insulta les mémoires algériennes en excluant des excuses françaises.

Aucun de ces prédécesseurs n’avait osé autant de clarté. Nous le réitérons maintenant à l’occasion de cet événement franco-français où aucun président français auparavant n’a osé autant de révisionnisme. Répétons-le : seul(e)s ceux et celles qui n’ont pas résisté ne respectent pas la résistance. Les résistants sont, quelque part, leur mauvaise conscience.
- La loi du 23 février est une parfaite illustration d’un révisionnisme sournois, elle n’est que la forme juridique de forfaitures morales .
- La glorification du colonialisme a son revers : la culpabilisation, la diabolisation et la criminalisation des résistances et des guerres de libération. Ce sont-là deux convictions concomitantes, l’une ne va pas et ne va jamais sans l’autre. Les révisionnismes sont dans l’air du temps, ils emmènent tout droit vers les glorifications des trahisons et les culpabilisations des résistances.

Les décolonisations ne sont ni complétés ni parfaites

Les anciens colonisateurs laissent toujours leurs relais pour accomplir leurs sales besognes. Ils défendent leurs intérêts matériels et moraux et sont rétribués en retour. Ils réalisent et exécutent en leur lieu et place, ils ne reçoivent même pas de mandats ou de doléances comme les bons serviteurs, ils devinent et devancent les désirs et surenchérissent. Ces relais sont distillés d’une façon sournoise dans les milieux agissants et efficaces, ils agissent par multiples procédés et traquent les défenseurs de la mémoire. Ils ont le complexe du colonisé, s’ébahissent devant tout ce qui vient du colonisateur et ne manifestent aucun égard pour ce qui peut faire la dignité nationale. Ils vantent et louent les moindres performances de ce qui vient de l’ex-occupant et réduisent et attaquent ce qui peut faire la fierté du pays.Ils ont une haine ineffable, parce que honteuse, des marques indélébiles de la résistance, ils n’aiment pas les réminiscences de la mémoire. Ils font une guerre sournoise aux symboles de la révolte, car ils sont le miroir de leur passivité, au mieux, de leur trahison, au pire.

Des pulsions inconscientes les poussent à l’hostilité contre tout ce qui leur rappelle leur déficit de courage. Ils font une guerre sournoise au passé, un passé qui est le miroir insupportable de leur passivité, leur complicité, leur passivité complice, à la limite ou abords de la trahison et de la collaboration. Les pulsions de ce complexe sont subliminales et imperceptibles, elles les poussent à une guerre sournoise dont ils ne perçoivent même pas les ressorts et motivations inconscientes.
- Les réminiscences de la mémoire leur rappellent et infligent le sentiment douloureux d’être passés à côté d’une si bonne et si grande cause, elle leur rappellent leur cruelle indigence en mobiles de fierté. A tous les assassins de la mémoire qui agissent sous de multiples formes : « La mémoire est immortelle. »


Par Nasr-Eddine Lezzar

Fatima Besnaci-Lancou (Présidente de l’association Harkis et Droits de l’homme) : « 40 ans après l’i

Publié le 14/05/2009 à 19:30 par hogra
Fatima Besnaci-Lancou (Présidente de l’association Harkis et Droits de l’homme) : « 40 ans après l’indépendance de l’Algérie, il est temps d’introduire la nuance »


- Comment est née l’idée de cette manifestation ?
- L’association Harkis et droits de l’homme travaille sur la mémoire, placée dans le contexte global de la colonisation. On ne veut surtout pas essentialiser. L’histoire des harkis reste une tragédie parmi celles engendrées par le système colonial et la guerre d’Algérie. Est-ce que ce ne sera pas la première fois qu’il y aura un événement aussi marquant qui replace, comme vous le dites, la question des harkis dans un contexte global ? De cette importance, oui. Le 4 mars 2006, une rencontre à l’Assemblée nationale avait pour thème « Les harkis dans la colonisation et ses suites », avec Mohamed Harbi et Ali Haroun, en présence des acteurs et descendants de cette époque. Et les Algériens étaient les bienvenus. Se réunir chacun de son côté pour parler de son histoire sans la confronter à l’autre, cela ressemble, surtout pour moi, à de la psychothérapie de groupe.
- Il y a une soixantaine de spécialistes divers et variés qui vont intervenir au mois d’octobre, Français et Algériens. Est-ce que cela a été difficile de les inciter à venir ?
- Globalement, cela a plutôt été facile. Je pense en fait qu’on est à un tournant. Même s’il y a encore des crispations, notamment au niveau des gouvernants, de part et d’autre. La loi sur « les bienfaits de la colonisation » de février 2005 n’a pas aidé. Mais, par ailleurs, il y a un besoin de connaître les « histoires » dans leur globalité. Du côté algérien, nous recevons des appels favorables qui nous encouragent à aller dans ce sens. Un jour, une jeune femme m’a appelé d’Algérie pour me parler de son histoire de fille de chahid, disant sa volonté d’aller de l’avant. Et elle m’a dit une phrase qui m’a interpellée : « L’Algérie mérite qu’on se batte pour elle, et les haines n’ont jamais rien apporté. » Ce n’est donc pas la seule volonté de notre association d’aller en ce sens.
- Cela veut-il dire que cette rencontre arrive en temps opportun ?
- Disons que de part et d’autre de la Méditerranée, les gens ont besoin de construire et de construire positivement. Pour atteindre cet objectif, tous les drames humains doivent être reconnus et les tentatives de manipulation de l’histoire déjouées. Pour notre part par exemple, nous sommes montés au créneau pour que l’article 4 de la loi de février 2005 soit abrogé. Savez-vous que nous avons été parmi les premiers à réagir, avant le collectif d’historiens et des associations des droits de l’homme ? Notre initiative s’inscrit dans quelque chose de solide, d’enraciné, qui ne doit rien au hasard. Nous ne nous sommes pas réveillés, il y a deux ans en se disant : « Tiens, on va faire ça. » C’est tout un état d’esprit qui anime chaque membre de l’association, avec lucidité me semble-t-il. Maintenant, les gens nous connaissent et savent notre volonté d’aller de l’avant, d’essayer d’apaiser les mémoires, sans renier le passé. Tout est réfléchi, pesé. L’association Harkis et droits de l’homme, qui est la locomotive de ce projet, a ainsi obtenu le concours de multiples partenaires, dont plusieurs syndicats de l’éducation, ce qui est vraiment une première essentielle.
- Justement, quelles retombées attendez-vous de cet événement ?
- Nous espérons qu’il donnera à d’autres des idées de rencontres et de débats pour aller toujours plus loin. Sans être obligés d’être d’accord sur tout, on peut débattre en écoutant l’autre. C’est comme ça qu’on avance, car personne ne peut changer l’histoire et les douleurs provoquées par le colonialisme. Ce serait un beau résultat d’ouvrir une voie, de dépasser des tabous et de battre en brèche certaines idées reçues. Pour l’instant, l’histoire franco-algérienne est malheureusement écrite de façon manichéenne. C’est ou tout blanc ou tout noir.
- 40 ans après l’indépendance de l’Algérie, il serait temps d’introduire la nuance qui est plus que jamais nécessaire. Par exemple, qu’est-ce qui a amené une frange de la population, généralement paysanne et très pauvre, à se retrouver du côté du colonisateur et qu’est-ce qu’il y a derrière ?
- Cela renvoie peut-être aussi à la manière dont la révolution algérienne est écrite. Qu’en pensez-vous ?Oui, je pense que ce ne sont pas seulement les harkis qui sont concernés. En Algérie aussi, il y a des injustices de cette réécriture déformée de l’histoire. C’est pourquoi, il faut qu’un jour les historiens des deux côtés de la Méditerranée, non idéologues, sérieux et solides, avancent ensemble dans l’écriture de cette histoire. Les choses se détendront avec les nouvelles générations. Plus tôt cela sera fait, mieux ce sera. Que l’Algérie trouve la paix en elle-même ! C’est un pays qui souffre tellement, et c’est dommage ! Quand on fait le constat d’un drame, qu’est-ce qu’on a comme option : la fascination pour la haine ou bien l’option de construire la paix. Ça, c’est des choix.


Par Walid Mebarek

Les harkis analysés au regard de la colonisation : Recul des stéréotypes et clichés

Publié le 13/05/2009 à 12:00 par hogra
Les harkis analysés au regard de la colonisation : Recul des stéréotypes et clichés

Dans le cadre de la manifestation « Français et Algériens : art, mémoire et histoire » initiée par Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’homme, le colloque international sur le thème « Nouvelles approches sur l’histoire des harkis dans la colonisation et ses suites » organisé les 21 et 22 octobre derniers au siège de l’hôtel de ville à Paris, aura constitué un des temps forts de la manifestation.


Paris : De notre bureau

46 ans après le rapatriement de quelques dizaines de milliers de harkis en France, l’historiographie et les recherches universitaires entreprises depuis, la conscience éclairée de la génération des enfants de harkis, incarnée en la personnalité de Fatima Besnaci-Lancou, renouvellent en profondeur la vision et l’analyse du phénomène harki. La grande nouveauté réside dans le fait que la nouvelle génération a choisi d’interroger et d’interpréter l’histoire de ses parents à la lumière du phénomène colonial et de ses conséquences, plutôt que de le lire stricto sensu à l’aune de la République française. Ce qui, bien évidemment, permet de faire reculer les stéréotypes et clichés auxquels n’ont pu échappé les harkis à l’instar des immigrés algériens qui eux, heureusement, ont été revus et corrigés par les travaux sociologiques du regretté Abdelmalek Sayad. Il faut dire que la qualité des intervenants et des témoins aura largement contribué à l’émergence d’une vision nouvelle éloignée des généralités simplificatrices pour opter en faveur de la complexité du phénomène harki longtemps occultée au profit d’une approche binaire.

Le nationalisme n’a pas su penser la nation

La figure dominante de ce colloque aura été celle de l’historien Gilles Manceron qui a réuni un aréopage de chercheurs, dont certains issus de l’immigration algérienne ont eu, au hasard de leurs travaux, à étudier la question des harkis. En premier lieu, ce qui est ressorti des nombreuses interventions, tant à la tribune qu’au sein du public, c’est que, en plus de sa complexité, la communauté de harkis n’a jamais constitué un ensemble homogène uni comme un seul homme derrière une mère patrie qui serait la France…

En étudiant la colonisation et la formation nationale algérienne, René Gallissot, qui a longtemps enseigné l’histoire en Algérie, fait état d’une constante de la politique coloniale, à savoir susciter des guerres fratricides pour mieux annihiler le sentiment national. Cela a été le cas de la Hollande en Indonésie, de la Grande-Bretagne en Inde et bien sûr de la France déjà dans la guerre du Rif au Maroc en 1925-1926 puis en Indochine et en Algérie. L’idéologie coloniale va faire que ces supplétifs seront dotés d’un statut d’infériorité qui se traduit par des emplois subalternes ou des soldes inférieures à leurs pairs métropolitains. « Le recrutement des harkis, rappellera-t-il, se fera de manière massive sous la Ve République après 1958 et après que le FLN eut perdu la bataille des villes pour l’intensifier dans les campagnes. »

Mohamed Harbi, incarcéré en 1965 au camp de Lambèze, a côtoyé des harkis et les a longuement interrogés sur leurs motivations, il dira à ce sujet : « Nombre d’entre eux ont été ‘’retournés’’ après qu’un massacre eut frappé leur famille. » De même certains autres n’ont endossé l’uniforme que pour des motifs de survie alimentaire. Il en conclura : « La colonisation a su instrumentaliser les fractures de la société algérienne. Si les dirigeants des maquis pensaient que l’opinion leur était acquise, il se trouverait qu’ailleurs le lignage et les appartenances claniques se sont révélés plus forts que le nationalisme ambiant. » Il insistera même sur le fait que l’épopée libératrice a beaucoup trop souffert d’avoir été rapportée en noir et blanc. Ainsi, on retiendra de cet exposé que le sentiment national en Algérie a connu une lente émergence, ce qui explique mieux le phénomène des supplétifs. Nous retiendrons également cette vérité historique, selon laquelle pour Mohamed Harbi « le nationalisme n’a pas su penser la nation, oublieux des formations sociales diverses qui coexistaient sur le territoire national ».

Omar Carlier, enseignant à Paris VII, enfoncera le clou en soulignant que c’est l’identité familiale remontant à la tribu qui définit le positionnement social. A ses yeux « le rapport généalogique est de première importance ». A travers plusieurs exemples, il fera la démonstration que l’union nationale ne s’est forgée qu’après une lutte impitoyable et fratricide. René Galissot rebondira sur ces approches privilégiant le lignage en citant Germaine Tillon : « On ne comprend rien à l’Algérie, si on ne comprend pas le fait familial. » François-Xavier Hautreux de Paris X insistera pour sa part sur la réalité multiforme des harkis dont les motivations l’étaient également. « L’Algérie est une identité en formation ». C’est là une explication partagée par tous les historiens présents. Pour lui, la constitution des harka résulte surtout des massacres et exactions du FLN dans les campagnes.

« Comment dépasser les clichés et stéréotypes ? »

De même, n’oublions jamais qu’une grande partie de la population rurale dépendait de l’armée pour sa survie (les SAS) sans omettre ceux qui désertaient au premier coup de feu ou ceux qui rejoignaient le FLN même si en 1961 on recensait 120 000 harkis. Abderrahmane Moumen, historien à Perpignan, évoquera de son côté les massacres post-indépendance, entre 1962 et 1964, sujet à la fois douloureux et flou quant aux chiffres ou statistiques non établis. Toutefois, il nuancera son propos en rappelant aussi que nombre de supplétifs n’ont pas été touchés par des représailles (ceux du bachagha Boualem dans l’Ouarsenis par exemple). « Sans reconnaissance mutuelle, conclut-il, on ne pourra déboucher sur des mémoires apaisées. » La sociologue Marnia Belhadj enseigne à Poitiers, pour sa thèse de 3e cycle, s’est penchée sur le phénomène des cités de transit largement occulté par rapport aux bidonvilles et a inclus les enfants de harkis dans sa recherche.

A son avis, on a trop souvent oublié les camps de relégation des harkis, dont la réalité a des allures d’apartheid. Sur la communauté de destin des deux entités (beurs et harkis), elle rappellera que la marche pour l’égalité de 1983 les a regroupés sous la houlette de la figure emblématique de Toumi Djaïdja, lui-même fils de harki. Ils surent dépasser le contentieux historique, conscients qu’ils subissaient le même rejet de la France en raison de leur faciès d’Arabe. La dernière table ronde s’est interrogée « Comment dépasser les clichés et stéréotypes ? ».

Catherine de Wenden, directrice de recherche au CNRS, a mis en lumière le fil conducteur de ses enquêtes, au terme desquelles il ressortait que les enfants de harkis revendiquaient le respect à la fois comme français et musulmans. Ainsi, ils ont été les premiers à réclamer des carrés musulmans dans les cimetières. Leurs autres revendications ont porté sur une demande de légitimité et surtout de réconciliation avec l’histoire. Ghaleb Bencheikh, aussi brillant que d’habitude, a également plaidé pour des mémoires apaisées rappelant au passage que le défunt Cheikh Abbas, son père, alors recteur de la Mosquée de Paris, a longuement intercédé auprès des autorités algériennes pour le retour au pays des harkis. Il a émis ensuite le vœu que le trauma ne soit pas transmis de génération en génération et que la France devra considérer son identité nationale comme « plurielle, composite, sédimentée, même si son socle est chrétien. »

Il plaidera également pour une meilleure reconnaissance et une meilleure place de la langue arabe et que cesse la vision binaire sur les Arabes, tantôt sauveurs du marché des pouliches à Deauville, tantôt inéluctablement imperméables à la laïcité républicaine. Ce fut donc un colloque utile et passionnant de bout en bout et que nous vous avons rapporté de manière évidemment parcellaire. Pour notre part, nous retiendrons cette certitude qu’il importe désormais de sortir du champ des mémoires pour entrer dans celui de l’histoire. L’apaisement est à ce prix.



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