CHRETIEN EN ALGERIE
Publié le 08/11/2009 à 16:30 par hogra
Le pasteur expulsé, Hugh Johnson, de retour en Algérie
Par Hassan Zizi/Zineb A.
De sources sûres, Echorouk apprend que l'ancien président de l'église protestante, le pasteur américain Hugh Johnson, qui a été expulsé d’Algérie en février 2008 est récemment revenu à Alger, puis dans l’une des wilayas de l’intérieur du pays où il a séjourné une dizaine de jours. Durant son séjour, le pasteur s’est rendu dans plusieurs régions et églises, portant un ensemble de recommandations et des aides financières afin de parachever le projet de construction d’une nouvelle église dans cette wilaya.
- Selon les informations en notre possession, le pasteur connu pour ses activités évangélisatrices est revenu en Algérie, d’où il a été expulsé en 2008, pour y inspecter les projets d’évangélisation dans la région. Après avoir débarqué à Alger, il s’est déplacé dans une des églises protestantes dans une wilaya de l’intérieur du pays.
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- Le pasteur a pris contact avec des responsables de cellules évangélisatrices puis il a visité de nombreuses églises à travers cette wilaya. Il a notamment instruit ses disciples pour élargir l’activité évangélisatrice afin d’attirer davantage de personnes au sein du christianisme. La stratégie de l'ancien président de l'église protestante est d’évangéliser les algériens et les charger des églises, alors que d’autres convertis, y compris des occidentaux, se déplacent dans des églises en Suisse, en France et aux Etats-Unis afin de collecter des fonds, dont une partie est réservée aux actions humanitaires et sociales.
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- Johnson apportait également une importante aide financière à cette wilaya, notamment pour poursuivre son œuvre, et de parachever, le plus rapidement possible, la construction d’une nouvelle église dans la région.
Publié le 05/09/2009 à 14:29 par hogra
Deux américains chrétiens promettent aux chrétiens kabyles des aides financières Hassan Zizi/ Hakim Benyahia
Au moment où le peuple Algérien se préparait à accueillir le mois de Ramadhan, une poignée de chrétiens de la wilaya de Tizi-Ouzou accueillaient des étrangers de nationalité américaine, venus pour activer le mouvement d’évangélisation. Selon les informations de Echourouk, ces américains protestants se sont directement dirigés vers l’église de la nouvelle ville, puis ils ont été raccompagnés vers les hauteurs de Kabylie, Larbâa Nath Irathen, Illilten, et Iferhounen et ses environs.
Cette visite surprise effectuée quelques jours avant le mois de ramadhan visait à faire une tournée autour des principales églises activant sur les hauteurs de la wilaya de Tizi-Ouzou, et ce pour enregistrer le nombre de chrétiens et cerner les limites de l’avancement de l’évangélisation en kabylie. Notre source a ajouté que ces deux américains ont visité beaucoup d’églises dans la région, et ils ont entendu les opinions et demandes des chrétiens pour les rapporter à leurs responsables aux USA.
Les mêmes sources ont indiqué que la délégation religieuse américaine est revenue dans l’après midi de la même journée à la ville de Tizi-Ouzou où elle a passée la nuit en compagnie du responsable de l’église de la nouvelle ville et ils se sont entretenus avec un nombre de jeunes devenus récemment chrétiens. Le lendemain, les deux américains ont chapeauté les rituelles religieuses au niveau de l’église protestante à la nouvelle ville, le contenu de la leçon assurée par les américains comprenait des instructions pour faire l’impossible afin de briser l’environnement du mois sacré dans la région, et des instructions visant à rassembler tous les chrétiens et unir les rangs pour se débarrasser de la dissension.
Quant à l’aide financière, les deux américains ont promis aux chrétiens de la région de faire tout leur possible pour rapporter l’image entière des efforts d’évangélisation à leurs responsables aux USA, et ce pour obtenir des fonds pour commencer l’exécution du projet d’expansion des cellules d’évangélisation dans la région, et ouvrir le plus grand nombre d’églises possibles.
Cette tentative vaine pour frapper la stabilité de la Kabylie n’est pas la première du genre, car la plupart de ces chrétiens usent de tous les moyens pour écarter les musulmans de leur religion, et les faire entrer dans le christianisme. Dans le passé, dans le leur travail, ils se contentaient juste de se rapprocher des citoyens et essayer de les servir sur les plans sociaux afin de les attirer vers le christianisme, mais la nouvelle génération de chrétiens ont changé la donne. Ces évangélistes se sont déjà attaqués aux préceptes religieux des musulmans sans que les services concernés n’en réagissent.
Publié le 23/06/2009 à 00:19 par hogra
Ghaleb Badr sort de sa réserve: Notre église est innocente !
Ghaleb Badr
L’archevêque d’Alger, Ghaleb Badr, a appelé les autorités compétentes à autoriser la réouverture de l’église de Tibhirine qui n’active plus depuis l’assassinat par le GIA des sept moines il y a 13 ans.
- Monseigneur Ghaleb Badr, qui effectuait à l’église de Tibhirine, une visite organisée par les alaouites à Médéa à l’occasion du centenaire de leur tarîqa fondée en 1909 par Cheikh Alaoui, a estimé que la reprise des activités de l’église en question profiterait aux nécessiteux qui pourraient compter sur l’aide des religieux sous forme de cohabitation et réconciliation interreligieuses, loin des accusations infondées d’activités évangélistes.
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- Ghaleb poursuit que son église est innocente de tout acte d’évangélisation mené dans certaines régions du pays par des personnes payées préalablement par des parties étrangères. Il défend son église et fait porter la responsabilité des actes d’évangélisation aux autorités algériennes qui «accordent des visas à des personnes ou parties suspectées de prosélytisme».
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- S’agissant de la loi sur la pratique des cultes religieux en Algérie, l’archevêque indique que ce texte a transformé les lieux du culte chrétien en des prisons pour la prière.
- Il considère que la criminalisation de la pratique des cultes religieux hors des maisons de culte est une restriction des pratiques censées se dérouler également dans les maisons et les ateliers de travail, suivant les exigences de la communauté chrétienne établie ou travaillant en Algérie. Ghaleb appelle à plus de souplesse dans l’application de cette loi.
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- Dans une sortie aussi incongrue qu’incompréhensible, l’archevêque d’Alger a souhaité que les autorités algériennes instaurent une fête religieuse commune aux religions chrétienne et musulmane, symbole de tolérance interreligieuse, proposant comme date le 27 mars en hommage à la Vierge Marie. Ghaleb Badr va jusqu’à illustrer ses dires en citant le Liban comme exemple, comme si l’Algérie connaissait les conflits religieux et ethniques que vit le pays du Cèdre.
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Publié le 01/06/2009 à 20:13 par hogra
Rencontre islamo-chrétienne à Aiguebelle
La force du pardon face à l’inhumain
Le thème n’était pas des plus simples. Il est même l’un des plus ardus pour les hommes de religion : le pardon. Comment pardonner l’acte barbare de la tuerie de sept moines, dont le Coran dit qu’« ils ne s’enflent pas d’orgueil » ? Deux invités de marque y ont répondu de la plus belle et de la plus intense des façons qui soit, avec beaucoup de pudeur et une dimension spirituelle sincère.
La Sœur Colette Hamza (son père est d’origine algérienne, d’où son nom), déléguée du diocèse de Marseille pour les relations avec l’Islam, et Azzedine Gaci, imam, président du conseil régional Rhône-Alpes du culte musulman (CRCM), étaient les témoins du jour. Dans le public, venu nombreux désormais, et d’année en année, de tous les coins de France, étaient présents le pasteur Hugh Johnson, ancien président de l’Eglise protestante d’Algérie, expulsé du pays en 2008, et un dignitaire bouddhiste. Colette Hamza refuse de dire que le pardon est une chose facile. Pour illustrer cette difficulté, elle relate brièvement l’assassinat, pendant les années noires en Algérie, de son cousin Allel. « Le pardon va à contresens de nos blessures », dit-elle, parlant d’une catégorie intellectuelle, « difficile et impossible », en fait trop humaine. Elle cite, en outre, « les conflits violents, les viols, les bombardements aveugles de Ghaza ». Face à cet insupportable, « l’humilité du pardon » n’est que « dans la démesure du don de Dieu » car sa réalité n’est pas d’un ordre terre à terre, mais spirituel. Après avoir « fait résonner en nous les mots de la colère », il faut ainsi « entrer dans le pardon avec la force des mains nues » car si ce pardon est « loin de notre condition humaine, c’est qu’il nous vient d’ailleurs, de ce Dieu qui pardonne, un Dieu patient ». Et c’est donc au nom du « Dieu de tendresse et de pitié » que le pardon est nécessaire, pour « refuser la spirale du mal, être vainqueur du mal ».
Et de s’appuyer sur la phrase de Christian de Chergé, le prieur assassiné de Tibhirine : « Le monde a besoin de fontaines de miséricorde. » Il s’agit entre chrétiens et musulmans, et vice versa, de se nourrir de cette « miséricorde mutuelle » qui permet « l’exode vers l’autre » qui est une « terre promise ». Azzedine Gaci, accompagné d’une forte délégation musulmane, continue dans le même sens, lui qui est un peu le « poil à gratter » du Conseil français du culte musulman (CFCM) dans ce domaine sensible de la relation islamo-chrétienne. Le président du CRCM avait organisé, en novembre 2006, un remarqué voyage de musulmans et de chrétiens à Tibhirine, parmi lesquels l’archevêque de Lyon, Philippe Barbarin. Il en est revenu touché. « J’ai appris à revisiter les textes fondateurs de l’Islam au contact des chrétiens, j’ai pris encore plus conscience que la diversité religieuse est une volonté de Dieu », explique-t-il, citant un verset du Coran : « Craignez de rompre vos liens de parenté », argumentant que ces liens sont ceux qui lient tous les humains : « Vous ne croirez que lorsque vous serez miséricordieux ! » Azzedine Gaci explique, à la lumière du Coran, que la « diversité est un défi, une épreuve ». Le texte sacré indique : « Si Dieu avait voulu, il aurait fait de nous une seule communauté. » Pour l’imam, « la diversité fait qu’il y a un équilibre sur terre ». Mais ce n’est pas pour autant une marque de facilité, car si chacun s’arc-boute sur sa foi inextinguible, comment dialoguer ? « Où s’arrête sa foi et où commence celle de l’autre ? » « Humilité, écoute et respect de la complexité. » C’est avec ces éléments qu’on peut « pardonner d’un beau pardon ». Une bien belle expression.
Par Walid Mebarek
Publié le 21/05/2009 à 12:46 par hogra
LE BILAN DU VOYAGE DU PAPE
La terre de vos ancêtres
Le pape, avec finesse, a mis fin au malentendu avec les musulmans qu’il a suscité en septembre 2006
Les Palestiniens sur la terre de leurs ancêtres sont à l’avant-poste du combat contre la barbarie.
Ce fut un voyage riche d’enseignement. Durant le voyage spirituel et politique en «Terres Saintes», risqué, notamment à cause de l’arrivée du nouveau gouvernement d’extrême droite en Israél, l’aggravation de la situation dans les territoires occupés et le regain du radicalisme, le pape a été exemplaire, agissant selon sa conscience, ne cédant à aucune pression ou chantage des sionistes. Tout le monde était inquiet, vu les enjeux et il a surpris le monde entier par son sens de l’équité, de la justesse et du courage. En tant que pèlerin et homme de paix, il a mis l’accent sur la réconciliation avec les Juifs et sa condamnation de toute forme de négationnisme. Au niveau du dialogue interreligieux, le pape, avec finesse, a mis fin au malentendu avec les musulmans qu’il a suscité en septembre 2006 lors de sa conférence de Ratisbonne. Le prince Ghazi en Jordanie lui a rendu un vibrant hommage bien mérité.
Respect de l’Islam
Dans son discours au sein de la Mosquée Hussein et du dôme du Rocher à Jérusalem, El Qods Echarif, le pape a encore exprimé son respect pour l’Islam. Sur le plan intellectuel, il ne définit plus la raison comme seule source de vérité, mais une raison humble qui doit se laisser éclairer par la foi, pour s’exercer pleinement. Sa critique s’adresse aux dérives de ceux qui manipulent la religion et non point à la religion elle même: «La manipulation idéologique de la religion parfois à des fins politiques». Il a appelé «musulmans et chrétiens» à témoigner par leur «cohérence» dans les sociétés sécularisées pour «être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu».
La question de la violence n’est plus perçue comme intrinsèque à telle ou telle religion mais liée aux manipulations. Sur le plan de la justice, même s’il n’a pas prononcé le mot colonisation, il a affirmé aux colonisés palestiniens, nos frères chrétiens et musulmans «le droit à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de vos ancêtres».
Le pape a dit clairement ce que les Palestiniens voulaient entendre: «M. le Président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de vos ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l’intérieur de frontières internationalement reconnues». Il a rappelé les paroles prononcées par son prédécesseur Jean-Paul II lors de la visite de ce dernier en Terre Sainte en 2000: «Il ne peut y avoir de paix sans justice, et de justice sans pardon». Est-ce suffisant pour faire reculer l’oppression et stopper la colonisation? Hélas! non, mais ce sont des paroles nécessaires, le minimum vital.
De son côté, le président palestinien a rappelé les graves difficultés et crimes que connaît son peuple, composé de musulmans et de dizaines de milliers de chrétiens: «Sur cette Terre Sainte, il y a ceux qui continuent à bâtir des murs de séparation plutôt que des ponts, et qui tentent avec leurs forces d’occupation d’obliger chrétiens et musulmans à quitter le pays, afin que les Lieux Saints deviennent de simples sites archéologiques plutôt que des lieux vivants de prière», a-t-il déclaré.
Cette déclaration sera-t-elle entendue un jour par les puissants de ce monde? Qui va comprendre, comme le dit le Palestinien que l’on «exerce contre tous les citoyens arabes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, toutes les formes possibles d’oppression, de tyrannie et d’expropriation de terres»? Faire pression sur Israël est possible pour tenter de mettre fin à l’occupation, aux barrages, aux murs, aux prisonniers politiques, et aux réfugiés. Car qui peut nier que: «Jérusalem (...) est entourée d’un mur d’apartheid qui empêche le peuple de vivre librement, à Ghaza, en Cisjordanie, de se rendre à l’église du Saint-Sépulcre et à la mosquée Al Aqsa». L’injustice a trop duré, personne n’y gagne, ni les Juifs, ni l’Occident.
Passer aux actes
Ce que le pape a dit en Palestine ne sont pas de simples paroles ni de voeux pieux mais un témoignage qui interpelle les consciences et les décideurs occidentaux qui renvoient trop souvent dos à dos le colonisé et le colonisateur, pour ne pas dire pire. Certes le gouvernement israélien fascisant risque de redoubler de férocité et continuer la colonisation inhumaine.
Mais, la falsification des mots, le détournement de sens et l’air du temps n’ébranlent pas l’immense majorité des citoyens du monde qui sont attachés au vivre ensemble, en sachant, comme Benoît XVI, qu’il n’y a pas de paix sans justice. Le pape parle de deux États, de deux peuples et de paix pour tous. Ce n’est point un simple rappel des positions du Vatican. Il a parlé «de terres de vos ancêtres» en s’adressant aux Palestiniens, c’est exceptionnel, clair et objectif, et a qualifié le mur de la honte de «tragédie» et a ajouté: «Une de mes plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres a été le mur.» Dans son dernier discours, il a encore réaffirmé le droit du peuple palestinien: «Le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de se déplacer librement. Que la solution de deux États devienne une réalité, et ne reste pas un rêve.» Nous sommes dans le politique au sens noble avec Benoît XVI et non dans la position partisane, le dogme et les euphémismes. Cela devrait encourager Barack Obama et les puissants de ce monde à passer des paroles aux actes pour bâtir la paix au Moyen-Orient dont dépend la sécurité du monde.
Lors de cette visite spirituelle et politique, un cheikh musulman palestinien, non prévu par le protocole, a dit publiquement en présence du pape, la vérité sur la souffrance des Palestiniens sous l’occupation israélienne, au cours d’une rencontre à Jérusalem pour promouvoir le dialogue. Certains s’imaginaient que toute l’assistance allait seulement parler «d’amour» et de «dialogue» en ignorant la dure réalité.
Ces déclarations, selon une certaine presse occidentale et sioniste, auraient provoqué une réaction irritée du Vatican. Comment serait-il possible qu’un cri du coeur d’un opprimé sur la tragique réalité puisse irriter? En vérité, c’est seulement le fait que sur la forme, ce discours non prévu était long et inattendu. Cheikh Tayssir al-Tamimi, président de la Cour suprême palestinienne est membre du Forum islamo-catholique, personnalité modérée, n’a pas exagéré en prenant la parole. Il a demandé au pape de faire «pression sur le gouvernement israélien pour qu’il mette fin à son agression contre le peuple palestinien». Est-ce trop demander? Le cheikh a appelé chrétiens et musulmans à agir ensemble contre l’occupation israélienne, à tout le moins à «condamner les crimes» israéliens comme ceux commis durant la guerre israélienne dans la bande de Ghaza.
Le dignitaire a proclamé devant ce forum Jérusalem-Est «capitale éternelle, politique, nationale et spirituelle de la Palestine», contrairement à la position d’Israël qui a annexé toute la partie orientale de la Ville Sainte après sa conquête en 1967 et proclamé Jérusalem «capitale éternelle d’Israël».
La colonisation doit cesser
Le problème est bien là: il faut sortir de la loi inique du plus fort et mettre en oeuvre la solution juste et équitable pour les deux peuples: deux Etats. Les responsables palestiniens, chrétiens et musulmans, qui subissent l’oppression, savent qu’Israël tente de faire taire toute voix dénonçant l’occupation. La dernière en date est la fermeture du centre de presse palestinien ouvert à Jérusalem pour la visite du pape. Cette fermeture est «une tentative de faire taire la voix palestinienne qui dit au monde que Jérusalem est occupée», a affirmé le mufti de Jérusalem. La suite de la visite du pape est un test pour tous les citoyens du monde épris de justice et qui savent que l’extrémisme se nourrit de l’injustice. Le pape qui a parlé selon sa conscience ne peut que dire à son tour que la colonisation doit cesser.
Le peuple privé de ses droits est le peuple palestinien, qui n’a pas d’Etat, ni de souveraineté et de liberté à cause du régime israélien colonialiste. Le pape a bien compris que des réactions aveugles de jeunes Palestiniens face à l’oppression sont les effets du désespoir et les a appelés à l’espérance. C’est une manière franche d’appeler chacun à corriger ses points d’aveuglement. Le pape ne confond pas les causes et les effets. Il réfute avec sagesse l’injustice et la hiérarchisation des peuples, expression de l’idéologie de l’exclusion. Avec tous, par ce voyage qui fera date, il a tenu le langage du respect et de la franchise. D’innombrables Juifs, croyants et non-croyants ne peuvent qu’approuver, d’autant que la plupart d’entre eux, à juste titre, refusent que des lobbys et le régime israélien parlent en leur nom. Tout comme, en tant que musulmans, nous refusons que les extrémistes politico-religieux et des régimes arabes archaïques parlent en notre nom.
La solution est la réforme du monde arabe pour sortir de la situation de victime. Les êtres justes en Palestine rêvent d’une nouvelle Andalousie où personne ne monopolise la vérité. Benoît XVI, qui, depuis le début de son pontificat a inquiété des croyants, des progressistes et des humanistes, et même s’il ne dispose pas des moyens des grandes puissances, redonne de l’espoir à ceux qui savent que le devenir est commun ou ne sera pas.
Les Palestiniens sur la terre de leurs ancêtres sont à l’avant-poste du combat contre la barbarie. Reste à ce qu’ils évitent les pièges, sortent des réactions aveugles et des divisions.
(*) Professeur en relations internationales
www.mustapha-cherif.net
Mustapha CHERIF (*)
Publié le 29/12/2008 à 12:00 par hogra
ÉGLISE PROTESTANTE DE TIZI-OUZOU
La fête de la nativité célébrée par plus de 500 fidèles
Jeudi, 25 décembre, 12 heures. Il règne une animation inhabituelle dans ce quartier retiré et habituellement calme de la Nouvelle-ville de Tizi-Ouzou.
L’entrée de l’une des villas qui s’y trouve et qui abrite l’église évangélique de Tizi-Ouzou ressemble à une fourmilière. «Les fidèles viennent des localités situées dans un rayon de 80 km», nous dit Karim, un diacre de cette église d’obédience protestante. «Il s’agit d’une réunion festive. Nous allons célébrer la naissance de Sidna Aïssa et pour des raisons sécuritaires, la messe de minuit n’a pas été célébrée», poursuivra-t-il, insistant sur le fait que le décor de circonstance ou les habituels cadeaux offerts en pareille occasion «n’ont pas leur importance». Les fidèles et les invités continuent d’affluer. On s’embrasse, on se souhaite bonne fête. Des «saha aïdkoum» suivis d’éclats de rires et qui, visiblement, amusent, fusent. Bref, ici, l’ambiance est à la joie, à la communion entre «frères». Youcef, notre accompagnateur et guide du jour, nous conduit vers le lieu de culte où se déroulera la cérémonie. Il ne cesse de nous présenter aux «frères» et à certains membres dirigeants de la communauté. Nous comprenons son souci. Il faut justifier notre présence en tant que journaliste. On sent la fébrilité du service d’ordre qui veille au grain et pour lequel la vigilance est de mise. Tous les arrivants sont scrutés du regard. Il faut parer à tout risque d’intrusion ou de présence suspecte. L’usage des caméras et appareils photo est interdit même pour les fidèles. «Ceux qui ont besoin de prendre des photos, on se chargera de le faire pour eux», dira le pasteur Salah. Treize heures, la salle habituellement réservée au culte dominicain… pardon du vendredi est déjà pleine et grouille de monde : des femmes, des hommes de tous âges et beaucoup d’enfants sont déjà installés sur des chaises et des bancs, d’autres se tiennent debout, faute de places disponibles. Une salle a été aménagée pour les enfants, annoce-t-on aux parents. Des activités sont prévues pour eux et des cadeaux, des livres d’enseignement bibliques leur ont été remis. Plus de 500 personnes — et il en reste encore à l’extérieur de la salle — bras au ciel, tapant des mains, chantent à tue-tête et entonnent un cantique sur un rythme scandé et chaleureux. La célébration qui vient de démarrer, tambour battant, donne à ce lieu des allures d’église du sud des USA. Le pasteur Salah, micro en main, avec derrière lui un orchestre moderne, où officie sa femme à la guitare , accompagnant un chœur composé de jeunes garçons et filles, chauffe la salle, alternant chants et prières à la gloire du Christ et célébrant sa naissance et la résurrection du Seigneur, annoncée comme proche. L’orchestre poursuit son tour de chants et rythme la cadence. Des youyous fusent, on chante et il arrive que certains entament des pas de danse sur les airs d’un gospel édulcoré par des consonances rythmiques du terroir. L’ambiance, qui donne à la célébration des tours de fête païenne, sera vite ramenée à sa véritable dimension purement céleste et spirituelle par les invocations bibliques du pasteur et par les paroles en arabe, en français et en kabyle des cantiques sur des notes de musique parfois chaude et festive et d’autres fois douce, évoquant la générosité et le sacrifice du Christ et l’universalité de son message. Les prières et les pensées inspirées des évangiles seront entrecoupées par des alléluias qui fusent de la salle. «(…) et je verrai ma terre te revenir ô sauveur…», disait en arabe, le refrain, repris en boucle par l’assistance, d’ un cantique qui implore et invoque la bénédiction de Jésus-Christ et le prie de ramener la paix et d’étendre sa main protectrice sur l’Algérie.
S. A. M.
Publié le 29/12/2008 à 12:00 par hogra
: ENTRETIEN AVEC SALAH CHALAH, PASTEUR DE L’ÉGLISE THAFATH :
«Le christianisme de garage existe et peut conduire à des dérives sectaires qui peuvent nuire à la société»
Le Soir d’Algérie : Fêter la naissance du Christ, ici et maintenant, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Salah Chalah : Avant toute chose, cela nous rappelle la venue de Dieu en la personne du Christ pour montrer le chemin du salut pour l’humanité Son impact pour nous, en tant qu’Eglise d’Algérie, nous rappelle que l’église appartient au Seigneur. Et, malgré les difficultés, le combat et les luttes, nous sommes, en tant que bâtisseurs d’Eglise, pleins d’espérance dans le fait que c’est le Seigneur qui conduit l’histoire de cette nation. C’est lui qui est venu sur terre pour accomplir une mission et continue, par son Eglise, à perpétuer cette œuvre de salut. C’est tout cela l’importance de se rappeler de la naissance du Christ.
Est-il facile d’être chrétien et de vivre sa chrétienté, aujourd’hui, en Algérie ?
Non. J’estime que c’est toujours difficile. Il y a des gens aujourd’hui qui sont pénalisés et qui ont perdu leur emploi uniquement à cause de leur chrétienté. La difficulté vient surtout des autorités. Nous sommes juste tolérés. C’est dommage. Les autorités n’ont pas encore fait leur travail sur le plan administratif. Il y a des lois qui nous répriment et qui sont en contradiction avec la Constitution, sans parler de la charte onusienne des droits de l’homme et des autres traités ratifiés par l’Algérie On est effectivement confrontés à beaucoup de difficultés et l’Algérie se place entièrement en porte-à-faux avec tous ces textes et ces conventions internationales. J’estime aussi qu’on ne peut pas imposer la foi à une personne. C’est un fait qui relève d’un choix individuel. Je respecte les convictions religieuses des musulmans et mon Dieu me dit de les respecter, mais je ne suis pas d’accord avec le discours qui prétend qu’on ne peut être que musulman dans un pays majoritairement musulman. Je n’ai aucunement la prétention de pousser les gens, par le discours ou d’autres moyens, à épouser ma foi. Et j’estime qu’il n’est pas juste que les autorités nous mettent de côté. Nous avons le sentiment que l’Etat algérien a honte de nous. On nous présente comme la lèpre de ce corps qui s’appelle Algérie. N’oublions pas que le ministre des Affaires religieuses s’est exprimé de la sorte et nous a présentés comme nouveau fléau qui menace l’Algérie, au lieu de reconnaître l’existence d’un nouveau phénomène social. Je trouve dommage qu’un tel discours, qui engage toute la République, soit tenu par un représentant officiel de l’Etat. Nous avons espoir que les choses vont s’améliorer et iront dans le bon sens. C’est pour cela que nous demeurerons joyeux, malgré toutes ces difficultés.
Hormis cette hostilité qui se manifeste, selon vous, du côté institutionnel, comment vivez-vous dans votre environnement de tous les jours ?
Depuis une douzaine d’années d’existence, nous n’avons jamais ressenti une manifestation d’hostilité ni de mépris de la part de la population. Il y a, bien sûr, des semaines où nous avons droit à des jets de pierres, à des gros mots, mais ce sont des cas rares et isolés. C’est pour cela que je formule l’espoir de voir l’Etat œuvrer dans le sens de l’ouverture. C’est à l’Etat, à travers toutes ses institutions, que revient la responsabilité de l’éducation au civisme et au respect des différences.
On vous reproche de faire du prosélytisme, d’user de procédés répréhensibles, comme donner de l’argent à des citoyens pour les amener à se convertir et à épouser votre foi…
C’est bien d’entendre ce genre de propos, mais restent les preuves… Jusqu’à maintenant, aucune preuve n’a été avancée pour étayer de telles accusations. Y a-t-il des personnes qui ont été prises en faute et qui ont reconnu avoir été soudoyées avec une minable somme de 5 000 euros pour se convertir ? A ma connaissance, non. J’estime que tout cela procède de la propagande qui n’a aucun fondement. Je dirai même que nos accusateurs sont en train de nous accabler de procédés et de moyens dont ils usent.
Avez-vous des liens avec le mouvement évangéliste mondial ?
On est avant tout protestant. Les uns nous prennent pour des évangélistes, d’autres pour des réformés et que sais-je encore ? J’estime qu’on appartient au corps du Christ avant tout et qu’on est catholique dans le sens universel, qu’on est protestant du fait qu’on est rentré dans cette œuvre de réforme, qui consiste à se désengager de tout ce qui a été ajouté à la foi et à la doctrine à travers l’histoire. Laissez-moi seulement vous dire que nous croyons en l’autorité de la Bible dans notre vie. A partir de là, libre à chacun de nous mettre dans la case de son choix. Nous sommes tout simplement chrétiens et nous voulons vivre en tant que tels, dans notre république, en toute dignité et dans le respect et l’amour du prochain, comme nous l’enseigne notre Bible.
Vous êtes aujourd’hui une petite communauté qui espère peut-être s’agrandir et voir s’élargir son audience bien plus que celle qu’elle a aujourd’hui.
C’est mon espérance, c’est le cœur de Dieu. Il nous dit dans sa parole que «Dieu veut que tous les hommes parviennent à la connaissance du Christ». Nous, nous voulons que tous les hommes entendent la bonne nouvelle et le message de l’Évangile. C’est la raison de notre espérance. Ce n’est pas du prosélytisme, mais nous portons notre foi à qui nous le demande. Maintenant, si le fait de partager ma foi, d’en faire témoigner à mon prochain est traité de prosélytisme, alors j’assume entièrement. Dire que l’Eglise va s’agrandir, je dis amen, c’est mon espérance. Nous travaillons pour que tous les hommes entendent la bonne nouvelle. Mais il reste que le choix de croire ou de ne pas croire appartient à chaque individu
De façon pratique, comment faites-vous pour partager la bonne nouvelle, témoigner de votre foi, sachant que la loi réprime et criminalise toute forme de prosélytisme ?
Nous sommes conscients de l’existence de la loi, mais nous n’avons jamais mené des campagnes d’évangélisation, nous n’avons pas de stratégie. La seule stratégie, c’est tout simplement ce désir de chaque chrétien de témoigner à son prochain ce qu’il a vécu. Ce qui est un acte qui se limite à un niveau individuel, qui n’engage pas une communauté ou un groupe. Les gens témoignent et le Seigneur fait le reste. Nous ne faisons pas du prosélytisme et nous ne développons aucune stratégie. Il y a des gens qui témoignent en public de leur foi. On est quelquefois mis devant des situations de fait accompli par des gens qui nous posent des questions et auxquelles on est obligé de répondre. On n’a pas honte de notre foi, on l’assume, En tant que citoyen de ce pays, j’estime que nous avons le droit d’assumer nos convictions. Rien ni personne ne pourra faire taire la voix de l’Évangile.
Est-ce qu’il y a des démarches qui ont été faites auprès des pouvoirs publics pour l’édification de nouveaux lieux de culte et églises ?
Oui, des démarches ont été faites par le président de l’Église protestante d’Algérie (et précise qu’il faut confirmer avec ce dernier, ndlr) qui a déjà déposé deux demandes auprès du ministère des Affaires religieuses. Les institutions concernées fuient cette responsabilité. Aucune réponse ne nous a été fournie, c’est le règne de ni oui, ni non. Mais il est évident que la réponse est négative.
Où seront construits ces lieux de culte, dans le cas où l’autorisation des autorités sera obtenue ?
Du côté de Béjaïa, la priorité. Nous, pour notre part, nous avons la chance de posséder cet espace, car nous agissons, comme vous le savez, dans un cadre associatif. Mais la priorité est donnée à des églises, à des communautés qui ne sont pas dotées d’espaces et de lieux de culte appropriés. Il faut se poser la question pour le christianisme de garage, celui de maison et de villa existe. C’est un fait qui est la honte de nos autorités qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités pour laisser s’édifier des églises et des lieux de culte.
Cette forme d’existence peut favoriser des dérives, du genre sectaire, par exemple…
Malheureusement oui et nous avons saisi les autorités à propos de ce phénomène qui échappe à notre contrôle.
Vous reconnaissez donc l’existence de dérives sectaires ?
Comme dans toutes les religions, il y a des dérives sectaires. Cette situation reste, heureusement, au niveau doctrinal et des idées. Le chrétien est, par principe, un être pacifique et, même s’il est différent de l’autre il ne pensera jamais à prendre les armes. Mais, cela reste des dérives qui peuvent nuire, effectivement, tôt ou tard à cette société. Mais ce n’est pas à nous d’assumer cette responsabilité de contrôle et de prévention. Mais je pense qu’on l’assumera, à condition que les autorités nous donnent les moyens et acceptent de composer avec l’Église protestante d’Algérie, parce que nous ne connaissons pas tous les groupes. Nous ne pouvons pas jouer le rôle de gendarmes pour surveiller ces groupes. Mais, si l’Etat favorise, comme en France, la création d’une fédération avec une forme institutionnalisée et avec des statuts, cela nous réjouirait et chacun assumera alors ses responsabilités devant la loi. Depuis plus de 30 ans, l’Église protestante d’Algérie, EPA, existe, dispose d’un agrément qui est toujours en vigueur, mais ne dispose pas d’une mise en conformité avec la loi.
Vos relations avec les catholiques ?
Ce sont nos frères devant le Christ et nous nous respectons dans nos différences.
Pour finir, un mot sur l’histoire de l’église que vous dirigez et sur votre propre itinéraire ?
Nous avons commencé à travailler à Tizi-Ouzou en 1996 et, depuis, on continue à être au service du Seigneur et de nos frères. Les autorités étaient informées de notre existence et nous sommes affiliés à l’EPA depuis au moins 6 ans. Ma conviction m’a poussé à me porter vers le Christ. Avant, je ne me considérais pas comme étant musulman. Je considère qu’on n’est pas de telle ou telle religion par naissance ou par tradition. On est seulement des hommes qui optent et qui épousent telle ou telle religion, après réflexion. C’est un choix personnel et c’est une responsabilité devant Dieu, avant toute autre chose. C’est vrai que nous sommes dans un pays à majorité musulmane, mais nous sommes aussi dans une république. Il faut donc que les minorités religieuses soient respectées.
Le Soir d'Algérie.com
Publié le 26/12/2008 à 12:00 par hogra
La chrétienté algérienne
par Yazid Haddar
C'est la première fois dans l'histoire de l'Eglise algérienne qu'un évêque originaire du Moyen-Orient est nommé à cet évêché, qui est le plus important en Afrique du Nord. C'est un événement qui a mis fin à la spéculation sur le caractère colonial de l'Eglise algérienne. Une nouvelle page s'est ouverte dans notre histoire.
La présence chrétienne en Afrique du Nord, l'actuel Maghreb, ne date pas d'aujourd'hui. Elle s'inscrit dans l'histoire de l'Eglise, particulièrement au cours de ses cinq premiers siècles. A mon point de vue, cette présence se résume en trois périodes charnières dans l'histoire de l'Afrique du Nord, et en particulier en Algérie. La première période commence dès le premier siècle jusqu'au milieu du septième siècle, la deuxième période s'étend à la présence musulmane et enfin la période coloniale.
Début du christianisme
Contrairement à ce qui est répandu, la présence chrétienne était forte dans cette région. Le premier concile, qui se tint à Carthage en l'an 215, comptait 70 évêques, selon saint Augustin. En l'an 255 (1) un deuxième concile en comptait 90 évêques, par la suite certains historiens estiment que ce chiffre s'est multiplié en plusieurs centaines. Les évêchés de l'époque avaient plus une dimension de paroisses que les diocèses actuels. Néanmoins, ils manifestent l'extension prise par la foi chrétienne en cette région. A noter que l'Afrique du Nord a donné trois papes à l'Eglise : le premier c'était Victor Ier (189-199), le second saint Miltiade (311-314) et enfin Gélase Ier (492-496). Il existe aussi des grands témoins de cette époque. Parmi eux, on trouve Tertullien (fin du IIe siècle), qui est le grand témoin de l'essor du christianisme de l'Afrique du Nord. Il est le premier auteur chrétien, qui a exprimé en latin le dogme chrétien. Témoins les nombreux ouvrages d'apologétique et de théologie qu'il a laissés. Parmi les plus illustres martyrs, on peut citer l'évêque de Carthage saint Cyprien (mort en 258).
La figure la plus marquante de cette époque et qui a fait (et qui fait) la gloire de l'Eglise de l'Afrique du Nord et plus particulièrement de l'Algérie, c'est saint Augustin (354-430). Qui a marqué la pensée de l'église, et par conséquent la pensée occidentale. Il a formé l'intelligence de l'Europe, selon le cardinal Newman. Il a laissé une oeuvre colossale de sermons, de commentaires de l'Ecriture et de méditations. Les livres les plus célèbres sont «Confession» et «La cité de Dieu», ce dernier est une réflexion sur la distinction entre la politique et la religion.
Il est le fondateur de la séparation de «la cité divine» et «la cité des hommes», ainsi on peut le dire, sans complexe, que saint Augustin était le premier qui a compris à ne pas mêler la religion à la politique. N'est-il pas un vrai laïc ? (2). On peut supposer que cette culture séculière était acquise par ses origines berbères. Son oeuvre est toujours d'actualité, certaines de ses correspondances n'ont pas été traduites du latin à nos jours. Ces correspondances peuvent nous aider à comprendre quelques zones obscures de notre histoire.
Entre 428 à 534, les barbares Vandales ont mis à sac de nombreuses villes en Afrique du Nord. Près de 5.000 clercs ou laïcs catholiques sont persécutés, déportés et certains, dont plusieurs évêques, martyrisés. Au VIe siècle, l'empire romain d'Orient, dit byzantin, ayant Constantinople comme capitale, réinvestit une partie de l'Afrique du Nord, notamment les régions côtières. L'Eglise catholique récupère une partie de ses biens et de son influence.
Mais l'autorité de l'empereur de Byzance, contestée, se disloque progressivement. Parmi les causes de la disparition du christianisme autochtone, on doit noter le caractère latin de la vie ecclésiale et l'émigration, contrairement à ce qui s'est passé au Proche-Orient et qui a contribué à y maintenir des communautés chrétiennes vivantes.
L'arrivée de l'islam
C'est en 647, que surviennent les premières expéditions arabo-musulmanes. Contrairement à ce que l'école nous enseigne, selon certains historiens, il faudra huit à neuf campagnes successives pour que l'autorité musulmane s'impose sur l'ensemble de la région.
Du VIIe au XIIe siècle, la présence chrétienne va disparaître progressivement.
En 1076 le souverain musulman de Bougie écrit au pape Grégoire VII pour lui demander d'ordonner un évêque pour la communauté chrétienne de cette ville. Le pape lui répond en une lettre considérée comme le plus ancien témoignage de dialogue islamo-chrétien en Occident.
Du XIIe au XIXe siècle, l'Eglise en Algérie a perdu tout le caractère autochtone. Elle ne subsiste que par la présence de chrétiens étrangers : commerçants venus de la rive nord de la Méditerranée, consuls et personnel des «comptoirs» marchands établis dans le pays sur la base de traités passés avec les souverains locaux. A Oran, Alger, Tlemcen, Béjaïa, Annaba, pour ne citer que les plus connus, ces comptoirs ont généralement leur église ou leur chapelle avec des prêtres desservants. On peut citer la présence des lazaristes entre 1646 à 1828.
Cependant, il faut aussi mentionner le nombre important de captifs kidnappés en mer par les corsaires dont, parmi eux, quelques prêtres.
Certains instituts sont fondés alors et qui se mettent en devoir de leur venir en aide et, si possible, de négocier leur libération : trinitaires espagnols, dominicains et franciscains.
La période coloniale française
Le début de la colonisation française est marqué par la naissance de deux nouvelles congrégations religieuses, qui sont : les Père Blancs et les Soeurs Blanches. Ces derniers ont pour objectif d'aider la population pauvre en Algérie (la famine 1867-1866) et en Afrique Noire. Ils sont implantés un partout sur le territoire algérien (3), particulièrement en Kabylie. Il y eut des conversions au christianisme dans certaines régions.
Ces Algériens ont choisi de devenir chrétiens pour des raisons diverses (devenir citoyens français et par conviction religieuse, etc.). Cependant, ils étaient mal vus par leurs concitoyens et aussi par la communauté coloniale (4), ainsi ils étaient marginalisés par les deux parties.
Certains étaient contraints à l'exil et d'autres se sont regroupés dans des villages.
Au cours de la Guerre de libération nationale, les chrétiens algériens ont participé à la guerre comme tous les Algériens. Le rôle actif apporté par le cardinal Duval à la Guerre de libération nationale était très important. Certains prêtres, comme le père Scotto par exemple, ont apporté des aides importantes à la Guerre de libération nationale, sans oublier l'appui du «Témoignage Chrétien» pour diffuser les crimes coloniaux dans l'Hexagone. Il y a peu d'écrits sur le rôle des prêtres au cours de cette période.
Après l'indépendance, les chrétiens algériens ne sont pas nombreux, est-ce qu'ils sont partis comme tous les autres ? Est-ce qu'ils sont restés ? Il n'existe pas de documents sur leur présence, mais aussi de leur rôle après l'indépendance. Ceux qui sont partis en France, la majorité portaient des noms chrétiens. Ce qui a facilité leur intégration, mais aussi on trouve peu leur trace...
Il reste à souligner que la communauté chrétienne reste très fidèle au peuple algérien. La preuve, au cours de la décennie noire, ils étaient à nos côté, ils ont payé la facture très lourde, surtout avec l'assassinat du sept moines et l'évêque d'Oran et d'autres prêtres et soeurs. A notre tour de remercier particulièrement tous les prêtres qui ont participé à faire développer notre pays, à apporter la diversité dans notre société et de l'amour pour notre peuple. A vous tous, nous vous souhaitons une bonne fête de Noël.
1- Cf. Le site officiel de l'Eglise catholique algérienne.
2- Je vous conseille de regarder le documentaire «Apocalypse» diffusé
sur ARTE, la dixième partie (Cité de Dieu).
3- Cf. «Inaia wa el'Assalaa» de Mouloud Kacem Naït Belkacem, p.449. En 1975.
4- Cf. «L'histoire de ma vie» de Fatma Amrouche.
Publié le 12/10/2008 à 12:00 par hogra
La chasse aux chrétiens pour faire oublier le reste
par Kamel Daoud
Peut-on parler de l'évangélisation supposée de l'Algérie en affirmant que c'est un faux problème, un nouveau diable local et une misère du populisme vacant ? Du point de vue de «la loi Belaïz» sur les libertés religieuses pondue il y a deux ans, l'Algérie «défend l'une de ses constantes nationales». Du point de vue de la vue saine, le pays plonge dans l'auto-islamisation par le haut et par le bas. Entre ceux qui prennent les églises clandestines ou légales pour des consulats, et ceux qui prennent le pays pour une vaste et unique mosquée, il y a un devoir : celui de rappeler la liberté et de faire se souvenir tout le monde que, pendant ce temps-là nous sommes toujours sous-développés, musulmans, islamistes, nouveaux chrétiens ou fourbes convertis. Depuis deux ans donc, le prosélytisme est désormais passible de lourdes peines, l'exercice des rites religieux non musulmans est en liberté conditionnelle et les textes de la République sont invités à «mettre un terme aux activités et tentations visant à faire douter les Algériens de leur croyance et de leur religion». La religion punit déjà la «Ridda» du renégat par la peine de mort là où l'Etat républicain explique que tout missionnaire est déjà passible de peines de prison. Le texte de loi qui vise surtout l'anti-croisade et pas les animistes, les bouddhistes, les païens de toutes sortes, est une conséquence logique de dix ans de terrorisme et de l'impasse idéologique qui coince le pays dans la confusion. Il sera suivi par des campagnes insidieuses dans la presse, quelques focalisations dangereuses sur des régions du pays comme la Kabylie et donnera lieu à une surenchère de visibilité et de nationalisme religieux chez les officiels de la religion de l'Etat. Pour en saisir le scandale, en découvrir l'intolérance et en éprouver le complet décalage, il suffit pourtant de se consacrer à un petit jeu de transposition. Imaginez donc. Quelle sera la réaction des nôtres et des «leurs» si dans un inversement de mondes, c'est là-bas, en Occident, que sont frappés de suspicion pénale nos propre signes «ostentatoires» et sont taxés de criminels nos propres imams d'origine parce qu'ils auraient porté la bonne parole à S/S/Denis par exemple. Imaginons donc une France ou une Allemagne ou un autre pays, plus au Nord comme le Danemark, déjà coupable de quelques caricatures au yeux de notre caricature raciale, si une loi est adoptée «là-bas», prévoyant «des peines de 2 à 5 ans de prison et une amende de 500.000 à 1.000.000 de dinars (5.000 à 10.000 euros environ) contre toute personne «musulmane» qui «incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un chrétien à une autre religion». Une loi qui prévoit des sanctions similaires contre toute personne musulmane qui «fabrique, entrepose ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi...». Imaginez donc un pays civilisé capable de «pondre» un texte qui interdit l'exercice du culte autre que musulman en «dehors des édifices prévus à cet effet et subordonne l'affectation des édifices pour l'exercice du culte à l'obtention d'une autorisation préalable». Une loi qui a pour objectif principal «l'interdiction du prosélytisme et des campagnes clandestines d'islamisation» et qui prend en otage, par polices et soupçons interposés, les minorités musulmanes en Occident pour des raisons de religion d'Occident. Comment réagirons-nous ? Ne foncerons-nous pas les cases de l'hallali dénonçant le racisme, l'intolérance ou la chasse au musulman ? N'irons-nous pas, tous autant que nous sommes, à dénoncer l'amalgame entre terroriste et musulman et à dénoncer l'Américain blanc, le Patriot Act, Sarkozy ou le fameux lobby juif ? Bien sûr la réponse la plus facile à un Guantanamo occidental, c'est un Guantanamo de ce côté-ci des croyances. C'est donc ce que nous faisons et cela dure, entre certains de chez eux et certains de chez nous, depuis dix ans ou quelques siècles déjà.
A la guerre entre religieux, se mêlent cependant chez nous les contradictions de nos misères: dénoncer les christianisations permet de «nationaliser» un Dieu universel, de s'approprier une religion au nom de l'Etat, planter ses diables entre arabité et amazighité locale et braquer les regards sur une ennemi virtuel, plus utile que l'amitié entre les peuples. Certains diront que l'Occident fait pire. Dans ce cas, il faut choisir : soit nous sommes tous importateurs au point d'importer même l'intolérance, soit nous sommes intolérants et là nous ne sommes déjà plus tous musulmans.
le quotidien doran
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Chrétiens et Juifs d’Algérie
Les nouvelles règles du culte
La pratique des cultes étrangers en Algérie, pour les non-musulmans notamment, est désormais strictement réglementée. Chrétiens et juifs, notamment, vont devoir observer un certain nombre de règles édictées par les autorités pour l’exercice « légal » de leurs fois.
Le Conseil des ministres a, en effet, examiné et adopté un projet d’ordonnance fixant les règles d’exercice des cultes autre que musulman. L’exposé des motifs souligne le souci du gouvernement algérien de combler « un vide juridique quant au cadre d’exercice des activités ou manifestations religieuses autres que musulmanes ». Comprendre que, jusque-là, l’activité religieuse sous toutes ses formes n’était soumise à aucun dispositif légal. Cela a donc ouvert la voie à des pratiques illégales, comme le prosélytisme. Ce texte réglementaire adopté par le Conseil des ministres vient ainsi mettre le holà dans un secteur qui, pour être extrêmement sensible, déchaîne les passions et entretient les doutes sur les actions des représentants des cultes non musulmans. Bien que le gouvernement ait adossé son ordonnance sur un substrat juridique lié aux « dispositions constitutionnelles du pays et conventions internationales ratifiées par l’Algérie », il est difficile de ne pas y voir un rapport de causalité entre cette loi et ce qui est convenu d’appeler les « campagnes d’évangélisation » auxquelles se livreraient des missionnaires chrétiens en Algérie. Cette polémique s’est déclenchée l’année dernière quand un journal avait rapporté que des personnes sous couvert d’activités caritatives et humanitaires se livraient en Kabylie à du prosélytisme. Des chiffres effarants de convertis avaient même été annoncés pour convaincre qu’il y avait véritablement péril en la demeure islamique en Algérie. C’est ainsi que le ministre des Affaires religieuses a décidé de donner un coup de pied dans la « fourmilière religieuse » pour séparer la vérité de ses faux-semblants. Cette ordonnance clarifie ainsi les conditions d’exercice du christianisme et du judaïsme notamment pour éviter d’éventuels dérapages. Le législateur précise que ce dispositif prend en ligne de compte le fait qu’en Algérie « l’Islam est religion de l’Etat ». A cet effet, le texte gouvernemental énonce que la pratique des cultes autre que musulman s’exerce dans le « cadre d’associations à caractère religieux constituées conformément aux lois et aux règlements régissant ce domaine ». En revanche, l’Etat assure ces associations religieuses dûment agréées de sa « protection et de son soutien », souligne l’ordonnance adoptée par le Conseil des ministres. L’objectif déclaré étant de « mettre un terme aux activités anarchiques d’associations et de personnes dans ce domaine ainsi qu’aux entreprises de prosélytisme menées à l’endroit de musulmans en Algérie ». Et pour dissiper tout malentendu avec les représentants des communautés religieuses en Algérie, le président de la République a estimé que ce texte vise, en fait, à « perpétuer cette tradition de convivialité et de respect mutuels entre les fidèles des religions du Livre, mais aussi sa détermination à protéger l’Islam, religion de l’Etat, de pratiques étrangères aux traditions de l’Eglise chrétienne en Algérie ». Il ne manquera pas également de souligner que le peuple algérien est « fidèle à ses traditions et attaché au dialogue fécond entre les religions et les civilisations ». Ceci ne l’empêchera pas, cependant, de « mettre un terme à des pratiques anarchiques et parfois même mercantilistes, qui agressent ses citoyens musulmans dans leur foi ».
Par Hassan Moali el watan 1 mars 20006