L’Islam et la miséricorde
Publié le 13/10/2008 à 12:00 par hogra
L’immigration et l’Islam en France (Suite et Fin)
par Benkoula Sidi Mohamed El-Habib : Architecte et docteur en urbanisme. Maître-Assistant à l’Institut d’architecture d’Oran (
Ces mondes entre ciel et boue, ces «villes qui n’existent pas» ni acceptées, ni empêchées, c’est dit-on, De Gaulle, alors président de la République, qui en exigea la destruction: «C’est trop laid, c’est inhumain, changez-moi tout ça!» Un vigoureux plan de résorption de l’habitat insalubre, dès la fin des années soixante, aboutit à la construction de cités de transit «aux baraques» de métal en attendant le relogement des familles immigrées dans d’anonymes H.L.M. Cette nouvelle page de l’histoire des immigrés en terre française ne sera pas moins amère...» (1).
Dans ces conditions, une demande d’Islam «prend forme» et évolue. Selon Gilles Kepel, elle ne caractérise pas au même degré la totalité des musulmans de France. Les écarts d’appartenance à l’Islam entre générations différentes, ensuite au sein d’une même génération, sont assez importants. L’Islam est à la fois identitaire, culturel, populaire, républicain, ou stricto sensu «pluri religieux». Il semble dépendre des conjonctures économiques et sociales de chaque population et de sa localisation «géographique». D’où nos interrogations sur la nature des demandes d’Islam en termes de réalisation adaptée aux affinités religieuses de chaque groupe dans telle ou telle communauté musulmane, voire sur leur crédibilité. En termes de pratiques, pendant longtemps, les immigrés musulmans pensaient que leur présence dans un pays «non musulman» pouvait les dispenser de certaines pratiques religieuses comme la pratique des prières et le jeûne du Ramadan. Ce qui peut nous amener d’ailleurs à penser que cet état de présence temporaire résolue par les musulmans de la première génération immigrée est aussi à l’origine de l’invisibilité de l’Islam durant les décennies 1970 et 1980. En ce sens, jusqu’à la fin de la première moitié des années 1970, pour ceux qui pratiquaient, la demande de l’Islam se limitait aux salles de prière dans les foyers et les lieux de travail. Ce n’est qu’en 1981, qu’une seconde mosquée identifiée grâce à son minaret, après la grande mosquée de Paris, fut édifiée à Mantes-La-Jolie.
En plus des quelques salles de prière créées dans les entreprises, au cours des années 1970, comme les usines Renault et encouragées par les pouvoirs publics pour assurer l’installation d’une «paix sociale» selon Gilles Kepel, d’autres salles ont été créées dans des caves et des patrimoines bâtis de toute nature, abandonnés et délabrés dans les quartiers pauvres des villes centres et les banlieues dites sensibles. La majorité des musulmans de France fréquentent des mosquées établies dans des spatialités médiocres et dont le nombre varie entre 1.500 et 1.700, seulement quelques lieux de culte musulman bénéficient d’une architecture qui leur permet d’être visibles et identifiables. A Toulouse, les musulmans prient dans un parking souterrain et dans plein d’autres villes de France, ils pratiquent leur culte dans des appartements exigus. En même temps, rares sont les départements de France qui ne possèdent pas, au jour d’aujourd’hui, un projet de mosquée à réaliser (2). Récemment, en Ile de France, les autorités publiques ont annoncé la réalisation de plusieurs mosquées. Ces projets témoigneraient d’un certain changement d’état d’esprit des décideurs locaux français vis-à-vis de l’Islam. Il pourrait, cependant, s’agir d’une simple évolution dépendant pour l’essentiel des enjeux des politiques d’électorat. Ce qui signifierait que le dépôt des premières pierres n’est pas forcément aboutissement des projets de mosquées.
Méthodologie de l’étude des demandes en matière de lieux de culte
En France, la demande de l’Islam en matière de lieux de culte n’est pas définie en termes de chiffres désignant les «musulmans pratiquants». L’identification des personnes, en fonction de leurs appartenances religieuses, a quasiment disparu depuis 1872. Selon la loi française, les questions figurant dans les recensements ne doivent pas porter sur les considérations ethniques ou les appartenances religieuses des individus. D’où le recours à d’autres moyens d’investigation comme «l’observation directe (qui) montre qu’ils (les musulmans) ne se répartissent pas de manière purement aléatoire dans l’espace urbain. Les conditions politiques, économiques et sociales de l’immigration de France expliquent largement leur répartition, non seulement dans les foyers et les grands ensembles de banlieue, mais aussi dans les vieux quartiers des villes centres qui ont constitué souvent une aire de premier accueil». (3). En d’autres termes, les musulmans se répartissent géographiquement en fonction d’un immobilier peu cher, souvent éloigné à l’exception des quelques quartiers pauvres des villes-centres (4). Ainsi donc, la difficulté d’évaluer avec précision les demandes de lieux de culte musulman seuls quelques chercheurs semblent se l’expliquer par les deux éléments suivants:
- Le premier concerne la croissance des migrants en France. Celle-ci semble disproportionnelle au triste état des lieux de culte musulman. Nous remarquons, cependant, que ce constat n’est jamais suffisamment étayé dans les différentes études sociologiques que nous consultons (5). Nous sommes à même de nous interroger sur la fiabilité de ce type de constat, en particulier, s’il ne peut pas reposer sur des données chiffrées indiquant plus ou moins le nombre exact des musulmans pratiquants, la qualité des mosquées dont ils disposent, quelles que soient leur nature (visibles, invisibles) et leur capacité d’accueil.
- Le second concerne «le caractère aléatoire de la sédentarisation» de cette immigration suite aux circulaires (1974) relatives à la maîtrise de l’immigration maghrébine en particulier. Ce type de circulaires semble être à l’origine de la «sur-multiplication» des lieux de culte musulman en France. Le passage de l’immigration du statut de main-d’oeuvre mobile au statut d’immigration résidente a, en quelque sorte, déclenché le boom des mosquées de France. Des collectifs musulmans ont commencé à se constituer et ont porté les premières demandes de lieux de culte. A partir des années 1970, l’implantation des lieux de culte semble correspondre à la localisation géographique de la classe ouvrière à laquelle appartenait une grande partie de la population musulmane maghrébine. La sédentarisation de cette population s’effectue en fonction de la localisation d’un logement disponible souvent de qualité médiocre (6). Sans oublier que la croissance des associations islamiques a suivi, de manière significative, dès 1981, date de l’abrogation par les pouvoirs publics du décret de 1939 interdisant le droit d’association aux étrangers.
Frank Frégosi (7) précise que pour aborder ce type de demandes, l’interrogation en amont concerne le nombre de cultes déjà existants. Il s’agit d’identifier l’immobilier, l’état du bâti et d’étudier les demandes des associations en matière de rénovation et de projets à réaliser, donc d’avoir un aperçu objectif de la demande. Selon ce même chercheur, la demande de l’Islam matérialisé repose sur le repérage des associations gestionnaires des lieux de culte quelles que soient leurs natures (salles de prières ou mosquées). Eventuellement, même les associations musulmanes (loi de 1901 ou 1905) qui ne sont pas responsables de lieux de culte sont recensées. Ensuite, on procède à l’évaluation des besoins de ces associations. L’ensemble des acteurs des collectivités publiques, des organismes de recherche, des instituts privés et des représentants des associations musulmanes est associé aux différentes étapes des études de demandes. On n’hésite pas à consulter les associations de voisinage.
Les acteurs tentent d’évaluer le plus objectivement possible la réalité des demandes culturelles par un travail approfondi de consultations et de croisements des données. Il s’agit de mesurer les besoins des administrés en termes de lieux de culte, donc de constater si tel ou tel projet de lieu de culte correspond à une réelle demande sociale et d’éviter les demandes symboliques émanant de certains groupes qui cherchent à acquérir une plus grande représentativité publique. Cette démarche peut permettre de vérifier la nature et l’échelle du projet à réaliser, c’est-à-dire: faut-il opter pour un lieu de culte de proximité ou une grande mosquée? En terme de toutes ces démarches, c’est la décision politique qui tranche pour tel ou tel projet.
Le lieu de culte musulman dans les politiques urbaines
Comme les autres cultes, l’Islam ne fait pas figure de présence exceptionnelle dans les politiques de la ville qui s’adressent aux communautés confessionnelles. Le fait que certaines municipalités prennent l’initiative d’assigner quelques réserves foncières ou immobilières à une éventuelle activité culturelle, et cela dans le cadre de leurs politiques locales, à distinguer des politiques urbaines qui reposent sur des outils d’urbanisme précis, ne signifie pas que la loi républicaine les oblige à aller jusqu’au bout, car aucune règle juridique ne leur impose l’édification d’une quelconque spatialité en faveur de tel ou tel culte.
Ainsi, l’Islam est exposé, à notre avis, à un problématique bien plus complexe que la simple interprétation de la loi de 1905, c’est-à-dire celle de la fragmentation des pouvoirs publics. Celle-ci s’exprime parfois par une espèce d’opposition des discours nationaux et locaux. Tandis que le discours national se prononce en faveur de l’intégration de l’Islam au paysage urbain comme donnée participant au parachèvement de l’entité nationale, sur fonds moralisant et apaisant des tensions locales, le discours local n’hésite pas à exacerber les peurs des riverains, à contourner la loi sans pour autant tomber dans l’illégalité, à laisser traîner les dossiers d’instruction des permis de construire des mosquées comme en raison d’ambition élective inavouée (8). Dans ce contexte, l’appartenance à la droite ou à la gauche perd son sens, puisque bien des exemples ont montré que des politiques de gauche se sont opposés à la construction des mosquées, tandis que d’autres de droite l’ont approuvée.
Nous pouvons cependant nous interroger sur l’existence ou l’inexistence d’un quelconque électorat musulman que certains élus semblent privilégier dans leur course au pouvoir. «C’est-là où nous pouvons dire, nous déclare Frank Frégosi, que la collectivité peut intervenir, d’autant plus que les élus sont sensibles à la grande partie de la population musulmane en France qui comporte une grande partie des nationaux. Donc, il y a un argument électoral qui fonctionne. Bon nombre d’élus ont changé d’avis sur ce sujet parce qu’ils avaient pris conscience que sur leur commune ils avaient bon nombre de leurs concitoyens qui sont de confession musulmane. Donc, ils ont peur, à terme, d’avoir des retombées électorales. Auparavant, on craignait une ingérence étrangère, aujourd’hui on recherche un électorat musulman, qui n’existe pas. Toutes les enquêtes socio-électorales sur la question ont montré qu’il n’y a pas de vote musulman, comme il n’y a pas de vote juif. Mais pour les élus, ça continue à faire sens. On a beau leur démontrer que ça n’existe pas statistiquement parlant, ils continueront néanmoins d’y croire, c’est comme ça qu’on a vu des élus changer d’avis, donc se sensibiliser, faire un effort en terme de communication, allant au-devant des communautés, leur rendre visite au moment du Ramadhan, se faisant assaut de citer tel ou tel personnage de l’histoire musulmane».
Dans une étude ayant pour objet d’évaluer les comportements électoraux des habitants de quartiers d’habitat social, «les entretiens ou les sondages à la sortie des urnes ont montré que cet électorat (des beurs) ne vote pas systématiquement à gauche comme certains responsables politiques de gauche (comme de droite) ont pu le penser. Néanmoins, il apparaît que les électeurs en situation économique et sociale difficile votent à gauche, et que ceux en ascension sociale votent plus fréquemment à droite.
Ainsi, il n’existe pas un vote beur, ou même les prémices d’un vote communautaire, ce que confirment les piètres résultats des candidats d’origine maghrébine obtenus dans ces villes» (9). Dès lors, il nous semble que dans ce type de cas, l’Islam devient un «moyen de politique» pour ne reprendre qu’une expression de Gilles Kepel, qui révèle, selon nous, le mal d’insertion en terme de matérialisation de cette religion dans le paysage urbain «non musulman».
Pour comprendre cette politisation de la question de la matérialisation de l’Islam, la plupart de nos interlocuteurs font allusion à l’attentisme qui particularise les instructions des permis de construire des mosquées. Selon Jean-Claude Herrgott (10), le permis de construire qui ne devait répondre qu’aux dispositions du droit commun, semble soumis «au bon ou mauvais vouloir des élus locaux». Cette formalité est généralement tributaire d’un temps long et lent d’instruction.
En terme de temps long, le cas de la grande mosquée de Paris reste assez significatif. Il a fallu presque quatre-vingt ans pour sa réalisation, notamment depuis que l’architecte «maudit» Hector Horeau a émis, au cours de la décennie 1880, le souhait de construire une mosquée à Paris «pour appeler à nous et républicaniser les musulmans» (11). Selon Gilles Kepel, «l’idée de créer à Paris une mosquée semble devoir être attribuée, dès 1849, à la société orientale algérienne et coloniale. Toutefois, selon un haut fonctionnaire de la ville de Paris, auteur d’une brochure relatant l’histoire de la grande mosquée, «elle n’entra vraiment dans le domaine des réalisations qu’en 1895. Il était apparu à Harry Alis, le créateur du comité de l’Afrique française, qu’à l’heure où la France, grâce au développement de son empire nord-africain, devenait une grande puissance musulmane, il importait de donner à l’Islam un témoignage éclatant de sympathie par la fondation, à Paris même, d’un édifice religieux» (12). Mais ce n’est qu’en 1922 que les travaux de réalisation de la grande mosquée de Paris ont débuté. Elle est inaugurée en 1926, en présence de Moulay Youssef, Roi du Maroc.
En terme de temps lent, la mosquée de Tanger et de nombreux autres projets pâtissent de la lenteur de traitement administratif qui semble devenir, selon un fonctionnaire de la mairie de Paris «habituelle». C’est-à-dire que nous la retrouvons pratiquement dans chaque cas de mosquée à construire en France pour des motifs différents. D’ailleurs Jean-Claude Herrgott nous déclare que la construction d’une mosquée est souvent une source de problèmes immédiats avec les pouvoirs publics.
Le cas de Marseille donne une idée sur le débat houleux qui, manifestement, semble handicaper «l’intégration urbaine des populations musulmanes de France». A Marseille, le projet de mosquée est en attente depuis 1937. A l’époque, la ville comptait cinq mille musulmans. Le projet revient à la surface juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, notamment avec le premier magistrat de la ville Gaston Defferre de 1953 à 1986. Seulement, la pression de la population pied-noir et la peur d’une certaine population qualifiée par Hervé-Vieillard Baron de «fondamentaliste» a conduit le projet à son abandon. Robert Vigouroux récupère le projet de Marseille à son compte et impose à sa réalisation par les musulmans la charge de nombreuses conditions importantes à satisfaire, comme l’évitement des monopoles des financements d’une quelconque entité, quelle que soit sa nature, la nationalité française des imams et l’adaptation des projets à leurs environnements urbains. Le 1er décembre 2004, Jean Gaudin associe le devenir du projet à la mésentente des musulmans de Marseille. Juin 2004, il renonce au projet.
Ces cas sont multiples. Les idéologies des élus semblent faire abstraction des règles conformes au droit de l’urbanisme et nous amènent, évidemment, à nous interroger sur la frontière qui sépare la loi, à titre d’exemple en matière d’instruction des permis de construire, du pouvoir administratif et politique des élus (13).
Jean-Clause Herrgott se demande «que penser d’un maire qui affirme que la mosquée doit être conforme à ses souhaits? Ce maire n’est pas dans la légalité. C’est par exemple, le cas, lorsque l’exigence municipale porte sur la suppression de locaux culturels qui pourraient servir «d’école coranique». Le maire instruit un permis de construire, il n’est pas maître d’ouvrage, qui plus est, d’un ouvrage privé qui relève de la liberté de culte, liberté que l’autorité communale n’a ni à commenter ni à définir» (14). Il apparaît clairement de cette réflexion que les maires ont tendance à abuser des pouvoirs qui leur sont conférés et qu’ils font preuve d’interventionnisme lequel ne repose sur aucune règle légale dans le droit commun.
Conclusion :
La place de l’Islam est controversée : elle renvoie à l’image d’une immigration dont la présence en France a été un produit conjoncturel des effets contraignants de la colonisation et de la décolonisation, et elle témoigne de la difficulté de réaliser la symbiose entre une France profondément marquée par l’enracinement d’une laïcité dirigée contre les religions et un monde arabe dont la référence fondamentale est l’Islam. Il nous semble qu’il est encore peu probable de parler d’une intégration de fait, accomplie et apaisée de l’Islam dans le paysage public français car les représentations et les clichés sont nombreux. Plus grave, ils sont colportés par quelques chercheurs enrôlés dans la machine de la subjectivation médiatique des discours sociopolitiques. En ce sens, l’Islam est l’objet d’une excitation houleuse des surenchères publiques.
Notes
1-http://perso.wanadoo.fr/cultures.tsiganes/les_jeunes/maghrébins-p2histoire.htm.
2- Voir la carte qui figure dans l’article: La ville de Strasbourg soutient la construction de deux grandes mosquées, dans Le Monde/mercredi 24 mai 2000.
3- Vieillard-Baron (Hervé), de la difficulté à cerner les territoires du religieux: le cas de l’Islam en France, Annales de géographie, n°640, 2004.
4- Mozière (Liane), Péraldi (Michel), Rey (Henri) Intelligence des banlieues, Editions de l’aube, 1999.
5- «Si les faits avérés, les analyses étayées et les études sérieuses ne font pas recette, c’est qu’ils sont moins spectaculaires que les affabulations, mais c’est aussi que les pouvoirs publics, les universitaires, les militants associatifs, et tous ceux qui diffusent de l’information honnête n’ont pas su faire passer leurs idées, se faire entendre, se faire comprendre. Et s’il n’ont pas su le faire, c’est, en partie, parce qu’ils ont continué de s’exprimer dans leur jargon, sans chercher à être, un tant soit, peu pédagogues. Il faut cependant dire à leur décharge que s’ils n’ont pas su le faire, c’est sans doute aussi que la réalité sociale est complexe, qu’elle ne peut pas être décrite en trois phrases ni réduite à un ou deux slogans, qu’elle est plus rébarbative qu’un fantasme ayant toutes les apparences de la réalité». L’immigration, sujet de rhétorique et objet de polémiques par Phillipe Dewite, historien, chercheur associé Urmis-CNRS, in Immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions la Découverte, 1999, P.6.
6- Zahraoui (Ahsène), CNRS-IRESCO, les Algériens: de la migration à l’installation, in immigration et intégration, l’état des savoirs, Editions. La Découverte, 1999.
7- Chercheur au CNRS, chargé de cours à l’institut d’études politiques de Strasbourg et à l’université Marc-Bloch.
8- Benkoula (Sidi Mohamed El-Habib), «La mosquée et ses enjeux d’insertion contemporaine dans les villes «non musulmanes», thèse soutenue sous la direction de madame Jocelyne Dubois-Maury, décembre 2005. Institut d’Urbanisme de Paris à Paris XII.
9- Giblin (Béatrice), Etude comparative du comportement électoral des habitants de quartiers d’habitat social entre des sites de la banlieue parisienne et de la région Nord-Pas-de-Calais, in Intelligence des banlieues, Editions de l’Aube, 1999.
10- Fonctionnaire de la préfecture de Strasbourg.
11- Ragon (Michel), Histoire de l’architecture et de l’urbanisme moderne, 1. Idéologie et pionniers 1800-1910, tome 1, Casterman, 1986, p.212.
12- Kepel (Gilles), Les banlieues de l’Islam. Naissance d’une religion en France, Edition du Seuil, Octobre 1987, p.65.
13- Interrogation que nous avons formulée avec le chercheur Henry Wackrenier, actuellement doctorant à l’IUP.
14-Herrgott(Jean-Claude),La construction des lieux de culte musulman,islamlaicite.org/IMG/pdf/LDH_sedminaire_nov_04_version_II.pdf
Publié le 13/10/2008 à 12:00 par hogra
L’immigration et l’Islam en France (1ère Partie)
par Benkoula Sidi Mohamed El-Habib Architecte Et Docteur En Urbanisme. Maître-Assistant A l’Institut d’Architecture d’Oran (UST
Les populations maghrébines ont commencé à affluer massivement en France à partir des années 1950, elles constituaient une main-d’oeuvre peu qualifiée qui a été exploitée selon les besoins des trente glorieuses. Ces populations constituées jusque-là de forts taux d’hommes célibataires, sont devenues une immigration résidente par l’effet de la circulaire de 1974 relative à la restriction des flux migratoires provenant du Maghreb et l’application des politiques de regroupement social des années 1980.
Depuis la «francisation» des générations issues de cette immigration par les politiques d’intégration n’a pas empêché, pour autant, leur assimilation persistante aux étrangers (1). Le traitement particularisant, mais surtout dans le sens de discriminant, qui leur est depuis réservé, dans les domaines de l’insertion scolaire et professionnelle et les difficultés qu’ils éprouvent à bénéficier des mêmes avantages octroyés socialement aux «jeunes Français de souche», handicapant leur «intégration» dans le sens de leur acceptation dans la société française. Le difficultueux rapport à l’immigration semble reposer d’une part, sur l’échec des politiques d’intégration engagées depuis les années 1970 et d’autre part, sur l’évolution d’une certaine discrimination sur fonds de déprime sociale liée pour l’essentiel aux questions de récession économique et à l’inexistence d’un véritable projet consensuel de développement dans le monde politique.
En ce sens, l’intégration culturelle des différentes générations issues de l’immigration dans un système social global capable de digérer les différences, voire de les tamiser en fonction d’un critère commun: l’égalité des chances est exposée à des représentations fermées d’une identité française prédéfinie, considérée telle qu’issue de l’histoire et présentée comme immuable. Ces représentations sont portées par une certaine population fragilisée par un vaste mouvement de désindustrialisation amorcée au cours des années 1970. Des nombreuses études montrent que les taux de chômage sont en augmentation dans les régions qui sont connues par leurs monoactivités sidérurgiques et métallurgiques des années 1970-1980, où les entreprises sont en permanente diminution d’effectifs. La forte présence des populations immigrées et maghrébines -à l’origine une immigration de main-d’oeuvre- particularise en partie ces mêmes régions. Déjà confrontées aux difficultés de l’intégration culturelle et sociale, elles comptent parmi ses rangs un nombre important de chômeurs (2). Chômage, affaiblissement de l’autorité patriarcale, cantonnement dans des parcs HLM délabrés et éloignés des centres-villes, sont autant de facteurs qui contribuent à confiner les jeunes «beurs» dans les territoires périlleux et culpabilisant de la marginalité. Ainsi, si certaines banlieues ghettoïsées ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à constituer des territoire restreints à des populations «de plus en plus exposées aux risques de la précarité économique par la tension qui y règne et les stigmates politiques et sociaux qu’elles portent, il faudrait, cependant, ne pas perdre de vue la multiplication des quartiers riches qui se dotent des techniques des plus récentes, dites de pointe, pour se protéger des intrusions «indésirées» des populations pauvres et, qui se ghettoïsent donc par d’autres modes de renfermement et d’exclusion. En d’autres termes, à qui doit s’adresser très exactement le discours de l’intégration? A une certaine population fragilisée par le poids de la relégation sociale au rang de population de deuxième catégorie, à peu près à l’image des musulmans de l’Algérie française, ou à l’ensemble des Français quelles que soient leurs origines, en raison de l’échec éminent du modèle républicain dont le fonctionnement ne semble plus correspondre au caractère pluriculturel du paysage social français contemporain?
Dans ce contexte, la banlieue sensible est représentée comme étant le réceptacle des angoisses d’une jeunesse difficile, particulièrement quand elle est d’origine étrangère. Celle-ci est appelée à adhérer à un certain modèle républicain archaïque, parce qu’il ne semble pas correspondre aux caractères complexes et modernes de la société française et parce qu’il est affaibli en raison de l’échec des politiques d’intégration. En ce sens, confrontées à l’éclatement des banlieues en 2005 et l’importance du phénomène à l’échelle nationale, les autorités françaises n’ont eu d’autres alternatives que de recourir à quelques méthodes de répression dont la plus importante est l’application du couvre-feu. Encore une fois, l’Etat semble saturé, incapable d’inventer de produire une référence commune à la nation dans les différences de toutes sortes des différentes communautés, mais surtout incapable de répondre au malaise social des jeunes de banlieue devant ce qui leur est socialement et économiquement inaccessible, selon Edgar Morin. Dans ce contexte, la société est tuméfiée par la peur excessive des regroupements des populations de la même origine, la même appartenance confessionnelle, la même classe...
Est-ce à dire aussi que les jeunes Français d’origine maghrébine et africaine sont appelés à demeurer, pour un certain temps, exposés à une réalité difficile: celle du repli, c’est-à-dire celle qui génère la victimisation et sous-tend le risque de dérapage social et, celle qui induit la «désintégration» face au mépris que leur témoigne la société française, un mépris résultant de la méfiance des Français de souche envers une jeunesse qui ne partage pas les mêmes repères, les mêmes valeurs, voire la même religion.
Il est clair que dans le cas de la France, il s’agit d’interroger la notion d’immigration de l’intérieur et de l’extérieur, mais surtout de bien la contextualiser dans un calendrier historique pouvant aider à éviter les simplifications, les raccourcis, les analyses de l’évidence. Cela permettrait, peu ou prou, de limiter sa tuméfaction dans le territoire d’une certaine République franco-française qui tourne le dos à son passé comme par la glorification officielle de la colonisation, ignorant par cette attitude les rapports des Français issus de l’immigration à leur pays d’origine.
Gauche/Droite et la question de l’immigration
Jusqu’aux années 1990, le débat sur la question de l’immigration a été partagé entre une droite qui condamne lato sensu, les étrangers clandestins et les Français d’origine étrangère en mal d’intégration, d’être responsables de l’insécurité urbaine et, une gauche mollement hostile à ce positionnement afin d’éviter ce que nous appelons une «surtraumatisation» de la société française suite à l’affaire du voile islamique déclenchée dès le début des années 1980 et la montée du terrorisme islamiste des années 1990. L’écart qui sépare la gauche de la droite sur les questions relatives à l’insécurité urbaine et la stigmatisation des populations étrangères a, a priori rétréci, notamment depuis la politique jospinienne de l’alerte contre l’augmentation de l’insécurité aux fortes affinités électives.
L’affrontement Gauche/Droite est mené sur fond de débat «moralisant et idéologique», il s’articule autour du lien supposé entre «délinquance et immigration» chez les populations africaines et «maghrébines françaises» en particulier (3). Il prend une tournure dangereuse en raison d’une certaine politique populiste qui s’en prend ouvertement aux «Etrangers de la République» en les accusant d’être les principaux responsables des soulèvements des banlieues, dites «sensibles». Le rejet de l’autre, présenté comme envahisseur, perturbateur et enfin émeutier, est la fêlure d’une République qui a beaucoup de mal à se tenir droite en étant incapable d’intégrer l’ensemble de ses citoyens, quelles que soient leurs provenances.
La difficulté d’intégration des jeunes Français-musulmans et le recours à l’Islam
En réaction au rejet de la société française, un certain nombre de jeunes Français-musulmans font appel à leur appartenance confessionnelle. Ils font usage d’une identité revendicative particulièrement religieuse qui traduit la volonté de l’affrontement, de l’opposition, de la différence, issue du désespoir et du malaise social qu’ils éprouvent. Le recours de ces jeunes à l’Islam n’est pas, cependant, socialement systémique, ni systématique.
Selon Olivier Roy, certaines banlieues où ces jeunes sont moralement concentrés, font l’objet de processus d’ethnicisation déstructurée et d’installation d’une culture du vide, de l’ennui principalement chez les jeunes qui éprouvent un manque énorme de repères sociaux. Il explique que l’éthnicisation est une culture de bricolage, fabriquée souvent en fonction des souvenirs des pays d’origine. Chez les populations musulmanes issues de l’immigration, elle est définie comme une culture de refus, endurcie par les tentatives des politiques d’intégration ratées de l’Etat français. Certains «jeunes des banlieues», en difficulté d’insertion, recourent à la religion: ils ne connaissent pas le contenu de l’Islam mais l’utilisent comme valeur de refuge où il leur semble un certain sentiment de dignité, de droit à l’existence et au respect.
Par ailleurs, ayant pris conscience de la frayeur que l’Islam génère chez les populations françaises de souche, certains jeunes Français-musulmans, en mal d’identité, se saisissent de cette religion pour se fabriquer une identité ethnique marquée par la volonté de l’enfermement sur soi. Celle-ci se recoupe avec une identité religieuse fondée sur des modes de reconnaissance dévoyés qui perturbent l’équilibre social de la cité ou du quartier, comme de s’organiser en bandes pour, terroriser ce qu’ils appellent «les sales Français». En ce sens, Michel Kokereff note que «les beurs ne connaissent rien à l’Islam mais sont sensibles au pouvoir de provocation du mot. Ils réintègrent l’Islam comme un fantasme signifiant dans le dialogue-provocation qu’ils entretiennent avec les «Français» parce qu’ils savent que cela fait peur et marque aussi une différence irréductible» (4). Et à partir d’un constat social et d’une faible argumentation chiffrée, il tente d’expliquer les raisons qui engendrent la sur-délinquance dans la population maghrébine. Il note à propos de ce qu’il appelle «la dérive mafieuse des cités» que les «jeunes (Maghrébins) seraient massivement toxicomanes, et pour consommer comme pour s’enrichir, ils deviendraient fatalement de jeunes trafiquants de drogue qui ne tarderaient pas à s’organiser en bandes délinquantes et armées, organisant toute une économie souterraine dans leurs cités et terrorisant les territoires environnants». (5)
Ce qui nous semble incertain est la dissociation de la question sociale dans l’ampleur de la crise identitaire de la jeunesse musulmane de France de la médiocrité de l’environnement dans lequel elle vit. Les éléments qui freinent l’intégration des jeunes beurs sont alarmants. Si nous prenons le cas de Saint Denis où siègent l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) et où le plus grand nombre de musulmans réside, nous retiendrons que c’est dans ce département que le taux de chômage est le plus élevé. «De manière générale, le contexte démographique, social, économique et politique de ce département est extrêmement sensible». Les actifs résidant dans ce département ne représentent que 50% de l’ensemble de la population. Le taux de chômage y est le plus élevé de la région Ile-de-France (17,2 % en 1999). Dans la commune de Stains, par exemple, le chômage des hommes de 15 à 24 ans atteignait 44,9% en 1999, -33,8% de la population non scolarisée de plus de 15 ans n’ayant aucun diplôme. Parmi les actifs, on dénombrait 38,1% d’ouvriers et 36,6% d’employés en 1990, le pourcentage des ouvriers étant de 31,7 et celui des employés de 33,9 dans l’ensemble du département» (6). Remarquons que sur les chiffres énoncés ci-dessus, la population immigrée et musulmane dans sa majorité, particulièrement maghrébine n’est pas désignée spécifiquement; elle reste inclue dans la population étrangère recensée. C’est ce tabou «mythifié» que certains chercheurs tentent de mettre en évidence, voire même de vulgariser. En ce sens, Michèle Tribalat observe que «la principale difficulté de l’analyse vient de la rareté des données. Il y a dans notre pays un étrange tabou sur les origines, qui est levé progressivement». (7)
Par ailleurs, à travers de nombreuses études récentes, il apparaît que la localisation géographique de ces populations en difficulté sous-tend la circonscription d’un territoire difficile à aborder, esseulé, investi par une population «haut risque», une jeunesse «en dérive» qui refuse les processus de socialisation. Grâce à notre observation du terrain, nous avons remarqué qu’à l’opposé des clichés des populations externes aux banlieues réputées comme étant difficiles, les jeunes qui résident dans ces quartiers pauvres ne sont pas plus dangereux, agressifs que les autres jeunes (8). Dans nos entretiens, ils se défendent de cette étiquette de population juvénile à risque, cette image semble colportée par les «démagogues (...) qui caricaturent l’insécurité en France». Ce cliché de jeunes en situation de marginalisation résidant dans des quartiers sensibles, dangereux pour les concitoyens, est une «image facile et totalement construite par ceux qui n’ont pas le courage de s’attaquer véritablement au crime organisé et aux violences les plus répandues dans notre pays» (9). Ou encore comme le note Laurent Mucchielli, à propos de la délinquance des «jeunes des banlieues»: «un certain nombre de pseudo- experts (en réalité des marchands de sécurité, des représentants de syndicats de police, des journalistes très politisés), bien implantés dans les médias, ont réussi à faire passer pour des vérités «scientifiques» un certain nombre d’affirmations et de catégories d’analyses comme: les statistiques indiqueraient une «explosion de la délinquance des mineurs», les délinquants seraient «de plus en plus jeunes et de plus en plus violents», ils n’auraient «aucun repère» et seraient «désocialisés», l’école serait «envahie», voire «submergée» par la «violence» (10).
Enfin, toujours dans le cadre de nos entretiens, nous avons repéré de nombreuses fois l’utilisation, à la fois par les jeunes beurs et les Français «moins chanceux qui s’assimilent, à notre grand étonnement, aux Arabes», l’expression «sales Français». Celle-ci nous semble revenir que pour exprimer le dépit qu’ils éprouvent en réaction au «regard méchant», réprobateur des «autres (Français) qui les afflige et le rejet qui les marginalise. Ces jeunes ne sont pas moins mobiles que les autres jeunes de milieux plus ou moins favorisés, ils fréquentent les centres-villes, les boîtes et les bibliothèques, mais ils semblent, sans être renfermés, attachés à leur société d’entre jeunes de banlieues qu’ils opposent à la grande société de dehors laquelle «ne nous fait pas peur! Ils ne nous aiment pas, les Français».
Vers une demande d’Islam croissante
La demande d’Islam en France est un fait établi depuis l’arrivée des premières vagues d’immigration des années 1950. Elle ne caractérise pas l’ensemble des immigrés et semble stabilisée à un niveau faible, voire stationnaire jusqu’à la fin de la première moitié des années 1970. Le décollage de cette demande semble lié à la circulaire de 1974, relative à la restriction de l’immigration maghrébine. Jocelyne Cesari pense que l’établissement de cette immigration en France faisait partie, jusque-là, de l’«impensé» des pouvoirs publics.
La population maghrébine a résidé dans des conditions lamentables. «En 1966, 43% des Algériens de France vivent dans des bidonvilles! Villeurbanne ne regroupe que 21 familles, mais il faut songer qu’à la même époque, celui de Nanterre, l’un des 89 bidonvilles autour de Paris, abrite près de 10.000 Algériens. L’absence de politique de logement, l’insuffisance des foyers d’accueil et la cherté des hôtels meublés rejettent les familles maghrébines à la périphérie des villes et les condamnent au ghetto, la marginalisation du lieu, la précarité de son habitat. Mais elles dépeignent aussi un bidonville qui reproduit l’ordre spatial des «casbahs» et vit encore au rythme convivial des traditions religieuses et des solidarités villageoises, évoqué parfois avec nostalgie.
A Suivre
Notes :
1- Gresh (Alain), L’Islam, la République et le Monde, Fayard, 2004
2- Tribalat (Michèle), Intégration des populations étrangères, Résumé de l’exposé du mercredi 3 mars 2004, Groupe X - Démographie-Economie-Population http://x-dep.polytechnique.org/tribalat04.htlm
3- Mucchielli (Laurent), Délinquance et immigration: le sociologue face au sens commun, Hommes et migrations, 2003, n° 1241.
4- A lire Kokereff (Michel), Tags et Zoulous. Une nouvelle violence urbaine, in La France des banlieues, Esprit, février 1991
5- Délinquance et immigration: le sociologue face au sens commun, op.cit. p.20-31
6- Vieillard-Baron (Hervé), De l’objet invisible à la présence ostensible?, L’Islam dans les banlieues, in Urbanité et liens religieux. Les annales de la recherche urbaine 96, octobre 2004, p.98
7- Intégration des populations étrangères, op.cit.
8- Mucchielli (Laurant), Le scandale des «tournantes», Dérivés médiatiques, contre-enquête sociologique, La Découverte , Paris, 2005.
9- Brochard (Sylvain) (doctorat à l’université de Rennes 1), Insécurité: le mal imaginaire?, http://plurie.free.fr/actu0901.html
10 Mucchielli (Laurant), l’évolution de la délinquance juvénile entre fantasmes et réalités: essai de bilan critique, Vie sociale, N° 3, 2002.
Publié le 14/10/2008 à 12:00 par hogra
L’Islam : une science, une religion et une organisation sociale
par Mohamed-Amine Bekadja
Suite et fin
Nous vivons une époque formidable en terme de savoir , nous permettant de « saisir la présence de Dieu » et nos enfants et les générations futures feront certainement de nouvelles découvertes qui bouleverseront les interprétations précédentes des « ayate »s et rapprocheront d’avantage les croyants vers la Maison de Dieu. Autant nos prédécesseurs avaient la chance d’avoir vécu en présence du Prophète (QSSSL) ou de ses apôtres, autant nous, nous avons la chance de vivre et de bénéficier des progrès de la Science dans tous ses domaines.
Par contre, seule la recherche spirituelle permet d’atteindre le sens intérieur vrai du texte sacré, à l’image du compagnon de Moïse (le salut soit sur lui), qui tue un enfant délibérément et explique par la suite le pourquoi de son geste, qui était en fait commandé par Dieu, car cet enfant allait en grandissant, maltraité ses parents, qui étaient des gens très pieux, et ainsi Dieu a voulu le remplacé par l’adoption d’un autre enfant. Voilà, un sens « batin » ou ésotérique que la science ne peut expliquer, puisqu’il émane directement de la Science divine, de même que l’ascension du Prophète (QSSSL) vers les sept cieux ! De la même manière, une analogie peut être aisément faite entre la gravitation de l’électron ou de la particule autour du noyau de l’atome, celle des astres comme la terre, la lune et le soleil, et les croyants autour du temple sacré de la « Kaâba » à la Mecque, en réponse à l’appel de Dieu. Aujourd’hui, le développement fulgurant des sciences nous incite à repenser l’Islam avec des moyens modernes, des méthodes nouvelles plus adéquates, issus de la recherche scientifique, et englobant toutes les disciplines telles les sciences humaines, la sociologie, l’histoire de l’humanité, la linguistique, la sémiologie, l’histoire comparée des religions, l’astronomie, la physique, la chimie, les mathématiques, la biologie, la médecine, la psychologie, la cybernétique, et… même la musique. Cette approche basée sur les règles d’un académisme universitaire peut devenir la source d’une nouvelle connaissance indépendante. Autant de domaines et de champs de recherche nécessitant une vision nouvelle dans la formation des théologiens et penseurs de l’Islam avec des programmes adaptés au contexte, tout en prenant en charge l’héritage religieux, tel le savoir traditionnel, les sciences religieuses classiques, incluant les connaissances modernes avec bien entendu une attitude respectueuse mais indépendante. Cela permettra d’ouvrir les portes de l’ijtihad ( ou effort personnel d’interprétation des textes coraniques), fermées depuis environ le VIIIème siècle par les érudits traditionnels , à l’exception de l’ijtihad juridique et celui dit du consensus laissés aux canonistes et savants religieux et dont l’apport en solutions innovantes demeure très faible.
Pour conclure, comme le proclamait si bien le quatrième calife Ali Ibn Abû Talib : « Le Coran est dans le mushaf (ou recueil écrit des révélations). Il ne parle pas de lui-même : ce sont les êtres humains qui l’expriment », ce qui implique une remise en valeur constante de son herméneutique. Cette démarche est aujourd’hui rendue nécessaire afin d’adapter les valeurs de l’Islam aux exigences de la modernité et permettre ainsi l’émancipation de la société musulmane.
Cette émancipation, valable aussi bien pour les autres religions monothéistes, ne pourra se réalisée qu’à la seule condition que toute la recherche scientifique soit orientée vers un seul but : la reconnaissance d’une divinité supérieure (Dieu) et par voie de conséquence des retombées positives sur le cadre de vie des humains. L’imam El-Ghazali (paix à son âme), disait : « Quelque soit le rang et le degré de savoir du savant, si ce savoir ne sert pas à reconnaître Dieu, alors ce savant est en fait considéré comme un ignorant » en référence aux anti-découvertes ou plutôt à leurs utilisations qui ne servent pas l’humanité (les armes chimiques, bactériologiques, nucléaires, la pollution marine et atmosphérique, les manipulations génétiques sur l’embryon humain en dehors de la thérapeutique, etc.,).
Bibliographie:
Salâh Al-Din Al-Munadjdjidle : Le concept de justice sociale en Islam ;
Ed publisud, Paris, 1982
G.H Bousquet : L’authentique tradition musulmane, El Bokhari ;
Fasquelle Ed, Paris, 1964
Muhammad Hamidullah : Le Prophète de l’Islam, Sa vie, Son œuvre ;
Ed Garamond, Paris, 1978
Hassaïn-Daouadji Abdelkader : Pour une lecture universelle du Coran ;
Ed Ibn Khaldoun, sept 2000
Rachid Benzine : Les nouveaux penseurs de l’Islam ;
Ed Albin Michel ; Paris, 2004
Publié le 14/10/2008 à 12:00 par hogra
L’Islam : une science, une religion et une organisation sociale
par Mohamed-Amine Bekadja *
1ère partie
A l’heure de la montée de l’islamophobie en Occident et de ses répercutions néfastes dans la Société musulmane, je souhaiterais apporter une contribution aussi modeste soit-elle, pour atténuer les passions et ferveurs et éclairer avec toute modestie celles et ceux qui n’ont fait qu’entendre parler de l’Islam, de son Prophète (QSSSL) et des musulmans ou qui sont musulmans par « hérédité ».
L’Islam est une religion comprenant une foi, une spiritualité mais également un modèle de vie social et un comportement structuré.
Vivre l’Islam et le comprendre, sous entend l’avoir étudié sous ses différents aspects et en particulier sociologique, anthropologique mais aussi théologique et mystique.
Ce travail a pour but d’apporter une contribution aussi modeste soit-elle dans cette connaissance de l’Islam et du texte sacré qu’est le Coran.
L’Islam et la société musulmane :
L’Islam social est basé principalement sur l’étude de la tradition du Prophète (QSSSL)) ou la Sunna et la sîrah ou biographie. Cette tradition nous apprends que durant vingt trois ans, le Prophète (QSSSL)) a été un illustre enseignant et pédagogue.
Son enseignement basé avant tout sur la recherche de la simplicité afin de rendre l’Islam accessible à tous, a été autant de type académique que comportementale.
Aucun aspect de la vie terrestre n’a été occulté et tous les domaines de la vie sociale ont été enseignés, ce qui a permis d’élaborer les grands principes qui sont à la base de l’organisation sociale des musulmans.
Parmi ces principes nous évoquerons les plus importants.
1- La croyance en l’unicité d’un Dieu :
Le ciment permettant l’unification de la société est la croyance en un Dieu Unique et Mohammed (QSSSL)) son Prophète, tout en reconnaissant les autres Prophètes (à eux bénédiction et salut) et les gens du livre.
2- Le concept de justice sociale :
Il représente le pilier de la société musulmane. En effet la religion de Dieu, est la justice et son Prophète (QSSSL) est venu l’appliquer à la société, la famille, et envers les non-musulmans.
3- Le principe d’égalité :
L’Islam recommande l’égalité entre les hommes sans distinction aucune, de même qu’une égalité entre hommes et femmes, comme le stipule le hadith suivant : « L’origine des hommes est la même : un caillot de sang, et un mâle et une femelle, et leur fin à tous, la terre ».
4- La notion de liberté :
Il n’y a pas de servitude dans la société musulmane, tous les musulmans sont libres et cette liberté comprend la liberté de penser, de réflexion, de choix, de posséder, de travailler, la liberté de croyance, et enfin la liberté politique. Cette liberté implique des responsabilités et s’arrête aux droits des autres, auxquels elle ne doit pas porter préjudice.
5- L’Islam et la fraternité :
La fraternité islamique est un lien sacré entre les membres de cette société. Elle remplace les liens de race, de tribalisme ou de nationalité. L’Islam n’est point communautaire.
6- L’Islam et la personne humaine :
La société islamique respecte et protège la personne humaine dans toute sa composante, aussi bien physique que psychique.
Le suicide est interdit de même que le meurtre comme le souligne le hadith suivant : « Ne tuez pas la personne humaine que Dieu considère comme sacrée », ainsi l’assassinat est un crime contre l’humanité toute entière.
De même, le respect de la personne humaine ne s’arrête pas à l’interdiction du meurtre, la personne humaine est respectée avant tout pour elle-même.
Un hadith rapporte, qu’au passage d’un corbillard, le Prophète (à lui bénédiction et salut) s’arrêta par respect au mort, « c’est celui d’un juif », lui dit-on, « N’est-ce pas une âme, répondit-il ».
7- L’Islam est une religion de paix :
La finalité de la société islamique est la paix. L’Islam veut que le croyant s’adresse au croyant par la formule « Paix sur vous », comme si tout musulman disait à son coreligionnaire quand il le rencontre : « Paix sur to , ne craints de moi aucune agression et ne redoute de moi aucun mal ». Cette insistance à divulguer la paix aboutit nécessairement à l’amour et à la sécurité.
Ainsi, les musulmans n’ont pas le droit d’être des agresseurs et la guerre en Islam n’est imposée qu’en cas d’agression et donc de défensive.
8- L’Islam et le savoir :
L’Islam interdit l’ignorance et prescrit à ses membres d’acquérir la connaissance. Le savoir est rendu obligatoire, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, comme l’a souligné le Prophète (QSSSL) à travers plusieurs hadiths parmi lesquels : « La recherche du savoir est un devoir pour tout musulman », ou bien « Demander le savoir de la naissance jusqu’à la mort », ou bien « Allez chercher la science, même en Chine ». Le savoir est bénéfique pour la société et pour cela il est même préférable aux prières surégatoires comme le souligne le hadith suivant : « Que de bonne heure, tu apprennes un chapitre de sciences, vaut mieux que de faire cent génuflexions de prières rituelles ».
9- L’Islam, la place de la Femme et la cellule familiale :
L’Islam défend, aide et protège la famille. Il invite les hommes et les femmes à contracter le mariage. L’Islam a élevé la condition de la femme et l’a anoblie, elle qui n’était qu’un objet de plaisir et qui malheureusement aujourd’hui continue de l’être aussi bien dans les sociétés non-musulmanes que musulmanes, à remarquer les différentes publicités où la femme légèrement vêtue est au côté, soit d’un véhicule, soit d’un pot de confiture.
Dieu a dit « Parmi Ses signes, Il a créé pour vous et de vous des épouses auprès desquelles vous êtes en repos et Il a fait naître entre vous, affection et tendresse ».
Après avoir déclaré licite le mariage avec quatre épouses, l’Islam a posé une condition : la stricte justice entre les co-épouses : « Si vous craignez de ne pas pouvoir être juste, contentez vous d’une seule », cependant « Vous ne pouvez pas être justes envers les co-épouses, même si vous en avez le désir ».
L’Islam considère donc très difficile voire impossible la justice envers quatre co-épouses simultanées et ce en particulier du point de vue sentimental, affectif comme l’amour ; l’inclination ou le dédain.
En même temps, le Prophète (QSSSL) a fait du « divorce l’acte licite le plus détesté de Dieu », puisqu’il entraîne la rupture des liens du mariage.
Enfin pour sauvegarder la pureté de la famille, l’honneur de la femme, et protéger la descendance, l’Islam a prohibé la fornication, l’adultère et la prostitution.
10- Les enfants dans l’Islam :
L’Islam recommande d’aimer et de chérir les enfants avec beaucoup de tendresse, de bonté et d’affection.
Jusqu’à l’âge d’environ sept ans, l’enfant est un prince et commande tout ce qu’il lui plait ; entre sept et quinze ou dix-sept ans c’est la période d’apprentissage du savoir, de même que l’initiation à la pratique religieuse, il devient alors prisonnier, au-delà, il entame la vie d’adulte et devient libre.
L’Islam fait de l’instruction des enfants, un devoir pour les parents qui en sont pénalement responsables jusqu’à l’âge de la majorité.
Une fois adulte, l’enfant a des devoirs envers ses parents en subvenant de façon obligatoire à leurs besoins, à les aimer, les chérir, et à leur obéir, sauf s’ils demandent à renoncer à l’Islam.
Les centres ou maisons de vieillesse n’accueilleront en principe que les personnes âgées, sans famille, mais qui seront prises en charge avec les mêmes déférences, bonté, tendresse et compassion, car le Prophète (QSSSL) a dit «Aucun de vous ne sera vraiment un croyant tant qu’il n’aime pas, pour son prochain, ce qu’il aime pour lui-même ».
11- L’Islam et l’entraide :
La coopération est un fondement essentiel de la société islamique.
Dieu a dit « Aidez-vous les uns les autres dans la bonté pieuse et la piété et non dans le péché et la mésentente ».
Ainsi, les intérêts de l’individu et ceux de la société islamique ne sont pas distincts mais indissociables.
12- L’Islam est une religion où l’hygiène est obligatoire :
Dans les principes de la tradition, il y a de nombreuses prescriptions qui recommandent l’hygiène sous toutes ses formes, aussi bien physique que mentale.
Ainsi en est-il de l’hygiène corporelle (voire la grande ablution hebdomadaire de la nuit du jeudi), l’hygiène vestimentaire, et non pas un uniforme commun à tous les musulmans, car la diversité de culture, de coutumes, d’accoutrement, de langue est une richesse que Dieu a voulu pour que les Hommes de diverses contrées se rencontrent et établissent des liens.
L’hygiène de vie en général, en évitant les excès, par exemple manger pour vivre et non pas vivre pour manger, comme le souligne le hadith suivant : « L’estomac est le logis de la maladie et la diète est le commencement de la thérapeutique ».
L’hygiène mentale, en respectant les heures de sommeil, en évitant le stress par la pratique de l’exercice physique et les prières surrégatoires.
13- L’Islam recommande la protection des biens, la solidarité matérielle, l’aumône légale aux pauvres, nécessiteux et indigents ainsi que l’aide aux étudiants et chercheurs ou savants.
14- L’Islam encourage le travail bien fait et utile et l’élève au rang de piété, car le Prophète (QSSSL) nous enseigne que la mendicité est détestable et méprisable.
15- Enfin l’Islam attache une importance capitale au comportement. Il est le seul critère qui distingue « le vrai musulman ». Les critères du comportement sont la probité, la droiture et le scrupule.
La probité en tout, c’est-à-dire en terme de richesse, d’honneur, de voisinage, en science, dans la vente, la mesure, la pesée, le langage, le récit, le regard et la pensée.
La droiture garantit l’observance de la probité dans tous nos devoirs et permets sa réalisation.
Le scrupule, il prend sa source dans la foi et empêche le croyant d’attenter aux droits d’autrui et de se laisser aller aux mauvaises actions. Ainsi est définie la morale de l’Islam comme le dit le Prophète (QSSSL) : « Chaque religion a une morale, la morale de l’Islam est le scrupule ».
En conclusion, l’Islam en tant que structure sociale, a rendu l’individu responsable de sa société, comme sa société est responsable de lui, a formulé des règles de conduite garantissant la solidarité matérielle et spirituelle.
Malheureusement, le monde musulman d’aujourd’hui n’a gardé de l’Islam que le nom et la vidé de son sens aussi bien spirituel que moral.
L’Islam en tant que foi et spiritualité
L’Islam en tant que foi et réalité spirituelle représente un trésor culturel et intellectuel intarissable et en éveil permanent.
Le Coran qui est le cœur de l’Islam, nous invite à voyager dans l’univers, à contempler la création et à découvrir à travers les « ayates » ou signes de Dieu, Son omniprésence et Son incommensurabilité.
Dieu nous apprend que tout Son Univers est un gigantesque livre dans lequel tout y est inscrit, mais dont l’accessibilité, la lecture et la compréhension ne peuvent se faire qu’à travers le décodage du langage des textes sacrés contenus dans le Coran.
Dieu nous apprends que toute sa création est en évolution permanente, comme l’ont découverts les scientifiques , à savoir la création de la terre, puis des cieux , puis la préparation de la venue de l’homme sur terre après des milliards d’années d’évolution. Les évolutions de la flore, de la faune, de la particule la plus élémentaire (en physique) jusqu’à l’humain considéré comme l’être le plus parfait par rapport aux autres créations de Dieu.
Cette évolution de l’humain, après arrêt définitif de son morphotype, s’exprime par les capacités des générations de la descendance, à acquérir et à assimiler des connaissances sans initiations préalable comme si leur génome avait muté vers des degrés de perfectionnement toujours supérieurs en intelligence, selon les époques.
L’exemple le plus édifiant est celui de nos enfants nés dans l’ère de la cybernétique et de l’informatique et qui ont des capacités pratiquement innées à l’utilisation de l’outil informatique, du téléphone portable ou de l’internet, plus rapidement et avec plus d’habilité et de prouesses que leurs parents.
Tout se passe donc, comme si l’apparition d’une nouvelle génération est supérieure à la précédente par la transformation de ses acquis anciens en de nouveaux acquis plus évolués et plus élaborés.
Toute cette évolution est consignée dans le Coran et ce, jusqu’au jugement dernier, d’où son expression qui relève de multiples significations. Ainsi chaque verset possède différente interprétation selon la lecture qui en est faite (s’il est considéré pour lui seul, indépendamment des autres versets, ou bien rattacher aux autres versets qui le précèdent ou qui lui suivent).
Par ailleurs, chaque verset présente un sens intérieur (ésotérique) et un autre extérieur (exotérique), de même que chaque lettre du texte sacré possède un sens défini et chaque définition implique un lieu d’ascension.
Le Coran, peut également permettre une compréhension dans le sens général des versets et donc est susceptible d’être sans cesse réinterprété en fonction des nouveaux contextes.
Ces différentes approches du Coran, nous incitent à lui reconnaître et à comprendre son universalité.
En effet, cette plasticité d’interprétation du texte sacré, va permettre à chaque période d’évolution de la vie, une compréhension nouvelle, adaptée à la lumière des connaissances actualisées du moment.
Ceci peut être illustré par quelques exemples :
Le génome humain, son décodage est aujourd’hui entièrement connu. Comme un livre dans lequel nous pouvons y lire pratiquement le passé et le futur de l’humanité, aurait-il été possible il y a quelques années, de déterminer le sexe d’un fœtus, de prédire la couleur de sa peau ou de ses yeux, ou de probable maladie par son système HLA?
De comprendre les mécanismes des séismes, des typhons, des phénomènes de réchauffement de la terre, s’il n’y avait pas eu l’avènement du satellite ? De découvrir l’énergie atomique contenue dans un noyau invisible à l’œil nu et capable de souffler la terre entière. D’exploiter l’énergie solaire pour s’éclairer, se réchauffer et faire fonctionner ses machines.
De découvrir les nouvelles technologies des télécommunications, telle la fibre optique, permettant aujourd’hui de voyager à des milliers de kilomètres sans avoir à se déplacer, de converser et de voir son interlocuteur, de commander à distance des machines très sophistiquées comme les satellites ou les navettes spatiales pour ne pas citer les armes à destructions massives (les missiles à tête nucléaire) qui sont en fait des anti-découvertes ne servant pas l’humanité.
De découvrir le son et sa vitesse et de construire des aéronefs supersoniques capable un jour de nous transporter dans une dimension, autre , que celle que nous connaissons aujourd’hui . De découvrir le langage de la cellule humaine à travers ses multiples signaux entre son milieu extérieur et son noyau, quelle développe sa propre énergie à partir de réactions chimiques se produisant en elle-même ; qu’elle est dotée d’une conscience, qu’elle est aussi capable de plasticité , d’une polyvalence et qu’elle renferme en elle un gène qui a déjà programmé sa mort au moment de sa formation ! Et pourtant cet être vivant de quelques microns peut être détruit par plus petit encore, les virus, organismes capables de traverser la matière, et doué d’une grande intelligence. Le savoir dans la recherche du chemin de Dieu, nous permets aujourd’hui d’appréhender une certaine forme d’ésotérisme ou «bâtin », tel l’exemple du noyau d’un arbre fruitier, qui contiendrait à la fois l’arbre, le fruit et le noyau, le tout contenu dans son système génétique. Comme s’il s’agissait en fait d’une photographie et son négatif. Voilà, pourquoi Dieu « a ordonner aux Anges de se prosterner à Adam (se mettre au service de l’Homme), car lui il sait (les facultés de découvertes grâce à la science) et les Anges ne savent pas ».
A suivre
* Professeur en médecine
Chef de Service d’Hématologie et de Thérapie Cellulaire
EHU du 1er Novembre 1954 Oran
Faculté de Médecine d’Oran
Publié le 14/10/2008 à 12:00 par hogra
L’Islam : une science, une religion et une organisation sociale
par Mohamed-Amine Bekadja *
1ère partie
A l’heure de la montée de l’islamophobie en Occident et de ses répercutions néfastes dans la Société musulmane, je souhaiterais apporter une contribution aussi modeste soit-elle, pour atténuer les passions et ferveurs et éclairer avec toute modestie celles et ceux qui n’ont fait qu’entendre parler de l’Islam, de son Prophète (QSSSL) et des musulmans ou qui sont musulmans par « hérédité ».
L’Islam est une religion comprenant une foi, une spiritualité mais également un modèle de vie social et un comportement structuré.
Vivre l’Islam et le comprendre, sous entend l’avoir étudié sous ses différents aspects et en particulier sociologique, anthropologique mais aussi théologique et mystique.
Ce travail a pour but d’apporter une contribution aussi modeste soit-elle dans cette connaissance de l’Islam et du texte sacré qu’est le Coran.
L’Islam et la société musulmane :
L’Islam social est basé principalement sur l’étude de la tradition du Prophète (QSSSL)) ou la Sunna et la sîrah ou biographie. Cette tradition nous apprends que durant vingt trois ans, le Prophète (QSSSL)) a été un illustre enseignant et pédagogue.
Son enseignement basé avant tout sur la recherche de la simplicité afin de rendre l’Islam accessible à tous, a été autant de type académique que comportementale.
Aucun aspect de la vie terrestre n’a été occulté et tous les domaines de la vie sociale ont été enseignés, ce qui a permis d’élaborer les grands principes qui sont à la base de l’organisation sociale des musulmans.
Parmi ces principes nous évoquerons les plus importants.
1- La croyance en l’unicité d’un Dieu :
Le ciment permettant l’unification de la société est la croyance en un Dieu Unique et Mohammed (QSSSL)) son Prophète, tout en reconnaissant les autres Prophètes (à eux bénédiction et salut) et les gens du livre.
2- Le concept de justice sociale :
Il représente le pilier de la société musulmane. En effet la religion de Dieu, est la justice et son Prophète (QSSSL) est venu l’appliquer à la société, la famille, et envers les non-musulmans.
3- Le principe d’égalité :
L’Islam recommande l’égalité entre les hommes sans distinction aucune, de même qu’une égalité entre hommes et femmes, comme le stipule le hadith suivant : « L’origine des hommes est la même : un caillot de sang, et un mâle et une femelle, et leur fin à tous, la terre ».
4- La notion de liberté :
Il n’y a pas de servitude dans la société musulmane, tous les musulmans sont libres et cette liberté comprend la liberté de penser, de réflexion, de choix, de posséder, de travailler, la liberté de croyance, et enfin la liberté politique. Cette liberté implique des responsabilités et s’arrête aux droits des autres, auxquels elle ne doit pas porter préjudice.
5- L’Islam et la fraternité :
La fraternité islamique est un lien sacré entre les membres de cette société. Elle remplace les liens de race, de tribalisme ou de nationalité. L’Islam n’est point communautaire.
6- L’Islam et la personne humaine :
La société islamique respecte et protège la personne humaine dans toute sa composante, aussi bien physique que psychique.
Le suicide est interdit de même que le meurtre comme le souligne le hadith suivant : « Ne tuez pas la personne humaine que Dieu considère comme sacrée », ainsi l’assassinat est un crime contre l’humanité toute entière.
De même, le respect de la personne humaine ne s’arrête pas à l’interdiction du meurtre, la personne humaine est respectée avant tout pour elle-même.
Un hadith rapporte, qu’au passage d’un corbillard, le Prophète (à lui bénédiction et salut) s’arrêta par respect au mort, « c’est celui d’un juif », lui dit-on, « N’est-ce pas une âme, répondit-il ».
7- L’Islam est une religion de paix :
La finalité de la société islamique est la paix. L’Islam veut que le croyant s’adresse au croyant par la formule « Paix sur vous », comme si tout musulman disait à son coreligionnaire quand il le rencontre : « Paix sur to , ne craints de moi aucune agression et ne redoute de moi aucun mal ». Cette insistance à divulguer la paix aboutit nécessairement à l’amour et à la sécurité.
Ainsi, les musulmans n’ont pas le droit d’être des agresseurs et la guerre en Islam n’est imposée qu’en cas d’agression et donc de défensive.
8- L’Islam et le savoir :
L’Islam interdit l’ignorance et prescrit à ses membres d’acquérir la connaissance. Le savoir est rendu obligatoire, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, comme l’a souligné le Prophète (QSSSL) à travers plusieurs hadiths parmi lesquels : « La recherche du savoir est un devoir pour tout musulman », ou bien « Demander le savoir de la naissance jusqu’à la mort », ou bien « Allez chercher la science, même en Chine ». Le savoir est bénéfique pour la société et pour cela il est même préférable aux prières surégatoires comme le souligne le hadith suivant : « Que de bonne heure, tu apprennes un chapitre de sciences, vaut mieux que de faire cent génuflexions de prières rituelles ».
9- L’Islam, la place de la Femme et la cellule familiale :
L’Islam défend, aide et protège la famille. Il invite les hommes et les femmes à contracter le mariage. L’Islam a élevé la condition de la femme et l’a anoblie, elle qui n’était qu’un objet de plaisir et qui malheureusement aujourd’hui continue de l’être aussi bien dans les sociétés non-musulmanes que musulmanes, à remarquer les différentes publicités où la femme légèrement vêtue est au côté, soit d’un véhicule, soit d’un pot de confiture.
Dieu a dit « Parmi Ses signes, Il a créé pour vous et de vous des épouses auprès desquelles vous êtes en repos et Il a fait naître entre vous, affection et tendresse ».
Après avoir déclaré licite le mariage avec quatre épouses, l’Islam a posé une condition : la stricte justice entre les co-épouses : « Si vous craignez de ne pas pouvoir être juste, contentez vous d’une seule », cependant « Vous ne pouvez pas être justes envers les co-épouses, même si vous en avez le désir ».
L’Islam considère donc très difficile voire impossible la justice envers quatre co-épouses simultanées et ce en particulier du point de vue sentimental, affectif comme l’amour ; l’inclination ou le dédain.
En même temps, le Prophète (QSSSL) a fait du « divorce l’acte licite le plus détesté de Dieu », puisqu’il entraîne la rupture des liens du mariage.
Enfin pour sauvegarder la pureté de la famille, l’honneur de la femme, et protéger la descendance, l’Islam a prohibé la fornication, l’adultère et la prostitution.
10- Les enfants dans l’Islam :
L’Islam recommande d’aimer et de chérir les enfants avec beaucoup de tendresse, de bonté et d’affection.
Jusqu’à l’âge d’environ sept ans, l’enfant est un prince et commande tout ce qu’il lui plait ; entre sept et quinze ou dix-sept ans c’est la période d’apprentissage du savoir, de même que l’initiation à la pratique religieuse, il devient alors prisonnier, au-delà, il entame la vie d’adulte et devient libre.
L’Islam fait de l’instruction des enfants, un devoir pour les parents qui en sont pénalement responsables jusqu’à l’âge de la majorité.
Une fois adulte, l’enfant a des devoirs envers ses parents en subvenant de façon obligatoire à leurs besoins, à les aimer, les chérir, et à leur obéir, sauf s’ils demandent à renoncer à l’Islam.
Les centres ou maisons de vieillesse n’accueilleront en principe que les personnes âgées, sans famille, mais qui seront prises en charge avec les mêmes déférences, bonté, tendresse et compassion, car le Prophète (QSSSL) a dit «Aucun de vous ne sera vraiment un croyant tant qu’il n’aime pas, pour son prochain, ce qu’il aime pour lui-même ».
11- L’Islam et l’entraide :
La coopération est un fondement essentiel de la société islamique.
Dieu a dit « Aidez-vous les uns les autres dans la bonté pieuse et la piété et non dans le péché et la mésentente ».
Ainsi, les intérêts de l’individu et ceux de la société islamique ne sont pas distincts mais indissociables.
12- L’Islam est une religion où l’hygiène est obligatoire :
Dans les principes de la tradition, il y a de nombreuses prescriptions qui recommandent l’hygiène sous toutes ses formes, aussi bien physique que mentale.
Ainsi en est-il de l’hygiène corporelle (voire la grande ablution hebdomadaire de la nuit du jeudi), l’hygiène vestimentaire, et non pas un uniforme commun à tous les musulmans, car la diversité de culture, de coutumes, d’accoutrement, de langue est une richesse que Dieu a voulu pour que les Hommes de diverses contrées se rencontrent et établissent des liens.
L’hygiène de vie en général, en évitant les excès, par exemple manger pour vivre et non pas vivre pour manger, comme le souligne le hadith suivant : « L’estomac est le logis de la maladie et la diète est le commencement de la thérapeutique ».
L’hygiène mentale, en respectant les heures de sommeil, en évitant le stress par la pratique de l’exercice physique et les prières surrégatoires.
13- L’Islam recommande la protection des biens, la solidarité matérielle, l’aumône légale aux pauvres, nécessiteux et indigents ainsi que l’aide aux étudiants et chercheurs ou savants.
14- L’Islam encourage le travail bien fait et utile et l’élève au rang de piété, car le Prophète (QSSSL) nous enseigne que la mendicité est détestable et méprisable.
15- Enfin l’Islam attache une importance capitale au comportement. Il est le seul critère qui distingue « le vrai musulman ». Les critères du comportement sont la probité, la droiture et le scrupule.
La probité en tout, c’est-à-dire en terme de richesse, d’honneur, de voisinage, en science, dans la vente, la mesure, la pesée, le langage, le récit, le regard et la pensée.
La droiture garantit l’observance de la probité dans tous nos devoirs et permets sa réalisation.
Le scrupule, il prend sa source dans la foi et empêche le croyant d’attenter aux droits d’autrui et de se laisser aller aux mauvaises actions. Ainsi est définie la morale de l’Islam comme le dit le Prophète (QSSSL) : « Chaque religion a une morale, la morale de l’Islam est le scrupule ».
En conclusion, l’Islam en tant que structure sociale, a rendu l’individu responsable de sa société, comme sa société est responsable de lui, a formulé des règles de conduite garantissant la solidarité matérielle et spirituelle.
Malheureusement, le monde musulman d’aujourd’hui n’a gardé de l’Islam que le nom et la vidé de son sens aussi bien spirituel que moral.
L’Islam en tant que foi et spiritualité
L’Islam en tant que foi et réalité spirituelle représente un trésor culturel et intellectuel intarissable et en éveil permanent.
Le Coran qui est le cœur de l’Islam, nous invite à voyager dans l’univers, à contempler la création et à découvrir à travers les « ayates » ou signes de Dieu, Son omniprésence et Son incommensurabilité.
Dieu nous apprend que tout Son Univers est un gigantesque livre dans lequel tout y est inscrit, mais dont l’accessibilité, la lecture et la compréhension ne peuvent se faire qu’à travers le décodage du langage des textes sacrés contenus dans le Coran.
Dieu nous apprends que toute sa création est en évolution permanente, comme l’ont découverts les scientifiques , à savoir la création de la terre, puis des cieux , puis la préparation de la venue de l’homme sur terre après des milliards d’années d’évolution. Les évolutions de la flore, de la faune, de la particule la plus élémentaire (en physique) jusqu’à l’humain considéré comme l’être le plus parfait par rapport aux autres créations de Dieu.
Cette évolution de l’humain, après arrêt définitif de son morphotype, s’exprime par les capacités des générations de la descendance, à acquérir et à assimiler des connaissances sans initiations préalable comme si leur génome avait muté vers des degrés de perfectionnement toujours supérieurs en intelligence, selon les époques.
L’exemple le plus édifiant est celui de nos enfants nés dans l’ère de la cybernétique et de l’informatique et qui ont des capacités pratiquement innées à l’utilisation de l’outil informatique, du téléphone portable ou de l’internet, plus rapidement et avec plus d’habilité et de prouesses que leurs parents.
Tout se passe donc, comme si l’apparition d’une nouvelle génération est supérieure à la précédente par la transformation de ses acquis anciens en de nouveaux acquis plus évolués et plus élaborés.
Toute cette évolution est consignée dans le Coran et ce, jusqu’au jugement dernier, d’où son expression qui relève de multiples significations. Ainsi chaque verset possède différente interprétation selon la lecture qui en est faite (s’il est considéré pour lui seul, indépendamment des autres versets, ou bien rattacher aux autres versets qui le précèdent ou qui lui suivent).
Par ailleurs, chaque verset présente un sens intérieur (ésotérique) et un autre extérieur (exotérique), de même que chaque lettre du texte sacré possède un sens défini et chaque définition implique un lieu d’ascension.
Le Coran, peut également permettre une compréhension dans le sens général des versets et donc est susceptible d’être sans cesse réinterprété en fonction des nouveaux contextes.
Ces différentes approches du Coran, nous incitent à lui reconnaître et à comprendre son universalité.
En effet, cette plasticité d’interprétation du texte sacré, va permettre à chaque période d’évolution de la vie, une compréhension nouvelle, adaptée à la lumière des connaissances actualisées du moment.
Ceci peut être illustré par quelques exemples :
Le génome humain, son décodage est aujourd’hui entièrement connu. Comme un livre dans lequel nous pouvons y lire pratiquement le passé et le futur de l’humanité, aurait-il été possible il y a quelques années, de déterminer le sexe d’un fœtus, de prédire la couleur de sa peau ou de ses yeux, ou de probable maladie par son système HLA?
De comprendre les mécanismes des séismes, des typhons, des phénomènes de réchauffement de la terre, s’il n’y avait pas eu l’avènement du satellite ? De découvrir l’énergie atomique contenue dans un noyau invisible à l’œil nu et capable de souffler la terre entière. D’exploiter l’énergie solaire pour s’éclairer, se réchauffer et faire fonctionner ses machines.
De découvrir les nouvelles technologies des télécommunications, telle la fibre optique, permettant aujourd’hui de voyager à des milliers de kilomètres sans avoir à se déplacer, de converser et de voir son interlocuteur, de commander à distance des machines très sophistiquées comme les satellites ou les navettes spatiales pour ne pas citer les armes à destructions massives (les missiles à tête nucléaire) qui sont en fait des anti-découvertes ne servant pas l’humanité.
De découvrir le son et sa vitesse et de construire des aéronefs supersoniques capable un jour de nous transporter dans une dimension, autre , que celle que nous connaissons aujourd’hui . De découvrir le langage de la cellule humaine à travers ses multiples signaux entre son milieu extérieur et son noyau, quelle développe sa propre énergie à partir de réactions chimiques se produisant en elle-même ; qu’elle est dotée d’une conscience, qu’elle est aussi capable de plasticité , d’une polyvalence et qu’elle renferme en elle un gène qui a déjà programmé sa mort au moment de sa formation ! Et pourtant cet être vivant de quelques microns peut être détruit par plus petit encore, les virus, organismes capables de traverser la matière, et doué d’une grande intelligence. Le savoir dans la recherche du chemin de Dieu, nous permets aujourd’hui d’appréhender une certaine forme d’ésotérisme ou «bâtin », tel l’exemple du noyau d’un arbre fruitier, qui contiendrait à la fois l’arbre, le fruit et le noyau, le tout contenu dans son système génétique. Comme s’il s’agissait en fait d’une photographie et son négatif. Voilà, pourquoi Dieu « a ordonner aux Anges de se prosterner à Adam (se mettre au service de l’Homme), car lui il sait (les facultés de découvertes grâce à la science) et les Anges ne savent pas ».
A suivre
* Professeur en médecine
Chef de Service d’Hématologie et de Thérapie Cellulaire
EHU du 1er Novembre 1954 Oran
Faculté de Médecine d’Oran
Publié le 23/10/2008 à 12:00 par hogra
L’Islam et la miséricorde (2è partie et fin)
La miséricorde de Dieu se manifeste aussi dans les moments de peine et de tristesse, la maladie ou les accidents de la vie. Aussi, chaque larme versée pour la perte d’un être cher est une source de miséricorde comme le montre cette parole du Prophète.
« Nous étions chez le Prophète, quand une de ses filles lui envoya un messager l’informant que son fils était à l’agonie, Le Prophète dit au messager : « Retourne voir ma fille et dit lui que tout ce que Dieu prend ou donne Lui appartient, qu’Il a fixé un terme pour toute chose et exhorte-la à se résigner et à compter sur Dieu. » Le messager revint et lui dit : « Elle te supplie de venir la trouver. » Aussitôt, le Prophète se leva et se rendit chez elle, accompagné de Sa’d Ibn ’Ubâda et de Mu ’âdh Ibn Jabal, et de moi-même, reprend Usâma. Quand il arriva, on lui remit l’enfant qui agonisait. Tenant l’enfant dans ses bras, le Prophète eut les larmes aux yeux. Sa’d lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, qu’est-ce que c’est ? » « C’est, répondit-il, de la miséricorde que Dieu a placée dans le cœur de Ses adorateurs. Dieu n’est Miséricordieux qu’envers ceux de ses serviteurs qui le sont eux-mêmes » (hadith). Les musulmans ont bien compris que la miséricorde de Dieu envers Ses serviteurs est sans commune mesure avec la miséricorde d’un quelconque miséricordieux. « Si vous vouliez dénombrer la miséricorde de Dieu, Vous ne pourriez l’énumérer » (Coran XIV/34). On rapporta à ce propos qu’Omar Ibn Abdelaziz (un calife du 8e siècle) partit pou la prière le jour de la fête. Après avoir prié, il invoqua Dieu ainsi : « Ô mon Dieu ! Fais-moi miséricorde, car n’as-tu pas dit : « En vérité, la miséricorde de Dieu est proche de ceux qui font le bien. » (Coran 7/56). Si je n’en fais pas parti, je suis parmi ceux qui jeûnent : or Tu as bien dit : « A ceux et celles qui jeûnent, Dieu a promis pardon et rétribution magnifique » (Coran). Et si je ne suis pas d’entre les jeûneurs, je suis parmi les fidèles ; or Tu as dit : « Il est très Miséricordieux avec les fidèles » (Coran XXXIII/43). Si toutefois, je ne méritais pas cela, alors je suis une chose ; or Tu as dit : « Ma miséricorde s’étend sur toute chose » (Coran 7/156). Et si je n’étais pas ainsi, je reste atteint là même où Ta Miséricorde semble irrecevable, car Tu as dit : « Ceux qu’un événement atteint disent : « En vérité, nous sommes à Dieu et vers Lui nous retournerons » (Coran 2/156).
Les manifestation de la miséricorde
« Qualifiez-vous par les Attributs de Dieu », cette parole est attribuée au Prophète lui-même. Cela veut dire que lhomme a vis-à-vis des deux Noms divins, « Errahmâne » et « Errahîm » un mode de participation qui le concerne. Les êtres humains doivent être miséricordieux les uns envers les autres. Cette disposition est même l’une des plus grandes marques de la foi. Le musulman se doit ainsi d’aller à la rencontre de tous les êtres humains en gardant dans son cœur, de la tendresse, de la miséricorde et de l’amour Les proches d’un être humain ont évidement plus de droit à recevoir sa miséricorde. Mais avant de s’occuper de sa propre famille et de ses proches, l’homme doit d’abord penser à lui-même. Il doit d’abord être miséricordieux envers lui-même.
La miséricorde envers les parents
Prendre soin de ses parents, c’est s’acquitter d’une dette que l’on ne pourra jamais vraiment rembourser. « Dieu a décrété que vous n’adorerez que Lui, et que (vous manifestez) la bienséance envers vos parents : si l’un d’entre eux ou tous les deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leurs dit pas « Fi » et ne les brusque pas, mais adresse leurs des paroles généreuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Seigneur, Fais leur à tous deux miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit » (Coran 17/23-24).
La miséricorde avec les enfants
La miséricorde envers les enfants est un sentiment tout à fait naturel. Un jour le prophète embrassa un de ses petits enfants en présence d’un bédouin. Etonné, ce dernier lui dit : « j’ai dix enfants et jamais je n’ai embrassé l’un d’eux ». Le prophète le regarda et lui dit : « celui qui ne fait pas miséricorde, Dieu ne lui fera pas miséricorde ». Et dans une autre versions : « Que puis-je pour toi si Dieu a enlevé la miséricorde de ton cœur » (hadith).
La miséricorde entre époux
L’amour et la miséricorde sont le fondement même de la famille comme le rappelle le Coran : « Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses, pour que vous trouviez auprès d’elles calme et gite, et qu’II a établi entre vous des liens de tendresse et de miséricorde, Il y a en cela des signes certains pour ceux qui méditent » (Coran 30/21). Ce verset coranique montre d’abord que la relation amoureuse est un don de Dieu, une bénédiction qui fonde l’existence même du couple, le rattachement à la transcendance. Se souvenir de ce bienfait est sans aucun doute la meilleure façon de la conserver. Ce verset parle ensuite de tendresse ou d’amour avant d’évoquer la miséricorde. Ce qui correspond bien à l’évolution du couple. Les problèmes de la vie, les difficultés et les disputes sont autant d’épreuves qui ne peuvent être surmontées sans la miséricorde, qui vient s’ajouter à la tendresse et l’amour qui sont plus forts au début du mariage.
La miséricorde envers les proches
Même si l’humanité constitue à l’origine une seule et même famille, il est évident cependant que les relations de chacun d’entre nous doivent êtres plus fortes avec ceux avec qui nous avons des liens de sang. Selon le Prophète, Dieu a dit : « Je suis Le Très Miséricordieux (Errahmâne), j’ai créé les liens de Parenté (Errahim) et J’ai fait dériver leur nom de mon propre nom .. celui qui les préservera, Je le préserverai et celui qui les romprai, Je romprai avec lui » (hadith).
La miséricorde envers les orphelins
La miséricorde envers l’orphelin est sans doute l’un des sentiments qui rapproche le plus l’homme du Tout Miséricordieux. C’est même un signe de la pureté de son âme. Un homme vint au Prophète se plaindre de la dureté de son cœur. Le Prophète lui dit alors : « Aimerais lu voir ton cœur s’adoucir et obtenir ce dont tu as besoin ? Fais miséricorde à l’orphelin, passe ta main sur sa tête, et donne lui de ta nourriture, ton cœur s’adoucira, et tu obtiendras ce dont tu as besoin. » (hadith)
La miséricorde envers les pauvres
Après avoir mentionné ta miséricorde envers l’orphelin, le Coran évoque très fréquemment le pauvre qui vit dans le dénuement et la misère : « Et lorsque Nous avons pris l’engagement des fils d’Israël : Vous n’adorez que Dieu, et (manifesterez de la) bienfaisance envers les père et mère, les proches parents, les orphelins et les pauvres .. » (Coran 2/83). Parmi les invocations du Prophète, on trouve notamment : « Grand Dieu ! Fais que j’entreprenne des actions de bien, et que je laisse toute action blâmable, et (mets dans mon cœur) l’amour des pauvres ! » (hadith)
La miséricorde envers les malades
En Islam, la maladie est une forme de purification de l’âme. L’Islam recommande d’être miséricordieux envers les malades et [es handicapés qui se trouvent souvent dans des situations de détresse. Dieu se tient toujours à côté du malade comme nous le rappelle ce très beau hadith : « Dieu Tout-Puissant dira le Jour de la Résurrection : 0 fils d’Adam, .Je suis tombé malade et tu ne m’as pas rendu visite, Il dira : Ô Mon Seigneur, comment puis-je Te rendre visite quand tu est le Seigneur des mondes ? II dira : Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel était tombé malade, et tu ne l’as pas visité ? Ne savais-tu pas que si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé avec lui ? 0 fils d’Adam, Je t’ai demandé de la nourriture et tu ne m’as pas nourri. Il dira : 0 Seigneur comment puis-je Te nourrir quand Tu es le Seigneur des mondes ? Il dira : Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel t’a demandé de la nourriture, et que tu ne l’as pas nourri ? Ne savais-tu pas que si tu l’avais nourri, tu aurais trouvé la récompense (d’en avoir fait autant avec Moi) ? 0 fils d’Adam, .Je t’ai demandé de la boisson et tu ne M’as pas donné à boire. Il dira : 0 Seigneur comment puis-je Te donner à boire quand Tu es le Seigneur des mondes ? Il dira : Mon serviteur Untel t’a demandé à boire, et que tu ne lui pas donné ? Si tu lui avais donné à boire, tu aurais sÛrement trouvé la récompense (d’en avoir fait autant avec Moi). (hadith)
La miséricorde envers les voisins
En Islam, le voisin a des droits qui sont pratiquement comparables à ceux des proches. Aïcha, l’épouse du prophète lui demanda un jour : (( Ô envoyé de Dieu, j’ai deux voisins. Auxquels des deux, dois-je faire un présent ? » Le prophète répondit : (( A celui dont la porte est la plus proche de la tienne » (hadith). Le prophète dit également : « L’ange Gahriel n’a cessé de me recommander (d’être bienfaisant) envers le voisin, à tel point que j’ai pensé qu’il allait en faire un héritier » (hadith). Tout cela pour nous rappeler que la vocation de tous les êtres humains est d’être des frères et des sœurs, vivant en paix et dans le respect.
La miséricorde envers les animaux
L’Islam donne aux espèces animales le statut de créatures, tout comme les être humains. C’est ainsi que le prophète dit : « Quiconque tue un oiseau sans raison valable, celui-ci se plaindra à Dieu le jour de la résurrection en disant : "0 mon Seigneur ! Untel m’a tué sans raison valable, et il ne m’a pas tué pour un profit » (hadith).
La miséricorde envers les pécheurs
Dans la tradition musulmane, la miséricorde est intimement liée à la notion du pardon. Parce que Dieu est tout miséricordieux, il pardonne tous les péchés comme le précise ce verset coranique : « Dis Ô Mes serviteurs qui avaient commis des excès à votre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Dieu en vérité pardonne tous les péchés. Oui, c’est lui le tout pardonnant, le tous miséricordieux » « Coran 39/53-59).). « Ma miséricorde embrasse toute chose » (Coran 7/156), nous dit Dieu le Coran également. C’est pourquoi l’ homme doit être miséricordieux envers ceux qui font des erreurs, commettent des péchés ou sont désobéissants.
Conclusion
Dans les tous les textes cités plus haut, nous pouvons reconnaître une réelle beauté humaine et spirituelle. Dans cette lumière de la miséricorde, juifs chrétiens et musulmans peuvent facilement se reconnaître, se respecter, s’estimer et même s’aimer. Le Coran insiste sur l’obligation pour l’homme d’être miséricordieux envers ses semblables comme envers le reste de la Création, Dieu y étant Lui-même présenté comme le Tout Miséricordieux.C’est seulement dans cette attitude de compassion vécue que l’homme peut nouer une relation avec le Très Haut. La pratique de la miséricorde nous montre également que le seul chemin possible vers Dieu est celui de (’amour. S’inspirer de la Miséricorde est donc un moyen pour nous de travailler sur nous-mêmes, réveiller notre cœur et apprendre à vivre dans la proximité de celui par lequel toute chose est née. Tout acte, toute pensée, toute action doit être accompagné d’une méditation ou d’une réflexion qui nous ramène à la Miséricorde. C’est en cela que l’homme peut développer son humanité. Nous naissons homme, mais nous n’atteignons la qualité d’être humain qu’en appréhendant le sens de cette Miséricorde. C’est par l’attitude que nous avons à l’égard de nos semblables, en tant qu’être miséricordieux, que nous devenons celui qui vit de la Miséricorde et la produit autour de lui.
L’auteur est Président du Conseil régional du culte musulman (CRCM - Rhône Alpes).
Par Azzedine Gaci
Publié le 23/10/2008 à 12:00 par hogra
L’Islam et la miséricorde (1re partie)
« Dis Ô Mes serviteurs qui avaient commis des excès à votre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Dieu en vérité pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Tout-Pardonnant, le Tout-Miséricordieux » (Coran 39/53-59).
Introduction
Les musulmans ne parlent pas beaucoup d’amour de Dieu, de pardon et de miséricorde. Pourtant, toutes ces notions occupent une place centrale en Islam porteur d’authentique germe d’amour et de paix. D’ailleurs, ce qui réconforte le musulman dans sa foi, c’est l’assurance que Dieu est Le seul réellement miséricordieux, Le seul digne d’adoration et d’amour. Dans la tradition musulmane, Dieu a quatre-vingt-dix-neuf noms. Parmi tous ces noms divins, ceux que les musulmans évoquent le plus souvent sont certainement Ar Rahmane (le Très-Miséricordieux) et Ar Rahim (le Tout-Miséricordieux).
Dans ses prières rituelles quotidiennes (cinq par jour), le musulman lit au moins dix-sept fois par jour la première sourate du Coran, la Fatiha (l’ouverture). Cette sourate comporte sept versets coraniques dont les deux premiers évoquent les noms divins Ar Rahmane et Ar Rahim : « Louange à Dieu le Seigneur des mondes. Le Très-Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux » (Coran 1/1-2). Dans cette sourate, Dieu se présente à l’homme comme étant le Miséricordieux par essence et par excellence. Par ailleurs, mis à part la sourate numéro 9 (chapitre 9), toutes les sourates du Coran s’ouvrent par une formule qu’on appelle « la basmala » et qui consiste à dire : « Au nom de Dieu le Très-Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux ». Cette « basmala » est considérée comme un verset coranique par certains savants.
De même, avant d’entreprendre toute action ou activité dans sa vie de tous les jours, le musulman doit invoquer le Dieu Miséricordieux en prononçant la « basmala ». On le voit, tout dans la vie du musulman dans ses prières, dans ses invocations, dans son travail, dans ses études, dans ses actions est placé manifestement sous le signe de la miséricorde. On le voit bien, la miséricorde est au centre des rapports entre le Créateur et Ses créatures. Parmi ses quatre-vingt-dix-neuf noms et attributs, c’est « Ar Rahmane » et « Ar Rahim » que Dieu a choisi de nous faire répéter obligatoirement jour et nuit pour nous dire que Sa clémence est infinie et que le rapport qui nous lie à Dieu est avant tout celui de l’amour, du pardon et de la miséricorde.
Noms et attributs de Dieu
Dans l’Islam, Dieu est Un dans son essence et multiple dans Ses attributs ou qualités, Ses actes et Ses noms. En effet, le Coran affirme clairement : « Il n’y a rien qui Lui ressemble, et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. » (Coran 4/58). Quoique l’homme imagine en son esprit, Dieu est différent, comme le rappellent les savants musulmans : « On ne peut utiliser pour décrire Dieu que ce qu’Il a utilisé Lui-même pour Se décrire, ou bien ce qu’a utilisé Son envoyé. » Si Dieu ne ressemble en aucune manière à Ses créatures ni dans Son être, ni dans attributs, ni dans Ses actes, Il nous est possible de L’approcher en méditant et en L’invoquant par le biais de Ses plus beaux noms comme nous le recommande le Coran : « C’est à Dieu qu’appartient les plus beaux noms. Invoquez-Le par eux » (Coran 7/180).
D’après un hadith (paroles du Prophète), ces noms divins sont au nombre de quatre-vingt-dix-neuf : « Certes, Dieu a quatre-vingt-dix-neuf noms, cent moins un. Quiconque les énumérera entrera au Paradis. II est l’Unique qui aime qu’on énumère Ses noms un à un » (hadith). Dans un autre hadith, le Prophète dresse la liste de ces noms : « En vérité, Dieu a quatre-vingt-dix-neuf noms, cent moins un. Celui qui les énumérera entrera au paradis », ensuite le hadith énonce les quatre-vingt-dix-neuf noms selon la séquence bien connue des musulmans : « Allah », « Ar Rahmane » (le Tout-Miséricordieux), « Ar Rahim » (Le Très-Miséricordieux), « El Malik » (Le Souverain, le Roi), « EI Quddûs » (l’infiniment Saint), « El Mu’min » (Le Fidèle, le Sécurisant)...
Ces noms parfaits qui sont censés mener à la connaissance de Dieu sont mentionnés en de nombreux endroits du Coran. Il faut noter que la liste des quatre-vingt-dix-neuf noms n’est pas respectée par beaucoup de savants musulmans qui contestent l’authenticité de la dernière partie du hadith ci-dessus. En fait, pour la majorité des savants musulmans, les quatre-vingt dix-neuf noms sont dans leur ensemble des attributs ou des qualités de Dieu, à l’exception du nom « Allah ». En effet, Allah est un nom propre qui désigne aussi bien l’essence divine impénétrable, inconnaissable, inconditionnée, infinie, transcendante et absolue que la fonction divine : Dieu Omniprésent dans son œuvre. Par ailleurs, le nom Allah exprime la perfection de l’amour que Dieu porte à Ses serviteurs.
En ce qui concerne les qualités de Dieu, les savants musulmans les classent en deux catégories.
- Les qualités d’essence qui n’est ni connue ni connaissable. Ces qualités impliquent la permanence de l’existence et l’immutabilité nécessaire excluant l’accroissement ou la diminution. Exemple : Dieu est Savant, Puissant, Vivant, Ar Rahmane (Le Très-Miséricordieux)...
- Les qualités de l’action de Dieu : elles concernent les effets produits par la puissance de Dieu. Exemple : Ar Rahim (Le Tout-Miséricordieux). Ces quatre-vingt-dix-neuf noms et attributs se complètent les uns les autres dans une totale harmonie. Ils montrent que Dieu incarne les qualités d’affection, d’amour, de bienveillance, de bonté, de compassion et de miséricorde. Enfin, un attribut a été gardé secret par Dieu. Il est appelé « El-ism A’ Dham », c’est-à-dire le nom suprême. Toute personne qui l’évoque dans ses invocations verra ses demandes exaucées selon la tradition musulmane. Il existe toutefois des divergences chez les savants quant à savoir quel est ce nom. Certains savants avancent qu’il s’agit du nom d’Allah, le Vivant et l’Immuable ou alors le Détenteur de la majesté et de la générosité. Pour d’autres, ce nom « caché » ferait partie des quatre-vingt-dix-neufs noms cités en annexe. Dieu l’a gardé caché afin que Ses serviteurs s’appliquent à invoquer tous les noms avec l’espoir qu’ils mentionneraient celui-ci.
Les noms divins Ar Rahmane et Ar Rahim
Les savants musulmans sont pratiquement tous d’accord sur le fait que chacun des deux noms divins Ar Rahmane (Le Très-Miséricordieux) et Ar Rahim (Le Tout -Miséricordieux) dérivent de « rahma », c’est-à-dire la miséricorde. La différence entre Ar Rahmane Le Tout-Miséricordieux et Ar Rahim Le Très -Miséricordieux, Celui qui accorde sa Grâce, est comme celle entre un adjectif qui décrit une nature et un verbe qui décrit une action. Allah est la source de tout bien et toute miséricorde envers la création : Il veut activement le bien et la miséricorde pour la création. Ar Rahmane, Le Très-Miséricordieux. est avec Allah l’objet d’invocation préférentielle chez les musulmans. Par ailleurs, ils constituent sans doute les deux noms divins les plus excellents parmi tous les autres comme l’exprime clairement le verset coranique suivant : « Dis ! Invoquez Allah ou Invoquez le Tout-Miséricordieux (Ar Rahmane), quel soit ce que vous invoquez, à Lui sont les noms parfaits » (Coran] 7/110).
Ar Rahmane se réfère à la miséricorde parfaite. Ar Rahmane (Le Très-Miséricordieux), toujours utilisé avec l’article « el », est un attribut de Dieu lié à Son essence contrairement à Ar Rahim (Le Tout-Miséricordieux) qui est un attribut lié aux actes de Dieu. Aussi, les musulmans n’ont pas le droit de dire d’un homme qu’il est Al Rahmane car ce nom divin ne s’applique qu’à Dieu et qualifie une miséricorde que seul Dieu peut donner. Cette miséricorde s’étend à tous dans ce bas monde et à l’autre tant pour le vertueux que le transgresseur, y compris ceux qui Le renient, Lui désobéissent ou font du mal.
Il dispense bienfaits et prospérité à toutes les créatures sans distinction, car Il est l’Etre débordant de miséricorde dont la signification est aussi large pour couvrir les qualités d’amour, de compassion, de bienveillance et de générosité. Ar Rahim est un attribut de Dieu qui décrit les qualités divines liées à Son action. Pour certains savants musulmans, cette miséricorde s’exerce sur les fidèles exclusivement : « Avec les fidèles, Il est très Miséricordieux » (Coran XXXIII/43) Cette miséricorde concernerait le jour de jugement dernier, selon d’autres. Dieu récompensera alors surabondamment les actions des croyants et les pardonnera de leurs offenses pour les guider et les admettre au paradis.
On trouve en effet dans la tradition musulmane, appelée aussi sunna, cette parole du Prophète : « Aucun d’entre vous n’entrera au Paradis grâce à ses actions. Les compagnons dirent : Même pas toi, ô ! Envoyé de Dieu ? Il dit : Même pas moi à moins que Dieu ne me recouvre de Sa Miséricorde. Ils demandèrent : A quoi sert donc les actions Ô Envoyé de Dieu ? » Il dit : « Vous rentrerez au Paradis par la grâce de Dieu et vous vous le partagerez selon vos actions. » (hadith).
La miséricorde
Nous l’avons déjà précisé, Dieu S’est manifesté dans Sa création à travers Ses quatre-vingt-dix-neuf noms ou attributs. Cependant, l’attribut de Dieu le plus important, après celui d’« Allah », est celui de « Ar Rahmane », c’est-à-dire Le Tout-Miséricordieux qui arrive en deuxième position dans la liste des noms divins. Le Coran nous informe que Dieu a prescrit à Lui-même la miséricorde : « Dis à qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la Terre ? » Réponds : « A Dieu qui S’est prescrit à Lui-même d’être Miséricordieux et qui vous rassemblera sans nul doute au Jour de la résurrection » (Coran 6/12). « Et lorsque viennent vers toi ceux qui croient, dis : Que la paix soit sur vous ! Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même d’être Miséricordieux, et quiconque d’entre vous a fait un mal par ignorance, et ensuite s’est repenti et s’est réformé... Il est, alors, Tout-Pardonnant et Tout-Miséricordieux » (Coran 6/54)
Quant au Prophète, il nous précise que la miséricorde de Dieu précède Sa colère : « Lorsque Dieu eut terminé l’œuvre de la Création, Il écrivit sur Son Livre, qui se trouve par-devers Lui, au-dessus du Trône : Certes, Ma Miséricorde l’emporte sur Ma colère ! » (hadith). Cette miséricorde divine est au centre des rapports qui relient Dieu à ses serviteurs. C’est ainsi que Omar Ibn Al Khattâb (deuxèmme calife) a dit : « On amena au Prophète des captifs de guerre parmi lesquels se trouvait une femme qui cherchait son nourrisson. Quand elle le trouva, elle le pressa contre sa poitrine et lui donna son sein. C’est alors que le Prophète nous dit : Pensez-vous que cette femme pourra jeter son enfant dans le feu ?. - Non, répondîmes-nous, elle ne l’y jettera certainement jamais tant qu’elle aura le pouvoir de ne pas l’y jeter. Le Prophète dit alors : Certes Dieu est encore plus Miséricordieux envers Ses serviteurs que cette femme enwrs son enfant. » (hadith). C’est aussi la miséricorde que Dieu a implantée dans Ses créatures qui permet aux êtres humains d’être bons les uns envers les autres, comme le dit le Prophète : « En vérité, Dieu a cent miséricordes. II en a fait descendre une seule sur Terre et l’a répartie entre Ses créatures. C’est par elle que les êtres humains montrent de la bienveillance et la miséricorde les uns envers les autres. Il diffère pour Lui-même quatre-vingt-dix-neuf autres miséricordes par lesquelles Il fera miséricorde à Ses serviteurs le Jour de la Résurrection » (hadith).
« Le Tout-Miséricordieux fait miséricorde aux miséricordieux. Faites donc miséricorde à celui qui est sur terre, Celui qui est au ciel vous sera miséricorde » (hadith). Les liens entre les êtres humains se fondent donc sur la miséricorde. En Islam, ce lien porte un nom : « rahim » (lien de parenté à ne pas confondre avec « Rahim », Le Très-Miséricordieux). Ce mot dérive du Nom divin Ar Rahman, Le Très-Miséricordieux. Le Coran rappelle effectivement que les êtres humains constituent une seule et grande famille, car ils sont tous descendants d’Adam et d’Eve et qu’à ce titre, ils se doivent de respecter ces liens de sang. Dieu dit : « Ô Hommes ! Craignez Votre Seigneur qui vous a créé d’un seul être et qui a créé de celui-ci son épouse et qui de ces deux là a fait répandre beaucoup d’homme et de femmes. Craignez Dieu (au Nom) duquel vous vous implorez les uns les autres, et (Craignez de rompre) les liens de parenté. Certes Dieu vous observe parfaitement » (Coran 4/1). Il est intéressant de noter que la préservation des liens de parenté ne se limite pas seulement aux proches parents comme le précise ce verset coranique. Elle s’étend à tous les êtres humains qui doivent êtres solidaires les uns des autres quelque soit leur appartenance ethniques ou religieuses.
Le Coran affirme en ce sens : « Ô gens ! Nous vous avons créé d’un mâle et d’une femelle et nous avons fait de vous des peuples et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble parmi vous, auprès de Dieu, est celui qui est le plus pieux, Et Dieu est Omniscient et parfaitement Connaisseur de toute chose » (Coran 49/13). Plus le croyant est habité par la miséricorde et l’amour de Dieu et plus il réalisera cet idéal pour lequel il a été créé. D’ailleurs la tradition nous montre le chemin, très court, pour devenir un vrai témoin du Tout-Miséricordieux : c’est la continuelle attention à Dieu qui est au-delà du passé, du présent et de l’avenir et le profond respect envers ses semblables.
En d’autres termes, on ne peut pas croire véritablement tant que l’on n’est pas miséricordieux, comme le dit le Prophète : « Vous ne croirez pas jusqu’à ce que vous êtes miséricordieux. Les compagnons répliquèrent : Ô Envoyé de Dieu, nous sommes tous miséricordieux... le Prophète reprit alors : Je n’entends pas par là, la miséricorde que l’un d’entre vous porte naturellement à son compagnon, mais une miséricorde qui s’étends à tous » (hadith). C’est-à-dire une miséricorde qui s’étend à tous les êtres humains, qu’ils soient musulmans ou pas, qu’ils soient pratiquants ou pas et qu’ils soient bons ou mauvais. La miséricorde consiste également à savoir pardonner et maîtriser sa colère. Il a été dit à ce sujet : « Trois caractères ne se dévoilent qu’en trois situations : on ne reconnaît le miséricordieux que pendant sa colère, on ne reconnaît le courageux que durant la guerre et on ne reconnaît le vrai frère que dans le besoin. »
L’auteur est Président du Conseil régional du culte musulman (CRCM- Rhône Alpes) (A suivre)
Par Azzedine Gaci
Publié le 01/11/2008 à 12:00 par hogra
Les nations disparues
Ibrahim était de la descendance de Nouh. Le Coran établit aussi qu’il a suivi la Voie de Nouh:
«Paix et salut sur Nouh dans tout l’univers! Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il était, certes, un de Nos serviteurs croyants. Ensuite Nous avons noyé les autres. Du nombre de ses disciples il y avait, certes, Ibrahim» (Sourate As-Saffat:79-83)
Au temps du Prophète Ibrahim, nombreux étaient les gens de Mésopotamie, ainsi que d’Anatolie Centrale et Orientale, qui adoraient les cieux et les étoiles. Leur plus importante divinité s’appelait ‘Sin’, le dieu-lune. Il était personnifié sous la forme d’un humain portant une longue barbe, portant un long vêtement où figurait un croissant de lune. De plus, ces gens-là réalisaient des figures en relief ainsi que des sculptures de leurs divinités, et ils se livraient à leur adoration. C’était un système de croyances très répandu, qui trouvait au Proche-Orient un terreau fertile, et qui s’est pour cette raison maintenu fort longtemps. Les habitants de cette région ont observé ce culte jusqu’à environ 600 ans avant Aïssa. Comme conséquence de cette façon de voir les choses, certaines constructions appelées ‘ziggourats’, faisant office à la fois d’observatoires et de temples, furent construites dans cette partie du monde, depuis la Mésopotamie jusque loin à l’intérieur de l’Anatolie; certains dieux, notamment le dieu-lune ‘Sin’, y étaient adorés.
Cette attitude religieuse, révélée par de récentes découvertes archéologiques, était pourtant déjà mentionnée dans le Coran, où il est dit qu’Ibrahim rejeta l’adoration de ces divinités pour se tourner exclusivement vers Allah, le seul vrai Dieu. Le Coran expose ainsi le comportement d’Ibrahim: «Et rappelle quand Ibrahim dit à Azar, son père: ‘Prends-tu des idoles comme divinités? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement évident!’
Ainsi avons-Nous montré à Ibrahim le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il fût de ceux qui croient avec conviction. Quand la nuit l’enveloppa, il observa une étoile et dit: ‘Voilà mon Seigneur!’ Puis, lorsqu’elle disparut, il dit: ‘Je n’aime pas les choses qui disparaissent’.
Lorsque ensuite il observa la lune se levant, il dit: ‘Voilà mon Seigneur!’ puis, lorsqu’elle disparut, il dit: ‘Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés’.
Lorsque ensuite il observa le soleil se levant, il dit: ‘Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand’. Puis lorsque le soleil disparut, il dit: ‘Ô mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah.
J’ai orienté toute mon adoration vers Celui Qui a créé à partir du néant les Cieux et la Terre , en pur monothéiste , et je ne fais pas partie des Associateurs» (Sourate Al-An’am:74-79)
Dans le Coran, le lieu de naissance d’Ibrahim, ainsi que la région où il a vécu, ne sont pas précisés en détail. Mais il est indiqué qu’Ibrahim et Loth ont été proches l’un de l’autre et furent donc contemporains, du fait que les anges envoyés auprès du peuple de Loth sont venus rencontrer Ibrahim, annonçant à sa femme la bonne nouvelle de la venue prochaine d’un enfant, avant d’aller rejoindre Loth.
Un point important relatif à Ibrahim, évoqué dans le Coran, et non mentionné dans l’Ancien Testament, est la construction de la Kaabah. Dans le Coran, il nous est dit que la Ka’bah a été construite par Ibrahim et son fils Ismail. Aujourd’hui, la seule chose connue par les historiens à propos de la Kaabah est qu’elle constitue un lieu sacré depuis des temps très anciens. L’introduction d’idoles à l’intérieur de la Kaabah durant l’Age de l’Ignorance préalablement à la venue de Muhammad, est une conséquence de la dégénérescence et de la distorsion de la religion Divine révélée autrefois à Ibrahim.
Les fouilles menées par Sir Leonard Woolley dans les plaines de Mésopotamie ont permis de révéler la présence d’une couche de boue argileuse épaisse de 2,5 mètres. Cette couche provient certainement des alluvions charriées par les eaux du Déluge et, dans le monde entier, elle n’existe que dans cette seule région. Cette découverte a contribué à montrer que le Déluge ne s’est produit qu’à une échelle régionale.
Les ziggourats, utilisés à la fois comme temples et comme observatoires astronomiques, étaient des constructions édifiées à l’aide des techniques les plus avancées de l’époque. Les étoiles, la lune et le soleil étaient les principaux objets d’adoration, et par conséquent le ciel jouait un rôle important. Ci- dessus, à droite et ci-dessous sont représentées les plus importantes ziggourats de Mésopotamie.
A suivre...
Publié le 02/11/2008 à 12:00 par hogra
Les principes de la tolérance
De par sa nature, la liberté, considérée par l’Islam comme étant une valeur intrinsèque de l’Homme, constitue l’une des assises de la tolérance. Ce qu’en a d’ailleurs dit Omar Ibn Al-Khattab en reste un admirable témoignage : «Comment vous permettez-vous d’asservir les gens alors qu’ils sont nés libres?». Cette indépendance de l’être, étant l’un des aspects de l’honneur décerné à l’homme, nous estimons quant à nous que l’expression «droits de l’Homme», connotant «lutte», «appropriation» est moins éloquente que celle de «honneur de l’homme», synonyme de «grâce» et de «faveur divine».
Cette liberté dont Dieu a gratifié l’Homme concerne sa pensée et ses actes. Elle contribue à la formation de la personnalité humaine ainsi qu’à la constitution d’une société organisée et unie où les divergences donnent lieu à une concurrence loyale et non pas aux troubles et à la discorde. Cette récupération des oppositions est tout à fait explicitée dans le Coran : «Et que pour cela les rivaux rivalisent».
Si l’Islam préconise la liberté, c’est qu’il appelle l’Homme à mener une vie digne, fondée sur les principes de coopération et de mise en valeur des biens au bénéfice de l’humanité. La foi en l’unicité de Dieu constitue la première étape de cette existence, car elle libère la personne de toute forme d’idolâtrie ou d’assujettissement de sa personne aux choses matérielles. De cette foi découle aussi un affranchissement de l’esprit qui lui permet de se libérer de tout genre d’asservissement et de se sentir à l’abri de toute agression susceptible de porter atteinte à son intégrité, à sa confiance religieuse et à son existence même. A ce propos, l’importance des pratiques cultuelles et leur rapport avec la sécurité ressentie par l’individu est mise en exergue dans ce verset coranique : «Qu’ils adorent le Seigneur de ce Temple qui les a munis contre la faim et les a mis à l’abri de la crainte.» Le prophète a, pour sa part, souligné la portée de ce sentiment de sécurité lorsqu’il a dit : «Celui parmi vous qui jouit de la paix parmi les siens, qui jouit d’un corps sain et dont la subsistance quotidienne est assurée peut se considérer comme une personne comblée».
Nous pouvons affirmer que l’Islam a devancé toutes les dispositions de la charte des droits de l’Homme; il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler, à titre d’exemple, l’inviolabilité du domicile en faveur de laquelle plaide le Coran dans ce verset : «O vous qui croyez! N’entrez point dans les demeures autres que les vôtres avant de vous faire admettre et d’avoir salué ceux qui les occupent.» Rappelons aussi ce verset concernant l’inviolabilité de la vie privée, tel que la liberté de communication de la correspondance... etc. : «N’espionnez pas! Ne médisez pas (en cachette) les uns contre les autres.»
Parmi ces libertés, nous trouvons aussi la liberté d’expression. La faculté de s’exprimer en Islam est le deuxième bienfait dont Dieu a gratifié Ses êtres après celui de leur existence même. Il constitue également le trait qui distingue l’homme des autres créatures. Dieu dit : «Le Miséricordieux a enseigné le Coran. Il a créé l’homme. Il lui a enseigné l’éloquence.» On comprend par là que le Coran nous responsabilise et nous incite à prendre position pour le droit et la justice et à l’exprimer de vive voix, tout en réprouvant le péché de mutisme quand il s’agit d’éprouver la vérité. Dieu dit également : «Ne revêtez pas la vérité de la robe du mensonge; ne cachez point la vérité quand vous la connaissez.» A propos de l’exhortation au bien et de l’interdiction du mal, comparées à la foi et qui a élevé la Nation musulmane aux plus hauts rangs, Dieu dit : «Vous êtes le peuple le plus excellent qui soit jamais surgi parmi les hommes; -tout le temps que- vous ordonnez ce qui est bon et interdissez ce qui est mauvais».
Dr Abbas El Djirari
Publié le 19/08/2009 à 14:53 par hogra
Six conversions à l’islam programmées à la mosquée Chlef
Six ressortissants étrangers s’apprêtent, à Chlef, à prononcer solennellement la chahada durant le mois sacré du ramadhan, nécessaire à leur conversion à la religion musulmane. Il s’agit d’un Belge et de cinq Français qui se trouvent actuellement à Chlef en compagnie de leurs épouses de nationalité algérienne venus spécialement pour le projet de leur islamisation.
Selon la direction des Affaires religieuses et des Wafks, une cérémonie sera organisée en leur honneur durant le mois de ramadhan à la grande mosquée de Chlef. L’âge de ces étrangers varie entre 25 et 35 ans.
Pour rappel, nombre d’étrangers ont embrassé cette année la religion de l’Islam comme c’était le cas à Aïn Tarik et notamment à Remchi où deux Française ont choisi la mosquée En-Nasr, située la cité Mehadji-Ahmed, pour annoncer solennellement leur venues dans la grande famille des musulmans. Et rien que dans cette mosquée, dont l’inauguration remonte à moins d’un an -elle a été ouverte le 20 août 2008-, cinq ressortissants français (trois hommes et deux femmes) y ont prononcé la chahada.
M. Mokhtari