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jeunesse et désespérance

Un étudiant menace de mort un enseignant d’espagnol

Publié le 30/10/2009 à 20:31 par hogra

En solidarité avec leur collègue, ils observent un sit-in suivi d’un arrêt de travail

Un étudiant menace de mort un enseignant d’espagnol

De nombreux enseignants universitaires ont organisé, hier, une action de protestation suivie d’un arrêt de travail à l’institut des langues étrangères, section espagnole, pour dénoncer les menaces de mort et l’agression verbale dont a été victime leur collègue, K.Z., enseignante de littérature espagnole. Celle-ci, soulignons-le, avait été agressée verbalement par l’un des ses étudiants de troisième année de licence et qui l’aurait également menacée de mort. Cet étudiant a été arrêté par les services de la 19ème sûreté urbaine.


Entendue par les éléments de la police judiciaire, la victime a déclaré: «Mon agresseur devait refaire la troisième année et m’a sollicitée pour lui attribuer illégalement 09 points supplémentaires afin d’obtenir la moyenne requise au passage et passer ainsi en quatrième année. Refusant, de toute évidence, cette pratique illégale et formellement interdite de surcroît, le mis en cause adoptera un comportement agressif et insolent à mon égard et ne manquera pas de me menacer publiquement de me tuer.» Puis ajoutera: «Il ne se contentera pas de me harceler, mais il me traquera là où j’allais et s’en prendra aussi à ma fille, qui est désormais terrorisée par son comportement.»

Plusieurs enseignants de l’université, se sont montrés solidaires de la victime et ont dénoncé les agressions récurrentes dont sont victimes les enseignants: «Nous avons adressé plusieurs écrits au rectorat de l’université et nous l’avons mis en garde contre l’ampleur de la violence à laquelle étaient soumis les enseignants en milieu universitaire.

Concernant cet étudiant, nous avons informé la tutelle de son comportement, jugé inadmissible dans les salles de conférence, vu qu’il assistait, souvent ivre, aux cours.»

Pour sa part, le président de la section de littérature espagnole, dira: «Nous dénonçons la violence dans les milieux universitaires dans toutes ses formes et nous appelons le recteur de l’université à intervenir afin que ce phénomène soit combattu, et ce, bien avant qu’il ne soit trop tard. Nous ne voulons pas que le cas du défunt Benchehida Mohamed, poignardé à mort par son étudiant à l’université de Mostaganem, ne se reproduise à Oran.»

Les enseignants de l’université sont donc unanimes quant à dénoncer la violence en milieux universitaires et qui a tendance à prendre une ampleur grave.

Nous aurions souhaité approcher le mis en cause dans cette affaire pour connaître sa version des faits, mais cela nous a été impossible, vu qu’il a été arrêté par les services de police.

Redouane Boualia

 



Cette colère qui fait peur

Publié le 01/09/2009 à 00:00 par hogra
Cette colère qui fait peur

DES ÉMEUTES ÉCLATENT DANS PLUSIEURS RÉGIONS DU PAYS
Cette colère qui fait peur

Les élus tournent le dos au peuple, le gouvernement brille par son immobilisme et la classe politique indifférente devant l’absence d’enjeux électoraux très proches.

Flambée des prix, chômage, baisse du pouvoir d’achat, à ces ingrédients l’on ajoutera le stress des foyers qui doivent faire face à une rentrée sociale très particulière marquée par trois événements principaux: Ramadhan, Aïd et rentrée scolaire. Sans oublier, bien évidemment, la déception de milliers de citoyens demandeurs de crédits de consommation après la décision du gouvernement de supprimer cette formule. D’autres sont rongés par la crainte de perdre leur poste d’emploi suite aux nouvelles mesures prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2009. L’on fera l’impasse sur les soucisquotidiens du citoyen algérien, illustrés notamment par la hogra et la bureaucratie. Un cocktail explosif qui menace la paix sociale chère aux autorités publiques. La rue bouillonne et les signes d’une explosion se manifestent chaque jour que Dieu fait. Parfois, il suffit de rien ou même d’un banal tournoi régional de football pour que le pire se produise. C’est le cas des échauffourées qui ont eu lieu au village Ighil Ouantar à Seddouk (Béjaïa). Alors que deux équipes jouaient les dernières minutes de la rencontre, un individu pénètre sur le terrain. Cela a suffi pour mettre le feu aux poudres. Une bagarre généralisée s’ensuivit. Les supporters des deux équipes en arrivent rapidement aux mains après un moment d’échanges verbaux acerbes. Dans la foulée, on s’en prend au siège de la commune et à la Maison des jeunes. Hier encore, les citoyens de Tirmitine ont organisé un grand rassemblement devant le tribunal de la ville de Tizi Ouzou. (Ndrl lire le papier de Kamel Boudjadi). Mais en Algérie, la révolte est souvent liée à des problèmes de fond ancrés comme une fatalité dans la société et qui se reproduisent chaque année face à une incroyable impuissance des autorités publiques à leur trouver des solutions. C’est le cas de l’éternel problème du logement. Le scénario est le même: l’APC affiche la liste, et le déluge s’ensuit. Pas plus tard que la semaine dernière, des mécontents ayant été écartés, selon leurs dires, de la liste des bénéficiaires de logement dans le cadre de l’évacuation des habitants du site du Bardo, ont protesté devant une école primaire située sur le même site, qui abritait l’opération des recours, en présence du chef de daïra. Les citoyens ont accusé les élus locaux de pistonner leurs connaissances et d’écarter de la liste des bénéficiaires, les personnes qui sont véritablement dans le besoin.
Les élus tournent le dos au peuple qui les a confortablement placés dans leurs sièges. Absence de communication et d’interlocuteur, rupture de contact et surtout grand désarroi poussent jeunes et vieux dans la rue, notamment pour contester, comme ce fut le cas à Khenchela après l’arrêt des travaux de la construction d’un nouvel hôpital.
Les jeunes se sentant exclus et marginalisés en raison de l’absence de toute prise en charge de leurs préoccupations, investissent les rues, saccagent les commerces et bâtiments administratifs. Mais ces messages de la rue peinent à trouver une oreille attentive. La classe politique doit assumer une grande part de responsabilité dans cette situation. Face à l’absence d’enjeux électoraux très proches, les partis se murent dans un silence et n’affichent aucun intérêt pour les préoccupations des citoyens.
Quant aux réponses apportées par le gouvernement, lorsque toutefois il décide de réagir, elles sont en général évasives ne répondant souvent à aucune logique. En Algérie, il y a un mouvement social qui se développe en dehors des partis politiques et des syndicats traditionnels. Ce n’est pas le schéma idéal d’un Etat de droit qui aspire à la paix et à la démocratie.

Achira MAMMERI

 

A qui profite le désordre ?

Publié le 31/08/2009 à 06:19 par hogra
A qui profite le désordre ?
Retour sur une émeute pas très nette à TirmitineA qui profite le désordre ?La localité de Tirmitine, qui a connu une perturbation ces derniers jours,  avec en prime le saccage du siège de l’APC et l’arrestation  de 10 citoyens, commence à livrer les secrets d’une protestation douteuse. L’administration qui n’a pas hésité à entendre les citoyens et à consentir un dialogue ouvert et sans restriction a pu rassembler les comités de village des deux P/APC et du chef de daïra. Si la revendication du lycée, comme posée au départ, a allumé la mèche de la poudriere, cela n’a été qu’un alibi, car cachant l’intention réelle de la protestation. La solution proposée et envisagée par les autorités était de lancer l’ouverture d’une grande annexe du lycée afin d’assurer une scolarisation de proximité à tous les villages des deux ârchs. Lors de la réunion de travail, les représentants des villages sont allés jusqu’à considérer que la revendication du lycée ne les intéressait pas, mais il s’agit de déplacer le chef-lieude commune d’une localité à une autre. La doléances doit suivre une procédure réglementaire. Les comités de village doivent ainsi introduire une demande à l’APC qui, après déliberation par l’exécutif, sera transmise au wali pour avis, qui à son tour transmettera le dossier à la tutelle, le ministère de l’intérieur, qui étudiera l’opportunité d’un éventuel transfert du siège de la municipalité d’un lieu à un autre. Cette démarche est stipulée par l’article 4 du code communal, code régissant le fonctionnement des APC. L’intervention de la force publique, qui a pu rétablir le calme et la sérénité, s’est faite après l’accomplissement du forfait par les protestataires en s’attaquant au siège de l’APC et en procédant à son saccage systématique. Les révélations des uns et des autres font ressortir que l’indexation du siège de l’APC aux manifestants a été l’œuvre d’élus de la commune de Tirmitine. Ces élus appartenant à deux partis politiques différents inscrits dans l’opposition au niveau de l’assemblée locale. Selon une source digne de foi, ces actes de vandalisme qui s’erigent en mode d’emploi ne sauraient être tolérés. La force de la loi sera appliquée contre tous ceux qui font obstruction à l’effort de développement amorcé par la wilaya, après des années de léthargie et de marginalisation. Certains élus versent dans la manipulation, au lieu de s’invertir dans leur noble mission, celle de servir les citoyens. Sinon comment expliquer de la revendication de délocalisation du lycée inscrit en 2004 avec 11 milliards et repris en 2009 avec 21 milliards – l’Etat en débourse 10 milliards de plus –, laprotestation s’est orientée vers le siège de l’APC, qui s’avérait constituer le centre d’intérêt d’une partie de la population. Le projet d’implantation d’un lycée obéit aux recommandations d’une carte scolaire dûment arrêtée et peaufinée par les autorités en charge du secteur, comme la création d’une municipalité obeit à des normes de population, d’espaces, de structures de développement et autres. Si des localités sont face à des difficultés ou manquements, les modes de protestation et méthodes de luttes existent sans recourir à la pratique musclée aux conséquences dramatiques. La région a plus besoin de paix, afin que l’acte de développement et la relance économique tant souhaités relèvent du domaine du possible. Khaled Zahem

Avoir 20 ans en Algérie, quel gâchis !

Publié le 26/08/2009 à 00:33 par hogra
Avoir 20 ans en Algérie, quel gâchis !

Cette jeunesse là a grandi en apprenant à manifester de l’agressivité envers ses semblables pour conjurer sa propre peur de l’inconnue.


jeuness-s-zoheir7 Ah ! Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait, dit l’adage très connu du monde entier. Sauf qu’en Algérie, en sus de cette maxime, notre jeunesse est confrontée à une multitude de problèmes d’ordre psycho-social et affectif qui l’empêche de voir clair dans sa tête et tourne en rond au lieu de voler de ses propres ailes comme cela est le cas ailleurs dans ce même monde que nous partageons tous, certes, mais pas de manière égale, hélas !

J’ai, presque, envie de dire que, quelque part, ceux à qui incombent la responsabilité de leur éducation, les parents au premier chef, les surprotègent au point de les étouffer pour certains faisant d’eux des éternels assistés pendant que d’autres les délaissent totalement. Soit par négligence caractérisée ou non; soit pour des raisons économiques évidentes faisant d’eux des laissés pour compte, livrés à eux même et face à une société qui ne pardonne guère « Ma Terhamch » pour reprendre une vilaine expression bien de chez nous celle-là.

Du coup toute une succession de mésaventures lui tombent sur la tête du jeune algérien. A commencer par l’échec scolaire qui va l’amener à s’initier au « Hitisme» autre expression de notre Fellag national qui traite – avec son humour corrosif qu’on lui connait – ces murs de centres culturels. Et de culture, il y en a point, bien évidemment, aux yeux de l’artiste. C’est plutôt la tchatche habituelle de la rue qui apprend bien des vices et autres calamités à ces jeunes désœuvrés. De la drogue en passant par le vol à la tire, le suicide, autrephénomène qui a pris de l’ampleur…jusqu’à la « Harga», tout y passe. A côté de la responsabilité engagée des parents, le jeune Algérien de 20 ans, est né, si vous faites rapidement vos comptes, en 1989, soit à la veille d’une époque sombre de l’histoire de notre pays que d’aucuns qualifient de noir ou rouge, c’est selon.

En d’autres termes, cette jeunesse là a grandi dans la violence terrifiante, aveugle, et sanguinaire. Cette jeunesse là a grandi en apprenant à se méfier de tout et de rien à la fois. Cette jeunesse là a grandi en apprenant à manifester de l’agressivité envers ses semblables pour conjurer sa propre peur de l’inconnue.

La génération net

Cette jeunesse là ne connait pas ce que c’est d’aller voir un film au cinoche, encore moins lire un ouvrage à même de nourrir son esprit. Sauf, peut-être, à tirer profit d’une aubaine – si on peut vraiment qualifier ainsi la chose – qu’était l’avènement de la parabole et du net. Ah là ! Pour avoir surfé, tchatché, dragué sur le net, ils l’ont fait nos jeunots. Pour avoir vu énormément de films de tous genres – et généralement de violence et de sexe – via la parabole, ils l’ont fait nos jeunots. Autant dire qu’ils se sont fait violence, une nouvelle fois, en consommant sans modération de tas d’images bombardantes tout en assouvissant, il est vrai, leur frustrations de toute nature, de l’amour plus particulièrement qui demeure un sujet tabou qu’on aborde rarement en famille.

Quel gâchis ! Et aujourd’hui ? Ben ! Ils continuent à profiter des autres opportunités que les NTIC leur offrent notamment la téléphonie mobile dont le marché a explosé très rapidement en Algérie et de bien d’autres gadgets qu’il est inutile d’énumérer, ici. Ils sont, de toutes les manières, connus de toutes et tous. Bien sûr ! Une minorité de jeunes a pu acquérir un savoir pluridisciplinaire grâce aux conditions rarement favorables au sein du cocon familial qui se saigne, le plus souvent, pour le bien de ses rejetons. Mais pour la majorité écrasante de nos jeunots, point de connaissances, ne serait-ce qu’élémentaires, de leur pays. Leur référent culturel se résume à la notion de « Houma » ou quartier, au repli sur soi, au rejet de l’autre parce que différent, bref au communautarisme d’un autre âge et qu’on retrouve, du reste, même au sein de la diaspora Algérienne établie un peu partout dans le monde. Quant à voyager puisqu’on y est, autant ne pas y penser au vu des conditions drastiques imposées pour l’octroi des visas.

Qu’il est dur d’avoir 20 ans en Algérie tout comme il l’est, tout autant, pour ceux âgés de 30, 40, 50, et 60 ans…Le développement socio-économique du pays étant ce qu’il est, d’autres problèmes s’amoncellent les uns sur les autres à l’image du logis, ce « luxe » pas à la portée de toutes et tous, le chômage…et le recul net de l’âge du mariage. L’heure est grave car l’ignorance surtout l’ignorance de cette taille là qu’accuse notre jeunesse, d’aujourd’hui, ne va pas sans se répercuter durablement dans le temps si l’on ne prend pas les mesures adéquates à même d’arrêter cette déperdition humaine pour éviter aux futures générations d’en payer le prix fort.

Ne dit-on pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?

Rabah DOUIK

INSULTE, INJURE ET...BLASPHÈME Armes d’agression en Algérie

Publié le 28/07/2009 à 00:22 par hogra

INSULTE, INJURE ET...BLASPHÈME
Armes d’agression massive en Algérie

 

Tout le monde s’insulte, depuis l’enfance dans les cours de récréation, dans la rue...partout.

Expressions brutales et agressives, colorées d’une spontanéité avérée, telles sont les insultes proférées contre autrui. Elles précédent souvent une confrontation physique qui advient alors comme pour affirmer «sur le terrain» les insultes des uns et des autres.
La violence verbale revêt quelque part le burnous de la «langue libérée». Celle-ci reste contenue et retenue dans le propre de l’homme par respect à la société civile et familiale qui nous interdit de franchir les «lignes rouges» que nous souhaitons, intimement tous, outrepasser. Toutes les cultures universelles en sont imprégnées. Les insultes reflètent notre «ego» ni plus ni moins. Elles évoluent avec le verbe et les mutations sociales selon les civilisations, ou tout au moins, selon les comportements nouveaux que véhicule la nouvelle société en ce bas monde. C’est l’image des frustrations et des maux qui gangrènent la vie de tous les jours.
Chez nous, la violence demeure hélas l’un des reflets du manque d’aptitude des décideurs qui n’arrivent pas à contenir et maîtriser l’afflux des enfants dans le monde magique de la scolarité. La rue s’en charge et fait des enfants mal éduqués, des victimes. D’autre part, l’absence des parents, préoccupés par d’autres tâches de survie au vu des difficultés de la vie au coût sans cesse croissant, fait le reste.

Hélas, de nos jours l’insulte est devenue si grossière, si obscène, si choquante...qu’il est difficile de circuler en famille, avec son père, sa mère ou son épouse, sans être agressé, dans le sens propre du terme, par une insanité vomie au passage d’un voyou. Cela reste impuni par la loi bien sûr, qui a certainement d’autres maux à traiter et à surveiller comme le vol ou l’agressivité physique.
Ailleurs, dans les pays dits «civilisés», l’insulte ne touche guère le propre de l’homme. C’est une forme de violence certes, mais qui constitue un «tampon efficace» entre l’agression verbale et celle physique.
La hargne contre l’autre, plus riche ou plus instruit ou simplement plus chanceux, s’exprime chez nous à travers l’insulte, ultime agression qui crache son venin sur la différence d’autrui. Un jeune homme qui marche la main dans la main avec sa dulcinée, ou pis encore, au volant d’une voiture top, avec une belle compagne de surcroît...déclenche tout de go, chez des jeunes ou moins jeunes en groupe, une avalanche d’insultes maladroitement assimilées à des taquineries au style précieux et presque «recherché» dirions-nous, pour épater les témoins, les faire sourire ou les indigner...

En fait, ces réactions ne font qu’exprimer les misères, sexuelle ou sociale, et les conflits de générations qui ne cessent de s’éloigner les unes des autres. Le tout parsemé d’événements sociaux, culturels et aussi politiques pour les deux dernières générations en Algérie. Jugez-en vous-même: une guerre mondiale, une guerre populaire de libération, un (long) passage à travers une expérience dite «socialiste», une «tragédie nationale», trois week-ends différents...le tout avec une tentative d’entrée, dans le monde des nantis, comprendre celui des pays avancés. Autant d’événements phares qui ont modelé au fur et à mesure un nouveau profil de l’Algérien lambda qui n’est pas encore tout à fait à l’abri d’autres changements qui peuvent s’avérer tout aussi cruciaux et déformants les uns que les autres.
Dans tout cela, la femme reste le nombril, ou le point focal dirions-nous, de ces transformations socioculturelles. Les formes d’insultes qu’elles profèrent entre elles sont, par pudeur, indicibles pour les hommes.
Les femmes se trouvent en effet déchirées dans leur âme par la supériorité affichée du mâle par excellence dans une société phallocrate à outrance. Leurs insultes s’adressent aux hommes de leur vie: époux, frères, père, fils, amants...lesquels n’ont de cesse d’afficher leur virilité physique et intellectuelle lorsqu’elle n’est pas économique dans nombre de situations.

Les insultes qui semblent toucher le plus l’encaisseur masculin sont celles liées à la femme-mère, soeur ou épouse, ou une parente, voire une voisine. Cet aspect reflète le caractère matrimonial profond de notre société-mâle empreinte de valeurs traditionnelles, et ce, malgré l’approche citée plus haut et ressentie seulement par les femmes. Injurier un homme en faisant allusion ou référence à un aspect physique ou moral «intime» de sa mère, soeur ou épouse, père et ancêtres, soit les intouchables de la famille, est le comble de l’agression massive.
Elle peut conduire facilement au meurtre qualifié avec quelque fierté mal placée de «crime d’honneur» que certaines communautés musulmanes continuent à respecter de par le monde, parfois en dehors et contre la justice locale établie.

En effet, le crime dit «d’honneur» est érigé en action «glorieuse» dans nombre de communautés musulmanes à travers la planète. Tout ceci pour dire combien l’insulte est «riche et variée» chez nous et chez tous les peuples maghrébins. Elle peut être presque anodine comme «dinyamak» ou «dinbabak», contractions qui portent une coloration religieuse signifiant «Dieu maudisse la religion de ta mère ou de ton père», donc une connotation presque abstraite dans le temps et l’espace. Elle prend une autre tournure lorsqu’il s’agit de quelque chose de concret qui diabolise un côté physique surtout du parent féminin visé apparenté à une humiliation destructrice de l’égo.
Traiter par exemple un homme d’homosexuel est l’ultime insulte que l’on puisse proférer chez nous à l’encontre d’un jeune homme ou même quelqu’un de plus âgé, surtout au sein de son propre milieu. C’est une audace malencontreuse qu’il faut absolument laver «devant Dieu et les hommes» et surtout physiquement
L’autre aspect de l’insulte, humiliante sans plus, mais aussi blessante dans le for intérieur de tout un chacun, est celle qui use de noms d’animaux mal aimés comme d’être comparé à un âne, un mulet, chien ou l’ultime quolibet, de halouf (porc).

Socialement, être traité de juif dans le sens de radin est une insulte mal aimée mais qui peut «passer». Cet épithète, comme celui apparenté à tort au terme raciste de «nigrou», n’est pas forcément raciste ou antisémite, ne le sommes-nous pas nous-mêmes). Il est circonstanciel, éphémère, et sans suite dans la conviction profonde et générale.
Il y a lieu de souligner qu’une insulte, surtout avec une connotation religieuse, pendant le mois sacré du Ramadan, est un blasphème intolérable chez l’Algérien et tout Maghrébin, pratiquant ou non, mais qui est, rappelons-le «né musulman» par hérédité. Il est à relever également qu’Allah, le Prophète Mohamed, le Coran et l’Islam ne s’insultent que dans la langue arabe. Ce genre d’insultes n’est guère pratiqué sous d’autres cieux où cependant d’autres genres tout aussi blasphématoires sont de mise.

L’insulte raciste est aussi usitée, sans en avoir l’air ni la nommer dans le monde moderne, comme rapporté par cette information, toutefois non vérifiée, qui dit que «pour avoir attribué à un client d’origine marocaine le mot de passe "sale arabe", Orange, marque phare de France Télécom, a été condamné par la justice bordelaise à 8000 euros de dommages et intérêts».
Les insultes à l’égard des Arabes en général ou des Nord-Africains ont commencé avec la colonisation et elles en sont le produit. Un Nord-Africain n’avait pas de nom de peuple. La mentalité coloniale a de tout temps dénié aux autochtones le droit de se nommer collectivement. Elle va établir des noms particuliers, des noms péjoratifs. Ainsi, le lot des citoyens algériens demandant une rectification de leur nom patrimonial, considéré comme insultant, humiliant ou obscène selon, est considérable.
Le terme indigène, nom officiel pour toutes les populations locales, arabes ou kabyles, dans les recensements, était insultant pour nos ancêtres. Pour la femme, la moukère ou mouquère devient très vite une «pute», puis la pute devint en retour le nom de toutes les femmes arabes dans des chansons racistes.
Plus grave encore était l’emploi du nom Fatma, du nom de Fatima, la fille du Prophète. Cette appellation a d’abord désigné les domestiques, puis les prostitués et enfin toutes les femmes arabes du Maghreb.
D’autres insultes ont caractérisé la période coloniale comme le mot d’origine wolof (langue parlée au Sénégal), «bougnoule», qui désigne la couleur noire, et qui s’est appliqué à partir de 1890 dans le contexte des colonies à tous les indigènes, donc aussi bien aux Arabes qu’aux Imazighen en Algérie.
Par ailleurs, l’Arabe algérien est accusé de voleur comme le rat. Il est aussi lié à ce qui semble le plus bas dans la création, le rat. Cet animal qui est associé à la saleté, l’avarice et la laideur. Les dérivés de cette insulte sont nombreux: ratonner, ratonnade, ratonneur. Tous sont liés au contexte de la guerre d’Algérie et perdurent.
Ce sont là des insultes qui ont marqué le peuple algérien qui s’en souvient encore.

Abdelkrim AMARNI

 

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Vivre maçon, manœuvre,…et rêver de Sharon Stone !

Publié le 25/07/2009 à 00:03 par hogra
Vivre maçon, manœuvre,…et rêver de Sharon Stone !

La jeunesse kabyle entre rêves, fantasmes, illusions et réalitéVivre maçon, manœuvre, mécanicien…et rêver de Sharon Stone !

C’est l’histoire d’une catégorie de jeunes. Certains ont été éjectés tôt par un système scolaire tout aussi faillible pour se retrouver dans la rue. Avec le temps ils ont appris à se “débrouiller”, à se “spécialiser” et même comment se faire tirer de taule ! D’autres se sont habitués peinards, sous le toit du paternel, sans se soucier du reste… Et puis, il y a ceux qui n’ont pas cette opportunité, ni “l’audace” des premiers. Tous réunis, ils composent cette jeunesse kabyle qui file l’amour et  le quotidien à rythmes différents.

Reportage : Djaffar Chilab

 

Les jeunes subissent un rythme de vie assez original en Kabylie. Ce n’est certes pas un cas exclusif à la région, mais le phénomène tend à prendre de l’ampleur ces dernières années. Semblant en attente de jours meilleurs, chez une certaine catégorie, les soucis premiers se résument à se payer une boîte de gel, un café et une petite monnaie pour rallier un espace urbain. Là où ils pourraient scruter avec moins de gêne le mouvement, de préférence celui d’incessants va-et-vient de filles bien sûr.

Pour eux, tout ce temps se résume à une pause qu’ils savourent souvent sous d’énormes illusions choppées des séries américaines faites de pleines belles choses : la grande bleue, le sable doré, les maillots de bain, les crissement de pneus, les crépitements des armes, les liasses de dollars, les salons feutrés, les silhouettes élevées aux talons aiguilles… Forcément, on rêve d’y être. C’est fort ! Et c’est un peu légitime à 20 ans.

Il est vrai qu’il serait difficile d’ignorer à cet âge-là Sharon Stone et Michael Douglas dans Basic Instinct.  Mais l’Amérique est loin d’ici. Il y a tout de même la France où tout ça est possible. De plus c’est juste à côté. Et les avions ne “tombent” pas encore sur ce couloir. Et puis là, presque tout le monde a déjà quelqu’un sur place.

Mais il y a ce visa qui amplifie la frustration… Alors, on continue dans le rêve, on continue à noyer son chagrin dans un gobelet de café à emporter. Un nouveau “sport” chez certains jeunes pris par la mode de se ravitailler en cigarettes en détail.

Cette frange qui prend ses rêves pour des réalités, qui s’est habituée à vivre en quête de confort et de luxe sans le moindre effort. Du coup, elle se retrouve otage de réseaux en tous genres. Mais ça semble bien marcher pour elle : on se tape des baskets à une brique, des jeans Levis Original, des Swatch, des carats autour du cou et du bras… Bref, tout ce qui peut jaser les jeunes portés par cette belle vie luxueuse sans trop se fatiguer.

Comment alors vivre maçon, manœuvre ou mécanicien à 20 ans dans cet univers de yaourt, de la PlayStation, de la téléréalité, de looks extravagants…? Mais vous imaginez les mains d’un mécanicien ! Samir en est un stagiaire chez un garagiste qui a ouvert dans son voisinage sur la route d’Azazga.

 

“Ma copine, je lui ai dit que je contrôle les voitures avec l’ordinateur”

 

A dix-neuf ans, il a échoué pour la deuxième fois au bac : "Depuis la mort de mon père, l’an dernier, entre moi et mes frères, c’est chacun pour soi. Voilà ! J’ai un salaire et une amie. Je ne lui ai pas encore dit ce que je fais. Elle croit que je suis étudiant et elle est encore au lycée. Je me “stique" bien quand on se voit, mais pour les doigts c’est un problème. J’ai beau les rincer, j’ai toujours des restes de graisse dans les ongles, alors je garde les mains dans les poches. Pour le moment, je les cache sans souci, car elle me dit tout le temps ne me touche pas sinon on va nous voir…”

Il raconte ça avec humour devant son ami Saïd avec qui il exerce dans le même garage. “Moi, ma copine je lui ai dit que je contrôle les voitures avec  un ordinateur. Elle m’a cru, elle est littéraire”, dit ce dernier avec un éclat de rire! Il venait de se rappeler un truc : "Une fois, on était dans une pizzeria et au lieu de lui dire passe-moi la fourchette, je lui ai dit passe-moi la clé. J’ai failli même dire la clé 10. C’est celle que j’utilise le plus. C’est un vrai problème quand je parle avec elle, parfois je m’oublie. Moi dans ma tête, il n’y a que les boulons, le vilebrequin, la crémaillère, les rotules… C’est de la folie, quand je répare, je pense à elle, et quand je suis avec elle, je pense aux pièces, à la pince…” (nouvel éclat de rire !). Marzouk, lui, a bouclé ses 28 ans en mars dernier. Il était transporteur jusqu’à ce fâcheux accident qui lui a coûté son Renault Trafic : “Il a été très touché (endommagé). Mon père l’a d’ailleurs vendu accidenté. Depuis, je travaille au village (du côté de Tizi-Rached) avec les maçons. Mais ça n’a rien changé entre nous. Elle aussi, elle a raté son bac et elle a été renvoyée de l’école. Ses frères lui interdisent de sortir, alors on s’est quitté.” Ils ne le disent pas ouvertement, mais le complexe du sous-métier est réel. Les jeunes éprouvent moins de gêne à dire leur chômage que de se révéler manœuvre sur chantier… A travers les villes, le métier de “parking” a été adopté.

 

“Maçon, tu deviendras noir même si tu es né David Beckam !”

 

 Plus en retrait de ce milieu urbain, dans un village pas loin de Fréha, Moh L’hadj s’en fout de tout. Même de son nom qui le suggère vieux.

En vrai, il dit qu’il est âgé de 26 ans. A le voir, il fait plus. “Normal, quand tu es suspendu sur un échafaudage en plein août chaque jour, tu deviendras noir même si tu es né David Beckam. Mais je m’en fous pourvu que le ciment baisse et on aura du travail.” Son amour à lui c’est une bouteille de vin chaque soir. Avant, il a un rendez-vous quotidien chez Aâmi Saïd, la cafétéria du village.

"Le domino, c’est sacré. Une fois que je me suis lavé, direction Aâmi Saïd, je me tape quatre ou six, des fois même jusqu’à dix parties. Puis retour chez moi pour bouffer avant de ressortir.” Moh L’hadj raconte qu’à Fréha, il n’y a aucun dépôt de vins. Alors il guette le passage des vendeurs à la sauvette, au cabas. Puis il va s’installer dans son coin habituel, au bord de la route menant vers Azzefoun, tout seul, ou parfois avec un ami à lui qui travaille à l’Eniem. A-t-il une amie ? “C’est du passé. C’est juste une fille que je voulais, à l’époque on était ensemble à l’école. Je lui avais envoyé ma sœur, mais elle lui a dit que j’avais intérêt à la laisser tranquille. J’avais peur qu’elle viennent chez moi me faire un scandale ou qu’elle le dise à ses frères. Maintenant, je la vois des fois à l’arrêt des fourgons sans plus. Normalement, elle sait que les maçons touchent

1 400 dinars par jour” (Rire !). Tout le contraire de Moh L’hadj, Fateh et sa clique sont branchés ailleurs.

“Allah ghaleb, l’école et nous, ça fait deux, mais on n’est pas du genre fainéant. Dans la vie, il faut bouger, surfer pour avoir quelque chose.” Fateh achète et revend des portables, des postes auto… Ce sont ses affaires à lui. ça lui permet de payer ses connexions à Internet et de ne pas rester à sec. Il est conscient qu’un vrai boulot "c’est d’être assuré et avoir un bon salaire. Mais de toutes les façons, pour moi, ça ne servira à rien. Je vais partir d’ici.” Il dit qu’il a déjà un fil avec une Suissesse. Mais ce n’est pas encore acquis. Car au moment où il pense à comment la rejoindre, c’est elle qui s’est invitée à venir… “Le pire, je lui ai dit que je vivais seul dans mon appartement…” La réalité est tout autre. “Je trouverai une solution. On ne sait jamais, elle m’a juste essayé pour voir ce que je répondrai. Mais au pire, je prêterai de l’argent pour louer un studio ou je la prendrai au Hammam.” Moh L’hadj, le maçon de Fréha, lui, est en train de construire sa maison pour de vrai. “La vie est chère, j’avance doucement. J’ai fait les piliers et j’ai abandonné le chantier, mais je reprendrai bientôt.” En attendant, il reste sur les traces de celle qu’il surveille. Il ne dit pas s’il s’agit de la même fille de l’époque mais, ça en a tout l’air : “Avant les vacances, je l’attendais chaque jeudi matin, bien habillé, devant une librairie. Elle passait souvent par là.” Un petit silence, l’air pensif puis il reprend: “Tout ça sera vraiment dans le journal de demain ? En tout cas, n’espérez pas un succès car les maçons ne lisent pas les journaux. C’est très rare ! Moi, quand je parlai de librairie, je passai là-bas pour acheter une pochette de chique. Je ne peux pas fonctionner sans. Je pourrai me passer de tout sauf de la chique et du piment. Ce sont mes deux conditions à ma future femme.”

D. C.

L’AVENIR DE LA JEUNESSE Que veut le peuple?

Publié le 11/06/2009 à 12:24 par hogra
L’AVENIR DE LA JEUNESSE
Que veut le peuple?

Le peuple algérien veut sortir de la malédiction, de la sinistrose, du pessimisme

Il veut vivre paisiblement, s’engager pour le pays, en sortant enfin de la fuite en avant et des égoïsmes.

Les événements se suivent et ne se ressemblent pas. L’imprévu, l’incertain, guettent toujours, si on ne prête pas attention à ce que veut le peuple. Sur le plan national, un événement heureux a été enregistré ce dimanche 7 juin 2009. Le match Algérie-Egypte, qui a pris des allures de phase finale de Coupe du monde, mérite un commentaire. Le regard de sociologue et philosophe nous oblige à tenter de discerner et lire un événement de masse.
Tout le monde s’accorde à reconnaître que la patrie de Jugurtha, de Massinissa, de l’Emir Abdelkader, de Lalla Fatma Nsoumer, de Novembre, et tant d’autres jeunes Algériens qui ont fait l’histoire, recèle encore des potentialités sur tous les plans, notamment humains.
Même si les épreuves que connaît l’Algérie, depuis au moins deux siècles, sont traumatisantes et handicapantes. Ainsi, ce match de football n’est pas seulement question de sport et de l’heure du renouveau qui a sonné pour les Verts. Le stress, les violences, les problèmes que subissent les Algériens depuis des décennies, ont en fait un peuple à fleur de peau, à la limite de névroses et maux inquiétants. Nous devons réapprendre à être à son écoute, il veut vivre paisiblement, s’engager pour le pays, en sortant enfin de la fuite en avant et des égoïsmes. Il s’agit de l’avenir de la jeunesse.

Les jeunes ne veulent pas sombrer
Le stade de Blida, et toutes les rues d’Algérie, ce jour du 7 juin, traduisait des symptômes qui ne mentent pas: le peuple algérien veut sortir de la malédiction, de la sinistrose, du pessimisme. «One, two, three, viva l’Algérie!!», les courses de voitures des supporters, les drapeaux qui flottent presque partout, la manière ensuite presque délirante dont la joie éclata, montrent que le citoyen algérien recèle encore des richesses insoupçonnées, mais en même temps, il semble au bord du désespoir. Il ne veut pas sombrer, il croit encore en son pays, il cherche la lumière. La névrose qui traverse nombre de nos concitoyens, qui ont besoin de protection, de repères et d’espérance montre que nous sommes face à un problème de société. La compréhension étroite et stérile de la religion et les dérives ont aggravé la situation de recul et de déculturation.
Comme en réaction à la mal-vie, les jeunes de l’Equipe nationale portés par tout un peuple, ont été traversés par la magie de l’instinct de conservation, par le miracle algérien. La deuxième mi-temps verra des Algériens hypermotivés, décidés à renverser le sort, avec la ferme intention de redresser la situation. Il ne s’agit plus de tactique, ou de plus malins, mais d’une onde surhumaine et juvénile qui dépasse le football. Des journalistes sportifs l’ont compris, ils décrivent avec justesse la réalité psychologique sur le terrain: «Plus de mordant, plus d’envie, plus d’engagement et surtout beaucoup plus de rage. Une rage bien à l’algérienne cette fois. Celle qui nous fait faire des miracles par moments, comme celui de marquer des buts aux meilleures équipes du monde.» Le beau jeu que les Verts développeront alors ne nous réhabilite pas seulement avec celui des années fastes, mais surtout fait renouer le peuple algérien avec le refus de la malédiction. Le peuple veut un peu de joie et de bonheur d’être algérien. La classe politique, aux yeux des jeunes, se trouvant en même temps disqualifiée, dépassée, usée. Le peuple sait que malgré des acquis, la société est profondément malade, et semble fataliste, mais ce match, malgré son côté éphémère, montre qu’il reste un avenir. Les Algériens, pourvu qu’on leur fasse confiance, peuvent surmonter toutes les épreuves. Ce qu’ils n’admettent pas c’est le refus du dialogue et la marginalisation. Mais, de par leur comportement pessimiste, ils se marginalisent encore eux-mêmes. Pourtant, un peu de joie et de progrès, c’est possible.

Tournés vers leur patrie
Qui l’eut cru? Les joueurs de Saâdane dominèrent et montrèrent qu’ils étaient capables de faire autant ou mieux que leurs aînés au point de tenter l’impossible. Des pulsions de vie que personne ne pouvait contenir tant la clameur du stade les stimulait: les jeunes étaient, un moment, en train de faire mentir la dénomination de harraga. Ils ont allumé le feu de la passion de mouiller le maillot pour la patrie, dans le coeur des joueurs, un seul désir: gagner, au sens de survivre, vivre! Qui le veut, le peut. C’est cette maxime que l’on doit réapprendre à la jeunesse. On doit aussi prendre acte que le football est un catalyseur, un des facteurs de mobilisation de la jeunesse. Quand saura t-on enfin donner tous les moyens à la Fédération nationale de football, et mettre en oeuvre ce que tant d’entraîneurs souhaitent depuis des décennies: des écoles de football et un grand centre de regroupement digne de ce nom?

Eduquer, responsabiliser
Le peuple, mi-conscient mi-inconscient, est ensuite sorti, pour crier sa joie, qui cache à peine sa douleur trop longtemps refoulée de subir trop de mauvaise gestion de la chose publique, trop de fermetures et de dégradations, ce n’est pas la même joie comme en 82. L’équipe nationale n’a pas seulement réalisé une victoire historique face au détenteur de la Coupe d’Afrique, elle n’a pas fait uniquement honneur au football algérien, elle a enclenché un début d’exorcisme contre toutes les formes d’impasses et d’échecs. C’est pour cela que nombre de journaux ont titré «Magnifique!» et que des commentaires disent à l’unisson: «C’est un grand jour pour l’Algérie...nous n’avons jamais gagné de cette façon. Ce n’est pas une simple victoire...» Un simple match de football révèle l’état d’une société. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement tous les sportifs algériens qui ont vu qu’il était possible de se décomplexer et encore moins les seuls footballeurs, mais toute la jeunesse algérienne. L’après-déclic, l’après-victoire sont le plus dur, sur le plan psychologique. Il ne faut pas décevoir ce cri du coeur, ces gestes forts, ces signaux éclatants. C’est aussi à cause de ces moments que nombre de citoyens algériens à l’étranger regrettent leur exil. Et souhaitent tant partager un retour de l’Algérie sur tous les plans: «L’ambiance, l’Algérie me manque vraiment», disent -ils. Faisons en sorte que les yeux des jeunes et des élites, résidents ou expatriés, soient toujours tournés vers leur patrie. Elle le mérite infiniment.
Il restera, plus que jamais à redoubler d’efforts tous pour éduquer, former et sensibiliser la jeunesse sur le respect de la vie commune. Le comportement du citoyen s’est dégradé. Le sport est un vecteur d’apprentissage de l’esprit d’équipe et du renforcement du lien social. L’éducation tournée vers l’avenir doit prévoir la découverte pour tous des principes de la morale et de l’importance de la règle de droit dans l’organisation des relations sociales, au travers de principes modernes comme: «La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui», ou juridiques «nul n’est censé ignorer la loi», «on ne peut être juge et partie». C’est la formation du patriotisme, de la citoyenneté et de la sociabilité. Autonomie de l’individu et lien social pour s’adapter sans cesse à la diversité et à la vie collective sont le but de toujours. L’école, tout le monde le sait, est en crise, en retard, c’est une responsabilité de tous, gestionnaires, pédagogues, parents, société civile, politiques, médias. Il est temps, sans imitation aveugle, qu’on tire les leçons des expériences pédagogiques passées et des autres pays pour forger l’école de demain, libérer la société, s’arrimer au progrès universel, en cherchant à retrouver le sens de la communauté médiane, car «science sans conscience n’est que ruine de l’âme». Gagner un match de football c’est bien, mais gagner la bataille de l’éducation, de la ressource humaine, de la compétence, c’est inestimable. Trop d’interférences, de bureaucratie et d’incompétence bloquent l’entrée dans le XXIe siècle. Cette rencontre de football démontre qu’il n’y a pas de fatalité. Bien plus, l’Algérie peut donner l’exemple d’un développement équilibré qui garde une mémoire vivante de ses épopées et se tourne résolument vers l’avenir, guérissant ses traumatismes, et maîtrisant ses pulsions. Y a-t-il plus beau pays que l’Algérie? Y a-t-il plus belle histoire de lutte de libération et de peuple attaché à la liberté? Y a-t-il plus belle jeunesse que la nôtre si on sait lui faire confiance? Le peuple connaît la réponse et veut le démontrer tous les jours.

(*) Professeur en relations internationales
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHERIF (*)

Immigration clandestine, blanchiment d'argent, terrorisme... Le crime organisé sous toutes ses forme

Publié le 03/06/2009 à 12:48 par hogra
Immigration clandestine, blanchiment d'argent, terrorisme... Le crime organisé sous toutes ses formes

par Ghania Oukazi
«L'émigration clandestine est une menace pour la sécurité et la santé publiques», a affirmé hier un responsable de la Gendarmerie nationale.

La Commission de la défense nationale de l'APN a organisé hier, au cercle national de l'armée, une journée parlementaire sur la lutte contre les diverses formes de crime organisé transfrontalier. Le colonel Djamel Abdessalam Zeghida, chef du département de la police judiciaire au commandement de la gendarmerie nationale, a été le premier à s'exprimer sur le «contrôle du flux migratoire aux frontières.» Son premier constat: «l'étendue des frontières terrestres (6.511 km) que l'Algérie partage avec 7 pays et ses frontières maritimes (1.200 km) qui lui marquent une proximité avec l'Europe ainsi que la configuration des espaces désertiques et accidentés, constituent un facteur favorisant l'évolution des activités criminelles transfrontalières particulièrement le trafic de stupéfiants et la contrebande.» Il fait remarquer ainsi que 86% du territoire national, ce sont les régions du Sud mais où ne vivent que 11% de la population. Ces territoires constituent, selon lui, «la zone la plus sensible car recelant toute la richesse énergétique du pays.» Les longues frontières terrestres ont permis ainsi le développement d'une immigration irrégulière en provenance de 48 pays, la plupart africains. «Les statistiques laissent apparaître une croissance très rapide de ce phénomène qui s'est accéléré durant ces dix dernières années», fait-il savoir. Et toujours selon le représentant de la gendarmerie nationale, «la tendance à la hausse révèle que les prévisions dans un proche avenir seront beaucoup plus importantes. Ce qu'il montre par les chiffres en soulignant qu'au titre de l'immigration irrégulière, si en 2000, il y a eu 740 affaires traitées et 2.806 personnes arrêtées, en 2008, ces chiffres ont plus que doublé à raison de 1.755 affaires traitées et 7.824 personnes arrêtées. Et si en 2006, il a été relevé l'entrée illégale de 6.178 étrangers à raison de 515 par mois, rien que pour le 1er trimestre 2009, il a été recensé 2.277 étrangers pour une tendance de 652 entrées illégales par mois. En plus d'une immigration irrégulière d'origine africaine, vient, a-t-il constaté, «se greffer une migration de ressortissants de pays asiatiques.» Le conférencier estime ainsi que «la migration sur l'Algérie va, à l'avenir, s'accentuer davantage au regard de la transformation progressive du pays en un lieu de fixation pour les immigrants irréguliers en raison de la crise financière et économique mondiale qui a généré une crise de l'emploi en Europe.»



Les sociétés écrans, «toute une entreprise criminelle»



«L'évolution du phénomène migratoire et sa connexion avérée avec les autres formes d'activités criminelles organisées constituent une réelle menace pour l'ordre et la sécurité publics», souligne-t-il. Et, ajoute-t-il, «au-delà des problèmes de santé publique résultant de ces nouvelles pathologies comme le sida, l'immigration irrégulière porte préjudice à l'équilibre social des populations du Sud.» Il est noté que la prise en charge médicale d'un malade clandestin revient à 20.000 DA. «20% seulement des clandestins se présentent pour des soins», dit le conférencier. La gendarmerie a relevé que les immigrants sont impliqués dans de nombreuses formes de criminalité organisée comme les activités illégales de commerce, de faux documents, de fausse monnaie, d'escroquerie, de prostitution, de drogue, d'armes et de terrorisme.

Le commissaire à la direction de la police judiciaire (DGSN), Mostefaoui Abdelkader, fait état pour sa part, d'augmentation en 2009, de trafic aux frontières terrestres de cigarettes étrangères, de cheptel et de carburant. Il parlera aussi de la cybercriminalité qui, selon lui, n'est pas répandue en Algérie mais va se développer avec l'ouverture du marché d'Internet. Pour l'instant, l'Algérie tente de faire face aux vols d'argent par Internet (ou le vol de fonds par fishing) et à l'escroquerie ou ce qu'on appelle le SCAM 419 en référence à une disposition du code pénal nigérian qui en a été le premier à en parler. Le vol de pièces archéologiques et des voitures est aussi noté avec insistance. L'impact de la migration sur l'économie nationale est le blanchiment d'argent, la prolifération de sociétés écrans, qui constituent, dit le conférencier, «toute une entreprise criminelle», les transferts financiers illégaux, les fausses déclarations en douane et la corruption. La stratégie de la police pour lutter contre ces fléaux se cristallise à travers, entre autres, la formation spécialisée et la restructuration des services de police judiciaire qui intégrera prochainement la cybercriminalité.



Les harraga n'ont pas de réseaux structurés



Le représentant de la gendarmerie nationale avait, lui, avant, affirmé que l'Algérie a procédé au démantèlement de réseaux turcs, syriens et palestiniens qui, une fois arrivés sur le territoire national, procédaient à la falsification de visas Schengen. C'est ainsi que le conférencier évoque le phénomène des harraga qui, a-t-il noté, «apparu en 2005 s'est accentué à travers les wilayas côtières et est favorisé par les courtes distances qui séparent les côtes algériennes de celles de l'Espagne (100 km à 180 km entre la wilaya de Aïn Témouchent et Almeria) et de l'Italie, 217 km entre El-Tarf et la Sardaigne). Mais les enquêtes menées à ce jour démontrent que ce phénomène de «la harga» n'a pas de réseaux structurés et ses activités ne sont pas encore organisées. Selon son étude, avant qu'ils ne décident de l'être, 62% des harraga ont fait des demandes de visa qu'ils ont vues rejetées.

Pour lui, la question de la migration «doit être appréhendée selon une approche globale intégrée, concertée et équilibrée.» Et «son traitement doit s'opérer à travers la prise en charge des causes profondes que sont l'écart de développement, une meilleure circulation qui ne peut que réduire la migration clandestine et par-là même le rôle des filières de trafiquants d'êtres humains.» Il ajoute que «la coopération des pays du Sud dans la lutte contre le phénomène est intimement liée aux efforts que consentiraient les pays du Nord en matière d'immigration légale et de circulation des personnes.» Il revendique le respect de la libre circulation des personnes entre les Etats par la mise en place de mécanismes d'organisation de cette migration. Il fait remarquer au passage que «l'intervention en Algérie ne se fait pas dans le but policier de lutte mais il y a d'autres aspects particulièrement pour l'armée qui fait de la surveillance dans un souci humain.»



Des importations sous des prête-noms



Bouanane Ben Medjber, directeur de la lutte contre la fraude douanière, évoquera le lien entre la contrebande, le blanchiment d'argent et le terrorisme. Il parlera des faux et usages de faux en factures, de documents commerciaux de dédouanement et de l'utilisation frauduleuse des registres de commerce. «400 containers sont bloqués dans les ports et aéroports et personne ne les réclame», a-t-il affirmé en précisant «parce que ce sont des importations sous des prête-noms.» Il pense aussi que «les commissionnaires en douanes sont généralement complices dans les actes frauduleux au niveau des ports et aéroports.» Ils seront nombreux les conférenciers à vanter les bienfaits du NIF (numéro d'identification fiscale) qui, selon ce directeur, «a mis définitivement fin à l'usage des faux.» A cet effet aussi, un protocole est en cours de signature avec la police et un autre avec la Banque d'Algérie pour, dit-il, «éviter l'affaire Bir El-Atter.» Kouider Benhamed Djillali, directeur des recherches à la DG des impôts, met lui aussi en avant le NIF et qualifie l'informel «de phénomène occulte et immensurable.» Ce qui le laisse avancer que 40% de fraude fiscale comme annoncée par le responsable des impôts «est un taux exagéré parce que c'est calculé par rapport à la masse monétaire alors que je pense qu'il faut la calculer par rapport à la moins-value fiscale.» Les causes de l'informel et l'évasion fiscale sont entre autres selon lui, les dysfonctionnements dans la sphère économique et commerciale, l'absence de régulation et de contrôle du marché, la pression fiscale (en Algérie, elle est l'une des plus faibles dans le bassin méditerranéen), la faible collaboration intersectorielle, les procédures supposées complexes, l'incivisme et l'absence d'un marché immobilier transparent...

Un homme retrouvé assassiné

Publié le 02/06/2009 à 13:14 par hogra
Un homme retrouvé assassiné

par E. H. D.
Un homme porté disparu depuis le 09 avril dernier a été retrouvé assassiné et son corps enterré dans un talweg près de la localité de Medrissa, au sud de la wilaya de Tiaret. En effet, et selon la Gendarmerie nationale, l'homme âgé de 30 ans et originaire de Aïn Skhouna, dans la wilaya de Saïda, n'avait pas donné signe de vie à sa famille jusqu'à jeudi dernier où il a été retrouvé assassiné. L'auteur présumé du crime a été arrêté par la Gendarmerie nationale et présenté dimanche devant le procureur de la République près le tribunal de Sougueur, qui l'a placé sous mandat de dépôt.

Un jeune tué par un policier à Oran

Publié le 02/06/2009 à 13:11 par hogra
Un jeune tué par un policier à Oran

par Ziad Salah
Un drame encore inexplicable s'est produit, hier après-midi vers 15h30, à la cité Haï El-Yasmine, à l'est d'Oran. Selon les témoignages recueillis sur place, un policier, connu des jeunes du quartier, s'est présenté en civil au niveau du chantier d'un projet de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) et a interpellé le jeune Yettou Abdelkader, travailleur du chantier, âgé de 26 ans, qui se trouvait à ce moment-là en combinaison de travail. Le policier en civil a ensuite emmené le jeune à l'intérieur du chantier et lui a tiré une balle en plein coeur, selon les mêmes témoignages, avant de prendre la fuite. La jeune victime a été évacuée aux Urgences médico-chirurgicales (UMC) par ses voisins du quartier. Vers 17h30, les parents et les voisins du jeune reçoivent la terrible nouvelle : Abdelkader est décédé.

Par ailleurs, alertés aux environs de 16 h, les policiers du 22e arrondissement de Haï Sabah se sont déplacés sur les lieux, au niveau du chantier, et ont emmené au commissariat un gardien du chantier ainsi qu'un autre témoin pour les interroger sur les faits qui se sont produits. A l'intérieur du chantier, les traces de sang de la victime étaient visibles.

Quelques instants plus tard, les habitants du quartier de Haï El-Yasmine, notamment les voisins de la victime, se sont regroupés devant le commissariat et ont demandé à voir l'un des officiers, en vain. Les habitants ont ensuite regagné leur quartier. Cependant, auparavant, lors de l'attroupement devant le commissariat de police, les jeunes en colère ont saccagé un bus qui se trouvait en stationnement non loin de là. Vers 18 heures, un autre rassemblement a commencé à se former au niveau du quartier en question.

La tension était perceptible et pour éviter tout débordement, une dizaine de fourgons de policiers anti-émeutes ont été dépêchés sur les lieux et ont stationné devant le commissariat du 22e arrondissement de Haï Sabah.


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