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allah akbar bouteflika, les algerien les algerienhttp:/ /mlk.centerblo g.net...
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mes felicitations chalereuse à votre pays pour la qualification du monde
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Par sami de tunis, le 19.11.2009
vive bouteflika tahya eldjazair...
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Par Anonyme, le 19.11.2009
que notre pays ai gagnier son billet pour lafrique du sud c'est magnifique;que çà soit feter comme il faut c'e...
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Par Amenaash, le 19.11.2009
oui! ca me crée une fiérté sans préçédent! je suis fier parmi mes frères-algér iens! on dirait que nous sommes...
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Date de création : 22.07.2008
Dernière mise à jour :
23.11.2009
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Joseph HATTAB-PACHA était le dernier descendant du Dey Hussein.
Ardent patriote il a été gravement blessé en service commandé pour la France.
Il a été Maire de la Casbah d’Alger, Conseiller Général et Dernier Président du Conseil Municipal d’Alger.
Il s’est élevé avec force contre la trahison gaulliste, ce qui lui a valu tortures et emprisonnement.
Président du Comité VERITAS depuis quinze ans, il a fait résonner la vérité historique devant tous les politiques et toutes les Autorités de l’Etat sans jamais être poursuivi, ni même démenti.
Sa dépouille mortelle sera exposée au Funérarium Municipal 380 A rue Saint Pierre à Marseille où ses compatriotes et amis pourront lui rendre un hommage à partir de vendredi 23 octobre.
Les obsèques se dérouleront le samedi 24 octobre – L’adresse de l’église sera communiquée ultérieurement.
Venez nombreux rendre hommage au plus courageux et au plus incorruptible des Français d’Algérie.
Qu’il repose en Paix.
Addendum :Les obsèques se dérouleront le samedi 24 octobre à14 h 30 -Abbaye Saint Victor, 3 rue de l’Abbaye, 13007 MARSEILLE, (Quartier d’Endoume à proximité du boulevard de la Corderie)
Quand à tous les coins de rue d’El-Bahia, la musique et la voix du rossignol du raï, le roi du sentimental, sont de plus en plus diffusées, cela n’a qu’une signification, l’anniversaire de sa disparition est pour bientôt.
Ainsi, comme chaque année, les fans et fidèles de Cheb Hasni se souviennent à leur manière de leur idole en cette date inoubliable du 29 septembre 1994 où il fut lâchement assassiné par des terroristes en quête de cibles médiatiques. Car Hasni était plus qu’un chanteur, il était le symbole de toute une jeunesse en mal de vivre. A 26 ans, l’artiste avait la vie devant lui, mais ses bourreaux en avaient décidé autrement. Seulement, ils n’ont pas pu le faire taire, puisqu’il est à ce jour adulé par ses fans et même par une génération qui n’a pas eu l’occasion de le connaître. Le raï d’aujourd’hui chante la trahison sous toutes ses formes, la perte des valeurs morales, mais les paroles n’ont parfois aucun sens, aucune rime. Les musiques se ressemblent toutes, aucun effort dans la recherche de nouveaux sons n’est fourni. Le regretté Hasni travaillaitautrement. Il traduisait dans ses textes ce que ressentent, ce que vivent les jeunes, sa musique arrivait toujours par surprendre, si ce n’est par des créations de ceux qui travaillaient à ses côtés ou encore par des reprises de musique qui donnaient une forme originale à ses chansons. Hasni savait si bien donner la part belle à l’amour, au couple, aux rêves de toute une jeunesse. L’artiste était aussi aimé parce qu’il savait faire rêver et donnait libre cours à ses pensées, chantait les amours de jeunesse et les amours perdues. Quinze ans sont passés depuis sa terrible disparition et nul chanteur n’est parvenu à égaler son style. Aujourd’hui encore, quiconque oserait le critiquer recevrait les «foudres» de ses fans. La polémique qui a entouré la sortie du film sur la vie du chanteur n’a en rien ébranlé sa notoriété dans le cœur de ses fans. Pour eux, seul le souvenir qu’ils gardent du chanteur compte. Cheb Hasni reste l’artiste incontournable qui a su garder la première place sur le podium des chanteurs raï. Quinze ans plus tard, l’artiste continue de faire rêver ceux qui croient toujours en des jours meilleurs.
Amel B.
Bouteflika lauréat du trophée «Colombe d’or de la paix»
Synthèse de Samir Azzoug
Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika est le lauréat du trophée «Colombe d’or de la paix» des «Premières assises africaines de la paix (PAAP)». Le choix de cette personnalité par le jury de l’International des trophées de la paix est motivé, selon un communiqué parvenu à notre rédaction, par la «reconnaissance de ses actions audacieuses en vue d’unir et de réconcilier les Algériens et pour le retour et le maintien de la paix dans les pays voisins». Comme prélude au prochain «Forum de solidarité et de soutien de la jeunesse africaine au peuple de Côte d’Ivoire», dont le thème principal sera «Laisse ton empreinte et ta paix en Côte d’Ivoire», le jury s’était réuni le 10 août dernier afin «d’étudier les actions de l’Homme [Bouteflika, ndlr] qui a contribué de façon inlassable à la quête de la paix sur le continent africain au cours de ces dernières années», note le communiqué. Choisi parmi une liste de dix-sept personnalités, la sélection du chef de l’Etat algérien s’est faite à l’unanimité. Dans l’argumentaire motivant le choix de M. Bouteflika, le secrétariat exécutif du jury international «des trophées de paix», cite plusieurs actions menées par le président algérien, comme la concorde civile, les décisionsprises au Nepad ou alors aux sommets de l’OUA. «La paix civile a été consolidée depuis le 16 septembre 1999 par l’extinction des poursuites judiciaires à l’encontre des individus qui se sont rendus aux autorités depuis le 13 janvier 2000, date de forclusion des effets de la loi portant concorde civile», est-il noté sur le plan intérieur sans oublier de signaler le référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale organisé le 29 septembre 2005. Plus loin, le communiqué relève : «Monsieur Bouteflika a pu sceller une trêve et réussir à mettre fin à une tragédie nationale. Il n’a pas seulement innové ; il a révolutionné le monde politique avec le processus de paix et de réconciliation qui pourrait être une référence dans la résolution des conflits nationaux internes dans le monde.»
Le prix dit «trophée de la Colombe d’or de la paix» a été créé en avril 2001 à Lomé (Togo). Il est destiné à récompenser des personnalités qui se sont investies en faveur des actions pour la paix et rendu des services exceptionnels au continent africain à l’instar d’autres prix de la paix. Pour l’édition 2009, dix-sept personnalités africaines ont été pressenties et six choisies à l’unanimité par le jury. Il s’agit de M. Abdelaziz Bouteflika, Blaise Compaore, Ismaël Omar Guelleh, Laurent Gbagbo et les premières dames, Suzanne Moubarak et Zineb Yahya Jammeh, sont lauréates et recevront respectivement la «Colombe d’Or de la paix», le trophée «Messager de la Paix», le trophée d’«encouragement à la paix» et le «trophée spécial de la paix». Le président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade recevra, à titre exceptionnel, le tableau d’or intitulé «L’Afrique s’unit pour la paix». «Concernant la cérémonie de remise officielle du trophée, elle sera fixée en accord avec le lauréat», précise le communiqué.
VDIDA
L’hommage à toutes les mères
«Tu agréeras Dieu lorsque tu seras heureux des calamités qui s’abattent sur toi tout comme tu es heureux des bienfaits qui descendent jusqu’à toi, car tout vient de la part de Dieu.» Rabi’ate al ‘addaouiya
30 août 1979. Le ciel nous tombe sur la tête. Notre mère Vdida se meurt; Vdida est morte. En ce mois béni de Ramadhan, je veux apporter mon témoignage à travers un vécu auprès d’une mère exceptionnelle que Dieu a rappelée à Lui, de l’importance et de l’éducation d’une mère et de la nécessité de lui donner toute l’attention, tant il vrai que sans les mères, il n’y aurait pas d’identité propre bien ancrée dans l’histoire.
Je veux évoquer le cheminement exceptionnel de cette mère, de cette maman comme celui de toutes les mamans du monde qui, à bien des égards, constituent les ciments des sociétés. Dix jours plus tôt, Vdida se plaignait de maux de ventre et tout en souffrant en silence, elle ne voulait pas nous effrayer, nous dûmes l’amener à l’hôpital. Le diagnostic fut sans appel: pancréatite: «Un coup d’éclair dans un ciel serein.» Opération immédiate en vain; transfert dans des conditions épiques à Paris (hôpital de la Pitié).
L’affection d’une mère
Sa dernière inquiétude alors qu’elle était sur son lit trachéotomisée fut de s’adresser à nous, en nous interrogeant du regard si nous étions correctement hébergés. Nous la rassurâmes, elle ferma les yeux en signe de compréhension. A l’article de la mort, elle ne pensa pas à elle, elle pensait à notre confort. Je ne puis m’empêcher de me rappeler une histoire, parmi des milliers, qu’elle nous racontait avec son savoir-faire et qui permet mieux que mille discours de prendre la mesure de l’affection d’une mère. C’est une maman qui suit son fils, qui l’amène au plus profond de la forêt et qui l’abandonne. Vinrent à passer des cavaliers qui trouvent la maman en pleurs. «Qu’as-tu el hadja? Ne pleure pas, nous allons te reconduire chez toi, n’aie pas peur!» D’une façon admirable, la maman répond: «Je n’ai pas peur pour moi, mais j’ai peur pour mon fils, il fait nuit et les loups peuvent le manger!» Cette histoire parmi tant d’autres nous permet de mesurer, mais le peut-on réellement? l’amour d’une mère qui a suivi aveuglément son fils qui voulait s’en débarrasser et qui n’a pas pensé un seul instant à sa propre sécurité mais à celle de son fils.
Ma mère mourut deux jours après à 2000 km de son pays qu’elle n’avait jamais quitté, elle mourut dans l’indifférence froide d’un corps médical qui a perdu toute humanité et compassion. J’ai dû supplier une infirmière qui me disait: «Votre mère a des nuits agitées» en lui demandant de lire quelques phrases rassurantes que je lui ai écrites dans notre langue: «Labesse, Outgoudhara, Yalla Rabbi» «n’aie pas peur, Dieu viendra à notre secours». Il paraît qu’elle eut pendant cette nuit-là un sommeil apaisé avant le grand sommeil...
Qui est au juste Vdida? mot affectueux que nous utilisions à la place de Khadidja. En un mot comme en mille, Vdida est une Maman avec tout ce que cela comporte comme affection. Ma mère - solide paysanne du terroir - avec un bon sens mâtiné par des citations tirées du vécu d’un Islam simple, un Islam tolérant fait de crainte de Dieu, de traditions et de superstition. Il est vrai qu’à l’époque et au regard du désastre actuel, l’Algérie ne s’est pas dissoute durant la longue nuit coloniale culturellement et cultuellement, grâce à nos mères à qui on ne rendra jamais assez hommage. Leur relation simple à la vie dénuée de tout calcul mesquin était en définitive, un «art de vivre», qui leur permettait de rayonner et de goûter en toute simplicité, toute humilité, à la vie avec des repères identitaires et des approches sur le sens de la vie que ne renieraient pas les plus grands philosophes tant ils sont frappés du bon sens. Elle n’avait pasfait d’études, mais elle était plus érudite que nous. Une anecdote cependant, elle apprit, rien qu’en écoutant mon père apprendre à mon frère la table de multiplication. Elle la faisait répéter plusieurs fois à mon frère pour lui éviter d’encourir le courroux de mon père.
Tout en étant pieuse, notre mère Vdida aimait la vie - une vie simple - qui ne fut pas facile pour elle. Imaginez le pays kabyle au plus fort de la Seconde Guerre mondiale avec le marché noir, la misère sans nom pour les indigènes et la chape de plomb d’une colonisation qui pensait durer mille ans après les massacres à grande échelle de mai 1945. Elle garda vaillamment le cap avec mon père et nous fûmes élevés et instruits en profitant de tous les interstices de tolérance permis par le pouvoir colonial.
Nous fûmes des «voleurs de feu» pour reprendre l’élégante expression de Jean El Mouhoub Amrouche. Ma mère était une croyante tolérante qui ne voyait que le bien et pour ainsi dire jamais le mal. Une croyance simple consolidée par un Islam maghrébin de quatorze siècles à des années lumière du «m’as-tu-vu actuel» qui fait que la foi individuelle est plus vue dans le regard des autres que vécue personnellement. La foi s’étant refroidie en rites, nous, nous contemplons un pays qui a perdu ses repères et qui adapte ceux des autres.
Bien plus tard, j’ai découvert ainsi les personnages pour nous mythiques et non des moindres dont elle nous parlait, le soir au coin du feu. J’ai découvert Rabi’ate el ‘addaouya une mystique qu’elle prenait en exemple. Bien des années plus tard, j’ai su par la littérature, que Rabi’a fut l’un des premiers mystiques de l’Islam à avoir dépassé la démarche ascétique pour appeler à l’union parfaite avec Dieu et la célébrer dans des poèmes d’une brûlante ferveur et ceci bien avant Hallaj et les maîtres du soufisme. Elle nous parlait aussi de l’imam El Medjdoub, ce poète errant. Je me souviens de quelques vers qu’elle nous récitait avec verve: «La Tkhamam La Tdabar, La Tarfad Al-ham Dima, Al-Falk Ma ho Msamar, Wa La Dania Mkima» «Ne pense pas trop et ne cherche pas trop. Ne prends pas la tristesse éternellement. Les planètes ne sont pas fixes - et la vie n’est pas éternelle.» Nous étions en extase devant les récits des souhaba, ces compagnons du Prophète (Qsssl) qui ont fait la grandeur de l’Islam. Pendant ce temps à l’école, on nous apprenait que nos ancêtres étaient gaulois... et gare à celui qui l’oubliait.
Je me suis souvent interrogé comment ma mère, cette fille du plus profond du terroir, était arrivée à connaître le cheminement voire les sacerdoces des maîtres soufis. Elle apprit le Coran en écoutant et en imitant les autres dans une atmosphère familiale imprégnée de la crainte de Dieu Avec sa «foi du charbonnier», elle nous disait souvent: «Mimouna ta’rafe Rabbi oua Rabbi ya’rafe Mimouna», «Mimouna connaît bien Dieu et Dieu connaît Mimouna». Nous devinons vaguement que Mimouna avait une foi chevillée au corps mais qui ne s’embarrassait pas de rituel!!!
Chaque matin que Dieu fait, ma mère la première levée, faisait sa prière de l’aube, faisait le café tout en écoutant son émission préférée celle de Cheikh - son maître à penser - qui fut très proche d’elle en pensée et en «art de vivre». Il est vrai que Cheikh Kettou fut peut-être l’un des derniers à s’adresser aux Algériens en leur parlant avec leur langue de l’Islam maghrébin vieux de 14 siècles.
Un Islam authentiquement maghrébin fait de tolérance, qui respecte la culture, se l’approprie et en définitive a permis aux Maghrébins de vivre leur foi sans en faire un fonds de commerce ou sans importation de rites et d’habitudes, notamment vestimentaires aussi respectables soient-elles dans leur contexte, à des années-lumière de notre civilisation.
On ne guérit pas de l’absence de sa mère. Mieux: quoi qu’on dise, on ne s’en remet pas. Trente ans après, notre mère nous manque cruellement. C’est comme une amputation, c’est comme une douleur lancinante qui se réveille à l’occasion de n’importe quel événement aussi anodin soit-il. Ma mère disait cela, faisait cela, traitait les choses comme cela. Plus d’une fois, les leçons de bon sens inculquées avec amour par nos mères nous servent de repères même dans des situations inextricables. Il serait vain de rapporter toutes les maximes de bon sens pétries d’humanisme et d’amour du prochain. Ce bréviaire d’une vie simple, elle nous l’avait inculqué.
Le coeur de la famille
Au-delà de l’hommage à toutes les Vdida du Monde, par ce témoignage je m’adresse en définitive, à toutes et tous qui n’ont jamais grandi quand il s’agit de parler de leur mère, ils sont toujours des enfants. Puissent-ils ne jamais oublier l’amour d’une mère dans leurs actes quotidiens et avoir de la compassion pour les mères; toutes les mères. Notre pays se grandirait en misant sur la formation des jeunes filles, futures épouses et mères. Chacun sait que la mère au coeur de la famille, est la mieux placée pour détecter les changements de comportement chez ses enfants qui peuvent signaler des états de conflits intérieurs ou avec d’autres, ce qui leur donne une efficacité particulière de façon innée.
Il est de ce fait, de la plus haute importance pour ce pays que sa culture survive, se consolide et que ses traditions se perpétuent.
La mondialisation et la «modernité débridée par parabole interposée» ont fait plus de dégâts dans l’imaginaire de nos jeunes que la colonisation française en 132 ans. Le pays et partant la société algérienne, devraient trouver les moyens de se protéger culturellement et même cultuellement en promouvant un contre-discours basé sur le savoir, l’histoire, le décryptage des grands enjeux du monde, au lieu de faire uniquement dans l’éphémère des émissions dites de variétés et naturellement le soporifique du football. La place des mères est de ce fait prépondérante, car tout commence au berceau. Il y a matière à se réapproprier nos repères identitaires mis à mal par une mondialisation ou plus exactement une mondialatinisation qui va jusqu’à laminer les cultures qui ne rentrent pas dans le moule.
(*) Ecole nationale polytechnique
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
FRANCIS JEANSON
L’autre face et l’honneur de la France
«...Je voudrais que tu retiennes que mes camarades et moi n’avons fait que notre devoir, car nous sommes l’autre face de la France. Nous sommes l’honneur de la France.»
Francis Jeanson s’adressant au Président Abdelaziz Bouteflika - (Juin 2000)
C’est par cette phrase que le philosophe Francis Jeanson a défini son rôle lors de l’aide qu’il a apportée à la Révolution algérienne: il n’a fait que son devoir et il n’en rougit pas, il se démarque des «autres» de tous les «nostalgériques» qui, au mieux, ont protesté mollement, notamment à propos de la torture, au pire, l’ont approuvée comme l’a fait à titre d’exemple avec une charité toute chrétienne, le cardinal Saliège pour qui, «la terreur doit changer de camp». Sait-on qui est Francis Jeanson, celui qui est mort dans l’anonymat le plus strict dans son pays? Peut-être parce qu’il s’est déterminé au moment où même les intellectuels biens pensants humanistes en temps de paix, dénonçaient, de loin, la torture en essayant toutefois de ne pas effaroucher le pouvoir pour ne pas compromettre leur carrière? De l’autre côté de la Méditerranée, dans l’Algérie d’aujourd’hui qui refuse de voir son histoire en face, sait-on que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l’indépendance du pays tout en étant fidèle à une certaine idée de la France?
Le philosophe et écrivain Francis Jeanson proche de Sartre, est mort samedi 1er août à l’âge de 87 ans à Arès, près de Bordeaux. Francis Jeanson «Le porteur de valises» selon le bon mot de Jean-Paul Sartre, les a définitivement posées. Durant la Guerre d’Algérie il avait fondé le réseau Jeanson, le plus important réseau de soutien au FLN en Métropole. Jeanson était un intellectuel, un homme de conviction profonde, traduite dans le feu de l’action. Il s’opposera à Camus et à sa thèse que toute révolution débouche sur la négation des libertés. La position de Camus condamnait toute révolution alors que Jeanson soutenait le projet de ces révolutions, notamment les guerres de libération. Sartre interviendra dans cette célèbre controverse en assénant à Camus qui voulait garder ses mains propres: «Avoir des mains propres, c’est ne pas avoir de mains.»
Pourquoi la guerre coloniale?
Justement, l’action caractérise la vie de Jeanson qui, en 1943, à l’âge de 21 ans avait rejoint les Forces françaises d’Afrique du Nord. A la Libération, il entre aux Editions du Seuil. C’est à cette époque qu’il rencontre Jean-Paul Sartre et collabore aux Temps modernes. En 1948, rappelle Sud-Ouest, il part faire une série de conférences en Algérie et, là, découvre une situation dont il comprend vite qu’elle est intenable. La conviction de Jeanson reposant sur l’existentialisme de J.-P. Sartre postulait que l’opprimé recouvrait son humanité dans le processus même de la lutte contre l’oppresseur et son Etat. Jeanson a été choqué par le racisme des colons en Algérie qui parlaient de la boucherie du 8 Mai 1945 comme s’ils avaient tué des cloportes!
On comprend, alors, comment un intellectuel français qui, a priori, n’avait pas de relation avec l’Algérie, puisse être interpellé par le sort des indigènes et surtout par l’institutionnalisation de la torture qui restera longtemps taboue. Il a fallu attendre quarante ans pour que les langues se délient.
«Depuis 2000, écrit Florence Beaugé, témoignages, articles et procédures judiciaires se succèdent en France, portant sur les pratiques de l’armée durant les "événements" d’Algérie. La torture en Algérie ne date pas de 1957, année de la Bataille d’Alger, ni même de 1954. Les exactions commencent dès 1830, quand les troupes françaises débarquent à Sidi Ferruch, pour une expédition coloniale longue de quarante ans. Pillages, carnages, incendies de maisons, rafles de civils à grande échelle, etc. La conquête de l’Algérie s’accompagne d’actes de barbarie, les documents d’histoire en attestent.»
«(..)Extrait d’une lettre d’un soldat à sa famille en métropole: Nous rapportons un plein baril d’oreilles, récoltées paires à paires sur les prisonniers. (...) Je lui fis couper la tête et le poignet gauche, et j’arrivai au camp avec sa tête piquée au bout d’une baïonnette. (...) Je l’envoyai au général Baraguay, qui fut enchanté.» Aujourd’hui encore, les noms des généraux Montagnac et Turenne restent connus en Algérie pour leurs «enfumades» de centaines de civils dans des grottes, en 1836 et 1837. Au XXe siècle, comme au XIXe, la «pacification» en Algérie passe par la répression (comme en Indochine ou à Madagascar). Policiers, gendarmes, magistrats disposent de pouvoirs beaucoup plus importants qu’en Métropole. Ils sont surtout totalement autonomes. Dès 1947 et 1948, André Mandouze et Francis Jeanson s’alarment, dans la revue Esprit, de la situation qui prévaut dans les trois départements français. Mais ils crient dans le désert. En 1951, un ancien résistant, le journaliste Claude Bourdet, pose la question «Y-a-t-il une Gestapo algérienne?» dans les colonnes de L’Observateur, et décrit les méthodes en vigueur dans les commissariats(...)La torture se généralise et s’institutionnalise, comme le reconnaîtra le général Massu, en novembre 2000, dans Le Monde.(...) La Guerre d’Algérie terminée, beaucoup de tortionnaires notoires feront carrière, en toute impunité. (...)Tous, abondamment décorés, sont à l’abri des lois d’amnistie décrétées après l’Indépendance. Amnistie signifie-t-elle amnésie?(1)
Francis Jeanson, avec sa lucidité coutumière, explique pourquoi et au nom de quel intérêt la France a été amenée à torturer. Interviewé par le Monde il déclare: «Avant de s’indigner des atrocités commises en Algérie, il faut se demander pourquoi nous avons fait la guerre au peuple algérien et pourquoi nous avons laissé faire des choses qui n’avaient pas de raison d’être. (...) mais je ne comprends pas qu’on pose aujourd’hui la question de la torture sans poser la question de la guerre coloniale. Ce sont deux questions indissociables. On semble dire que, si la guerre avait pu se passer de la torture, elle aurait été justifiée. Pour moi, c’est le contraire. La torture ne pouvait être qu’un des aspects déchirants de cette situation.(...) Il y avait aussi les viols, les camps de concentration, qui faisaient partie de la guerre au même titre que la torture. Ce qui compte, à mes yeux, c’est que nous avons mené une politique de colonisation insoutenable. Depuis mai 1945, et les massacres de Sétif, on aurait dû le savoir. La torture n’est pas née de la Guerre d’Algérie en 1954. (...)Nous avons démissionné, laissant les véritables intérêts de la nation disparaître face aux exigences du grand colonat algérois.» «(...) Oui, je persiste à le penser, l’Algérie va s’en sortir. Cette population composite, et si riche de sa diversité, a toujours fait preuve d’exceptionnelles ressources dans les pires moments de son histoire. Le courage et l’humour ne lui ont jamais fait défaut...»(2)
En 1955, il publie L’Algérie hors la loi, qui dénonce l’échec du système d’intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact.
(...) Il faut se replacer dans le lourd climat de l’époque. Depuis six ans, dure cette guerre qu’on refuse de nommer. (...) C’est dans ce contexte de mol conformisme et de démission intellectuelle que surgissent, dans les premiers mois de 1960, deux événements. Le premier tient à la révélation que des Français, généralement issus d’une mouvance de gauche mais réfractaires au militantisme officiel, se sont organisés clandestinement pour apporter leur soutien au FLN. Au nom de la maxime selon laquelle «un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre». «Ils ont choisi de se libérer eux-mêmes de leur virtuel statut d’oppresseurs en aidant les Algériens à se libérer d’une oppression coloniale dont ils refusent d’être solidaires. Au mois de février 1960, au scandale de la bonne presse qui les stigmatise comme des traîtres à la communauté nationale, une dizaine d’entre eux sont arrêtés par la police: ils appartiennent au principal réseau de soutien, qui organisait l’hébergement en France de responsables FLN et l’acheminement de sommes d’argent au profit de l’organisation indépendantiste.»(3)
Le procès du réseau Jeanson en accusation
Le second événement consiste en la mobilisation d’une appréciable partie de l’intelligentsia autour d’une Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, qu’on appellera couramment Manifeste des 121, d’après le nombre de ses premiers signataires, ce manifeste prône le droit à l’insoumission. Le Manifeste des 121 révèle en effet à l’opinion l’existence de jeunes soldats - plus de trois mille - qui refusent d’aller «pacifier» l’Algérie, voire désertent. Quand s’ouvre donc, le 6 septembre, le procès du réseau Jeanson, c’est dans cette atmosphère marquée par le soudain réveil d’une «gauche insoumise», qui n’accepte plus les messages de la guerre d’Algérie. Elle en bénéficiera tout en l’amplifiant. (...) D’emblée, en effet, le procès fut conçu comme une machine de guerre, si l’on peut dire: de guerre contre la guerre. Sa force de frappe en était le collectif des avocats du FLN, dirigé par Abdessamad Benabdallah, Mourad Oussedik et Jacques Vergès, qui rejoignirent de talentueux indépendants, au premier rang desquels Roland Dumas. Échappant chaque jour davantage à un tribunal désemparé, le procès du réseau Jeanson se transforma en «procès de la guerre d’Algérie»(3).
Jeanson le «traître». L’homme qui a monté, en France, le réseau de soutien au FLN. C’est lui, ce vieux monsieur qui ne regrette rien. «Je voudrais bien, dit-il, que l’on me donne l’unité métrique du regret.» Dans Notre guerre, livre qu’il fit paraître dans la clandestinité en 1960, il s’est expliqué sur son combat. A ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, il écrivait: «Notre cause n’est certes pas toute blanche. Mais la vôtre, de quelle couleur la voyez-vous?» Il est entré dans la clandestinité à la demande du FLN. «Ce qui se passait en Algérie au nom de la France était inadmissible. Il fallait être contre. La seule façon d’être contre, c’était d’être aux côtés de ceux qui se battent. On m’a souvent dit que c’était de la trahison. Mais, pour moi, il y avait déjà trahison: celle des valeurs de la France.» De ceux qui, dans l’ombre, acheminent les fonds réunis par la Fédération de France du FLN, fournissent des caches, procurent des faux papiers aux militants de l’indépendance algérienne en France. 400 millions de francs transitent chaque mois par les «porteurs de valises», révèle Jeanson aux journalistes.(4)
«En cette année 1960, écrit Dominique Vidal, où la France se résigne à la souveraineté d’une quinzaine de ses ex-colonies africaines, elle refuse obstinément celle de l’Algérie. Dès 1958, la diffusion des livres La Gangrène et La Question- publiés par les Editions de Minuit, mais aussitôt interdits parce qu’ils témoignent de la généralisation de la torture, mobilise des centaines de militants. (...) En juin 1960, des personnalités de toutes opinions - y compris gaullistes - se retrouvent dans le Comité Djamila Boupacha, cette combattante du FLN emprisonnée dont l’avocate Gisèle Halimi tente de sauver la tête.»(5)
«Au début de la guerre, déclarera Hélène Cuénat, une des principales accusées du procès Jeanson, j’ai commencé par participer à des actions légales. (...) Puis il est devenu évident que cela n’aboutissait pas. La guerre continuait. Il m’a semblé qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen: se ranger aux côtés d’un peuple qui luttait contre le colonialisme.» Comme elle, plusieurs centaines de militants basculent dans la clandestinité - les premiers dès 1957. Les réseaux, notamment celui dirigé par Francis Jeanson puis par Henri Curiel, prennent en main l’aide aux militants du FLN. (...) Malgré l’extrême confusion des débats, le procès braque les feux de l’actualité sur l’engagement de ceux qu’on appellera les «porteurs de valise».(5)
Si le pouvoir espérait ainsi réduire au silence les partisans de l’indépendance de l’Algérie, il s’est lourdement trompé. (...) Rien, après le procès Jeanson et le Manifeste, ne sera plus comme avant. Le procès Jeanson - estime La Guerre d’Algérie, ouvrage coordonné par le communiste Henri Alleg - catalyse donc les réactions de certaines couches de la population. Il révèle aussi, peut-être surtout, la lente mais constante progression de leur opposition à l’aventure coloniale et aux méthodes barbares qui l’accompagnent. (...) [Ce mouvement] déjà largement développé dans de vastes secteurs de l’opinion publique, marque chaque jour plus fortement, en dépit de la propagande officielle et des savantes ambiguïtés des discours gaullistes, une impatience grandissante devant la guerre qui se prolonge. «L’histoire serait-elle injuste? Pour nombre de spécialistes de la Ve République, De Gaulle, revenu au pouvoir en s’appuyant sur l’armée et les ultras, donc censé maintenir l’Algérie dans le giron de la France, se serait en fait secrètement convaincu de l’inéluctabilité de l’indépendance. Et sa politique - zigzags compris - n’aurait eu d’autre but que d’en convaincre progressivement les Français. (...) Leur liberté, les Algériens la doivent donc d’abord à leur propre combat, et, pour une part, à l’aide de leurs amis français.»(5)
A côté de Francis Jeanson, d’Henri Curiel mort assassiné, d’André Mandouze, de l’abbé Béranguer du Cardinal Duval et de tant d’autres de cette «armée de l’ombre» qui joua un rôle non négligeable dans la libération del’Algérie, quelle a été la reconnaissance de l’Algérie? Est-il concevable que nos étudiants continuent à ignorer l’oeuvre et la pensée de Fanon ou de Jeanson et de tant d’autres. Assumons notre histoire! Paradoxalement, nos bourreaux sont mieux connus que nos bienfaiteurs On continue en Algérie voire à Alger de parler du lycée «Bugeaud» (le fameux Bouchou dont nous parlait nos grands-mères pour nous faire peur!) de la cité «Lavigerie». Sait-on qu’il a tout fait pour christianiser par la force? On parle de Rovigo de Clauzel, mais personne parmi les jeunes ne connaît l’humanisme de Mandouze, Jeanson, et de tant d’autres. Il nous faut rendre justice à ces «Justes». Des institutions devraient leur être dédiées et ils devraient logiquement faire partie de notre histoire.
(*) Ecole nationale polytechnique
1.Florence Beaugé: La torture, ou que faire de cet encombrant passé? Le Monde 31.10.2004
2.Francis Jeanson, «La question de la torture est indissociable de la question coloniale» «Propos recueillis par Thomas Lacoste et Hervé Le Corre Le Monde. 28 mai 2001
3.Marcel Péju: Le procès du réseau Jeanson Préface à l’édition de 2002
4.F.Jeanson «La seule façon dêtre contre». Le Nouvel Obs. n° 2085 21 octobre 2004
5.Dominique Vidal: Ces «traîtres» qui sauvèrent l’honneur de la France. Le Monde diplomatique Septembre 2000
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
Par Dalila Hedidane/Zineb A
17 ans sont passés depuis l’assassinat du président Mohammed Boudiaf. Nous n’allons pas revenir sur le sort de son meurtrier, ni sur les raisons de son assassinat, mais nous allons seulement mettre la lumière sur quelques étapes méconnues de son parcours.
L'histoire retient au fil des siècles les noms de certains grands hommes, des noms figurant parmi les élites de la nation. Des hommes qui, au cours de leur existence, auront un parcours tumultueux pour revendiquer leurs idéaux. Dans les luttes éternelles pour la démocratie et pour que vive l’Algérie libre et indépendante, de nombreux héros se sont sacrifiés pour la patrie.
Par Dalila Hedidane/Zineb A
17 ans sont passés depuis l’assassinat du président Mohammed Boudiaf. Nous n’allons pas revenir sur le sort de son meurtrier, ni sur les raisons de son assassinat, mais nous allons seulement mettre la lumière sur quelques étapes méconnues de son parcours.
Il incarnait l’espoir perdu dans un pays livré à la merci de la violence.
Lui, c’est Mohamed Boudiaf, humble parmi les humbles militants nationalistes qui ont pu fédérer autour de l’idée de l’Indépendance nationale la majorité des Algériens.
Mohamed Boudiaf est né le 23 juin 1919 dans la wilaya de M'Sila où il effectue ses études pour être désigné comme fonctionnaire d’administration. Après un passage dans l’Armée française où il sera muté au front durant la Seconde guerre mondiale, Boudiaf s'engage dans le Mouvement nationaliste en adhérant au Parti du peuple algérien (PPA), pour se retrouver dans l’Organisation spéciale (OS), aux côtés d’autres militants nationalistes tel Hocine Aït Ahmed. Au sein de l’OS, Boudiaf était chargé par ses coéquipiers de la constitution d’une cellule de l’organisation à Constantine. Quelques années plus tard, l'OS est démantelée par la police française et les responsables sont jetés en prison.
Boudiaf quitte la prison en 1952 et est désigné par le MTLD pour rallier les militants du mouvement en France. Vers le début de l’année 1954, Boudiaf décide de rentrer au pays pour lancer avec 9 autres militants le Comité révolutionnaire pour l’unité et l'action (CRUA). Mohamed Boudiaf lance également avec ses compagnons du CRUA, le journal, Le patriote. Quelques mois plus tard, Boudiaf, toujours fidèle à son engagement, sera membre du groupe des 22 ayant participé au déclenchement de la Guerre d'indépendance et la création du Front de libération national, FLN.
Le 22 octobre 1956, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella seront arrêtés par les autorités coloniales après le détournement de l’avion qui les transportait de Rabat à Tunis. Après leur libération suite aux Accords d’Evian, Mohamed Boudiaf entre en opposition contre Ben Bella, tout comme les anciens dirigeant du FLN, et fonde le Parti de la révolution socialiste (PRS). Il sera arrêté le 23 juin 1963 puis détenu dans le sud algérien pour purger plusieurs mois de détention. Il sera condamné à mort par la justice de Ben Bella en 1964. Dès lors, il quitte le pays pour lequel il s’est sacrifié et s’installe, en premier temps en France, puis au Maroc. Après d’intenses activités politiques au sein du PRS, Boudiaf décide de dissoudre son parti en 1979, après la mort de Houari Boumediène pour se consacrer exclusivement à ses activités professionnelles en dirigeant à Kenitra au Maroc une briqueterie.
Boudiaf résume son projet pour le pays dans son livre Où va l'Algérie ?. Un témoignage éloquent et perspicace sur l’Algérie post-indépendance.
Après la victoire du FIS aux élections législatives de 1991 et l’arrêt du processus électoral, Chadli, est contraint à la démission et Boudiaf sera rappelé en Algérie pour présider le Haut Comité d’État, créé comme instance suprême pour le pays.
Le retour de Tayeb El Watani fut ressenti comme un brin d’espoir par la jeunesse algérienne. En sa qualité d’historique du FLN, de démocrate invétéré, Boudiaf incarnait, et il l’incarne toujours, l’homme idéal. Lui, qui était loin de toutes les turbulences du régime algérien, fut effacé même des manuels scolaires.
Six mois à la tête du HCE ont suffit à cet homme pour redonner espoir, assumer les orientations anti-islamistes du Haut comité d’Etat, et représenter la conviction et le changement. Boudiaf, le fils prodige de l’Algérie, sera assassiné le 29 juin 1992 par Lambarek Boumaârafi, lors d'une conférence dans la ville d’Annaba. Boumaârafi était un sous-lieutenant au sein du groupe qui devait assurer la sécurité du président Boudiaf. L’effet psychologique provoqué par cet assassinat, retransmis en direct sur la télévision, est loin d’être évacué. Dix-sept ans après son assassinat, l’Algérie demeure toujours otage de l’intégrisme islamiste et de son corollaire, la corruption. La jeunesse algérienne se souviendra éternellement de cet homme avec qui l’espoir fut permis. Le projet pour lequel il est revenu demeure toujours la quête de tout démocrate.
Dix-sept ans après son assassinat, la thèse de l’acte isolé commis par un malade aux convictions islamistes ne tient plus la route. Doncn qui a tué Boudiaf ?
Mohamed Mouloudj
COMMÉMORATION DE LA MORT DE CHEIKH TAYEB EL-OKBI
Un précurseur de l’islah
A l’occasion de la commémoration du 49e anniversaire de la mort de Cheikh Tayeb El-Okbi, une conférence sera donnée par le Dr. Ahmed Meriouche sur le thème : « Le rôle de l’Islah dans le renouveau culturel et social de l’Algérie, période 1920/1950. Cette conférence aura lieu aujourd’hui à 14h30 au cercle du progrès (Nadi Ettaraki) à Alger.
Il est à rappeler que Cheikh El Okbi avait fait un long séjour en Arabie où sa famille s’était établie en 1894. Il y grandit et y reçut toute son éducation. Devenu un remarquable lettré, il fut précepteur du prince Abdallah, rédacteur en chef du journal El Qibla et directeur de l’imprimerie royale. Par le biais de ce journal, il aborda les sujets d’actualité?€ˆ: Islah, Nahda, problème de la Palestine, etc. A la suite de ses écrits et de ses conférences, les Turcs décidèrent de l’éloigner de la péninsule arabique et le placèrent en résidence surveillée. Il a dû son élargissement et sa libération à Chakib Arslan, qu’il connut personnellement et avec lequel il entretiendra des relations assidues même après son retour en Algérie. A Biskra, il fut entouré par d’autres jeunes lettrés (Lamine Lahmoudi, Laïd El Khalifa, Derradji...) et dès 1925, il prêta son concours à différents journaux (Echo du Sahara, El Moutaqid). Il lancera son propre journal (El Islah) en 1927, qui fera l’objet de multiples tracasseries administratives.
R.S.