Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Athlétisme : Aggoune explique les raisons de son forfait
Après le scandale de l’athlétisme algérien à Pékin, suivi du forfait de Khoudir Aggoune, celui-ci a tenu hier à la salle de conférences de la « Zone internationale » un bref point de presse.
Pékin : Correspondance particulière
Durant cette rencontre avec la presse écrite, Aggoune, très serein, revient sur son malheureux épisode et le forfait dans la finale du 10 000 m disputée dimanche soir. « Comment voulez-vous que je cours le 10 000 m aux JO, alors que je me suis préparé durant toute la saison pour le 5000m, conformément au contrat programme établi au préalable. J’ai obtenu la bourse de préparation pour le 5000 m après avoir réalisé les minima A que j’ai réalisés conformément aux règles de l’IAAF. » Aggoune estime que la FAA n’a pas respecté le contrat programme concernant son plan d’action de l’année 2008. « Il n’existe aucun document officiel qui signifie que je prépare le 10000m, mis à part pour le 5 000m », affirme-t-il.
A trois jours du départ de la sélection nationale d’athlétisme, Khoudir Aggoune avait remis le billet d’avion au DTN dans le but de ne pas faire le déplacement à Pékin pour le tourisme. « N’était la promesse du DTN de la FAA, Ahmed Boubrit, qui m’a promis de m’aligner sur le 5000m à Pékin, je n’aurai pas fait le déplacement pour rien. Le 10.000m n’était pas mon objectif dès le départ », ajoutera Aggoune tout en défiant ses responsables à un face-à-face s’ils sont en mesure d’apporter le contraire de ce qu’il avance. « Ceux qui ont créé cette situation n’ont qu’à assumer leurs responsabilités. » Aggoune insiste pour dire qu’il est victime d’une injustice. « J’ai fait les frais de mon club qui a boycotté le dernier meeting d’Alger », ajoutera-t-il. Quant aux risques de sanctions, il dira : « Il faut sanctionner les auteurs qui sont derrière cette décision de vouloir m’aligner dans une épreuve où je n’étais pas préparé. Moi, j’ai toujours honoré mon pays et mes engagements. Ma décision de déclarer forfait n’a rien d’un chantage », souligne-t-il.
Par Abdelatif C. el watan 19 aout 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Notre pays a besoin de compétences
Au moment de sa puissance, Haroun Errachid, observant un nuage qui passait dans le ciel de Baghdad, lui dit : « De quelque côté que tu pleuves, j’aurai droit à ton imposition ! » Empereur sage, consciencieux et ambitieux, le prince des croyants pesait bien ses mots.
II savait que ses armées avaient atteint la lointaine Mongolie, après avoir propagé l’Islam à Tachkent, au Kazakhstan et au nord de la Grande Chine. 99% des historiens arabes, musulmans, chrétiens, boudhistes et autres chercheurs qui s’intéressent à la civilisation islamique disent que cette dernière a atteint son apogée au temps de Haroun Errachid, empereur mythique et savant gestionnaire des « affaires de l’Etat ». Il avait ouvert aux savants, écrivains poètes, philosophes et autres penseurs, les portes de la recherche scientifique et littéraire en les encourageant par des récompenses considérables en or et en argent. C’est en son temps que les grandes découvertes scientifiques de l’ère musulmane ont vu le jour. Visionnaire et homme large d’esprit, il n’a pas interdit les boissons alcoolisées, la danse et les jeux de hasard ; il a encouragé les artistes de tous bords et ses citoyens à créer et à boire du vin en toute liberté. La grandeur et la sagesse de Haroun Errachid ont donné à l’humanimité, que ce soit en son temps ou après sa mort, (ses successeurs n’ont fait que suivre son grand héritage), les Burouni, Errazi, Ibn Djabber, (le mot algèbre est tiré de son nom), El Khawarzmi (initiateur des logarithmes modernes en mathématiques) et Omar El Khayam, le plus grand poète de tous les temps !
De grands universitaires musulmans ont prouvé que Haroun Errachid était un homme pieux et un fervent croyant qui faisait le pèlerinage tous les deux ans, au contraire de Mouawiya ou Abou Djaâfar Essafah, qui ont cloîtré l’Islam dans l’arabité et la dureté des soi-disant préceptes religieux, qu’il était le premier empereur musulman à avoir ouvert les portes aux politiques et aux compétences de toutes les races. On trouvait dans son « diwan » des Persans, des Turcs, des Indiens (ou Hindous) et autres Tatares. Son ami et poète préféré n’était autre qu’Abou Nouas le Persan et la femme qui lui a donné El Mamoun ; le plus intelligent de ses enfants était Persan. Enfin, sage et visionnaire, Haroun Errachid, réunissait, chaque lundi, dans son divan, savants, intellectuels, poètes, écrivains et « fkih » pour discuter des problèmes de son empire afin de trouver les solutions adéquates et de tracer les lignes génératrices d’alternatives fructueuses. La vie politique de Haroun Errachid et sa gestion juste des affaires de son Etat sont le plus beau modèle à suivre aujourd’hui par les gouvernants des pays musulmans, en général et de l’Algérie en particulier. Malheureusement, en ce qui concerne notre pays, nos hauts responsables sont très loin du modèle « Haroun Errachid » ou de celui des responsables des Emirats ou de la Malaisie, par exemple ( pour ne citer que les modèles des pays musulmans les plus développés, la comparaison avec les modèles occidentaux étant quasi impossible). Si on prend un autre modèle du tiers monde, l’expérience vietnamienne nous saute tout de suite aux yeux. En effet, ce pays a connu une guerre de libération aussi douloureuse que celle de l’Algérie et a fait face, après le retrait de l’armée américaine, à des dissensions politiques (assimilées par certains politologues à des guerres, civiles), presque identiques à celles de l’Algérie (guerre des wilayas historiques en 1963, coups d’Etat de 1965 et 1967, terrorisme des années quatre- vingt-dix). Malgré le retard pris pour se libérer (les troupes américaines ne se sont retirées du pays qu’en 1973, alors que l’Algérie était déjà indépendante depuis 1962 !) du joug colonial et les guerres.(de vraies guerres en 1974, 1975, 1978 et 1979) d’après indépendance, le Viêt-nam connaît aujourd’hui une croissance (sans les apports du pétrole et du gaz qui avantagent normalement l’économie algérienne) que l’Algérie envierait (8% d’après les économistes). L’ex-Indochine est devenue aussi en un laps de temps plus court qu’en Algérie (qui a eu son indépendance 11 ans auparavant), un grand pays touristique (ses recettes ont dépassé en 2007 les deux milliards de dollars, alors que celles de l’Algérie piétinent autour de deux cent mille dollars US.) Quel est le secret de la réussite viétnamienne et quel est l’handicap qui freine le développement de notre pays ? La réponse est, sans détours ni fioritures : le Viêt-nam est bien géré, tandis que l’Algérie est drivée par de mauvais gestionnaires, à l’exception de quelque 10% tels, par exemple, Khalida Toumi, Amar Ghoul ou les P.D.G de Cosider et Sonelgaz qui ne prennent en considération ni les avis des experts, ni les critiques des journalistes, ni les alternatives proposées par les chercheurs et autres intellectuels algériens ! Aujourd’hui, notre pays est ébranlé par les émeutes, le banditisme, la corruption et .. le terrorisme, fléaux graves et menaçants qui freinent tout espoir de développement et enferment le peuple algérien dans la peur, le manque de confiance (déjà assez répandu dans notre société) dans ses gouvernants et le désespoir (poison paralysant les peuples sous-développés). Si ces maux continuent de monter crescendo, ils feront de l’Algérie l’éternel pays retardataire et la risée des autres nations bien gouvernées, y compris celles qui appartiennent encore au contingent des pays émergents. Si les jeunes d’Oran ont saccagé et brûlé leur ville et si ceux d’El Harrach ont failli en faire de même d’Alger, n’était la petite popularité de leur club (USMH), c’est que le chômage, la pauvreté et la malvie ont atteint des degrés insupportables chez ces jeunes. Mauvais calculs et gestion désastreuse. Le gouvernement croit régler les problèmes des jeunes (et moins jeunes) Algériens en construisant un million de logements dans les cinq années à venir, en octroyant des salaires allant de 5000 à 10 000 dinars pour des jeunes (qui possèdent parfois les diplômes d’ingénieur) qui seront obligés d’être de simples gratte-papier ou plantons dans les administrations déjà bondées de « bras inutiles ». La manne pétrolière et/ou gazière est là ! Elle aide nos gouvernants à éteindre le feu( tout en laissant quelques braises sous les cendres), et demain, quand les puits de l’or noir et du gaz se tariront ? Eh bien, les jeunes brûleront l’Algérie entière ! Ce jour-là, même les mosquées ne seront pas épargnées ! Ali Ben Abi Taeb n’a-t-il pas dit : « L’athéisme peut résulter de la misère » ? Qui pourra arrêter les affamés ? Absolument pas les policiers ou les gendarmes, et encore moins « les mirages » des « millions de logements » (les affamés détruiront même leurs habitations) ! Alors que les Algériens ont construit 30% du Paris moderne (entre 1880 et 1962), la ville la plus visitée dans le monde par les touristes et les intellectuels de tous bords, creusé 50% des tunnels de son métro et occupé 70% des galeries des mines de charbon de la France jusqu’en ..1975, notre gouvernement importe des milliers de manœuvres, maçons, conducteurs de ..brouettes et.. trabendistes chinois (faites un tour du côté du marché de Doubaï à El Hamiz, ou visitez Souk El Harrach pour vous apercevoir du « drame algérien » !) et traite, sans honte, les jeunes Algériens de « hittistes » (mot pérogatif que l’un des principaux dirigeants de notre pays, n’a pas eu honte d’utiliser, en direct à la télévision algérienne, à l’encontre de notre jeunesse, pour justifier « l’importation » des conducteurs de brouettes, manœuvres et autres... trabendistes chinois (avec mes excuses pour les 99,90% des Chinois qui sont en train de projeter la Chine à la place de la ..première puissance du monde !) Messieurs les hauts responsables algériens ! Les jeunes Algériens (dans tous les pays du monde, il y a des « hittistes », des marginaux, des drogués, des ivrognes et des paresseux ; mais ils représentent toujours une infirme minorité du peuple) veulent... travailler, travailler, travailler ! Et notre pays n’a pas besoin de .. logements (est-ce que les Tunisiens ou les Marocains construisent des logements sociaux ?), de nouvelles villes et » d’importation », de constructeurs de brouettes.. Notre pays a besoin de richesses ; et les richesses ne peuvent se réaliser qu’avec le travail, la sueur et le savoir-faire de ses enfants.
(1) Voir El Watan du 31/03/08 p.19(folio).
Par Djilali Khellas el watan 20 juillet 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Jeunesse algérienne : Revendication ou destruction ?
« Ce ne sont pas les événements qui perturbent l’homme, mais sa façon de les interpréter. » Epictète.
On enregistre actuellement une augmentation de la violence dans notre so-ciété ; la presse nous rapporte au quotidien des actes violents : vols, drogue, agressions, viols, kidnappings, etc. Pourquoi tant de violence ? Est-ce un phénomène spécifique aux Algériens ?
En outre, nous assistons ces derniers mois à une autre forme de violence, à une multiplication d’émeutes dans certaines villes algériennes : à la moindre revendication, les jeunes sortent dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Souvent, ces manifestations sont suivies d’actes de violence et de destruction inouïs qui nous rappellent les événements d’octobre 1988, mais aussi ceux du 8 novembre 2005 qui se sont déroulés dans les banlieues françaises. Devant cette escalade de violence, certains analystes, comme nos gouverneurs, parlent de manque d’encadrement associatif, d’irrationalités collectives et de contagion. Certains expliquent cette violence par l’étouffement social. Au début du XXe siècle, Gustave le Bon fut le premier à comparer la propagation des troubles sociaux à une infection microbienne (cf. La Psychologie des foules de Gustave le Bon). Cela est-il vrai ? Oui !
Dans quelles conditions les groupes deviennent-ils violents ? On constate souvent que les facteurs latents de la violence sont : la dévalorisation (chômage, stigmatisation et discrimination), l’incohérence des statuts (diplômé sous-employé), la justification morale de la violence (doctrinale, religieuse, …), des normes sociales délinquantes et violentes, des faiblesses au niveau des compétences verbales et de l’insertion sociale. Les interactions sociales au sein du groupe augmentent l’effet de masse en désinhibant la violence par une désindividualisation (anonymat et impunité), avant le passage à l’acte. En criminologie contemporaine, on propose généralement trois grandes explications sociales de la délinquance : l’absence de contrôle, l’imitation et l’apprentissage social des conduites délinquantes et la frustration. L’absence de contrôle est à l’origine de la criminalité. Cela dit, il existe plusieurs formes de contrôle : le contrôle direct, le contrôle interpersonnel et le contrôle interne. Pour comprendre le contrôle direct, il suffit de poser la question suivante : pourquoi ne sommes-nous pas des êtres viol-ents ? En effet, le contrôle direct correspond à un jeu de surveillance, de contraintes physiques et de sanctions. On observe par exemple que la quantité de dégradations et de violences observées dans les lieux publics urbains est liée à l’importance du contrôle formel ou informel qui y est effectivement exercé, qu’il s’agisse de dégradations dans les espaces publics ou scolaires. Ce contrôle direct peut s’appliquer dans d’autres contextes, au sein de la famille par exemple, où l’on constate que la délinquance des adolescents est inversement proportionnelle à la surveillance parentale.
Ce contrôle direct parental permet de comprendre en partie pourquoi les aînés, les personnes de sexe féminin ou encore celles issues de fratries peu nombreuses, sont moins enclins à la délinquance que les autres. Cela montre l’importance du contrôle de la famille qui peut jouer un rôle régulateur de l’agressivité des adolescents, par le biais de la communication. Mais comme nous le constatons, souvent dans notre société la communication entre les générations se réduit à des ordres et à la moralité. Rien n’est fait pour communiquer et débattre des vrais problèmes au sein de la famille, de l’administration, etc. sans oublier l’ampleur du conservatisme traditionnel. Cependant, le relâchement du contrôle direct crée des opportunités déviantes que certains s’empressent de saisir. (L’exemple de pillages à la Nouvelle Orléans, aux USA et à Baghdad, en Irak). Quant au contrôle interpersonnel, c’est une autre forme de contrôle qui influence durablement les êtres humains. Une étude réalisée en France auprès de milliers d’adolescents scolarisés indique que la délinquance diminue quand l’attachement aux parents, aux enseignants, aux autorités telles que la police, augmente. Ce qui nous laisse penser que les principaux régulateurs des comportements sociaux proviennent d’autres êtres sociaux et institutions.
Une importante synthèse réalisée par Lawrence Sherman de l’Université de Pennsylvanie, a montré que le taux de récidive de conjoints ou de maris violents est plus faible lorsqu’ils sont arrêtés immédiatement après les faits que lorsqu’ils sont simplement réprimandés par les forces de l’ordre, mais cela uniquement s’ils ont un attachement social significatif tel que la profession ou le lien conjugal. Dans le cas contraire, la sanction augmente les risques de récidive. Autrement dit, le succès d’une politique répressive dépend de la bonne insertion des citoyens dans un tissu social. Or, en Algérie, on peut se poser deux questions fondamentales : la société s’adapte-t-elle à l’évolution des valeurs des jeunes ? Ou sont-ce les jeunes qui s’adaptent aux valeurs de la société ?La pesanteur de la culture traditionnelle rend parfois l’adaptation des jeunes aux valeurs existantes dans la société difficile. Car la société algérienne s’enferme de plus en plus dans des valeurs qui sont parfois dépassées. D’une part, les jeunes ont cette opportunité de voir ce que se passe ailleurs, via les médias et l’internet, et d’autre part, ni la famille ni les gouvernements (particulièrement le système éducatif) n’ont préparé un espace pour que ces nouvelle valeurs qui émergent soient acceptées en les exerçant. Prenons la sexualité comme exemple : les jeunes se marient de plus en plus tard (cf. 33,5 ans pour les hommes et 29,9 ans pour les femmes, selon le dernier rapport du CNES, 2008).
Cependant, nous savons tous qu’ hors mariage, les rapports sexuels sont dits illégitimes, ce qui a pour effet de créer un déséquilibre au niveau personnel dans les deux formes de contrôle : contrôle interpersonnel (qui réduit la liberté d’intégrer les valeurs sociales, mais aussi augmente les frustrations et une forme de violence, que les psychanalystes appellent pulsion violente) et contrôle interne (ou moral). Ce dernier correspond aux normes morales intériorisées par l’individu, et s’exprime par exemple à travers le jugement de gravité porté sur tel ou tel comportement. Des adolescents qui jugent sans gravité telle conduite délinquante en ont plus fréquemment été auteurs dans le passé. Ce jugement de gravité n’est pas statique. Au niveau individuel, il existe de nombreux tours de passe-passe mentaux pour neutraliser les injonctions morales : dévaloriser la victime éventuelle, minimiser la gravité de l’acte ou mettre en avant sa nécessité absolue, et d’autres.
Cela dit, dans notre société, la culture violente est parfois traditionnelle (comme le « nif », qui pousse certaines personnes, parfois dans l’excès, à sauvegarder leur dignité et leur honneur, mais en s’exprimant avec une violence injustifiée et désuète). Cette violence est légitimée dans la société, soit pour sauver l’honneur de la famille ou par l’esprit revanchard. Une étude menée par Dane Archer, de l’Université de Santa Cruz, a analysé les données statistiques fournies par 110 pays entre 1900 et 1970. Elle a constaté que, dans les pays qui ont été en guerre, l’augmentation des homicides résulte d’une légitimation de la violence inhérente aux conflits. L’école algérienne n’a su inculquer ni l’esprit de tolérance et d’ouverture à l’autre ni l’esprit critique. Je tiens à préciser qu’il s’agit ici d’esprit critique et non pas d’esprit de critique.
La différence est importante, car j’ai constaté souvent que, dans notre société, on rencontre des personnes dotées d’un esprit de critique, c’est-à-dire qu’elles critiquent pour le plaisir sans recours à la raison au lieu d’apporter une critique constructive. C’est une forme d’annihilation de tout ce qui existe ou qui est produit par l’autre, comme si l’autre était un ennemi potentiel dans sa structure cognitive, de pensée. De ce fait, celui qui a recours à cette forme de critique porte un jugement dysfonctionnel. Cette forme de critique est malheureusement omniprésente dans les différents milieux socioculturels. Cependant, l’esprit critique, c’est la capacité à argumenter en comparant la validité des différents choix éthiques et intellectuels possibles sur le sujet donné. L’objectif de l’esprit critique est d’apprendre à critiquer pour faire avancer les problématiques et la société, mais aussi d’avoir un esprit modéré en acceptant la critique de l’autre. Ainsi Kant a lancé l’idée de « la pensée élargie » qui est, selon lui, le contraire de l’esprit borné. C’est la pensée qui parvient à s’arracher à sa situation particulière d’origine pour s’élever jusqu’à la compréhension d’autrui. Il appartient à la famille de jouer son rôle pleinement pour inculquer les valeurs fondamentales telles que le respect, la tolérance et l’acceptation de l’opinion différente. Ces valeurs doivent être appliquées au sein de la famille.
Les parents doivent montrer l’exemple aux enfants. L’autorité n’est pas l’exercice de la force, mais elle consiste en la communication, l’écoute, l’initiation à l’esprit critique et l’acceptation de l’opinion différente. Pour exercer l’autorité, il faut d’abord se respecter soi-même et donner l’exemple avant d’exiger des enfants qu’ils nous respectent. Ceci dit, la tolérance ne doit pas rester qu’une idée énoncée dans les textes. Elle n’a de légitimité pleine et durable que si elle s’applique réellement aux individus. La tolérance n’a de vertu que si elle ouvre à l’autre. Elle est faible si elle consiste à mettre en pratique la négation de l’autre Une deuxième explication de la délinquance est l’observation des conduites délinquantes et l’exposition à des influences délinquantes.
L’une des observations les plus récurrentes de la criminologie est la suivante : la délinquance de ses amis est le meilleur indicateur statistique pour prévoir la délinquance d’un individu. D’où le proverbe populaire « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ». En fait, la délinquance ne se réduit pas seulement à une simple tendance homophilique qui voudrait que l’on s’associe préférentiellement aux personnes qui nous ressemblent, mais elle est apprise au contact des semblables délinquants. C’est ce que démontrent les recherches longitudinales consistant à réaliser un suivi des mêmes personnes durant plusieurs années. Le groupe délinquant initie et renforce la délinquance de ses membres à plusieurs niveaux. Ce groupe dispose des normes et des modes de conduite délinquantes. Il offre des récompenses matérielles ou symboliques (présenter l’autre comme un héros, par exemple) aux auteurs d’actes transgressif.
Enfin, il initie ses membres à des techniques et des modes spécifiques de Les encouragements du groupe favorisent l’acquisition de comportements agressifs. On peut observer ce phénomène dans certains stades algériens ou quartiers populaires où des petits groupes s’organisent et attirent l’attention des individus prédisposés à la délinquance, ce qui crée un désir pour ces derniers d’intégrer le groupe qui doivent auparavant se soumettre à une série d’épreuves pour être intégrés. Selon la Gendarmerie nationale, plus de 3 700 mineurs ont été arrêtés en 2005, contre 3 123 en 2004 et 3 076 en 2003. Durant le premier trimestre 2006, les gendarmes ont interpellé 1 027 mineurs et la DGSN estime que 11 302 mineurs (dont 272 filles) ont été impliqués dans divers délits. Cependant, ces mineurs sont les premiers à subir cette violence : en 2006, sur 21 265 victimes de criminalités, 1 676 sont des mineurs soit 8%, en 2007 en enregistre 9% et durant le premier trimestre 2008 ce chiffre grimpe à 12%. Ces chiffres sont alarmants et ne feront qu’empirer si les autorités ne font pas face à ce phénomène dès maintenant ! Le gouvernement devrait en premier lieu sensibiliser les parents et instaurer un service social de proximité performant pouvant répondre aux besoins des quartiers ou de la commune.
Il devrait en outre créer des postes d’agents de police de proximité représentant l’autorité (et non une force de répressionde l’Etat et facilitant la communication avec les citoyens. Ces mesures permettraient de prévoir les atteintes contre les biens publics et individuels. Plusieurs études de psychologie sociale expérimentale montrent que des enfants observant incidemment des modèles agressifs expriment davantage de conduites agressives que des enfants exposés à des modèles neutres. Ils sont parfois séduits ou attirés par les actes de violence, ou tentent de ressembler aux observateurs (ce qui arrive souvent lorsque les enfants s’identifient aux acteurs principaux de films ou de dessins animés, voire de personnes de leur entourage). Enfin, une troisième explication de la délinquance se rapporte au rôle des frustrations et des émotions négatives en général. L’expérience de la frustration est fréquemment associée à l’apparition de comportements agressifs .
Les études consacrées à la frustration permettent de distinguer les frustrations suscitées par l’impossibilité d’atteindre un but (par exemple, le cas des jeunes harraga qui n’ont pas lesI moyens d’aîrriver ou d’atteindre la rive nord). Ces frustrations donnent souvent lieu à des réactions moins agressives que celles résultant d’une menace de l’estime de soi, quand un individu est par exemple insulté par un autre. Lorsque la valeur que l’on s’attribue à soi-même est îmenacée par autrui, l’agression verbale ou physique n’est généralement pas très loin. Cela dit, le manque d’une vraie communication dans nos administrations pousse certains individus à la vengeance. Car le plus difficile pour un individu est le fait d’être délaissé, ignoré et inconsidéré. Ce mépris (hogra) envers les individus augmente la frustration et le sentiment d’être attaqué dans sa propre estime de soi. Des études ont montré que les individus les plus susceptibles de réagir à la frustration par la violence ne disposent généralement pas de ressources et de qualifications leur permettant de la gérer correctement ; leurs compétences verbales, ainsi que leurs ressources intellectuelles, relationnelles et financières sont limitées. Ils présentent souvent des traits de personnalité tels que l’impulsivité ou l’irritabilité.
Les frustrations perçues comme intentionnelles et injustes se manifestent souvent par des comportements violents, de forte intensité et résultent d’incitations à la violîence. Ces trois explications de délinquances individuelles peuvent éclairer certains aspects importants des violences collectives. Selon la théorie du contrôle, la violence résulte donc d’une absence de surveillance ou de contraintes physiques, sociales ou psychologiques. Cela dit, l’agressivité n’est qu’une inhibition de l’action. C’est-à-dire que lorsque les individus n’ont pas les moyens cognitifs pour gérer (ou inhiber) leur colère ou leurs frustrations, ils s’expriment par la violence. Celle-ci est amplifiée par l’effet de groupe. Car le groupe apporte une désindividuation (perte d’identité dans le groupe ou l’anonymat) propice à une baisse du contrôle et à une plus grande réceptivité aux normes violentes du contexte immédiat. On peut supposer ainsi que plus la désindividuation est importante, plus la violence exprimée est intense.Pourquoi la désindividuation rend-elle violent ? D’une part parce qu’elle contribue à abaisser le sentiment de responsabilité individuelle.
Et d’autre part, parce qu’elle altère la conscience de soi en diminuant notamment la capacité de l’individu à vérifier l’adéquation entre des normes personnelles relativement stables et ses comportements en situation, rendant l’individu plus sensible aux normes de la situation immédiate. Comme nous l’avons souligné plus haut, il existe le phénomène de l’imitation d’autrui. C’est notamment l’une des idées développées par Gustave le Bon « dans la foule, tout sentiment, tout acte est contagieux ». Ce qui explique la multiplication d’émeutes dans certaines villes algériennes. Cependant, ces émeutes ne sont pas forcément synonymes de violence. « Criminelles, les foules le sont souvent, certes, mais souvent aussi héroïques ", a écrit Gustave le Bon.
Notes de renvoi
- 1- Luc Ferry, Apprendre à vivre, p 167 2006.
- 2- Notre contribution Religieux ou politique in Hoggar Institute.
- 3- El Watan 23:01/07
- 4- El Watan 01/06/08
- 5- Comme le montre une étude réalisée à Lille, en France, où certains participants (aléatoirement)une évaluation négative ou positive d’une tâche qu’ils vnaient d’effectuer. Ceux ayant obtenu une évaluation négative se sont montrés plus enclins à accepter ultérieurement d’être complices du vol d’un objet supposé appartenir à une personne.
Par Yazid Haddar elwata 19 aout 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Kadour Berraja (Premier président de la Cour suprême)
« La Cour suprême n’est pas une voie de garage »
Les magistrats de la Cour suprême ont tenu samedi pour la première fois, une assemblée générale consacrée au bilan de cette institution et surtout aux problèmes liés au travail judiciaire. Une rencontre sur laquelle le premier président, Kadour Berraja, compte beaucoup pour « assainir » les affaires pendantes, mais aussi pour améliorer la qualité des décisions rendues. Dans cet entretien, Kadour Berraja s’exprime sur certaines affaires comme celles de Khalifa et des walis.
- Pour la première fois, les magistrats de la Cour suprême ont été réunis en assemblée générale pour discuter des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur travail judiciaire quotidien. Est-ce une manière de les impliquer dans cette gestion ?
- En tant que premier président de la Cour suprême, je me dois d’apporter quelques changements dans le fonctionnement de cette institution à travers la manière de répartir les dossiers, les magistrats, mais aussi à travers la révision du statut des magistrats de la Cour suprême qui est fin prêt grâce aux efforts de tous... Faut-il s’attendre à une révision totale de cette loi ?
- Cette loi a été revue et corrigée par les magistrats de la Cour suprême et la copie a été remise au ministre de la Justice. Il est question de revoir totalement la gestion et l’organisation internes de la cour. La première étape a permis d’ouvrir le débat avec les présidents de chambre pour arriver à l’assemblée générale d’hier pour débattre de l’activité judiciaire, administrative et financière, mais aussi de la modernisation. C’est aussi une occasion pour soulever les problèmes que rencontrent les magistrats dans le traitement des affaires qui leur sont soumises. Actuellement, nous avons deux juges d’instruction au niveau de la cour qui se partagent des affaires très lourdes et graves. Cette répartition permet d’approfondir l’instruction et de la rendre la plus complète possible, même si cela nécessite du temps. Ces juges n’ont pas quitté les chambres dans lesquelles ils exercent afin qu’ils puissent, d’un côté, suivre leur travail d’instruction, et en même temps, rendre des arrêts.
- Pendant des années, le poste de conseiller à la Cour suprême était considéré comme une voie de garage pour les magistrats indisciplinés ou incompétents. Dans de telles conditions, peut-on s’attendre à des arrêts irréprochables ?
- Il est vrai qu’il y a eu quelques magistrats qui ont été sanctionnés par une affectation à la Cour suprême. Ce sont des cas rarissimes. Lorsque vous avez un magistrat brillant qui commet une erreur, vous vous mettez devant deux solutions : la révocation ou la mutation à la Cour suprême pour profiter de son expérience. Souvent, c’est cette dernière solution qui est privilégiée parce qu’il faut reconnaître que ces magistrats ont vraiment de l’expérience. La Cour suprême n’est pas une voie de garage. Récemment, une dizaine de magistrats a été affectée, sur leur demande, et je peux vous assurer qu’il s’agit d’excellents juges. La Cour suprême n’appartient pas à un président qui ne fait que la gérer, encore moins aux magistrats. Elle appartient à tous les citoyens. Mon objectif est d’arriver à convaincre les justiciables de cette réalité.
- Pensez-vous que la Cour suprême n’est pas encore celle de tous les justiciables ?
- Je veux leur faire admettre que cette institution leur appartient et qu’à ce titre, ils doivent faciliter la tâche aux magistrats...
- La Cour suprême est souvent accusée de lenteurs dans la gestion des pourvois en cassation. Comment expliquez-vous cela ?
- Nous ne pouvons pas parler de retard parce que nous sommes dans l’obligation de respecter le numéro d’ordre des affaires enregistrées. La loi ne nous limite pas dans le temps. Le plus important pour nous est de maîtriser les dossiers, notamment pour la période comprise entre 2002 et 2006. L’assemblée générale permettra de discuter de la méthodologie à adopter pour traiter ces affaires pendantes. Il est aussi question d’inciter les magistrats à corriger les erreurs qui peuvent apparaître dans leurs arrêts, de les contrôler et de les signer et de les enregistrer dans un délai maximum d’un mois. Il faudra savoir comment sont traités ces pourvois. Le magistrat doit convoquer les parties, parfois plusieurs fois, parce que souvent les convocations n’arrivent pas à destination. L’arrêt de la Cour suprême revoit la forme et non le fond de l’affaire. C’est-à-dire qu’il est question de voir si l’application de la loi a été respectée. Dans ce cadre, le magistrat est tenu de bien lire les textes, de lire même ceux de certains pays qui ont la même législation que la nôtre ainsi que notre jurisprudence et celles des autres. Ce qui représente un volume de travail assez important pour se faire une idée plus précise. Parfois, une des parties n’a pas d’avocat et il faudra lui garantir ce droit par l’assistance judiciaire.
- Le nombre des pourvois en cassation est-il en hausse ou en baisse ?
- Les pourvois les plus nombreux touchent généralement les délits, les infractions, le foncier, les affaires sociales. Mais aujourd’hui, nous avons constaté que le nombre des pourvois enregistrés est moins important que celui des arrêts rendus par la cour. C’est-à-dire que pour une cinquantaine de pourvois, il y a en parallèle plus de 70 arrêts rendus. Notre objectif est d’arriver durant cette année à traiter toutes les affaires délictuelles de 2002 et 2003. Certaines chambres traitent actuellement les dossiers datant du dernier trimestre de 2006 qui ont trait au statut personnel, au foncier, au maritime, au social et au civil.
- Il y a des affaires très suivies par l’opinion publique et qui sont pendantes depuis des années au niveau de la Cour suprême…
- J’ai déjà expliqué qu’il n’y a aucun délai qui limite la décision de la Cour suprême. Nous sommes, par contre, soumis à l’obligation du respect fondamental de la suite chronologique des numéros d’ordre, et ce, depuis la création de cette institution en 1964. Néanmoins, il y a des priorités que nous accordons en matière de liberté provisoire et des cassations des arrêts de la chambre d’accusation pour permettre le jugement d’une affaire ou la mise en liberté provisoire d’une personne détenue. Ceci ne répond qu’au seul souci d’équité entre les justiciables.
- Pour être plus précise qu’en est-il des affaires des walis de Blida et d’El Tarf, pour ne citer que ceux-là, ainsi que celle de Khalifa, actuellement en instruction au niveau de la Cour suprême ?
- Chacun de ces dossiers suit son cours normal. Il y a des témoins à entendre, des commissions rogatoires avec l’étranger et des experts à entendre. L’instruction fonctionne normalement.
- Beaucoup a été dit au sujet du dossier Khalifa. Est-ce une nouvelle affaire ou un complément à celle instruite par le tribunal de Chéraga ?
- Comme vous le savez, il y a deux anciens ministres qui ont été cités dans cette affaire. Ils ont été entendus par la Cour suprême parce qu’ils bénéficiaient au moment des faits du privilège de juridiction. Les juges d’instruction n’ont pas encore terminé leur travail de fourmi. Ils n’enquêtent pas sur les mêmes faits que ceux autour desquels est axée l’instruction au niveau du tribunal de Chéraga. Mais elle complète son travail.
- Qu’en est-il des pourvois en cassation introduits dans le cadre de l’affaire Khalifa, jugée par le tribunal criminel près la cour de Blida, il y a une année ?
- Pour nous, cette affaire est comme toutes les autres. Le respect de la chronologie des numéros d’ordre est pour nous primordial. Le traitement de ce dossier est en train de se faire normalement.
- Et pour ce qui est des affaires des walis ?
- Quatre walis sont actuellement poursuivis par la Cour suprême. L’un est poursuivi pour un accident de la circulation et trois autres pour des affaires de dilapidation de deniers publics. Parmi ces derniers, ceux de Blida et d’El Tarf, lequel avait deux dossiers, l’un à El Tarf et l’autre à Annaba, qu’il fallait leur faire jonction. Les auditions se poursuivent toujours et il y a des commissions rogatoires avec l’étranger pour vérifier certains faits. Ce qui demande beaucoup de temps.
- En tant que premier président de la Cour suprême, vous avez présidé la dernière session disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et qui s’est terminée par la révocation de 12 magistrats. N’est-ce pas beaucoup pour une seule session ?
- Lorsque je suis venu à la Cour suprême, j’ai hérité d’au moins une vingtaine de dossiers, qui remontent pour certains à 1998. Il y a des magistrats qui sont suspendus depuis 2000.
- Ne sont-ils pas touchés par la prescription ?
- Non, parce qu’en plus de la plainte disciplinaire, il y a en parallèle une action publique contre le magistrat. Nous avons séparé les deux actions pour pouvoir examiner en session extraordinaire ces dossiers.
- Pourquoi une session extraordinaire ?
- C’est à cause du volume des anciens dossiers, parmi lesquels certains son en détention, d’autres poursuivis pénalement ou ayant purgé une peine de prison. Nous avons décidé de séparer les deux actions. Laisser d’un côté l’action publique se poursuivre, et en même temps tenir une session disciplinaire pour écouter les mis en cause, peut-être qu’ils ont des arguments de défense. Nous avons encore quelques dossiers à examiner lors d’une session extraordinaire prévue incessamment, et après, le conseil disciplinaire aura jugulé tout le retard et pourra reprendre ses sessions ordinaires. Lors de la session écoulée, il y a eu 17 dossiers examinés, alors qu’au début, 12 seulement étaient au programme. Les quatre autres datent d’un à deux mois et ont été ajoutés à l’ordre du jour. Deux de ces magistrats ont obtenu la relaxe, et il n’y a pas de honte à le dire. Deux autres ont été mis à la retraite d’office, un autre muté d’office. Douze magistrats ont été également révoqués au cours de cette session. Tous ces magistrats se sont défendus en toute liberté devant le conseil. Il nous reste six ou sept dossiers que nous sommes en train de préparer pour la prochaine session, prévue pour bientôt.
- Ces magistrats peuvent-ils contester cette décision ?
- Il n’y a pas de recours. La décision du CSM est souveraine...
- Mais il y a eu un cas qui a obtenu gain de cause auprès du Conseil d’Etat, mais qui n’a pu être réintégré par la chancellerie...
- La décision est définitive. Le conseil de discipline est composé de 16 magistrats qui ont posé des questions et entendu les réponses des mis en cause. Certains étaient indéfendables, d’autres ont tout simplement reconnu leurs fautes.
- Des sources judiciaires parlent d’une centaine de magistrats ayant déposé leur démission, durant ces dernières années, pour protester contre les pressions qu’ils auraient subies...
- Depuis que je suis au CSM, nous n’avons jamais eu à examiner des demandes de démission. Nous avons eu à examiner deux cas d’abandon de poste seulement. De par mon expérience, je ne pense pas qu’il y a eu autant de démissions. C’est une fausse information.
- En tant que magistrat ayant occupé des postes au niveau des différentes juridictions, que pensez-vous de ceux qui estiment que le juge algérien n’est pas indépendant ?
- Depuis 1976, date à laquelle je suis devenu magistrat, je n’ai jamais reçu d’ordre de qui que ce soit. J’ai un dossier, je le lis et je prends toutes mes responsabilités pour n’appliquer que la loi.
- Pourriez-vous dire aussi que la corruption n’existe pas dans les rangs des juges ?
- Celui qui accepte la corruption payera...
- Vous avez eu des cas avérés remis au CSM ?
- Ce sont des soupçons de corruption. Il y a eu non-respect de l’obligation de réserve. Parce que lorsqu’il y a corruption avérée, cela relève du pénal et non du CSM.
Par Salima Tlemçani el watan 24 avril 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
L’Examen de fond de la demande d’extradition fixé aux 29 et 30 mai
La demande de liberté provisoire pour Khalifa rejetée
La justice britannique entend étudier la légalité des chefs d’inculpation retenus contre l’ex-patron de l’empire Khalifa du point de vue du droit britannique.
Le tribunal de Westminster a rejeté la demande de liberté provisoire pour Rafik Abdelmoumen Khalifa et fixé au 29 et 30 mai prochain l’audience consacrée à l’examen de fond de la demande algérienne d’extradition de ce principal accusé dans l’affaire Khalifa. Après avoir déclaré recevable le 18 avril la demande d’extradition de l’ex-golden boy exprimée par l’Algérie, le juge Timothy Workman a souligné jeudi lors d’une audience tenue à la troisième chambre du tribunal de Westminster que la séance d’examen de fond de la demande algérienne se déroulera sur deux jours et qu’elle est susceptible de se voir réserver une troisième journée le 3 juin prochain. Par examen de fond, la justice britannique entend étudier la légalité des chefs d’inculpation retenus contre l’ex-patron de l’empire Khalifa du point de vue du droit britannique. Incarcéré depuis le 27 mars 2007, l’accusé Khalifa s’est vu jeudi rejeter sa demande de liberté provisoire et mis devant le choix de se présenter devant le tribunal le 22 mai prochain pour sa réincarcération selon la législation en vigueur ou alors assister à la séance du 29 mai. Abdelmoumen Khalifa a choisi la seconde option et laissé à la justice britannique la question de sa réincarcération suivant le droit de ce pays prévoyant de revoir la détention du prisonnier tous les 28 jours. Inculpé dans trois affaires, l’ex-patron de l’empire Khalifa qui est aujourd’hui en détention ne peut prétendre à une liberté provisoire. Faisant déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre d’une demande d’extradition française pour « banqueroute frauduleuse, blanchiment d’argent et abus de biens sociaux », Khalifa a aussi la justice algérienne sur le dos et ses chances de faire échec à la demande d’extradition algérienne semblent s’amenuiser. La défense de l’ex-golden boy avait tenté en vain de jeter le discrédit sur la forme d’introduction de la demande d’extradition algérienne lorsque le juge Workman a évalué que l’acte d’accusation dans l’affaire du groupe Khalifa jugée devant le tribunal de Blida remplissait les conditions pour que la demande algérienne soit considérée comme fondée. Il reste aujourd’hui à attendre le 29 mai prochain afin de voir si l’examen de fond de la demande sera aussi recevable. Affaire à suivre.
Par Nadjia Bouaricha el watan 26 avril 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Londres. Examen de fond de la demande d’extradition de Khelifa
Le tribunal de Westminster (centre de Londres) a poursuivi hier ses audiences consacrées à l’examen de la demande de l’Algérie de l’extradition de Rafik Abdelmoumen Khelifa, propriétaire de l’ex-groupe Khalifa, condamné à la prison à perpétuité en mars 2007.
Lors des deux séances de cette deuxième journée, l’accusation a exposé les inculpations et les charges retenues contre Rafik Abdelmoumen Khelifa, à commencer par la falsification de l’hypothèque de la villa et du local commercial jusqu’à la constitution du groupe Khalifa. Parmi les autres griefs retenus contre Rafik Abdelmoumen Khelifa, l’avocat de la partie algérienne a cité les cas de vols survenus au niveau des différentes agences de la banque Khalifa sur ordre de Abdelmoumen Khelifa lui-même, et la gestion anarchique et la négligence ayant marqué les transferts de devises sous le couvert de diverses transactions qui étaient en réalité, selon la liste des chefs d’accusation, des détournements organisés. L’avocat de la partie algérienne a évoqué, à ce titre, le cas de l’acquisition de la station de dessalement de l’eau de mer dont le marché a été conclu en dollars, alors que le transfert avait été effectué en euros. Quant à la défense d’Abdelmoumen Khelifa, elle a persisté dans la même stratégie de défense, remettant en cause « la validité des documents » en évoquant des écarts entre l’original et sa traduction, tout en clamant « l’absence de la responsabilité personnelle » d’Abdelmoumen Khelifa pour « inexistence de preuves tangibles contre lui ». Par ailleurs, au sujet des inculpations et des charges retenues contre son client, l’avocat de Khelifa aura à répondre lors de l’audience de mardi 3 juin. D’autre part, l’ambiguïté a été définitivement levée au sujet de la non-conformité, invoquée par la défense de Khalifa, entre la version anglaise d’un document dont l’original est en langue arabe, manœuvre adoptée jeudi par la défense afin de prouver « la mauvaise foi » de l’accusation et remettre en question le fondement même de l’affaire. Lors de l’audience matinale, Abdelmoumen Khelifa paraissait à la fois tendu et mécontent de la prestation de son avocat qui s’éternisait sur les aspects de forme de l’affaire, alors que l’examen de celle-ci avait dépassé ce stade dès l’audience du 18 avril lorsque le juge Timothy Workman avait déclaré la demande algérienne recevable et fondée dans le fond et dans la forme. Les audiences de l’examen de fond de la demande algérienne avaient commencé jeudi et reprendront mardi prochain.
Par R. N. el watan 31 mai 2008
Publié le 19/08/2008 à 12:00 par hogra
Affaire Khalifa
L’examen de la demande d’extradition de Abdelmoumen Khalifa reprendra le 24 juin
Les audiences consacrées à l’examen de la demande algérienne d’extradition de Rafik Abdelmoumen Khalifa reprendront le 24 juin pour la poursuite du débat de fond de la demande, a annoncé le juge Timothy Workman au terme de trois jours de débats.
Le tribunal de Westminster (centre de Londres) devait clore hier les audiences consacrées à l’examen de fond de la demande d’extradition qui avaient débuté jeudi dernier et annoncer la date du début de l’examen de l’aspect relatif aux droits de l’homme. Cependant, a rapporté l’APS, l’audience d’hier qui s’est terminée à 14h n’a pas suffi pour finaliser l’examen, d’autant plus que l’avocat de Khalifa a cette fois-ci axé sa plaidoirie, tout au long de l’audience, sur le fond de la question, alors qu’il s’en était tenu lors des audiences de jeudi et de vendredi passés aux aspects de forme. Le juge Timothy Workman ne pouvait prolonger l’audience au-delà de 14h, en raison des engagements professionnels qu’il avait pris préalablement. L’audience du 24 juin sera consacrée aux réponses de la partie algérienne qui devra présenter des clarifications demandées par le juge après la plaidoirie de l’avocat de Khalifa.
Par R. N. el watan 4 juin 2008
Publié le 20/08/2008 à 12:00 par hogra
Affaire Khalifa : Le juge de Nanterre clôt le dossier, celui de Londres
Alors que le juge Timothy Workman, du tribunal de Westminster, à Londres, rendra aujourd’hui sa décision relative à l’examen dans le fond de la demande d’extradition de Abdelmoumen Khalifa vers l’Algérie, l’instruction menée par le tribunal de Nanterre autour de la vente des 13 avions-taxis achetés par Khalifa Airways auprès du groupe EADS par l’intermédiaire de Raghed Echamaâ vient d’être clôturée avec la mise en examen de plusieurs personnes.
Selon des sources proches du dossier, le magistrat, et après plus de deux ans d’instruction, a fini par remettre les actes de son dossier au procureur près le tribunal de Nanterre. Il s’agit de l’enquête judiciaire sur les circonstances douteuses ayant permis à Raghed Echamaâ de prendre possession des 13 avions-taxis achetés par Khalifa Airways entre 2001 et 2002 pour un montant de 10 millions de dollars US auprès de la filiale EADS Scota, pour les désimmatriculer puis les réimmatriculer au nom de Khalifa Jetcorp, une filiale anglaise, qui n’est en réalité qu’une société écran, avant de les démonter et de les vendre en pièces détachées. Raghed Echamaâ semble avoir joué un rôle important dans toutes les transactions relatives à ces avions, à commencer par leur achat auprès de la filiale du groupe EADS, à savoir Eads Scota, opération pour laquelle il aurait touché une commission de 5 millions de dollars. Après la chute du groupe, Echamaâ a réussi à mettre la main sur les appareils, dont un a été mis au nom de son épouse et les autres transférés aux USA puis vendus en pièces détachées.
L’instruction autour de cette lourde affaire s’est terminée par la mise en examen de plusieurs personnes pour, entre autres, « banqueroute frauduleuse, complicité de banqueroute, détournement d’actif et recel de ces infractions ». Il s’agit, en plus de Abdelmoumen Khalifa, de Raghed Echamaâ, qui risque un mandat d’arrêt international pour « complicité de banqueroute frauduleuse, détournement d’actifs et recel », vu qu’il ne s’est jamais présenté pour s’expliquer devant le juge qui a mis en examen également l’ancien patron de EADS Scota, Phillip Debrun, pour « complicité à recel de biens sociaux ». En fait, le juge lui reproche de ne pas avoir fait les vérifications nécessaires sur les commanditaires de ces avions avant la transaction, comme le prévoit la réglementation, notamment en matière d’exigence des bilans. Amine Chaâchoua, qui avait un mandat général pour la gestion de Khalifa Airways en France et établi l’acte de vente de la villa de Cannes achetée avec l’argent d’El Khalifa Bank puis revendue par Abdelmoumen Khalifa, est mis en examen par le juge pour banqueroute frauduleuse, abus de biens sociaux et recel de ces derniers ; faits pour lesquels il avait été déjà mis en détention avant d’être mis en liberté. Il en est de même pour Sakina Tayebi, mise en examen pour abus de biens sociaux et complicité à recel de ces derniers. Mme Amirouchène Nadia, ex-épouse de Abdelmoumen Khalifa, a été, quant à elle, mise en examen pour « complicité à recel de biens sociaux », alors que Krim Smail devrait répondre devant le tribunal de « complicité à banqueroute et abus de biens sociaux ».
Il en est de même pour Jean-Marc Brandela qui avait mandat général sur les activités de Khalifa Airways en France. Ainsi, au moment où l’on s’attend à la décision du juge du tribunal de Londres relative à la demande d’extradition de Abdelmoumen Khalifa, les jeux sont presque faits au tribunal de Nanterre auprès duquel, faut-il le préciser, El Khalifa Bank liquidation s’est constituée partie civile dans le but de pouvoir récupérer la somme de 10 millions de dollars lui permettant de rembourser les petits déposants. Le dossier présenté par la justice algérienne concernant les griefs retenus contre Abdelmoumen Khalifa est très lourd. Il est question de revenir sur les inculpations et les charges retenues contre Rafik Abdelmoumen Khalifa, à commencer par les colossales sommes d’argent prises des différentes agences d’El Khalifa Bank sur ordre de Moumen en personne, les transferts de devises sous le couvert de diverses transactions pour acquérir des biens, comme cela a été le cas pour le transfert de fonds pour l’achat de la villa de Cannes, des 13 avions-taxis, des stations de dessalement de l’eau de mer, en passant par l’acquisition d’une banque et d’une société de travaux publics allemandes et dont les actifs ne se trouvent nulle part sur les documents ni de Khalifa Airways ni d’El Khalifa Bank. Des preuves contre lesquelles les avocats de Abdelmoumen ont plaidé « l’absence de la responsabilité personnelle » de leur client, pourtant principal propriétaire du groupe, pour ne pas dire unique. De ce fait, la partie algérienne reste très optimiste quant à la décision du juge qui va être rendue aujourd’hui. Dans le cas d’une réponse en faveur de la demande d’extradition, il restera à Abdelmoumen de convaincre le 27 juin prochain le même tribunal que dans son pays, un procès équitable n’est pas garanti. Ce à quoi la partie algérienne, a-t-on précisé, s’est déjà bien préparée.
Par Salima Tlemçani el watan 24 juin 2008
Publié le 20/08/2008 à 12:00 par hogra
Bouteflika et les voleurs
Dans son discours devant les présidents des assemblées communales, le président de la République a demandé aux Algériens « d’arrêter d’accuser tout le monde de voleur », estimant que « cela ne fera pas avancer le pays ».
Mieux, il précise que si l’« on commençait à parler de voleurs, tous les Algériens, ‘hacha lima yasthelch’ (ndlr : exception faite pour celui qui ne le mérite pas), ont volé. Il n’y en a pas un seul qui n’a pas mis le doigt au miel ». Un message qui suscite vraiment des interrogations d’autant qu’il y a quelques années, lorsque le même Président préparait sa première campagne électorale, il avait appelé les Algériens à dénoncer ceux qui pillent les richesses du pays. De nombreuses affaires de dilapidation de deniers publics ont éclaté au grand jour grâce au concours de citoyens qui ont fait de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille. Les premières affaires qui éclatent sont dévoilées par l’Inspection générale des finances (IGF). Des missions d’inspection au niveau des services des Douanes lèvent le voile sur de nombreux scandales. D’abord l’accaparement par de hauts responsables de l’Etat des villas situées dans la zone d’Etat de Moretti, puis celles appartenant au ministère des Affaires étrangères ou encore des biens de l’Etat gérés par les domaines ou les OPGI. Les rapports de l’IGF sont restés sans suite.
Début 2000, les inspecteurs de l’IGF lèvent le voile sur des courants de fraude ayant occasionné au Trésor public un préjudice estimé à 7 milliards de dollars, et ce en l’espace de 4 années seulement. Vraies fausses domiciliations bancaires, fausses déclarations en matière d’exportation de déchets ferreux et non ferreux et d’importation de produits électroménagers dans le cadre de la formule dite Règle 2 A et des dispositions CKD-SKD destinées au soutien de l’industrie du montage et de l’assemblage sont alors les principaux dossiers remis par l’IGF à la justice. De nombreux cadres de la direction générale des Douanes, des banques publiques et des services de police ont été convoqués et certains d’entre eux inculpés. A ce jour, la justice n’a pas terminé son travail.
En 2003, le grand scandale du groupe Khalifa éclabousse les plus hautes institutions de l’Etat. L’affaire est prise en main par la justice et seul un volet du dossier, la gestion de la caisse principale, est jugé alors que la partie la plus importante n’est toujours pas sortie du bureau du tribunal de Chéraga. Pendant cette période, les banques publiques font l’objet de véritables hold-ups. D’importants crédits sont alloués à des opérateurs privés sans aucune garantie à même de sécuriser le remboursement. Aucune banque n’a été épargnée et les scandales arrivent en cascade, impliquant les plus hauts dirigeants de ces institutions, alors que les pertes financières occasionnées se chiffrent en centaines de milliards de dinars. Ces grandes affaires de corruption impliquent toutes de hauts responsables de l’Etat et non pas le petit citoyen devant lequel se dresse une montagne d’obstacles lorsqu’il s’agit d’un crédit immobilier ou d’une aide dans le cadre de l’Ansej.
Les affaires énumérées, qui ne reflètent que la partie visible de l’iceberg, sont toutes au stade de l’instruction. Une instruction qui risque un jour d’être totalement dépassée du fait de la prescription. Accuser « tous les Algériens » d’avoir « goûté au miel » revient à assurer une couverture aux véritables voleurs des richesses de ce pays. Ces derniers, tapis dans tous les rouages du système, ont accès à toutes les ressources. Et ce n’est certainement pas un simple citoyen qui peut décrocher un rendez-vous avec le P-DG d’une banque publique, un directeur des domaines, encore moins avec un ministre pour se voir octroyer un bien de la collectivité. Les voleurs sont ailleurs que parmi le petit peuple
Par Salima Tlemçani el watan 28 juillet 2008
Publié le 20/08/2008 à 12:00 par hogra
Extradition de Abdelmoumen Khelifa
Reprise le 21 juillet de l’examen de la demande algérienne
Le juge britannique Timothy Workman a fixé la date du 21 juillet pour la poursuite des audiences consacrées à l’examen de la demande algérienne de l’extradition de Abdelmoumen Khelifa condamné à perpétuité l’année dernière dans le cadre de l’affaire du groupe Khalifa.
Lors de la prochaine audience, le juge décidera soit de prolonger la détention soit d’accorder la liberté à Abdelmoumen Khelifa, conformément à la loi britannique qui fixe la durée de la garde à vue à 28 jours renouvelables. La même audience verra, selon l’APS qui a rapporté hier l’information, l’annonce de la date du début de l’examen du volet relatif aux droits de l’homme dans le cadre de la même affaire, conformément aux dispositions de la loi 2003.
En vertu de la loi en question, la défense pourrait demander l’examen de l’aspect relatif aux droits de l’homme dans les cas d’expulsion ou d’extradition par la Grande-Bretagne de prévenus à leur pays d’origine. Cette opportunité a été saisie par la défense de Khelifa qui a requis l’examen du volet « humanitaire » en présence d’experts dans le domaine. Il s’agit pour le juge de s’assurer que l’individu extradé puisse bénéficier d’un procès équitable et conforme aux règles des droits de l’homme en vigueur, notamment la neutralité et l’intégrité de la justice. Ces garanties sont clairement énoncées dans le préambule de la convention relative à l’extradition de criminels entre l’Algérie et le Royaume-Uni, entrée en vigueur en mars 2007.
Par R. N. el watan 25 juin 2008