Education
Publié le 07/11/2009 à 08:00 par hogra
LES SYNDICATS AUTONOMES DE L’ÉDUCATION SE MOBILISENT
Grève d’une semaine à partir de demain
Tous les lycées, CEM et écoles primaires à travers le territoire national seront paralysés durant une semaine.
Déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications, les syndicats autonomes de l’éducation ont décidé de décréter un débrayage d’une semaine reconductible. Cette grève qui paralysera les lycées, CEM et écoles primaires à travers le territoire national est la seule démarche à même d’amener la tutelle à répondre favorablement aux doléances des syndicalistes.
S’exprimant à ce sujet au cours d’une conférence de presse tenue hier à Alger, le président de l’Union nationale des personnels de l’enseignement et de la formation (Unpef), Sadek Dziri, a indiqué que la protesta est alimentée par notamment «la dégradation effroyable du pouvoir d’achat et la cherté de la vie au vu de l’évolution des prix des produits de première nécessité depuis plus d’une année. Celle-ci a dépassé les 17% sans oublier l’inflation qui atteint cette année le taux de 5,7% et ce depuis 2004, selon les chiffres de l’ONS»
Le conférencier déplore également «la masse salariale qui ne représente que 12,1% du PNB comparativement à celle de la Tunisie qui représente 30% et le Maroc 20%. C’est ce qui pose un grave problème de redistribution des richesses». Il dénonce, en outre, «la lenteur exagérée des pouvoirs publics dans le traitement du dossier du régime indemnitaire».
Mais la goutte qui a fait déborder le vase reste, bien évidemment, «l’arbitraire circulaire du Premier ministre, annulant l’effet de rétroactivité des indemnités, contrairement aux autres corps tels que les hospitalo-universitaires, les hauts fonctionnaires, les députés, les magistrats. C’est ce qui pose un problème d’équité et que nous contestons», a-t-il martelé. L’intervenant dénonce, en outre, le mépris affiché par lespouvoirs publics à reconsidérer la gestion des oeuvres sociales accaparées actuellement par l’Ugta. Poursuivant son plaidoyer, M.Dziri a soulevé «la déception des travailleurs de l’éducation par rapport aux classifications du statut particulier et la grille des salaires qui bloquent toute possibilité de promotion et de développement professionnel du métier».
De ce fait, l’Unpef revendique avec force la révision des classifications, particulièrement, les adjoints d’éducation, les laborantins, les corps communs.
Ce syndicat revendique aussi l’annulation du système des postes supérieurs. De son côté, le coordinateur national du Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), Nouar Larbi, a plaidé pour «une nouvelle politique de la médecine du travail». Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (Snte), Abdelkrim Boudjenah, a pour sa part, appelé, lors d’un point de presse, à une grève d’une journée pour le 16 novembre prochain.
Considérant que les revendications des syndicats autonomes de l’éducation sont entièrement légitimes, le représentant du Snte estime qu’«il est préférable de faire la grève pour une journée afin de faire entendre sa voix que de la faire tout au long d’une semaine sans arriver à une issue». «D’ailleurs, les syndicats autonomes ne nous ont même pas consultés», ajoute-t-il.
Présentant une photographie de la grève, M.Boudjenah a précisé que «durant le débrayage, les élèves resteront en classe».
L’intervenant a rappelé, au passage, que tous les syndicats autonomes avaient rencontré le ministre de l’Education nationale, M.Boubekeur Benbouzid, jeudi dernier, en son siège ministériel à Alger, qui a tenu à connaître la position de chaque syndicat à propos de la grève.
Lynda BEDAR
Publié le 26/10/2009 à 16:33 par hogra
Grève générale dans l’éducation à partir du 8 novembre
Le secteur de l’éducation demeure dans la tourmente et peine à sortir de la zone de turbulences. Après la colère des lycéens, des parents d’élèves et des enseignants, c’est au tour des syndicats de revenir à la charge pour annoncer une grève nationale d’une semaine à partir du 8 novembre prochain.
Pratiquement, les syndicats du secteur de l’éducation veulent faire converger leur action pour frapper fort et peser de leur poids. Lors de leurs multiples réunions de concertation, ils ont exprimé cette volonté d’aller vers la radicalisation de leur action de protestation dès la fin de ce mois.
Ils n’avaient pas, toutefois, fixé de date, car ils espéraient un geste d’apaisement de la part des pouvoirs publics, en vain. Hier, deux syndicats, l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef) implanté dans 48 wilayas du pays et représentant les trois paliers, et le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) ont, ensemble, fixé la date du débrayage. Ces deux organisations syndicales, appartenant chacune à deux pôles différents, à savoir l’intersyndicale autonome de la Fonction publique et la Coordination autonome de la Fonction publique, appellent les autres syndicats à adhérer à ce choix afin de faire de ce combat une cause commune. En outre, la mauvaisegestion des dossiers du régime indemnitaire, des œuvres sociales, de la médecine du travail, sont, entres autres, les raisons qui les ont poussés à décréter une grève nationale d’une semaine, renouvelable. La circulaire du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui interdit l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de janvier 2008, est la goutte qui a fait déborder le vase. La décision d’Ouyahia a suscité l’ire des enseignants et vient ainsi remettre en cause les promesses faites aux syndicats par le ministre de l’Education nationale et celui de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité sociale à ce sujet.
De ce fait, l’application du régime indemnitaire ne prendra effet qu’après sa publication dans le Journal officiel. « Nous considérons cela comme une trahison de la part des pouvoirs publics et demandons au Premier ministre de revoir sa copie, car elle porte atteinte à la crédibilité de l’Etat et de ses engagements. Le gouvernement s’est engagé sur ce point, alors il doit respecter ses engagements », ont soutenu les syndicalistes. M. Sadak, porte-parole de l’Unpef, affirme avoir saisi M. Benbouzid sur cette question, mais ce dernier s’est montré réticent en affirmant que « cela le dépassait ». Les syndicats revendiquent la révision de fond en comble de toute la politique des salaires.
L’augmentation du Salaire national minimum garanti (SNMG) ne profitera même pas aux premiers concernés qui sont les smicards mais aux fonctionnaires nommés par décret. Les représentants des enseignants demandent à ce que le point indiciaire soit calculé par rapport au prix des produits en mettant en veille un mécanisme qui sera actionné en fonction des augmentations. « Il ne sert à rien de faire des augmentations si elles seront gommées ou absorbées par des augmentations des prix à la consommation. » C’est la raison pour laquelle, « nous demandons l’augmentation du point indiciaire de 45 DA à plus de 191 DA », notent les syndicats, qui exigent leur implication dans les négociations sur les régimes indemnitaires. « Nous avons formulé dans ce sens des propositions, mais nous sommes persuadés qu’aucune d’elles ne sera retenue, car le dernier mot revient à la Fonction publique ; c’est pour cette raison que nous demandons à ce que nous soyons associés à l’élaboration de la feuille de route », a affirmé M. Sadak. S’agissant des œuvres sociales, les syndicats veulent avoir le contrôle de ce dossier qui ne devrait pas être, selon eux, l’apanage d’un seul syndicat. « Depuis longtemps, l’UGTA a la mainmise sur les œuvres sociales, nous dénonçons cet état de fait », souligne le représentant de l’Unpef. Pour ce qui est de la médecine du travail, les enseignants regrettent que les maladies qui touchent de très près le corps de l’éducation ne soient pas classées parmi les accidents de travail.
Par Nabila Amir El Watan.com
Publié le 21/10/2009 à 22:32 par hogra
Menace de recours à la violence au lycée Malek Bennabi
Depuis l’entame de l’année scolaire 2009-2010, la totalité des établissements scolaires à Sétif a observé un calme plat, malgré les quelques foyers de perturbations nés du problème du port de la blouse.
Cependant, l’événement qui a marqué la rentrée scolaire reste l’incident qui a explosé au niveau du nouveau lycée Malek Bennabi en début de semaine et qui a failli dégénérer. Il s’agit de la démonstration de force des élèves qui se sont élevés contre la compression des effectifs et les conditions de travail au niveau de leur lycée.
Les responsables du lycée ont dû opérer des séparations dans les salles de classes au moyen de feuilles de contre-plaqué afin de pallier le problème d’insuffisance de salles de classes.
En réalité, le lycée nouvellement inauguré au niveau de la nouvelle ville d’une capacité d’accueil théorique de 800 élèves compte plus de 1200 élèves. Selon les informations recueillies sur place, le problème de compression est né de la fermeture du lycée Bahmed El Hadi à proximité, un établissement du secondaire qui a été cédé cette année au secteur de la formation professionnelle.
L’information paraît fort singulière au moment où Sétif connaît un étalement urbain extraordinaire avec la livraison cette année de la première partie du programme LSP de 10 000 unités et qui s’apprête à lancer la 2e tranche.
Cependant, du côté des responsables, aucun argument n’est venu étayer la procédure de l’élimination d’un établissement de 1300 places pédagogiques de la carte scolaire de la wilaya de Sétif.
Actuellement pour faire face au conflit opposant l’administration aux élèves, ceux-ci sont conviés à opter pour d’autres établissements scolaires afin d’alléger la tension sur le lycée Malek Bennabi. Mais sur la liste des établissements proposés figurent singulièrement des CEM, ce qui a attisé encore plus l’excitation des élèves qui menacent de recourir à la violence si le problème de la compression des classes n’est pas réglé. « Nous ne quitterons pas notre lycée », ont-ils réitéré aux responsables de leur lycée.
Halim Benyellès, Le Temps d’Algérie
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Publié le 15/09/2009 à 00:00 par hogra
SUIVANT UN NOUVEAU CLASSEMENT DES UNIVERSITÉS
L’Algérie arrive en bas du tableau
Malgré toutes les réformes engagées aucun résultat n’est perceptible.
Encore une fois, l’enseignement supérieur essuie un camouflet en matière de performances. En effet, un classement mondial effectué par le site Ranking Web of World Universities a confiné les universités algériennes au fond du sac du classement mondial. Le critère pris en compte par le site demeure celui des activités et participations pour mettre en place les recherches scientifiques et les publier sur le site Internet.
Ainsi, semble-t-il, malgré toutes les réformes et les dispositions qui ont été prises par nos responsables depuis maintenant plusieurs années, l’Algérie, suite à ce nouveau classement, n’a pu se classer qu’en bas du tableau.
En effet, il n’y a pas quoi pavoiser. L’université Djilali-Liabès figure au 4116e rang du classement à l’échelle mondiale et au 29e de celle des pays arabes et 27e de celle de l’Afrique. Quant au classement africain, l’université Aboubakr-Belkaïd arrive juste après celle de Djilali-Liabès en se positionnant à la 24e place suivie directement par la faculté de Batna classée à la 47e place des pays africains et figure en 5548e du classement mondial. L’université de Constantine, elle aussi, n’a pu seclasser qu’en 62e position des pays africains et la 6766e place à travers le monde. A la grande surprise de tout le monde, l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene n’arrive qu’en 65e position dans le classement des pays africains et à la 7008e place mondialement, ce qui montre qu’elle est largement au-delà de la liste des 6000 qui étaient en compétition. L’université Abdelhamid- Ben Badis de Mostaganem n’est pas mieux lotie, puisqu’elle est classée à la 70e place sur la liste des pays africains et en 7205e sur l’échelle mondiale. Quant à l’université d’Alger, elle est en 76e position au classement africain et à la 7849e mondialement et celle de Béjaïa en 86e position. L’université de Boumerdès figure à la 91e position en Afrique et à la 8727e place dans le monde tandis que l’Ecole nationale de l’informatique arrive en 96e position du classement africain et 8960e mondialement. Quant à l’université Mohamed-Boudiaf d’Oran, elle se classe en 98e position et à la 9004e place du classement mondial.
Par ailleurs, les Etats-Unis confirment, comme à chaque fois, leur statut de leader avec les 40 premières places parmi les 50 en compétition.
L’université «MIT» de la Technologie du Massachusetts est classée première suivie de la grande et prestigieuse Université de Harvard. Hormis les facultés américaines, plusieurs universités de par le monde ont pu se classer parmi les 50 premières dont les universités canadiennes, britanniques, brésiliennes ainsi que celles de Taïwan, le Japon aussi et enfin le Mexique. Surprise: le classement des universités saoudiennes aux cinq premières places des universités arabes laissant juste derrière elles, celle du Caire qui est classée en 6e position tout en sachant que l’université du Roi Saoud est positionnée elle aussi parmi les plus grandes universités arabes puisque classée 197e sur 6000 à travers le monde.
Khalida ABBANI
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Publié le 31/08/2009 à 00:02 par hogra
M’CISNA
L’école face à la violence
Une brigade de la Gendarmerie nationale sera installée au niveau de la commune à partir de l’année prochaine.
Assurer une rentrée scolaire sans incidents ni violences a été le thème principal de la rencontre qui a regroupé, vendredi soir, les notables et les élus de la commune de M’cisna dans la wilaya de Béjaïa. Ces derniers se sont longuement attardés sur la question. Ils ont été unanimes quant à la nécessité de sécuriser les écoles, du moins durant les premiers mois de la rentrée scolaire. C’est ainsi qu’il a été décidé de la mise en place d’un comité des sages constitué de représentants de chaque village auxquels seront associés les membres de la zaouïa de Sidi Saïd et qui sillonneront tous les villages de la commune aux fins de sensibiliser les populations locales, notamment les jeunes sur la nécessité de mettre un terme à la violence. Cette réunion a été décidé à la suite du climat de violence ayant marqué ces derniers jours le chef-lieu de la commune et le risque de voir se répercuter sur lesétablissements scolaires. D’autant que la seule et unique école moyenne communale est fréquentée par environ huit cents écoliers venus de différents villages de la commune. Pour sa part, M.Kabache Karim, président de l’APC de M’cisna, a affirmé que les écoles seront sécurisées et que la municipalité de M’cisna est fin prête à assurer une rentrée scolaire sans incident, cela sans pour autant rejeter l’initiative émanant de la société civile. «Je salue la détermination des citoyens de la commune quant à bannir la violence», a-t-il indiqué lors de sa rencontre avec les notables de la commune. La mobilisation est perceptible au niveau de celle-ci qui n’à pas connu, depuis sa création en 1984, des scènes de violence. Le saccage de la maison des jeunes et du siège de l’APC est plus que révélateur d’une volonté de nuire ou tout au moins de déstabiliser l’actuel effectif communal. En effet, aucun mobile pouvant expliquer les scènes de saccage ayant marqué la commune n’est connu. Aussi, aucune doléance des villageois d’Amagaz (village insurgé) n’a été portée sur le registre communal des doléances tandis que l’élu communal, issu du même village ne s’est jamais plaint lors des Assemblées communales, d’une quelconque marginalisation de son village. Ceci dit, il appartient aux enquêteurs d’élucider les circonstances qui ont précédé et suivi les scènes de violences qui ont causé des dégâts d’un montant d’au moins 5 millions de dinars. On apprend qu’une centaine de personnes, notamment du village d’Amagaz, seront convoquées pour répondre de leur implication dans les deux affaires ayant défrayé la chronique locale. Aussi, le procureur près le tribunal d’Akbou a ordonné l’ouverture d’une enquête très détaillée à même de déterminer avec exactitude les circonstances, les instigateurs et les tenants et aboutissants de l’affaire. Face à la montée ahurissante de la violence etl’absence totale des corps de sécurité, le maire de M’cisna a annoncé que la commune aura sa propre brigade de gendarmerie en 2010.
Aït Ouakli OUAHIB
Publié le 04/08/2009 à 00:02 par hogra
Violence en milieu universitaireLa LNEA déterminée à faire face à ce phénomène
Afin de faire face au phénomène de la violence au sein de l’université algérienne, la Ligue nationale des étudiants algériens (LNEA) a affirmé hier, au terme de sa 12e université d'été, sa détermination à faire face à ce phénomène, qui menace de plus en plus l’existence de notre université.
En effet, la violence en milieu universitaire compte parmi les questions importantes qu'on ne peut ignorer ou occulter et partant, la Ligue nationale des étudiants algériens réitère son souci de contribuer à la lutte contre la violence en milieu universitaire, ou au sein de la société. Par ailleurs, les participants à cette rencontre ont appelé à accélérer l'élaboration de la charte universitaire, fixant les droits et devoirs des différentes composantes de la corporation universitaire afin d'éviter toute forme de violence, avant la prochaine rentrée universitaire, prévue pour le mois d’octobre prochain. Dans le même sillage, il convient de savoir que la revendication de la promulgation d’une charte universitaire, définissant les droits et devoirs des étudiants, des enseignants et même du personnel universitaire, remonte à 1994, mais depuis cette date, rien ne se profile à l’horizon. En outre, les organisateurs de cette 12e édition affirment que la promulgation de cette charte permettra d'éviter toute forme de violence entre les différentes composantes universitaires et de régler les éventuels problèmes en adoptant le principe de dialogue.
Ils ont également insisté sur l'importance du dialogue pour régler les différentes questions universitaires précisant ainsi à ceux qui estiment que le phénomène de la violence en milieu universitaire est l'une des séquelles des années de terreur vécues par le pays dans les années 1990, que l'objectif consiste aujourd'hui à créer une université algérienne qui influe sur la société sans pour autant être influencée par celle-ci. Enfin, ils ont estimé que le système LMD reste en deçà des objectifs escomptés, appelant à la réunion des moyens matériels et humains pour en assurer le succès, avant d’appeler à soutenir les étudiants en matière d'œuvres sociales qui demeurent à la base des revendications du processus de réforme.
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Yahia Maouchi
Publié le 18/06/2009 à 00:48 par hogra
180.000 ORDINATEURS POUR LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
Ce que sera l’école en 2014
Pour le primaire, il y aura 1 micro pour 40 élèves
Dès la prochaine rentrée scolaire, l’informatique sera introduite dans les programmes du secondaire, toutes filières confondues.
Selon les prévisions du premier responsable de l’éducation, d’ici 2014 les établissements scolaires seront dotés de 180.000 ordinateurs supplémentaires. L’objectif assigné à cette opération diffère d’un palier à l’autre: pour le cycle primaire, le ministère de l’Education ambitionne d’atteindre la proportion d’un PC pour 40 élèves tandis que pour le moyen il est prévu un rapport d’un PC pour chaque collégien à l’horizon 2013-2014. S’agissant du secondaire, on projette au courant de l’année 2010 une moyenne d’un ordinateur pour 15 lycéens. En plus de ce matériel informatique, il y aura également la connexion au réseau Internet qui sera assurée même dans des zones isolées.
Pour cela, il a été prévu des labos mobiles sous forme de bus équipés d’ordinateurs connectés au Net par satellite. Aussi, dès la prochaine rentrée scolaire, l’informatique sera introduite dans le programme du secondaire, toutes filières confondues. Cette matière obligatoire sera affectée du coefficient 1 dans les examens du Baccalauréat.
En outre, une nouvelle étude relative à la gestion informatique du volet pédagogique et administratif est en cours. Ce programme est réparti sur quatre systèmes, entre autres, celui lié à la gestion des cartes scolaires et les dossiers des élèves et une évaluation des structures éducatives. Par ailleurs, dans le but d’améliorer l’utilisation des TIC dans le milieu scolaire, des projets de jumelage franco-algérien et algéro-americain seront développés dans le cadre de la coopération. Cela permettra d’élargir la gamme des opportunités pédagogiques pour les élèves et les enseignants. Ce programme qui touche actuellement 10 établissements sera généralisé, sachant que l’ouverture sur le monde extérieur entre dans le cadre de la reforme du système éducatif. Parmi les bénéficiaires, il y a 7 lycées d’Alger, 2 de Blida et un seul de Annaba.
Le jumelage algéro-americain intitulé «Ilinic» a été lancé en 2006. Ce projet d’échange qui a débuté avec 10 lycées s’élargira pour toucher une trentaine d’établissements.
Selon le directeur du Centre national d’introduction des nouvelles TIC dans le milieu scolaire, le programme vise à travers les activités proposées à faciliter l’échange culturel entre les lycéens algériens et leurs homologues américains et le renforcement de leurs capacités linguistiques et en même temps consolider la réforme dans son volet apprentissage des langues étrangères, outre celui relatif à l’utilisation des nouvelles technologies.
Devant l’insuffisance, voire l’absence de salles informatiques encadrées et équipées à travers plusieurs collèges et lycées du pays, les élèves n’avaient, pour seule solution, que les cybercafés du coin pour exécuter le devoir exigé par l’enseignant, occasionnant une nouvelle dépense aux parents qui n’arrivent pas, dans la majorité des cas, à joindre les deux bouts, d’autant plus que le cybercafé n’est pas le lieu pédagogique le mieux indiqué pour les collégiens. Ainsi la généralisation de l’utilisation de l’informatique à travers l’ensemble des établissements scolaires s’impose comme un défi à l’Education nationale. Dans ce domaine, beaucoup reste à faire pour atteindre la norme internationale en matière d’utilisation des nouvelles TIC dans un système éducatif performant. Dans ce contexte, le gouvernement considère que l’utilisation des TIC revêt une dimension structurelle.
Mohamed BOUFATAH
Publié le 13/06/2009 à 06:31 par hogra
Violence et harcèlement à l'université
par Mohammed Kouidri *
Elle ne peut, en aucun cas, expliquer ce qui relève de la psychologie et du comportement. Il n'y a pas de lien causal entre la performance d'un professeur dans sa recherche scientifique et son éthique de pédagogue.
On peut comprendre que l'islam politique radical, comme le courant des néo-conservateurs aux Etats-Unis, s'oppose à l'enseignement du darwinisme ou de théories matérialistes en sciences sociales et humaines. Mais l'un et l'autre ne se sont jamais opposés à l'enseignement et la recherche en physique ou en technologies, bien au contraire, et ce pour les mêmes raisons de guerres et de domination. Et c'est bien au nom de l'éthique que l'un et l'autre se disent oeuvrer en s'opposant à la recherche progressiste. Pour l'arabisation de même, il faut distinguer le quantitatif du qualitatif. Démographiquement parlant, l'effet du départ d'enseignants francophones, les années 1980-90, qui a occasionné un manque à gagner quantitatif et qualitatif certain, est négligeable par rapport à la progression vertigineuse des effectifs estudiantins que, toute proportion gardée, aucun pays au monde, quel que soit son niveau de développement, n'aurait pu prendre en charge dans des conditions normales.
Plus que le départ d'enseignants francophones, ce sont les recrutements à la hâte pour parer au plus pressé d'«enseignants» sans formation professionnelle ni expérience qui conduit souvent à la caricature d'enseignement. Les recrues n'ont même pas terminé leur cursus de graduation ou première post-graduation parfois. Comme le signale le commentateur, lorsqu'il faut pourvoir de nombreuses petites villes et villages où l'on ouvre, à tout va, des centres et des universités, alors que la formation d'enseignants pose problème, on ne peut s'attendre à un résultat autre que celui-là. Le problème est toutefois beaucoup plus grave en sciences sociales et humaines. Considérées comme disciplines faciles à enseigner (le terme de sciences est rarement utilisé sinon en opposition à sciences exactes ou sciences dures), elles ont été sacrifiées à toutes les expériences et réformes. L'épistémologie est oubliée et l'on passe de la littérature à l'une ou l'autre discipline allègrement sans aucune distinction théorique ou pratique. Or, elles concernent l'écrasante majorité des effectifs (autour de 80%). Pour cela aussi, elles sont particulièrement sollicitées, enjeux de luttes partisanes et idéologies intra et extra-université.
Le problème de l'université avec la politique d'arabisation, telle qu'elle a été menée, n'est pas dans le principe qui, comme l'Islam et l'amazighité, est une condition de recouvrement de la personnalité algérienne longtemps interdite. Il est dans la pratique, dans la mesure où l'exclusion des langues étrangères, à commencer par le butin de guerre de Kateb Yacine, et leur remplacement coûte que coûte et tout de suite, ont lourdement hypothéqué un développement progressif et ouvert de la belle langue d'Ibn Rochd et Sibawayh. Goethe, le plus grand homme de lettres allemand selon Eliot la non moins grande femme de lettres anglaise, nous a légué une règle en or, en la matière: «Wehr fremde sprache nicht kennt, weiss nichts von seiner eigenen» (Celui qui ne connaît pas de langue étrangère, ne sait rien à sa propre langue). Et il savait de quoi il parlait, lui qui avait appris, en plus de langues européennes diverses, le farissi et l'arabe pour découvrir la civilisation musulmane, notamment à travers Hafez Chirazi qu'il aimait tant, et écrire sur elle de si belles choses.
Quant à la confusion entre arabisation et islamisme radical, faut-il rappeler que les premiers islamistes universitaires connus et les plus influents ont été francophones, sortis le plus souvent de disciplines scientifiques dites exactes, qui n'ont pas été concernées par l'arabisation alors: mathématiques, médecine, physique, chimie,...
Témoignage
Depuis très longtemps, des cas de violence à l'Université sous une forme ou une autre sont signalés et les cris des victimes parfois étouffés, même lorsqu'il y avait plainte, par une étrange «loi» du silence et de la peur, non édictée mais devenue coutumière. Les conditions socioprofessionnelles très difficiles de l'époque n'ont pas atténué la tendance, loin de là. Heureusement, la faiblesse relative de fréquence, en dépit de la gravité des actes, permettait l'oubli et le refoulement pour une persévérance professionnelle, la mort dans l'âme. La profession restait, après tout, passionnante et moralement valorisante, aux yeux de nos étudiants et de la société, même si elle n'était pas matériellement gratifiante, loin s'en faut. Trop concurrencée par les autres secteurs qui offraient de bien meilleures conditions socioprofessionnelles, l'université n'était pas du tout attractive alors que la démocratisation de la formation supérieure battait son plein. La chanson compatissante d'une série télévisée constantinoise «El Oustad el jami'î, ismou âli ou jibou khali» (Le Professeur universitaire a un grand titre et une poche vide) qui continue à être fredonnée jusqu'à nos jours, résume bien la situation.
Pour cette même raison, on ne peut pas dire, non plus, que ce sont toujours les meilleurs qui ont rejoint la profession. Pourtant, il y eut des cadres qui ont quitté des situations dorées dans les secteurs socioéconomiques pour épouser le métier d'universitaire. Ils ne sont pas légion mais le geste montre combien, en dépit de tout, la profession est attractive par vocation. En dehors des enseignants qui choisissaient, malgré le désavantage matériel, il y avait ceux qui restaient à l'université à la fin de leurs études, faute de mieux. Aujourd'hui la situation a changé de ce point de vue. Les conditions matérielles et morales de travail aussi. Mais la violence rare du début, invisible mais bien réelle, est devenue multiforme, incluant la mort d'homme, et de notoriété publique. Le souvenir de quelques exemples traumatisants, qui jalonnent ma carrière de plus d'une trentaine d'années, m'accompagne toujours. Ces exemples ne sont, malheureusement, pas les seuls. Les images restent gravées à jamais dans mon esprit, et cela me soulagerait que de les partager. Le premier exemple (fin des années 70) est celui d'un étudiant absentéiste qui s'est emporté en menaces contre son prof, fautif d'après lui de ne pas vouloir lui accorder la moyenne pour le nième examen, et pour cause. C'était du harcèlement pensait-il puisque la réussite était un droit. Le deuxième (début 80), c'est un étudiant en Magister qui est brimé et traumatisé par son directeur de mémoire qui lui est d'ailleurs imposé, en remplacement de son encadreur initial pour cas de force majeure. Reconnaissant, pourtant, le sérieux et le travail de l'étudiant, le nouvel encadreur fera tout, et sans aucune raison, pour le brimer et le décourager.
Il finira même par lui faire porter, par l'administration, à l'issue de sa soutenance de Magister, une mention qui se voulait dégradante et qui n'existe même pas dans la nomenclature docimologique. Malgré les réclamations de l'étudiant appuyé par le service de la scolarité, ladite mention est toujours là et l'ex-étudiant, aujourd'hui enseignant, a toujours un problème pour retirer son diplôme.
Le troisième (milieu 80), c'est un agent de l'administration qui porte coups et blessures à un collègue, directeur adjoint d'un institut dans l'exercice de ses fonctions, de surcroît, au moment où il n'y avait même pas de prime pour ce genre de responsabilité. Le quatrième (fin 80), une étudiante, en pleurs, giflée par un étudiant qui lui reprochait son habillement irrespectueux de la tradition se plaint. Le garçon est passé en conseil de discipline de l'institut mais c'est la fille qui écope d'une admonestation, le comportement de l'étudiant étant considéré comme légitime puisque c'est l'étudiante qui aurait provoqué sa colère (?!). L'habillement de la fille n'était pourtant pas plus hors normes que celui des filles des membres du conseil de discipline qui l'avait jugée. Et, quand bien même l'étudiant était-il investi de cette autorité parce qu'il portait une barbe ? Le cinquième (les années 90), un collègue est physiquement agressé par un autre collègue, devant ses étudiants, au petit matin d'un premier jour ramadhanien. La raison est que la victime avait eu tort de s'exprimer trop librement et trop sincèrement, au goût de l'agresseur, quelques jours auparavant dans une réunion de l'institut.
Mais ces années-là, une telle agression n'était pas réellement grave. Il y eut l'irruption de la violence armée dans les campus et cités universitaires avec un nombre effroyable de victimes, des plus illustres professeurs aux plus jeunes étudiants débutants. La violence verbale ou même physique, à main nue, était banalisée et c'est la violence armée et les assassinats qui risquaient de le devenir. (en 2003), après l'accalmie, je me souviens d'un collègue victime de déni de droit à la promotion, après de longues années de loyaux services, un parcours professionnel sans faute et une production scientifique d'une rare quantité/qualité. Tenu dans l'ignorance de ses droits, il souffrira pendant deux longues années avant de pouvoir soutenir son doctorat d'Etat, et selon des termes contraignants qui lui ont été imposés finalement, au mépris de la déontologie, la loi et la réglementation. Le dernier exemple en date est tout récent. En tournée dans les sept salles d'examen surveillées par mes assistants, aidés par d'autres collègues, je tombe au bon moment pour secourir une assistante qui était complètement déstabilisée par les menaces d'un étudiant, sous les rires amusés de quelques autres. Elle l'avait surpris en flagrant délit de violation des règles de l'examen.
Contribution à la réflexion
Le cadre : la première condition pour une recherche sérieuse sur la violence, à l'université ou dans tout autre lieu d'ailleurs, c'est la sérénité. La recherche doit se faire sur toutes les formes de violence par l'observation de toutes les composantes de la communauté universitaire et au-delà. L'enseignant peut être auteur de violence mais victime aussi. L'auteur d'actes violents, enseignant ou autre soit-il, porte la violence en lui avant de venir à l'université. Les pulsions violentes dont peuvent souffrir certaines personnes, tout âge, sexe et profession confondus, ne sont pas le produit intrinsèque du milieu universitaire même si elles ne se sont pas exprimées ailleurs auparavant. Elles sont le produit d'interactions biogénétiques, psychiques et socioculturelles qui forgent la personnalité d'un être humain tout au long de sa socialisation, depuis l'élevage infanto-juvénile jusqu'à l'âge adulte et au-delà. Il y a, donc, lieu de mener la recherche à deux niveaux ; le niveau individuel et le niveau sociétal. Au niveau individuel, le travail doit commencer par répertorier les cas de violence, sous toutes les formes, survenus à l'université, les analyser, les classifier selon la nature et en faire une base de théorisation pour, enfin, construire un corps d'hypothèses vraisemblables et opérationnelles.
Pour l'avenir, un observatoire centralisé de suivi - évaluation du phénomène, comme il en a été créé par des pays proches tels la Syrie, peut être d'une grande utilité. Grâce à un tel observatoire, il sera possible de faire des études pluridisciplinaires poussées de cas avérés et en même temps assurer un monitoring du phénomène au sein des universités. Quant à la trame théorique, elle peut être tissée à travers des recherches selon plusieurs pistes de réflexion multidisciplinaires dont, par exemple :
Au niveau sociétal: il faudra faire une macro-analyse rétrospective de l'évolution de la violence dans la société algérienne. Là, il y a lieu de distinguer entre les facteurs conjoncturels déstructurants/restructurants et les facteurs historiques, à tendance lourde, et récurrents. Parmi les premiers on peut citer la démographie. Rappelons seulement qu'à l'indépendance, le nombre d'étudiants algériens de l'université d'Alger, la seule qui existait, ne dépassait pas le millier dont une partie avait fini d'ailleurs par quitter le pays. Quarante-six ans plus tard, en moins d'une génération donc puisque parmi les étudiants de l'époque certains sont encore en exercice aujourd'hui, le nombre a atteint le chiffre vertigineux de plus d'un million d'étudiants avec un taux d'accroissement, inimaginable, de 130000%.
Il faut se rappeler aussi la crise profonde du milieu des années 80 qui a déstabilisé la société algérienne dans son ensemble, toutes institutions confondues, et particulièrement l'université qui compte parmi les plus vulnérables.
Facteur histoire: le recours à l'histoire pour trouver des explications à des situations actuelles est très fréquent en sciences sociales et humaines. Des comportements, valeurs et attitudes peuvent, en effet, apparaître à un moment de la vie d'un individu ou d'un groupe humain et se perpétuer pendant longtemps, par transmission éducative, consciente et/ou subconsciente, entre générations. C'est le cas des comportements violents aussi, qui peuvent être valorisés à des moments particuliers de l'histoire et sous certaines conditions. Les valeurs ainsi adoptées deviennent alors cruciales. Il faudra plusieurs générations pour qu'elles s'estompent dans le mouvement culturel changeant. On peut s'exercer à une telle posture en se référant à Frantz Fanon, à la manière de Sadek Hadjeres dans son dernier papier au Quotidien d'Oran, sur ce grand psychiatre et militant. Ce regard rétrospectif peut paraître lointain, il faudra alors insister sur l'autre partie historique explicative, la plus importante je crois, celle de notre histoire récente, c'est-à-dire depuis notre indépendance, et particulièrement depuis les premières années 80, avec les événements précurseurs de violence à l'université pour des motifs idéologico-politiques, suivis des émeutes de la rue du 05 octobre 1988 et, enfin, la violence armée des années 90 qui a fait des dizaines de milliers de victimes. Conjugués à la croissance exponentielle des effectifs, à un rythme incontrôlable par le collectif enseignant, ces événements ont développé un climat de violence en rupture avec la courte période euphorique de communion, d'abnégation au travail, souvent bénévole, et de grande rigueur morale, qui a suivi l'accès du pays à son indépendance. Après les certitudes, c'est le doute qui s'impose.
Au Stakhanovisme et au culte généreux de l'exemplarité des premières années socialistes, se sont substituées graduellement de nouvelles valeurs faites d'un clair-obscur de loi du marché, d'avidité au gain voire de concupiscence. La décennie sanglante a aggravé la tendance par l'affaiblissement de l'Etat, de son autorité, sa capacité à faire respecter la loi et les institutions en général. Les efforts de l'Etat concentrés sur le retour à la paix, sécuriser les institutions, comme l'université, devient prioritaire, ce qui est normal, par rapport à la mission même de l'institution. La question de l'éthique et de la déontologie à l'université n'aurait pas pu être soulevée s'il n'y avait pas eu le retour au calme et la sécurité qui nous permet aujourd'hui d'en débattre. L'institution d'un Conseil de l'éthique et de la déontologie et la multiplication des Conseils de discipline, pour étudiants, enseignants et employés, sont les signes annonciateurs d'un retour à plus de sérénité. La question qui inquiète alors est: est-ce que le phénomène est en train d'amplifier ou au contraire ? L'espoir d'un redressement est permis, mais un espoir réaliste c'est-à-dire basé sur une connaissance réelle du phénomène dans sa complexité. Pour cela, sa prise en charge objective au moyen des approches multidisciplinaires où sociologues, juristes, psychologues,... sont en mesure d'apporter une contribution d'importance en la matière. A condition, bien entendu, que leurs travaux soient menés avec l'objectivité exigée par la démarche scientifique.
* Enseignant-chercheur, Fac des Sciences sociales, Oran
Elle ne peut, en aucun cas, expliquer ce qui relève de la psychologie et du comportement. Il n'y a pas de lien causal entre la performance d'un professeur dans sa recherche scientifique et son éthique de pédagogue.
Publié le 11/06/2009 à 12:38 par hogra
Violence et harcèlement à l’université
Nous voilà en pleine période d’examens de fin d’année, des centaines de milliers d’étudiants et d’étudiantes sont appelés à mettre à l’épreuve ce qu’ils ont appris durant les mois passés. Les épreuves leur sont soumises par les milliers d’enseignants et d’enseignantes qu’ils ont côtoyés toute l’année dans un climat où s’entremêlaient le désir d’apprendre, le souhait de réussir, la frustration, souvent la marginalisation et la précarité.
Dans cette ambiance particulière, je n’ai pu résister à la tentation de commenter un fait qui ne pouvait passer inaperçu à mes yeux et à ceux de nombreux collègues universitaires. L’évènement est de taille en effet et concerne ce que la presse nationale a rapporté et continue de rapporter autour des résultats d’une étude effectuée pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, sur le problème, ô combien sensible, de l’éthique et la déontologie à l’université et en particulier la violence et le harcèlement. Un tabou étouffant a sauté, à notre grand soulagement et on ne peut que s’en réjouir pour avoir été trop longtemps témoins impuissants ou victimes résignées de violences multiformes. Hélas les résultats rapportés par la presse posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.
Le Problème des résultats chiffrés
Au préalable quelques remarques : Premièrement, la violence à l’université apparaît dans la seule optique univoque enseignan-étudiant. Il était pourtant mentionné la répartition diversifiée de l’échantillon entre enseignants, étudiants, administratifs et personnel technique. Deuxièmement, les chiffres avancés posent problème, comme on le verra plus loin. La troisième remarque est relative à l’effet que tout cela a eu sur la communauté universitaire, principalement les enseignants. Commençons par elle. Un titre aussi sensible que sensationnel : « Harcèlement sexuel à l’université : 27% des étudiantes sont victimes », à la une des journaux de grands tirages laisse deviner aisément l’inquiétude du lectorat, et par écho, celle des familles et la société en général. Il faut rappeler que l’étude intervient dans une atmosphère particulièrement lourde suite à des informations sur des évènements tragiques, horrifiants, comme l’assassinat d’un étudiant dans une cité universitaire, celui d’un enseignant par son étudiant ou le scandale du harcèlement sexuel avéré d’un enseignant sur son étudiante. Alors qu’il vient en troisième position au classement, selon la fréquence, le harcèlement sexuel, parce qu’il est le thème le plus accrocheur, est mis en grosse manchette et à la une.
Il devient, de ce fait, l’arbre qui cache la forêt. Quant aux chiffres eux-mêmes, il y a un problème incompréhensible d’incohérence. La somme des différentes proportions, exprimant la violence, dépasse l’unité (138,8% au lieu de 100%). Même s’il n’y avait pas le complément de 66% qui se disent respectés (une autre contradiction encore) la confusion et l’incompréhension restent entières. Même si on suppose que le maximum des maltraités est de 44,6% et que les autres pourcentages y sont inclus, ajouté à celui des respectés, il donne 110,6% ? Et admettons qu’il y ait erreur et supposons que c’est 34% pour faire l’unité avec ceux qui se disent respectés. Sur un total d’environ 1300 000 ce seraient 442 000 étudiants qui seraient maltraités et, pour la plupart, martyrisés (subissant plusieurs violences à la fois) par une population d’environ 30 000 enseignants/enseignantes.
Le cas particulier du harcèlement sexuel
Les questions qui viennent immédiatement à l’esprit, en lisant le pourcentage d’étudiants victimes de harcèlement sexuel, est de savoir s’il s’agit seulement de victimes féminines, s’il y a eu distinction rigoureuse entre le harcèlement sexuel et le harcèlement moral ou s’il sont assimilables,... En plus de cet écueil d’ordre qualitatif, le chiffre pose problème aussi. Considéré isolément, le harcèlement des seules étudiantes, par les enseignants hommes, serait d’une ampleur et d’une visibilité inhabituelle. La proportion du sexe féminin parmi la population étudiante étant d’environ 56%, ce serait près de 200 000 étudiantes qui seraient harcelées, à raison de plus d’une dizaine, en moyenne, par enseignant. A supposer évidemment que tous les enseignants hommes sont coupables. Le cas particulier du harcèlement sexuel est le plus délicat à traiter. Parce que bien réel, le harcèlement, en général, et sexuel en particulier, est extrêmement difficile à traiter. Son ampleur est encore plus difficile à mesurer.
Un problème d’interprétation
De tous les tabous, dans toutes les sociétés humaines, il est le plus secrètement gardé. Il est le plus profondément enfoui à cause de la honte et la peur partagées entre l’auteur, à l’esprit retors, et la victime souvent résignée. Sujet d’allégories et d’affabulations, il peut être exagéré mais sous-estimé aussi et pour les mêmes raisons. La forte suspicion qui frappe, de façon particulière, tout lieu de mixité et plus particulièrement lorsqu’il est hiérarchisé, écoles, collèges, lycées, universités, lieu de travail... peut s’aggraver dans des circonstances particulièrement bigotes comme celles d’aujourd’hui, nourrie de réels scandales épisodiques et des rapports de presse à effet de loupe. Et l’atmosphère générale en devient d’autant alourdie. Pour s’en prémunir, il y a des collègues, hommes et femmes, qui sacrifient le principe pédagogique fondamentale de la communication et l’interactivité enseignant-enseigné qui devrait être personnalisée au contraire, dans la mesure du possible. La communication est découragée lorsque l’étudiant est de sexe opposé, ce qui est dommageable, et en plus, sans résultat garanti pour la moralité. Pire, l’enseignant ou l’enseignante est soupçonné alors de tartuferie. Après la suppression de la mixité dans les cités universitaires, les années 1970- 80, je me rappelle du bruissement d’un débat en sourdine sur l’éventualité d’enseignements sexuellement séparés mais la discussion a coupé court faute de réalisme. Plus récemment, un article intitulé « Elle se clochardise et devient le théâtre d’affrontements :
L’université gagnée par la violence » (El Watan du 15 avril 2009) a essayé d’apporter un peu plus d’éclairage au débat en l’élargissant aux autres formes d’atteinte morale et/ou physique des personnes à l’aide d’une chronique qui montre bien que l’auteur et la victime n’étaient pas toujours les mêmes en faisant intervenir un commentateur sous l’étiquette de politologue. En fait, les choses se sont compliquées avec le glissement du domaine de l’éthique et la déontologie à celui de la politique. Le commentateur retrace très succinctement l’irruption et le développement de la violence depuis le début, en retenant deux moments forts : « L’arabisation politique », dit-il, qui a poussé à la sortie des professeurs francophones, a créé un large déficit en encadrement (...) A cela s’ajoute la massification de l’enseignement qui a entraîné l’effondrement du niveau universitaire. Il ajoute plus loin : « La raison et l’universalisme occupe une place marginale dans l’enseignement. Cela a des affinités électives avec l’Islam politique radical, parce que l’université n’échappe pas aux logiques qui traversent la société. Ce n’est pas un hasard si la sahoua islamiya a investi l’université dés la fin des années 1970 ». Le problème est que les comportements délinquants ne relèvent pas du niveau scientifique de l’individu mais de son éducation et son développement psychique qui dépendent de ses caractéristiques individuelles spécifiques, de ses caractéristiques d’appartenance socioculturelle et des caractéristiques cruciales de la société et de ses institutions de socialisation : famille, école, société, média, modèles culturels ambiants...
La violence à l’université, qui par ailleurs existe aussi dans d’autres sociétés, n’ayant ni la même histoire ni la même culture que la nôtre, ne peut être analysée non plus du point de vue politique seulement. L’analyse, à ce niveau, met en avant les mouvements idéologiques et politiques et leurs adeptes fanatisés plus que les hommes en tant qu’individus répondant de leurs actes déviants par rapport à un code déontologique. La violence, dans ce cas, est générée par une idéologie radicale, qu’elle soit religieuse ou matérialiste et s’estompe avec sa défaite. La violence individuelle, ou de groupe d’intérêt, en tant que manquement à l’éthique, n’est pas déterminée par le fanatisme idéologique ou religieux, elle est bien plus subjective aux motifs d’intérêts matériels ou immatériels immédiats. Celle-ci est antérieure à celle-là, elle lui survie aussi. Que la violence armée des années 1990 ait favorisé et amplifié le relâchement éthique et déontologique dans toutes les institutions et à l’université notamment, c’est indéniable. Mais la délinquance professionnelle ou estudiantine, sous forme de violence, harcèlement ou autre comportement indigne, existe toujours même après la sécurisation de l’université comme elle a existé avant ces événements. Les assassinats d’universitaires, étudiants, enseignants ou responsables administratifs de ces années-là, bien plus horribles, ne relèvent cependant pas du même registre que l’éthique et la déontologie dont il est question ici. La dégradation du niveau d’enseignement, bien réelle aussi et dans tous les domaines, ne peut pas non plus expliquer ce qui relève du psychologique et du comportemental. Il n’y a pas de lien causal entre la performance d’un professeur sociologue, économiste, chimiste ou physicien et son comportement déontologique.
Par ailleurs, on peut comprendre que l’Islam politique radical, comme le courant des des néo-conservateurs aux Etats-Unis, s’oppose, pour des raisons éthico-idéologiques et doctrinales, à l’enseignement du darwinisme, des théories matérialistes en sciences sociales et humaines, de la recherche sur le clonage ou l’insémination artificielle. Mais l’un et l’autre ne se sont jamais opposés à l’enseignement et la recherche en physique ou en technologies, bien au contraire et ce, pour les mêmes raisons belliqueuses qu’elles renferment. Et c’est bien au nom de l’ethique que l’un et l’autre se disent œuvrer en s’opposant à la recherche progressiste. Pour l’arabisation de même, il faut distinguer le quantitatif du qualitatif. Démographiquement parlant, l’effet du départ d’enseignants francophones, les années 1980-90 a occasionné un manque à gagner quantitatif et qualitatif certain. Il est cependant négligeable par rapport à celui de la progression vertigineuse des effectifs estudiantins qu’aucun pays au monde, quelque soit son niveau de développement et toute proportion gardée, n’aurait pu prendre en charge dans des conditions normales. Plus que le départ d’enseignants francophones, ce sont les recrutements de nouveaux « enseignants » qui ont fait défaut en nombre et en qualité. Sans formation professionnelle ni expérience, des étudiants qui parfois n’ont pas encore terminé leur cursus de graduation ou de première post-graduation sont recrutés à la hâte pour parer au plus pressé, et « professer » devant des amphithéâtres où s’entassent des centaines d’étudiants démotivés et parfois indisciplinés, Le problème est toutefois beaucoup plus grave en sciences sociales et humaines.
Considérées comme disciplines faciles à enseigner (le terme de sciences est rarement utilisé sinon par les intéressés eux-mêmes ou en opposition aux sciences exactes), elles ont été sacrifiées à toutes les expériences. L’épistémologie est oubliée et j’en passe de la littérature à l’une ou l’autre discipline allègrement sans aucune distinction théorique ou pratique. Or, elles concernent l’écrasante majorité des effectifs (autour de 80%). Pour cela aussi, elles sont particulièrement sollicitées, enjeux de luttes partisanes et idéologiques intra et extra université. Le problème de l’université avec la politique d’arabisation, telle qu’elle a été menée, n’est pas dans le principe qui, comme l’Islam et l’amazighité, est une condition de recouvrement de notre personnalité longtemps interdite. Il est dans la pratique d’exclusion des langues étrangères, à commencer par le butin de guerre de Kateb Yacine, et la volonté de les remplacer coûte que coûte et tout de suite.
Cette pratique a lourdement hypothéqué un développement progressif et ouvert de la belle langue d’Ibn Rochd et Sibawayh, Goethe, le plus grand homme de lettres allemand, selon Eliot la non moins grande femme de lettres anglaise, nous a légué cette règle d’or en la matière : « Wehr fremde sprache nicht kennt, weiss nichts von seiner eigenen ». (Celui qui ne connaît pas de langue étrangère, ne sait rien à sa propre langue). Et il savait de quoi il parlait, lui qui avait appris, en plus de langues européennes diverses, le farissi et l’arabe pour découvrir la civilisation musulmane, à travers Hafez Chirazi qu’il aimait tant, et d’autres, et écrire de si belles choses sur la civilisation musulmane. A l’université en particulier, il ne doit pas y avoir de problème de langue si ce n’est le handicap de ne pas en connaître plusieurs. Quant à la confusion entre arabisation et islamisme radical, faut-il rappeler que les premiers islamistes universitaires algériens connus et les plus influents ont été francophones, sortis de disciplines scientifiques dites exactes, non concernées par l’arabisation : mathématiques, médecine, physique...
Contribution à la réflexion
Au niveau sociétal, il faudra faire une macro - analyse rétrospective de l’évolution de la violence dans la société algérienne en distinguant entre les facteurs conjoncturels déstructurants-restructurants et les facteurs historiques à tendance lourde et récurrents. Parmi les premiers, on peut citer la démographie. Rappelons seulement que le nombre d’étudiants algériens à l’indépendance ne dépassait pas le millier dont une bonne partie avait fini d’ailleurs par quitter le pays. Quarante six ans plus tard, en moins d’une génération donc puisque parmi les étudiants de l’époque, certains sont encore en exercice aujourd’hui, le nombre a atteint le chiffre vertigineux de plus d’un million d’étudiants avec un taux d’accroissement de 130 000% sur la période. Il faut se rappeler aussi la crise profonde du milieu des années 1980 qui a déstabilisé la société algérienne dans son ensemble, toutes institutions confondues, et particulièrement l’université qui compte parmi les plus vulnérables. Enorme décalage entre la progression vertigineuse des effectifs estudiantins et enseignants dans une moindre mesure, et l’évolution inadéquate des budgets pour leur prise en charge ; infrastructures, œuvres sociales, salaires, recrutements (selon un ratio enseignant/étudiants pédagogiquement acceptable).
Facteur histoire : Le recours à l’histoire pour trouver des explications à des situations actuelles est très fréquent en sciences sociales et humaines. Des comportements, valeurs et attitudes peuvent, en effet, apparaître à un moment de la vie d’un individu ou d’un groupe humain et se perpétuer pendant longtemps, par transmission éducative, consciente et/ou subconsciente, entre générations. C’est le cas des comportements violents aussi qui peuvent être valorisés à des moments particuliers de l’histoire et sous certaines conditions. Les valeurs ainsi adoptées deviennent alors cruciales. Il faudra plusieurs générations pour qu’elles s’estompent dans le mouvement culturel changeant. On peut s’exercer à une telle posture en se référant à Frantz Fanon, à la manière de Sadek Hadjeres dans son dernier papier au Quotidien d’Oran, sur ce grand psychiatre et militant. Mais l’autre partie historique explicative sur laquelle il faut insister est celle de notre histoire récente, particulièrement depuis les premières années 1980, avec les évènements précurseurs de violence à l’université pour des motifs idéologico-politiques, suivis d’évènements nationaux aggravants comme le 5 octobre 1988 et surtout la violence armée des années 1990 qui a fait des dizaines de milliers de victimes.
La crise sociétale profonde et l’irruption de la violence généralisée ont complètement déstabilisé la société algérienne durant ces deux décennies. La perte de repères et la violence ont opéré une rupture avec la courte période euphorique de communion, d’abnégation au travail, souvent bénévole, et de grande rigueur morale, qui a suivi l’accès du pays à son indépendance. Après les certitudes, c’est le doute qui s’instaure. Au Stakhanovisme et au culte généreux de l’exemplarité des premières années socialistes, se sont substituées graduellement de nouvelles valeurs faites d’un clair-obscur de crise morale, de loi du marché, d’avidité au gain voire de concupiscence dépressive. La décennie sanglante a aggravé la tendance par l’affaiblissement de l’Etat, de son autorité, sa capacité à faire respecter la loi et les institutions en général. Les efforts de l’Etat se sont concentrés sur le retour à la paix et la sécurisation des institutions, comme l’université. Le sécuritaire devient objectivement prioritaire et légalement consacré par la loi d’urgence de 1992. La déliquescence de l’autorité légale et morale qui a gagné toute la société ne pouvait épargner l’université, bien au contraire. Le retour au calme nous permet aujourd’hui d’en débattre, c’est un premier pas. La question qui inquiète alors est : est-ce que le phénomène est en train d’amplifier ou au contraire ? L’espoir d’un redressement est permis, mais un espoir réaliste c’est-à-dire basé sur une connaissance réelle du phénomène dans sa complexité. Pour cela, sa prise en charge objective au moyen des approches multidisciplinaires où sociologues, juristes, psychologues,,, sont en mesure d’apporter une contribution d’importance en la matière. A condition, bien entendu, que leurs travaux soient menés avec l’objectivité exigée par la démarche scientifique.
* Donnés par l’APS, les chiffres sont repris par toute la presse nationale
L’auteur est enseignant - chercheur- Faculté des sciences sociales, Oran
Par Mohamed Kouidri
Publié le 09/06/2009 à 11:32 par hogra
Violence en milieu scolaire et universitaire: Le dialogue, la seule parade
par Salah C.
Les participants au dernier séminaire tenu en début de semaine au campus Mourad Taleb, autour du phénomène grandissant de la violence en milieu scolaire et universitaire, ont appelé à l’instauration d’une culture du dialogue et de la communication pour lutter contre ce fléau.
Cette initiative du départe-ment de sociologie de l’Université d’Oran a permis aux séminaristes de débattre de la mise en place d’une tradition d’échanges constructifs et d’établir une passerelle entre les établissements universitaires et les autres institutions de la société. A cet effet, il a été suggéré l’ouverture de nouvelles filières en sociologie pour cerner toutes les formes de violence et favoriser les recherches sur le terrain. Dans leurs interventions, les participants ont tous convergé sur le fait que ce phénomène n’est pas isolé et trouve son origine dans la société aussi bien en milieu familial qu’en milieu urbain. Dans ce contexte, à relever la communication du Dr Kameci, professeur en sociologie, qui a présenté une étude effectuée sur le terrain ciblant les jeunes dans le quartier populaire de Sidi El-Houari et la cité Sabah, qui a accueilli des familles issues d’habitations précaires. L’intervenant, qui a observé les comportements agressifs de certains jeunes dans les deux sites et usant d’outils sociologiques, culturels et anthropologiques, a lié « la violence urbaine à la frustration que vivent ces jeunes du fait d’un sentiment d’exclusion sociale, et ce en reprenant les avis même des échantillons sélectionnés parmi ces derniers. Le chercheur a déduit que le traitement de ce phénomène dans ce milieu particulier ne peut s’opérer qu’avec la prise en charge de ses causes, surtout la précarité de leur cadre de vie. De son côté, le Dr Bouzidi de la même université a présenté une étude récente sur les cas représentatifs de la violence en milieu universitaire, expliquant que son enquête a montré que les étudiants considèrent comme un moyen d’expression devant l’absence de dialogue avec son encadrement. Une autre enquête réalisée par une équipe du centre de recherches anthropologiques, sociales et culturelles d’Oran (CRASC) en 2006 sur le thème de la violence, la femme et la famille, a été présentée par le professeur Mimouni Badra, qui a noté que le taux de violence relevé au sein de la famille est de 17,4 %, alors que celui enregistré dans des pays comme la Suède dépasse les 20 %, alors qu’en Egypte il est de l’ordre de 34 %. Pour sa part, le Pr Bentarmoul, chef de département des sciences politiques de l’Université d’Oran a abordé cette problématique par rapport à la violence en tant que caractéristique des relations internationales. Pour le chercheur, ce climat de violence se transpose surtout dans les pays en voie de développement étant donné que leurs peuples vivent dans une précarité chronique.
Au second jour de la rencontre, les séminaristes se sont accordés sur le fait que la lutte contre la violence chez les jeunes et adolescents dans les établissements scolaires et universitaires nécessite la promotion du dialogue entre enseignants, administration, étudiants et élèves. Le Dr. Bentarmoul a indiqué que « la violence relevée dans plusieurs établissements scolaires et universitaires n’est pas le résultat de la situation sociale, matérielle et psychologique vécue par l’étudiant, mais est due à la perte de traditions universitaires ». Une situation qui, selon lui, a engendré « l’apparition de comportements violents, synonymes de modes d’expression et dont certains découleraient de l’absence de débouchés à l’issue de leur cursus scolaire et même supérieur. En guise de solution, le Dr Bentarmoul a préconisé la création d’espaces de dialogue, insistant sur le partenariat et la coopération entre tous.